Education et culture, chacun chez soi et les vaches…

Publié le par JGC

imas4sW9D.jpg« En abandonnant l'idée de réunir éducation et culture et en laissant passer l'occasion d'y adjoindre un véritable service public de l'information (ex communication), Nicolas Sarkozy sanctuarise un peu plus le ministère de la culture et éloigne les Français d'un bien commun indispensable à la construction de l'homme libre et responsable.

Dans sa réflexion concernant la place, le rôle et l'enjeu de la culture en France et au sein du nouveau gouvernement, Nicolas Sarkozy aurait été bien inspiré de se réclamer également de Jean Zay, comme il l'a si souvent fait de Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum et Guy Môquet. Ministre de l'éducation nationale de juin 1936 à septembre 1939, Jean Zay a étroitement mêlé éducation et culture. A l'origine de la première carte professionnelle des réalisateurs, il prépara le premier Festival de Cannes en réponse à la Mostra de Venise, alors fasciste.

Il fut le premier ministre à développer la culture sur le registre de l'éducation et des loisirs, en binôme avec cet autre homme remarquable que fut Léo Lagrange. Rappeler la mémoire de Jean Zay aurait ainsi permis à Nicolas Sarkozy de légitimer le rapprochement nécessaire, parce que porteur de sens, du ministère de la culture et de la communication de celui de l'éducation nationale... »


Ce texte de Pierre-Marie Cuny, directeur des affaires culturelles de Seine et Marne, publié aujourd’hui dans Le Monde, nous rappelle qu’il fut un temps question du rapprochement des ministères de l’éducation et de la culture, rapidement oublié compte-tenu  du lobbying intense de certains milieux artistiques (cf. le blog d’EP2C). Il nous rappelle surtout, qu’au-delà de la répartition des portefeuilles, c’est la question du sens-même des politiques culturelles qui se trouve posée, de la place de l’art et de son autonomie supposée (ou réelle !), de l’appropriation ou non par une large part de la population.
Le choix, pour certains, ne semble toujours qu’entre deux écueils : l’isolement de l’art (« élitaire pour quelques uns ») ou son instrumentalisation (« populiste pour le peule »)… Or, il existe une large place pour une politique artistique (de soutien à la création et à la diffusion) et culturelle (de sensibilisation et de formation critique), intimement liée au projet éducatif d’une société. Ce texte nous  rappelle avec pertinence que ce chemin-là risque d'être encore long !

Publié dans ACTUALITES

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