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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 20:32
La revue Cassandre Hors Champ lance un appel pour un débat public sur la cutlure.
On signe !

Cassandre.jpg
Impossible absence


L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.
Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.
Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».
Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture - au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.
Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.
Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…
Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration - ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant - s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle «le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.
Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la «rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère...
La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un «Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.
Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une «économie de la connaissance ? »
Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.
À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?
Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !

Pour signer cet appel, c'est ici

Les premiers signataires :

Danielle Mitterrand (Présidente de la fondation France-Libertés)
Stéphane Hessel (diplomate, ancien déporté et grand résistant ayant contribué à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)
Roland Gori (psychanalyste, professeur des universités, initiateur de l’Appel des Appels)
Bernard Lubat (musicien multi-instrumentiste, chanteur, fondateur du festival d’Uzeste et de la Cie Lubat)
Marcel Gauchet (historien, philosophe, directeur d’études à l’EHESS, rédacteur en chef de la revue Débat)
Nicolas Frize (compositeur, membre de la LDH)
Bernard Stiegler (philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou)
Valérie de Saint-Do (co-directrice de Cassandre/Horschamp)
Nicolas Roméas (directeur et fondateur de Cassandre/Horschamp)
Barbara Cassin (philosophe, philologue, directrice de recherche au CNRS)
Philippe Meirieu (professeur en sciences de l’éducation, responsable pédagogique de la chaîne Cap TV, directeur de collection chez ESF Editeurs)
Bernard Bloch (metteur en scène, comédien, directeur artistique du Réseau (théâtre), membre fondateur de la coopérative artistique de production CAP Etoile)
Robin Renucci (comédien, réalisateur, fondateur de L’ARIA Association des Rencontres Internationales Artistiques)
Julien Blaine (poète et performeur, fondateur de la revue Doc(k)s, des Rencontres internationales de poésie de Tarascon et du Centre international de poésie de Marseille)
Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, responsable de l’Oizeau rare, association de recherches culturelles)
Philippe Avron (auteur interprète)
Robert Abirached (écrivain, historien, critique théâtral, ancien directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la culture)
Françoise Fanfelle (Moissac - Infirmière retraitée)
Samuel Wahl (journaliste)
Pépito Mateo (conteur, acteur et écrivain)
Olivier Perrot (Plasticien photographe - Vitry sur Seine)
Édith Rappoport (ancienne conseillère à la DRAC Île-de-France)
Bruno Boussagol (Metteur en scène)
  _______
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 23:12
Image-3-copie-2.jpg Ils sont de retour pour un mois, au Théâtre de l'Epée de Bois. Inventifs, chaleureux, baroques et populaires...
Mes amis du Footsbarn Traveling theatre jouent "sous chapiteau mais presque" leur nouveau spectacle concocté en complicité avec Pierre Byland, grande figure du clown lecoquien qui fut aussi (et acessoirement) mon professeur d'acrobatie à l'époque où je tentais d'en faire un peu... et très mal !
Quand ils ne sont pas sur leurs terres auvergnates, ils poursuivent leur tour du monde en caravanne, présentant ainsi leur spectacle :

"Le très solennel enterrement d'un compositeur de musique classique, est perturbé par l'apparition d'animaux dressés, puis de fêtards turbulents. On comprend peu à peu que la même piste a été louée à la fois pour l'enterrement et pour une fête tzigane. De la tentative de cohabitation à la guerre ouverte, les deux parties vont passer par toutes les phases de la rencontre, sur fond de Goëthe, de Shakespeare, de chant lyrique, d'animaux dressés et de musique tzigane...
« Sorry ! » est un projet de rencontre. Celle des turbulences. Des deux pôles de l'aimant. C'est un projet de confrontations poussées jusqu'au au non-sens, à l'absurde.
« Sorry ! » rassemble trois compagnies, chacune convaincue à sa manière de la nécessité vitale du spectacle vivant.
« Sorry ! » c'est notre manière de clamer nos convictions. Le cercle. Le chapiteau. Le nomadisme. L'autonomie. Le collectif. Ce n'est pas une coquetterie. Même pas un choix de vie. C'est une nécessité. Une nécessité pour le cirque. Une nécessité pour le théâtre. Une nécessité pour les spectateurs ou ceux qui ne le sont pas encore.
« Sorry ! » est un spectacle nécessaire. Celui qui rassemble. Celui qui jouera de nos divergences pour faire converger les regards.
Spectacle mettant à l'honneur le personnage du clown au théâtre, « Sorry ! » est un spectacle bruyant et indiscipliné pour toute la famille."

