Rendez-vous en Avignon

Publié le par JGC

Le festival d'Avignon approche.
Nous y serons pour quelques rendez-vous, notamment la présentation du DVD que nous venons de réaliser avec et sur Philippe Avron : "un voyage au Québec"
Présentation à la Maison Jean Vilar (8 rue de Mons)
le samedi 11 juillet
et le mercredi 15 juillet
à 16h30.
Ces projections sont suivies d'une rencontre avec Philippe AVRON.
A vos agendas !




et aussi

Vendredi 17 juillet
au Théâtre des Doms
à 11h30

présentation du livre

"La Bataille de l'imaginaire"

proposé par les Rencontres d'Archimède
sous la direction de Cecil Guitart
aux éditions de l'Attribut
en présence de quelques auteurs

Depuis plus de dix ans, les Rencontres d'Archimède rassemblent chaque année des responsables culturels qui réfléchissent sur l'évolution de l'action culturelle et de ses politiques.  Dix ans, c'est l'occasion d'une publication de textes à partager, rédigés par :
Robert  ABIRACHED, Fabienne  AGUADO, Jean-Christophe BAILLY, BAPTISTE- MARREY, Georges BUISSON, Jean-Gabriel CARASSO, Daniel CONROD, Michel DEUTSCH, Jean-Claude DUCLOS, Étienne FÉAU, Daniel GIRARD, Cécil GUITART, Jean-Louis HOURDIN, Christine LEPRINCE, Jean-Michel LUCAS, Marc Le GLATIN, Marc MARTIN, Martine MOLLET, Marie-José  MONDZAIN, Roland RECHT, Aziz RIDOUANE, Gilberte TSAI Patrick  VIVERET, Raymond  WEBER...

en savoir plus, à partir de début juillet sur :
editions de l'attribut

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cécil Guitart 18/07/2009 09:06

Présentation de l'ouvrage
Avant de présenter cet ouvrage collectif (il rassemble les écrits de 30 auteurs), il convient de le contextualiser par deux informations préalables :


La première concerne l'association « Les rencontres d'Archimède » qui livre ici dix ans de réflexions ;


La deuxième est adossée aux mutations qui ont traversé depuis plusieurs décennies notre pays, sans qu'elles impactent véritablement sur ses politiques culturelles.


 
Les Rencontres d'Archimède, rassemblent des acteurs culturels issus des deux instituts de formation à la direction de projets culturels créés et supprimés par le Ministère de la culture :


le CFNA au début des années 1980 (à Avignon), supprimé par François Léotard et son secrétaire d'Etat Philippe De Villiers, pendant l'alternance 1986/88 ;


L'ANFIAC qui lui a succédé à Paris, supprimé en 1992 par Jacques Toubon.


N'observant pas de relève institutionnelle, un certain nombre de stagiaires et de formateurs, ont ressenti la nécessité de se constituer en « collège invisisible » pour continuer la tâche naturelle de transmission qui est celle de la formation.
Dix ans après sa création, nous avons considéré qu'il était important que les travaux et les réflexions de ces acteurs deviennent visibles et plus largement accessibles.
Les acteurs qui publient ici, comme la plupart des adhérents de l'association, sont en empathie avec le ministère, et ont eu parfois des responsabilités au sein de celui-ci. Pour autant, ils ne se sont pas privés de la liberté de parole indispensable à l'exercice d'une pensée critique affirmée.
 
Cela permet d'exposer le deuxième préalable. Car de toute évidence, nos politiques publiques n'ont pas suffisamment pris en compte les mutations sociales, techniques et politico-administratives qui façonnent notre pays depuis bientôt 30 ans, et que notre ministère, historiquement centralisé par le triple héritage monarchique, révolutionnaire et républicain, pouvait difficilement intégrer.


La première mutation est socioculturelle et éducative. Notre pays équipé sur le plan éducatif et culturel pour former une élite républicaine, ne sait plus absorber en masse les populations d'origines hétérogènes, créant ainsi un déficit démocratique. Ce déficit se manifeste de temps à autres, à travers des votes par lesquels cette population se détourne des dites élites, dans lesquelles elle ne se reconnaît plus : les votes d'Avril 2001 et celui du référendum sur les institutions européennes, en sont l'illustration.


La deuxième mutation est technique. Le nouvel environnement numérique produit « un séisme » dans les pratiques culturelles qui a des répercussions sur la propriété intellectuelle et sur la politique repressive et inutile utilisée pour y faire face : la loi DADVSI et l'installation d'HADOPI sont de véritables contresens culturels qui mettent le ministère de la culture en porte-à-faux, face aux usages et aux pratiques culturelles issues de ces technologies.


 


La troisième mutation, politico-administrative est portée par la dynamique centrifuge de la décentralisation, sans que le ministère change pour autant sa stratégie hégémonique.


Face à ces trois mutations, le ministère et les collectivités qui s'incrivent « en ombre portée » de celui-ci, apparaissent à bout de souffle.
 
Cet ouvrage, construit sur le fil de la transmission, à travers 30 interventions, à l'ambition d'ouvrir quelques pistes organisées en 5 chapitres, et 12 interventions opportunément appelées « Eurêka !»


C'est Patrick VIVERET et Jean-Michel LUCAS, qui installent notre propos dans un nouvel imaginaire économique : celui de l'économie solidaire. Cet imaginaire est encore plus justifié aujourd'hui par la crise et par la nature même des biens culturels, considérés comme les biens communs d'une politique construite sur « des droits culturels au bénéfice des personnes ». (Déclaration universelle sur la diversité culturelle de l'UNESCO).


Le deuxième chapitre introduit par Marie-José Mondzain, explore le statut des images dans l'histoire de la pensée occidentale. Il nous alerte à travers les pratiques muséographiques sur les clefs d'une transmission et d'un partage du sensible qui ne soit pas auto-centré.


Le troisième chapitre introduit par Daniel Girard, aborde la transmission par le patrimoine et dégage le retentissement de l'espace territoriral que ce patrimoine valorise.


A travers les chemins des écrits et les autoroutes de l'information, le 4e chapitre développe l'impact des écrits sur notre épanouissement individuel et collectif, quel que soit son mode de diffusion : manuscrit, imprimé, analogique, numérique. Baptiste Marrey, Robert Abirached, Aziz Ridouan, Marc Le Glatin apportent une contribution décisive à cette saga des écrits


Enfin, le 5e chapitre, introduit par Jean-Gabriel Carasso, présente les multiples facettes d'une transmission qui a façonné l'humanité à la fois dans l'espace (d'un endroit à l'autre de la planète), et dans le temps (de générations en générations).


 
Les propositions de cet ouvrage sont aussi ambitieuses que notre approche critique est vive.
Pour que nos politiques puissent retrouver un second souffle, nous voulons retisser le lien rompu entre éducation, culture et animation.
L'appropriation de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, la mise en oeuvre du concept de « Ville éducatrice », le développement culturel solidaire, font partie de la démarche que nous préconisons aujourd'hui, dans ce monde de plus en plus incertain.
Cécil GUITART