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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 10:20

Mais que fait notre Oizeau rare ?

Quelques occasions pour nous rencontrer d'ici l'été :

 

Mardi 14 mai à 18h30

en trio avec Serge Saada et Patrick Germain-Thomas

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Mercredi 15 et jeud 16 mai à Toulouse

La-scene-toulouse.jpg

en savoir plus

 

Mercredi 22 mai à Montpellier

montpellier.jpgen savoir plus

 


Samedi 1er juin au Sénat

Journée sur la culture organisée par le Front de Gauche au Sénat. (programme en cours d'élaboration) 

 

 

Mardi 4 juin à l'Université de Toulouse

IRPALL.jpg

 

Lundi 10 juin à Arcueil

dans le cadre de l'Université populaire d'Arcueil

en duo avec Emmanuel Wallon

arcueil-copie-1.jpg

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Mercredi 19 juin à Lyon

en duo avec Robin Renucci

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Preuve que l'Oizeau ne ménage pas sa peine pour faire avancer la cause de l'éducation artistique et culturelle...

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Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 10:47

menottes.jpgUne fois, dans mon enfance, j’ai volé un chocolat. J’ai écrasé une araignée. J’ai menti à mes parents. Adolescent, j’ai bu un verre de vodka dans la cave d’un copain, j’ai triché sur un flipper déglingué, je suis entré au Parc des Princes par un trou dans un grillage sans payer ma place. J’ai laissé croire que j’avais 18 ans alors que je n’en avais que 15 pour entrer dans un cinéma. J’ai fugué d’un camp d’adolescent pour aller en stop à la recherche d’une fille rencontrée sur un bateau (je ne l’ai pas retrouvée). J’ai fait croire à mes parents que j’allais faire des études à l’université, alors que je faisais du théâtre avec des copains. Je me suis fait prendre à la frontière Suisse, alors que j’y entrais avec… une canne à pêche non déclarée ! Au festival d’Avignon, je suis entré en douce dans la Cour d’honneur en passant par l’entrée des artistes, faisant croire que j’avais un rendez-vous avec un régisseur. Souvent, j’ai dépassé les limites de vitesse autorisées sur les autoroutes, sans me faire prendre. Je suis entré dans un bus sans valider mon billet. J’oublie souvent de payer dans les bornes de parking payant. Parfois, je mange trop de sucre, ce qui me fait grossir, alors que je ne devrais pas. Il m’arrive d’oublier de déclarer, sur ma feuille d’impôts, quelques revenus annexes ou un terrain agricole qui rapporte au moins 100€ par an. Parfois même je réalise quelques travaux en me faisant payer au noir. Et encore, je ne vous dis pas tout ! Je suis un horrible fraudeur, menteur, indigne de notre société pure, claire, vierge, transparente. Je suis rongé par le remords. Je ne prendrai plus jamais la parole en public. J’hésite même à poursuivre la tenue de ce blog… en suis-je vraiment digne ?

Mais heureusement, tout le monde fera bientôt comme moi et avouera publiquement ses turpitudes, ses défauts, ses mensonges, ses trahisons… même les responsables politiques. Et le bonheur collectif sera de retour, grâce à la Grande Transparence !

Au secours !

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Samedi 30 mars 2013 6 30 /03 /Mars /2013 16:16

ronde-de-nuit.jpg

Création collective par le Théâtre Aftaab en Voyage

Mise en scène d’Hélène Cinque

 

Le théâtre est un art d’expériences, d’aventures humaines, de rencontres et de solidarités. Il n’est pas inutile qu’il soit « beau », ou « bien », mais l’important est qu’il soit « juste ». De cette justesse qui fait se rencontrer une équipe, un projet, une circonstance et un public.

La Ronde de nuit est un spectacle juste, qui allie les éléments nécessaires à une aventure théâtrale sans fioritures, sans excès ni prétention, pleine d’engagement et de générosité.

L’équipe, ce sont ces jeunes Afghans rencontrés par Ariane Mnouchkine à Kaboul dès 2005, qui se sont depuis constitués en troupe « Le théâtre Aftaab en voyage ». Ils ont monté plusieurs spectacles, suivi des éléments de formation en France, notamment à l’ENSATT à Lyon, avec Matthias Laghoff et travaillé avec Hélène Cinque, metteur en scène venue du Soleil. Le projet, c’est une création collective pour dire le monde, pour dire leur monde d’exil, de confrontation entre leur culture traditionnelle et notre modernité occidentale ; pour dire à la fois les situations les plus burlesques et les plus tragiques qui se mêlent à la vie de leurs compatriotes en errance. Les circonstances exceptionnelles, c’est l’accueil qui leur est réservé par le Théâtre du Soleil et son équipe, totalement solidaire de leur démarche, tuteurs attentifs et respectueux. Reste le public qu’ils devraient rencontrer lors de ce mois passé à la Cartoucherie. Public qui rira, qui sera ému et surpris du ton et de la qualité de jeu collectif, qui fera avec eux le voyage de cette nuit symbolique… Vous l’avez compris, je vous invite à y faire un tour, pour y respirer une fois de plus l’air du Soleil, cette fois venu d’ailleurs !

