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L’Odéon (Théâtre national) fait la manche !

Publié le par JGC

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S’il fallait un indice supplémentaire de la dérive et de l’abandon de la notion de service public du théâtre, on le trouverait dans la campagne que vient de lancer le Théâtre de l’Odéon (théâtre national !) pour financer un projet d’éducation artistique concernant trois classes de collège. « Génération(s) Odéon » (aidez les élèves à vivre un projet artistique européen) nous invite à participer financièrement à ce projet, en versant quelques euros…

Je suis abasourdi par cette initiative, venant d’un des théâtres les mieux subventionnés de notre pays et censé donner l’exemple d’un engagement dans le domaine de l’éducation artistique. Déjà qu’ils font appel à des fondations privées pour compléter les 17 millions d’euro de budget annuel, voilà qu’ils se mettent à faire directement la manche, à grand renfort de communication (quel est le coût de cette campagne ? De ceux qui y travaillent ? De la vidéo proposée ?...). A quand les comédiens en haillons (avec la marque du sponsor !) sur les marches du théâtre, sollicitant les passants pour quelques centimes permettant de monter Shakespeare ou Tchékhov ? Mais non, les budgets de création d’un tel théâtre sont parfaitement dignes et seule l’éducation artistique, thème à la mode et porteur de communication, mérite désormais les appels au peuple. Cette campagne est ignoble, pour ce qu’elle nous raconte de ceux qui la mènent ! Qu’en pense le ministère de la culture ?

Publié dans COUPS DE GUEULE

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Salut à Philippe Tiry

Publié le par JGC

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Notre grand ami Philippe Tiry, directeur-fondateur de l’ONDA (Office national de diffusion artistique) nous a quittés dimanche dans sa maison de Lestiou. Si vous cherchez une photo de lui sur Google… vous n’en trouverez pas ! Philippe était un homme de l’ombre, de ces grands capitaines du théâtre et du spectacle vivant qui, tout au long de sa vie, aura travaillé pour les autres. « Il faut des ânes pour porter les prophètes » disait-il, se situant avec plaisir et conviction du côté des ânes. Au service du théâtre et de la création, il le fut avec Jacques Fabbri, à Aix-en-Provence, puis à la direction de la Maison de la culture d’Amiens, enfin à l’ONDA pendant 20 ans, accompagnateur d’innombrables artistes et compagnies théâtrales, en France et en Europe. Combien lui doivent un soutien, une aide, une affection et un regard, un encouragement…

Lorsqu’un jour, je suis passé le voir rue de la Chaussée d’Antin pour lui demander s’il ne connaissait pas un lieu dans lequel nous pourrions installer un petit bureau pour notre association théâtre et éducation, il m’emmena dans l’instant visiter les deux bureaux qui allaient se libérer : « tu peux te mettre là » me dit-il ! De ce jour, nous sommes restés ensemble plusieurs années, à l’abri de son sourire, de sa gentillesse, de son ouverture permanente qui se manifestait principalement au moment des repas. La « cuisine » de l’ONDA était devenue avec lui le haut lieu de la construction de projets et des rencontres amicales et artistiques. Quel autre directeur serait capable d’arriver un matin en métro, portant avec lui l’immense casserole dans laquelle il avait fait cuire un lapin pour son équipe ?

Retiré depuis plusieurs années dans sa maison de Lestiou, dans le Loir et Cher, il continuait de nous recevoir avec enthousiasme et se tenait au courant des évolutions du monde théâtral et culturel. Notre dernière conversation avait porté sur les « Carnets de Philippe Avron », qu’il venait de lire…

S’il faut des ânes pour porter les prophètes, il faut des tuteurs pour permettre aux jeunes pousses de s’élever. Philippe fut pour nous un « tuteur culturel » formidable. Merci Philippe !

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Un parcours artistique et culturel à l’ENA ?