            du 17 janvier au 28 février

            Theâtre de l'Epée de Bois

            Cartoucherie Paris 12ème

       

Billets            €20 Plein Tarif

                       €15 Tarif reduit

                       €10 Tarif enfants/groupes

         (moins de 12 ans/groupes de plus de 10 pers)

Horaires

            Janvier

mercredi - samedi à 21h00; dimanche à 16h

           Fevrier

     mardi - samedi à 21h00; dimanche à 16h

           

Infos Pratiques

            Métro Château de Vincennes

(puis bus 112 - arrêt Cartoucherie)

           

Location

            l'Epée de Bois - 01 48 08 39 74

            www.epeedebois.com

            ou

            FNAC, Carrefour, Virgin et

autre point de vente habituel

            0 892 707 507 (0,34 E TTC/mn) www.fnac.com

           

            Bar et restauration sur place

Belle soirée en perspecvtive !
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 11:10
Image-3-copie-1.jpg
Mon ami Emile Lansman vient de me faire parvenir ce message que je relaie volontiers.

Bonjour à tous !
Comme vous le savez, nous nous intéressons de près à l'écriture dramatique dans la Caraïbe, en étroit partenariat avec nos collègues et amis de l'association Etc_Caraïbe.

Voici le message qu'ils nous ont fait parvenir cette nuit.

Etc_caraibe compte parmi ses membres une douzaine d'auteurs haïtiens fortement touchés par la catastrophe qui s'est abattue sur eux, leur maison, leur pays, leur famille... Nous avons reçu des nouvelles de certains d'entre eux : Saint Just Louvenson va bien mais il n'a aucune nouvelle de sa famille qui vit sur Port-au-Prince, il ne parvient pas à rejoindre la capitale, les rues sont bloquées ; la famille de Guy Régis est sauve, celui-ci cherche à les rejoindre pour leur porter secours et assistance. Jean Durosier Desrivière venait de nous annoncer qu'il avait trouvé un poste au ministère de la culture auprès de Magalie Comeau Denis ; une heure plus tard, il n'y avait plus de ministère et nous sommes sans nouvelle d'eux.
Nous n'avons pas non plus de nouvelles des autres: Evelyne Trouillot, Emanuel St Hilaire, Jean Marc Voltaire, Jean Joseph, Francketienne, Charitable Ducchens, Dovilars Anderson, Dominique Batraville...
Toute l'équipe d'Etc_caraibe tient à leur assurer son soutien. Voilà pourquoi le bureau a décidé d'organiser une collecte de soutien auprès des auteurs d'Etc pour aider leurs amis et compagnons d'écriture d'Haïti. Nous nous engageons à remettre et répartir équitablement entre tous nos auteurs qui, sur place, se battent et aident leur famille à survivre. Nos vous tiendrons régulièrement informés des dons perçus et de la répartition mise en place. C'est une goutte d'eau dans l'océan mais c'est aussi un engagement, une solidarité nécessaire, d'auteurs à auteurs.

Bien cordialement, Danielle VENDE directrice et Bernard Lagier Président

Nous avons envie de vous inviter à partager cette "goutte d'eau" en versant votre contribution, même modeste, à cette action. A titre personnel, j'atteste de l'entière confiance que j'ai en Danielle et Bernard (lui-même publié chez nous) pour gérer au mieux les fonds recueillis.

Le compte pour vos versements (sans frais particuliers à partir d'un autre compte européen) :

IBAN : FR76 1615 9052 0600 0200 2144 665   BIC : CMCIFR2A
Titulaire : Ecritures théâtrales contemporaines en Caraïbe / F-97200 Fort-de-France


D'avance grand merci pour votre solidarité.
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 18:17
Image-2.jpg
 «Transcrit  du  London Times»
Près du England 's Bristol Zoo existe un parc de stationnement pour 150 voitures et 8 autocars. Pendant 25 ans, le paiement du parking était effectué à un sympathique monsieur.
Les prix étaient de 1.40 € pour les voitures et de 7.00 € pour les autocars.
Un jour, après 25 ans de bons et loyaux services, sans défection, le petit monsieur n'est pas venu.
L'administration du Zoo, a donc appelé la mairie et a demandé qu'elle envoie un autre employé.
La mairie a effectué une petite enquête et a déclaré que le stationnement était à la charge du Zoo.
A quoi le Zoo a rétorqué que le quidam était un employé municipal.
La mairie a affirmé qu'il s'agissait d'une erreur car cette personne n'a jamais fait partie de son personnel et qu'elle ne lui versait aucun salaire.
Pendant ce temps, quelque part au soleil, dans sa belle villa, il y a un homme qui, apparemment, avait installé son propre dispositif de paiement de parking et s'est pointé tous les jours, pendant 25 ans, pour percevoir le prix des stationnements des visiteurs du Zoo...
Il a travaillé 7 jours par semaine et a ramassé la coquette somme de 560 € par jour... ce qui, au bout de 25 ans, lui a assuré environ 7 millions d'Euros pour sa retraite personnelle.
Et personne ne connaît son nom !
Elle n'est pas belle, la vie ? Inutile de recourir au pôle emploi : faites preuve d'imagination !
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 21:19