 

 Avec : Haroon Amani, Aref Banahar, Taher Beak, Saboor Dilawar, Mujtaba Habibi, Mustafa Habibi, Sayed Ahmad Hashimi, Farid Ahmad Joya, Shafiq Kohi, Asif Mawdudi, Wioletta Michalczuk, Caroline Panzera, Ghulam Reza Rajabi, Omid Rawendah, Shohreh Sabaghy, Harold Savary, Wajma Tota Khil

 

du 27 mars au 28 avril 2013

 Spectacle en français et en dari surtitré

 

En savoir plus ici

 

LA RONDE DE NUIT. Un hiver, quelque part en France. Un gardien et son théâtre à la charpente fragile et usée deviennent, pour une nuit, l’hôte et le refuge d’hommes et de femmes venus d’Afghanistan. L’oreille patiente des récits de ces occupants à la vie déracinée. L’abri inlassable des blessures et des douleurs. L’asile enfin, inattendu, des rêves et des espoirs que cette nuit d’éveil parvient à convoquer.

 

Représentations :

- du 27 mars au 28 avril : du mardi au samedi à 20h, le samedi (sauf le 30 mars et le 6 avril) et le dimanche à 15h

Prix des places : Plein tarif 20 € | Collectivités, Étudiants, demandeurs d’emploi 15 € | Groupes scolaires 10 €

Location : au 01 43 74 24 08 du lundi au vendredi de 11h à 18h

Réservation en ligne sur le site de la Fnac

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Jeudi 28 mars 2013 4 28 /03 /Mars /2013 14:24

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La revue La Scène publie dans son numéro 68 de printemps, un dossier consacré à l'éducation artistique et culturelle. Outre les excellentes réflexions de mes amis Emmanuel Wallon, Marie-Christine Bordeaux et Pascal Collin, j'ai le plaisir d'y pousser un petit coup de gueule, question d'entretenir la vigueur du débat.

Suite à Toulouse, lors de Journées de la Scène qui reviendront sur ce thème, les 15 et 16 mai prochains.

 

 ITW-La-Scene-mars-2013-mini.jpg

 

«Je suis consterné par le vide de la pensée »

 Militant de l'éducation artistique et culturelle, Jean-Gabriel Carasso pose une autre conception du rapport aux œuvres et au temps dans le parcours de l'enfant.

 

 Où en est-on, 12 ans après le plan de cinq ans pour l'éducation artistique, signé par les ministres Tasca et Lang en 2000 ?

Entre le «Plan à cinq ans» et sa suppression immédiate dès l'arrivée du gouvernement suivant, ce sont deux conceptions de la place de l'art dans la société qui se sont affrontées. Car envisager le développement d'une éducation artistique et culturelle active, à partir d'une pédagogie de projet, visant à l'autonomie et au sens critique véritable des jeunes en formation relève d'une vision spécifique du monde, d'un choix et d'une orientation «politique» au sens le plus exigeant du terme. Il existe de nombreuses résistances à cette vision et la bataille est permanente pour faire approuver cette conception éducative et culturelle.

 

Quand Hollande, candidat puis président annonce qu'il va en faire une priorité des priorités, cela doit réjouir le militant de longue date que vous êtes ...

Oui, dans l'annonce évidemment. Mais je suis d'autant plus consterné par le vide abyssal de pensée qui entoure le rapport élaboré après la consultation présidée par Marie Desplechin. Les confusions sont énormes, personne ne parle de la même chose et à un raisonnement très limité on ajoute des chiffres (10 à 20% d'enfants touchés) dont le seul but est de contrer la fatalité, en disant: on va généraliser. L'objectif est légitime, mais comment mener une véritable politique massive de l'éducation artistique et culturelle sans faire de ce domaine une nouvelle «discipline» scolaire, ni un «marché» de l'intervention artistique? Dans quels espaces, quels temps, avec quels moyens? La généralisation hâtive serait aussi néfaste que l'immobilisme. La «culture du résultat» aura vite fait de tourner au syndrome de la bataille navale: «combien d'enfants touchés ... ? avant d'être définitivement coulés !» Les statistiques ne créent pas le sens.