Publié le par JGC

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Une proposition simple…

Le président de la République vient d’annoncer, dans un entretien au journal Le Parisien, que les élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) seraient chargés, pendant six mois de leur formation, d’administrer le « service civique » qui doit être prochainement développé. Cette excellente idée gagnerait à être complétée par l’obligation qui leur serait faite de suivre, eux aussi, comme la loi sur la refondation de l’Ecole y engage désormais, un « parcours artistique et culturel » fondé sur une pratique artistique personnelle, un rapport aux œuvres et une réflexion sur ces expériences sensibles. Nul doute qu’une telle « expérience esthétique » personnelle modifierait en profondeur leur regard et leur appréciation sur les politiques culturelles en général et sur les questions d’éducation par l’art en particulier. Cela pourrait s’avérer fort utile dans les années à venir, lorsqu’ils (elles) se trouveront en situation de responsabilité administrative ou politique.

Poussons un peu le bouchon…

S’agissant du « service civique », pourquoi ne pas y inclure aussi un « parcours artistique et culturel », une occasion supplémentaire (voire unique) pour certains jeunes de se confronter à la question artistique, là encore par un ensemble de situations qui donneraient sens à cette démarche ? Une idée simple, qui ne coûte par cher, et qui peut rapporter gros ! Exactement ce que l'on demande aux Enarques, n'est-ce-pas ?

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"Les héritiers de l'avenir" aux Métallos

Publié le par JGC

J'ai suivi en août dernier le 6e Festival du Nouveau Théâtre Populaire à Fontaine-Guérin dans le Maine et Loire. Caméra au poing, j'ai tenté de saisir l'enthousiasme et l'énergie collective des 19 artistes qui mènent cette aventure depuis 2009 dans un jardin privé de ce petit village angevin. Il en résulte un film "Les Héritiers de l'avenir", qui sera présenté pour la première fois à la Maison des Métallos à Paris, le 26 mars à 19h. A vos agendas, et au tam-tam numérique nécessaire pour remplir la salle... A très bientôtNTP-Metallos2.jpg

 

Entrée libre. Réservation conseillée :

→ du lundi au samedi de 14h à 19h sur place ou par téléphone  : 01 47 00 25 20
→ réservation par mail : reservation@maisondesmetallos.org

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Education par l'art, quels enjeux ?

Publié le par JGC

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Je suis intervenu le 30 janvier dernier à Quimper pour la Fédération Française des Ecoles de Cirque, sur les enjeux de l'éducation part l'art. Cette rencontre a été filmée et se trouve proposée à ceux qui souhaitent dans la lettre de la FFEC. Pour les amis d' L'Oizeau rare, c'est ici :

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on en parle sur France Culture

Publié le par JGC

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C'était aujourd'hui Vendredi 24 janvier sur France Culture.

Merci à Marie Richeux de son accueil et de son écoute.

Pour ceux qui n'étaient pas à leur poste !

Cliquez ci-dessous

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Salut à Charles Joris

Publié le par JGC

Cofondateur du Théâtre populaire romand (TPR), le metteur en scène et comédien Charles Joris est décédé vendredi 16 janvier. Il avait dirigé le TPR de 1961 à 2001, une aventure théâtrale exceptionnelle basée à La Chaud-de-Fonds en Suisse.

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Mon cher Charles,

J’aurais tant voulu être là pour te faire un dernier salut, te dire mon amitié, ma reconnaissance et égrener quelques souvenirs de nos rencontres multiples, à la Chaux-de-Fonds, à Paris, à Vergèze et jusqu’en Australie…

Avec mes amis du Théâtre du Bonhomme Rouge, nous n’oublierons jamais notre première invitation à la « Biennale jeunes publics » de la Chaux-de-Fonds, notre découverte du TPR et de sa fringante équipe, du dynamisme que tu savais lui insuffler.

Ce fut ensuite la tournée organisée dans les écoles : lever à 5 heures, montage à 7 heures puis représentation à 9 heures… Un travail de forçats, mais tellement justifié dans ces montagnes que tu aimais tant, pour ce public nouveau que tu recherchais. Nous avions 25 ans, jeunes débutants, et vous nous aviez fait confiance : cela ne s’oublie pas !

Nous sommes revenus quelques années plus tard, avec mon ami Augusto Boal, pour présenter nos premiers travaux et réaliser nos premiers stages du « Théâtre de l’Opprimé », surprenante rencontre entre la culture Suisse romande et le révolutionnaire sud-américain ! Là encore, ce fut un geste d’audace et un accueil chaleureux.