Image 3

« La culture, ce sont des lettres plus que des chiffres, des émotions et non des statistiques. »

« En 2010 comme en tout temps la culture n’est pas là pour nous «divertir», c’est une vigie fidèle qui nous prémunit de tout ce qui peut porter atteinte à notre humanité et qui nous aide à nous élever. »

«  (dans le domaine de l’éducation artistique) , rien ne vaut la fréquentation directe des oeuvres et des créateurs : tout le territoire devra être couvert par des conventions entre les écoles et les lieux de culture d’ici la fin 2010…

Avec 2500 Lycées en France, imaginez ce que cela représente … comme publics potentiels pour demain. Il y a de magnifiques expositions. Prenons Soulages à Beaubourg : ce n’est pas extravagant que cette exposition soit filmée et montrée libre de droit à tous les lycéens de France, dont tous ne peuvent pas venir à Beaubourg. L’opéra : chacun sait ce que coûte une place d’opéra et quel est l’équilibre difficile d’une production. Lorsque l’on monte une grande production à l’opéra Garnier, à Bastille, ce serait formidable qu’elle soit diffusée dans les 2500 lycées de France! Les films, aussi : on ne fera pas concurrence aux salles de cinéma en permettant aux lycéens de voir dans leurs établissements les films. On crée un public. Il en va de même pour les théâtres. Allons chercher le public, n’attendons pas qu’il vienne! Donnons à tous la chance de rencontrer ces œuvres ! Cet objectif, nous devons l’atteindre dès 2010 : je souhaite que tous les lycées aient les structures physiques pour accueillir ces programmes. Les ministres de l’éducation nationale et de la culture s’entendront pour gérer la question des droits. Rendez-vous compte de tout ce que l’on peut réaliser si l’Education nationale se met au service de la culture !

Il reste à traiter l’éducation par la pratique artistique. C’est le chantier qui a le moins progressé, c’est donc celui qui doit mobiliser tous les efforts des ministres de la culture et de l’éducation nationale en 2010, avec une règle simple que je fixe en prenant l’exemple de la musique. L’école doit offrir à tous les élèves une initiation musicale dès le plus jeune âge, en animant des chorales, des orchestres... Les conservatoires et écoles de musique doivent prendre le relais de l’éducation nationale et offrir partout un enseignement de qualité : c’est par cet effort conjugué que nous pourrons former les artistes et les publics de demain.

« Je sais que la culture n’est pas un champ à moissonner ni une forêt à mettre en coupe réglée, c’est une jungle foisonnante et un écosystème dont nous devons entretenir la vitalité, la variété et la non conformité. »

La réponse est ici

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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 12:10

photoPM.jpg Mon ami Philippe Merieu est candidat aux prochaines élections régionales en Rhône-Alpes, en tant que tête de liste d'Europe Ecologie.

Il nous livre quelques explications sur le sens de ce nouvel engagement. Ce texte me semble faire écho à bien des préoccupations actuelles. Le voici...



« L’histoire fait quelquefois des cadeaux, mais jamais de sentiment. (…)
Et pourtant, je ne puis me retirer de l’idée que se préparent en sourdine des rendez-vous fabuleux avec de nouvelles vagues de générosité et d’inventivité collectives, avec une volonté inédite des opprimés à sortir d’eux-mêmes, pour endiguer les politiques mortifères des pouvoirs en place et pour réorienter les finalités de l’activité économique et sociale dans des voies plus humaines, moins absurdes. (…)
Alors donc : je confirme et je signe.
Je refuse d’infléchir mes positions antérieures pour les adapter au goût du jour. (…)
Qu’est-ce qui a conduit la gauche à laisser perdre une telle chance, peut-être unique dans l’histoire des cinquante dernières années, de réformer en profondeur une société capitaliste développée, pour y renouveler les formes d’expression démocratique, pour y expérimenter à grande échelle des pratiques sociales émancipatrices, pour y accroître largement les espaces de liberté ? Qu’est-ce qui les a retenus de solliciter, de toutes les couches vivantes qui la composent, une réflexion collective sur les modalités de production, sur les changements à apporter à la vie urbaine, à la communication, à notre rapport au monde et à la nature ? »

Félix Guattari, 1985
(
Les Années d’hiver
, réédition, Paris,
Les prairies ordinaires, 2009).