 

 Comment aurait-il fallu prendre le sujet selon vous?

Il existe une grande diversité d'actions déjà menées, ce qui manque, c'est un pôle qui appuie les initiatives, forme les intervenants, débatte de ces questions, comme le faisait l'Injep. Aujourd'hui on nous brandit des «parcours», mais c'est quoi un parcours? C'est de projet qu'il aurait fallu parler. Et pour aller plus loin, ce rapport qui est la conclusion d'une consultation dont même les membres se sont déclarés mécontents, renvoie à des concertations régionales. On dit en gros: débrouillez-vous!

 

Qu'est ce qu'un projet d'éducation artistique ? :

 Nous avons posé avec le Collectif pour l'éducation par l'art(1) - qui n'a même pas été auditionné !-les principes d'une éducation artistique et culturelle pertinente. Elle comporte trois dimensions intimement liées. D'abord, l’expérience personnelle: faire, agir, expérimenter un langage, une forme, une expression. Rien ne peut remplacer l' engagement dans une tentative personnelle et / ou collective d' expression par le biais d'une forme artistique. Ensuite, le rapport aux œuvres : voir, entendre, recevoir, percevoir, éprouver. Enfin,  l'activité personnelle et le rapport aux œuvres ne sont rien (ou peu) en matière éducative, sans le travail indispensable de réflexion et d'appropriation (en parler, réfléchir, comparer, situer dans le temps, faire le lien avec d’autres acquis, l'histoire, la science, la philosophie ... ). Comme l'affirme Edgar Morin, il convient de viser une relation « intelligente» (« inter-ligere», c'est-à-dire «faire le lien ») au monde complexe qui nous entoure. La cohérence et la pertinence d'une éducation artistique et culturelle bien conçue appellent un équilibre et une complémentarité entre ces trois aspects. Ce dont il s'agit, c'est d'inscrire une pratique artistique pour une éducation créative, penser le plaisir et redonner le sens à tous les autres enseignements.

 

PROPOS RECUEILLI E PAR ANNE QUENTIN

 

 (1) Le Collectif pour l'éducation par l'art est à l'origine de la pétition «L'éducation artistique et culturelle, c'est maintenant ?" rédigée en octobre 2012. Elle a recueilli la signature de plus de 500 personnalités. Pourleducationartistique.overblog.com

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Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 12:04

Le collectif "Pour l'éducation, par l'art", avait publié en octobre dernier un article intitulé "L'éducation artistique : c'est maintenant". Suite aux diverses consultations et rapports récents, nous avons souhaité intervenir à nouveau publiquement pour attirer l'attention sur les conditions de la réussite de la politique que nous attendons. Le texte ci-dessous est publié aujourd'hui dans le Huffington Post.

 

Collectif "Pour l'éducation, par l'art" :

Marie-Christine Bordeaux (maître de conférences, Université Stendhal Grenoble 3), Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, directeur de l’Oizeau rare), Pascal Collin (dramaturge, metteur en scène), Jean-Pierre Daniel (cinéaste pédagogue, ex-président des Enfants de cinéma), François Deschamps (président de la Fédération nationale des associations de directeurs des affaires culturelles), Alain Desseigne (président du Conseil des CFMI - Centres de formation des musiciens intervenants), Alain Kerlan (philosophe, Institut des sciences et des pratiques d'éducation et de formation, Université Lyon 2), Jean-Claude Lallias (professeur de lettres), Geneviève Lefaure (présidente de "Scènes d'enfances et d'ailleurs"), Philippe Meirieu (pédagogue, professeur à l’Université Lyon 2), Claire Rannou (déléguée nationale de l’ANRAT - théâtre et éducation), Robin Renucci (comédien, directeur des Tréteaux de France, président de l'ARIA), Emmanuel Wallon (sociologue, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre).

logo Huffington

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Après les concertations et les rapports, voici venu le temps des actes. Il faut que le « plan national pour l’éducation artistique et culturelle » promis par François Hollande se concrétise et que les ministères concernés (Éducation, Culture, Jeunesse et Éducation populaire, Universités, sans oublier l’Agriculture) s’impliquent dans sa mise en œuvre, résolument et solidairement. Les enjeux de l’entreprise sont de deux ordres.