Au cours de ces aventures, la Chauds-de-Fonds, le « Pod », Le Locle et ses environs, « Beau Site »… m’étaient devenus des lieux familiers, dans lesquels je suis revenu souvent, pour le simple plaisir de la rencontre et des amitiés avec toi, Jacqueline, Phiphi, Maryvonne, Claude, Gilles, Isabelle et tant d’autres…

Ce furent ensuite, entre nous, des rencontres plus distantes mais toujours fidèles, entre la Suisse et la France... Jusqu’à ce voyage mémorable que nous avons accompli ensemble en 1995 en Australie, à l’occasion du Congrès mondial « Théâtre et éducation ». Avec quelques Français, un Belge, un Portugais, et votre petite délégation Suisse, nous étions la minorité francophone dans un océan anglophone, à l’autre bout du monde. Congrès mémorable, mais aussi voyage dans les environs de Brisbane, en bord de mer, chez les Aborigènes ou dans ce « ranch » étrange où nous avions atterri un soir…

Toutes ces images demeurent en moi, amicales, rieuses, chaleureuses toujours.

 Mon cher Charles,

Je suis aujourd’hui empli d’une profonde tristesse, mais je mesure aussi la chance et le bonheur que nous avons eu de te croiser sur la route du théâtre populaire - qui nous servait de guide - et sur le chemin de l’amitié personnelle. Merci donc, pour tout cela. Je t’embrasse.

 

 rerouvez quelques images de Charles

 

 

 

 

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Education artistique, éducation civique : même combat !

Publié le par JGC

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Voilà bien des années que plusieurs générations d’acteurs culturels, d’artistes, d’éducateurs et enseignants se sont mobilisés pour inventer, développer et promouvoir dans notre pays une « éducation artistique et culturelle ». A force de combats multiples, ils sont (nous sommes) parvenus à imposer ce thème dans le débat public, au point que de très nombreux responsables politiques, territoriaux ou nationaux, en ont fait désormais un sujet « prioritaire ». Dans la dernière étape de cette bataille, la Loi sur la refondation de l’Ecole qui fut récemment votée, il a été décidé de mettre en œuvre un « parcours d’éducation artistique et culturelle » qui associera les enseignements artistiques habituels et les projets d’activités menés en dehors ou autour de l’école.

Trois « piliers » définissent ce parcours : l’acquisition de savoirs, une pratique artistique personnelle et la rencontre avec des œuvres et des artistes. Voir, faire, réfléchir… Proposition portée depuis des années qui se trouve enfin dans les textes officiels. Ce trépied devrait amener les différents acteurs à de nouveaux comportements pédagogiques, des nouvelles coopérations, une nouvelle manière de mettre en œuvre l’éducation.

L’avenir nous dira si la formule est la bonne…

 

Avec les événements tragiques que nous venons de vivre, c’est un autre sujet qui envahit le débat public : quelle responsabilité de l’Ecole dans la dérive des jeunes devenus terroristes, et plus largement dans le peu de civisme dont fait preuve une large part de notre jeunesse ?

Chacun y va donc de son analyse et de sa proposition : un nouvel enseignement de civisme et de morale… l’enseignement laïque du fait religieux… le retour des blouses dans les établissements… J’en passe !

 

Je voudrais suggérer ici la nécessité d’une approche similaire entre éducation artistique et éducation civique.

 

Je propose l’institution d’un « parcours d’éducation civique » qui serait construit sur le même principe que celui adopté pour les arts et la culture : trois piliers semblables pourrait le définir. D’une part, des enseignements (un programme, des savoirs objectifs à acquérir, une histoire, des règles, des lois, des institutions, des droits, des responsabilités…)

D’autre part, des rencontres véritables avec des acteurs engagés dans des activités civiques (associations, institutions, personnalités, témoignages, visites de lieux de mémoire et/ou d’action…)

Enfin, un projet d’action civique mené collectivement par les élèves eux-mêmes, permettant à chacun de vivre pleinement un engagement, même simple, au sein de la collectivité éducative dont il/elle fait partie.

 

Une telle approche permettrait sans doute de ne pas ajouter simplement un « enseignement » supplémentaire, mais de mettre en œuvre un processus vivant et actif d’appropriation des connaissances. Il devrait permettre à chacun (enseignants, éducateurs, élèves, intervenants…) d’inventer une part du processus et donc de s’y sentir pleinement impliqué.