Voilà qui est fait ! J’ai franchi le pas et décidé de me présenter aux élections régionales de mars 2010 en Rhône-Alpes, comme tête de liste pour Europe Écologie.

Cette décision s’inscrit, bien sûr, dans un contexte politique particulier : après avoir vécu plusieurs « alternances », je fais partie des Français qui ont été enthousiasmés par la poussée d’Europe Écologie aux élections européennes.

A gauche, évidemment !
D’aucune manière, pourtant, je n’ai jamais pensé que « la gauche et la droite, c’était la même chose ! » Je n’ai jamais cru, non plus, qu’il fallait nous mettre en quête d’une hypothétique voie médiane. « Ni droite, ni gauche » n’a jamais été mon credo ! Je sais, en effet, le poids de l’histoire et je reste fidèle aux valeurs qui, depuis mes premiers engagements, m’ont fait toujours militer et voter « à gauche ». J’assume l’héritage du mouvement ouvrier et je sais que c’est lui qui a porté et fait avancer les valeurs de justice et de solidarité. Je ne renie rien de la filiation qui, de Jaurès à Blum et à Mendès-France, a pris « le parti de l’humain » contre toutes les formes d’oppression et d’aliénation.

J’ai pris ma part, depuis trente ans, dans le travail qu’a fait la gauche française pour tenter de construire des institutions plus démocratiques et plus justes, en particulier - mais pas seulement – dans le service public d’éducation. J’ai apporté loyalement mon soutien aux hommes et aux femmes qui incarnaient pour moi, à un moment donné, l’espérance d’un monde meilleur. J’ai combattu fermement tout ce qui me semblait atteindre gravement à « l’humaine condition » : la réduction de la personne et de son travail à une marchandise ou à un chiffre, l’idéologie du maillon faible et toutes les formes de ségrégation et d’exclusion, l’exaltation de la concurrence et la totémisation de la loi de la jungle, la crétinisation médiatique et la démagogie populiste, les tentations de contrôle et de maîtrise des comportements humains à travers toutes les camisoles possibles.

Chaque fois et tout au long de mes combats, j’ai tenté de prendre le parti du « bien commun » contre la déferlante des intérêts particuliers. Un temps, j’ai cru que le « bien commun » devait s’imposer à tous, naturellement, comme une évidence partagée. Mais j’ai perçu très vite que nul ne pouvait aujourd’hui s’en prétendre détenteur. Car le principal défi ne notre temps consiste justement à articuler la démocratie et la construction de ce « bien commun »… En effet, tant que le « bien commun » était défini, sans discussion possible, par les monarques, les clercs ou les commissaires politiques, nos sociétés pouvaient se donner une cohérence à bon compte : les individus, dès qu’ils s’exprimaient en tant que tels et sortaient du rang, étaient des hérétiques, des dissidents ou des contestataires. Leur parole était combattue et éradiquée d’une manière ou d’une autre. Mais, avec la modernité, l’individu a émergé, porteur d’une revendication majeure : décider lui-même de son histoire personnelle, faire ses propres choix, récuser toute forme d’emprise sur lui. Comme le dit Marcel Gauchet, nous sommes devenus « métaphysiquement démocrates » et nous refusons légitimement qu’on nous impose une conception théocratique de notre bien propre comme du « bien commun ».

Dès lors, un danger menace : l’éclatement de tout collectif sous la force des individualités « libérées ». Danger qui nourrit toutes les formes de reprise en main autoritaristes comme toutes les formes de repliement sur les intégrismes religieux. Danger d’un individualisme triomphant associé à une contention psychique et physique, judiciaire et policière, scolaire et médicale, économique et sociale, médiatique et religieuse… Contre un tel danger – dont l’actualité quotidienne démontre à quel point il est à nos portes – il ne nous reste qu’une hypothèse : réarticuler le « bien commun » et la démocratie. Se donner les moyens de définir ensemble le « bien commun ».

C’est dans cette entreprise que réside, j’en suis certain, l’avenir de la gauche dans ce qu’elle a de meilleur, quand elle associe une foi inébranlable dans les hommes et les femmes et un refus entêté que ce soit les rapports de force qui régissent les agencements collectifs… de la famille à l’État et à la planète, de l’école à l’entreprise et à toutes les collectivités territoriales. La question proprement politique du vingt-et-unième siècle est là : « comment construire ensemble du bien commun ? ». Défi démocratique. Défi écologique. (...)

 

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