Pour l’Éducation nationale, au sein des établissements comme à l’extérieur, dans le cadre des enseignements mais aussi en complément et au delà des disciplines, il s’agit d’intégrer la dimension artistique, sous ses diverses formes (pratiques personnelles et collectives, découverte des œuvres du patrimoine et de la création contemporaine, partenariat avec des artistes, histoire des arts). Et ce, à tous les niveaux du système scolaire, du cursus universitaire et de la formation professionnelle, afin de favoriser l’émergence de l’école imaginative, alliant savoir et créativité, que réclament les mutations du monde contemporain. Il s’agit d’introduire au cœur de l’œuvre éducative, de ses rythmes, ses horaires et ses espaces, un antidote au formatage des esprits et des modes d’expression par les industries du divertissement.

Pour les politiques culturelles, il en va de la légitimité et de l’avenir du projet de démocratisation qui sous-tend l’engagement public depuis plus d’un demi-siècle. On ne saurait se contenter d’accumuler les offres d’art et de culture envers les adultes sans s’assurer que l’ensemble des enfants et adolescents aient été préparés à s’en saisir. Depuis des décennies, les expériences originales se multiplient et les évaluations positives se succèdent. Leur généralisation à tous les élèves, « de la maternelle à l’université », est à l’ordre du jour. Elle sera bien sûr progressive. Mais comment procéder ?

Outre l’inscription bienvenue de ces objectifs dans la loi d’orientation sur la refondation de l’école et le « socle commun de connaissances et de compétences », outre l’indispensable coordination avec les collectivités territoriales, afin que la palette des activités offertes à la jeunesse croisse en variété comme en qualité, plusieurs résolutions s’imposent au gouvernement s’il veut réussir la réforme espérée de tous côtés.

 

lire la suite

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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 19:06

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Le Saint-Laurent à l'Ile d'Orléans

 

Chers lecteurs …

Je vous avais abandonné, le temps d’une petite escapade au Québec afin de participer à la Bourse Rideau, rassemblement des « diffuseurs culturels » qui chaque année se retrouvent pour dialoguer, échanger, vendre, acheter, planifier, réfléchir, « placoter »… Outre les paysages splendides de Québec sous la neige, le Saint-Laurent gelé charriant ses plaques de glaces, l’Ile d’Orléans sous son manteau de neige (je sais, c’est un cliché ! Mais comme disait Hitchcock « mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver ! »), j’ai eu le plaisir de faire une conférence sur le thème « Art, culture, éducation : les nouveaux enjeux », et de participer à un débat nourri sur la question « Un public pour chaque œuvre : souhaitable, souhaité, possible? » J’ai plaidé dans ce cadre, pour un nouveau modèle de la politique culturelle, intégrant fortement la notion de « infusion culturelle ». Cette formulation n’est pas passée inaperçue, si l’on en juge par l’article paru aujourd’hui dans Le Devoir de Montréal, que je vous livre ci-dessous.

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Vous pouvez aussi voir et entendre l’intégralité de la table ronde sur le site de Rideau.

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Signaler enfin le « Prix hommage » décerné à Suzanne Lebeau, auteure dramatique qui se consacre depuis des années à l’écriture en direction de l’enfance et de la jeunesse. Qu’une manifestation professionnelle de ce type, rassemblant tous les domaines des arts de la scène, éclaire avec une telle force le théâtre jeunes publics, il me semble que nous sommes incapables de le faire chez nous. Une fois encore, nos amis québécois montrent la voie. Merci à eux ! Et bravo à Suzanne !

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Samedi 19 janvier 2013 6 19 /01 /Jan /2013 16:41

En décembre 2012, l'association Act'art77 me demandait de conclure une journée de rencontre professionnelle en Seine et Marne. Cette intervention a été filmée. En voici un bref extrait...

 

Voir ici d'autres extraits de cette intevention
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Vendredi 11 janvier 2013 5 11 /01 /Jan /2013 14:28

Texte publié dans le n° 205 de la revue "Les idées en mouvement", publication de la Ligue de l'enseignement. de janvier 2013

 

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L’affaire est entendue : nous voici dévorés par la grande machine à images. Ecrans, smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisions nous envahissent. Pas un bistrot, un magasin, qui ne nous impose désormais son écran sportif, musical ou publicitaire. Le monde qui nous entoure est virtuel, fictif, pixellisé... pour le meilleur, et pour le pire ! Pour le meilleur : c’est l’utilisation à distance, qui permet à un médecin européen de participer à une opération chirurgicale en Amérique latine ; c’est la rapidité des informations transmises sur les conflits sociaux, les révolutions populaires, à partir de téléphones portables ; ce sont aussi les créations artistiques réalisées avec ces nouveaux outils. Pour le pire, c’est l’omniprésence de l’image, l’influence symbolique et idéologique qu’elle exerce, notamment sur les plus jeunes, au service du « capitalisme compulsif » dont parle Bernard Stiegler ; c’est surtout l’affaiblissement programmé et continu des capacités du corps et de sa présence au monde, aux autres et à soi-même.