 

Ici un petit témoignage personnel. Lorsque j’étais au collège, en classe de 5e, nous avions un programme d’instruction civique dont j’avoue n’avoir gardé aucun souvenir. Notre professeur nous avait cependant proposé de constituer des petits groupes pour mener dans Paris des enquêtes dans divers lieux : la Mairie, les gares, les aéroports… Arrivé en retard le jour de la distribution des sujets, il ne restait plus que… les cimetières, qui me furent dévolus. Cinquante années plus tard, je me souviens parfaitement de l’enquête passionnante que nous avions menée sur ce sujet avec quelques camarades dans les cimetières parisiens. Je suis persuadé que les autres se souviennent avec la même précision des lieux qu’ils avaient visités.

Je pense aussi aux nombreux témoignages des anciens déportés et enfants juifs cachés qui ne cessent d’aller dans les écoles à la rencontre des enfants et des jeunes. Le film « Les Héritiers », récemment présenté, rend compte avec force de l’impact d’une telle rencontre.

 

La situation est singulière, qui appelle d’urgence une action nouvelle en matière d’éducation. Espérons que la forme et le processus pédagogiques (comme la formation des acteurs) seront au rendez-vous de l’innovation et de l’implication de tous.

 

Tel est le sens de cette modeste proposition.

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Ecoutez Boris Cyrulnik

Publié le par JGC

Comme lors de la chute du mur de Berlin en novembre 1989, lors de la chute des tours à New-York en septembre 2001…
j’ai passé ces journées « Charlie » des heures devant la télé ou à l’écoute de la radio, surfant sur le Net pour suivre des événements inouïs, inimaginables, et en même temps en me posant d’innombrables questions…
Mais surtout une !
Comment cela est-il possible ?
Comment ces gens, habitants à quelques centaines de mètres de chez moi, sont-ils capables, ici, aujourd’hui, de telles atrocités ?
Bien sûr l’Afganistan, l’Irak, la Syrie, « Daech »…
Bien sûr, le contexte international, la tragédie Israelo/Palestinienne qui n’en finit pas…
Bien sûr, le FIS en Algérie, le Mali, la Lybie, l’Egypte…
Bien sûr, la crise économique…
Bien sûr, le chômage des jeunes (et des moins jeunes)…
Bien sûr, les nouvelles technologies, Internet, les jeux vidéo, les « rézosocio »…
Bien sûr, le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme…
Bien sûr …
Mais encore !
Pour ceux qui, comme moi, auront passé leur vie à se préoccuper d’éducation et de culture, le comportement de ces « fous » confirme combien la « bataille de l’imaginaire » est engagée : lutte impitoyable entre la pensée formatée et la pensée libre.
La question éducative et culturelle est plus que jamais au cœur de ce combat.
Vite, un développement massif de l'éducation par l'art et la culture.
Vite, un "service civique" généralisé et obligatoire
Vite...

Et c’est à ce moment que je découvre l’entretien donné aujourd’hui par Boris Cyrulnik
que je vous invite à écouter. Une fois de plus, il nous éclaire… brillamment

 

 

 

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L'Oizeau vous adresse ses meilleurs voeux pour 2015...

Publié le par JGC


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En 2014, l'Oizeau a poursuivi son vol...
pour des conférences et rencontres, à
Auxerre, Nantes, Angers, Brie-Comte-Robert, Reims, Dijon, Chateauroux, Lyon, Villeneuve-lez-Avignon, Tarbes, Lille,  Amiens, Saint-Vallier...
 
avec le Collectif "Pour l'éducation par l'art"
pour un séminaire à Lyon (ENSATT) et un colloque au Sénat
et quelques rencontres pour faire avancer la cause de l'éducation artistique

avec ses caméras
pour Vincent Roca et  la réalisation de son DVD "Vite, rien ne presse"
pour les Tréteaux de France et quelques images d'archives
pour le Nouveau Théâtre Populaire avec la réalisation du film "Les Héritiers de l'avenir" (à sortir prochainement)

avec les Amis de Philippe Avron
pour la publication des "Carnets d'artiste" 1956/2010 (Editions de l'avant-scène théâtre)
et du DVD "Montaigne, Shakespeare et moi"

En 2015... le voyage continue !

 

L'Oizeau vous adresse ses meilleurs voeux

pour une année heureuse et créative.

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