Dans ce contexte, qu’en est-il du spectacle vivant ? Est-il définitivement mort ? Ne représente-t-il plus qu’une forme archaïque d’expression, vestige d’un temps lointain où les hommes (et les femmes) aimaient à se rencontrer pour échanger autour d’un imaginaire commun ? Faudra-t-il entrer bientôt dans un théâtre comme on entre dans un musée, afin d’y découvrir quelques restes surannés des fêtes d’autrefois ? Avouons que certains spectacles nous font parfois penser à cette vision archaïque ! En vérité, si le spectacle vivant souffre d’une concurrence brutale de la technologie moderne, il résiste bien. Tel le roseau de la fable, il plie mais ne rompt pas ! Car ce que l’on nomme spectacle vivant, à savoir la présence de l’artiste, du groupe d’artistes, face à un autre groupe dit public, dans une unité de temps et d’espace, ce corps à corps qui est aussi un cœur à cœur constitue, depuis la nuit des temps, une expérience humaine irremplaçable et singulière. Des conteurs africains aux jeux de gorge des femmes Inuits, en passant par tous les rituels de spectacle - théâtre, danse, concerts, cirques, arts de la rue - qui se développent dans nos pays, des plus simples aux plus sophistiquées, des plus élitistes aux plus populaires, ces aventures demeurent essentielles car elles allient la permanence et l’invention du monde. La permanence, c’est cette nécessité qu’ont les hommes, partout et depuis toujours, de se (faire) raconter collectivement et directement des histoires, miroirs de leurs angoisses et de leurs espoirs les plus intimes. « Rendre visible l’invisible » disait Peter Brook. C’est ce besoin que nous avons, dès l’enfance, de rejouer le monde pour nous l’approprier, de mettre notre corps au service de l’imaginaire. Rappelons ici ce texte essentiel d’Ariane Mnouckine : « Je pense à cette femme juive qui dirigeait un théâtre dans le ghetto de Vilnö . Eh oui un théâtre... Prenant sur sa ration de pain de chaque jour, elle pétrissait et modelait des petites poupées de mie. Et tous les soirs, cette femme affamée animait ces apparitions nourrissantes, faisant entrer ces acteurs de pain sur son théâtre minuscule devant des dizaines de spectateurs affamés comme elle et comme elle promis au massacre, tous les soirs jusqu’à la fin. Il faut garder la trace de cette femme comme une plaie inguérissable. Il le faut car si nous oublions le petit théâtre de pain du ghetto de Vilnö, nous perdrons le théâtre.» L’invention du monde, ce sont les formes créées par les artistes pour réinventer, à chaque spectacle, une manière nouvelle de traiter leurs récits, par la voix, par le geste, par le corps en mouvement. La forme peut (doit) évoluer sans cesse, mais le rituel doit demeurer, qui installe face à face le joueur et le spectateur, l’acteur et son public, pour un voyage commun toujours renouvelé. Car, comme disait mon maître Jacques Lecoq : « Le but du voyage, c’est le voyage lui-même ! ».

Ce voyage du spectateur, il importe de l’envisager dès le plus jeune âge, pour permettre aux enfants d’en découvrir tous les plaisirs et de s’inscrire dans la communauté des hommes. Une des grandes nouveautés de ces cinquante dernières années est en effet le spectacle « jeunes publics », que l’on a vu émerger en France, en Belgique, au Québec... Partout dans le monde, des adultes se consacrent désormais à l’écriture et à la réalisation de spectacles principalement destinés aux enfants et aux jeunes, avec le double souci de leur raconter le monde et de leur faire découvrir les formes symboliques du récit partagé. En faisant cela, ils ne conçoivent pas seulement un projet pédagogique, ils proposent une aventure à la fois artistique et culturelle, éducative et démocratique, essentielle. Ils démontrent avec force que le spectacle vivant… n’est pas encore mort !

JGC

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Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 12:54

C'est un petit journal en ligne, exclusivement consacré au spectacle "jeunes publics". J'ai le plaisir d'y tenir une chronique régulière. Le dernier n° vient de sortir. Chronique intitulée : "Le but du voyage"

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Le ministère de la culture et de la communication entend mener prochainement une politique prioritaire d’éducation artistique et culturelle, visant à la « généralisation de l’accès de tous les jeunes à l’art et à la culture ». Avouons-le, cette formulation, malgré son évidente générosité, depuis le temps qu’elle est utilisée, me fatigue. Comme si la culture constituait un élément extérieur, auquel il faudrait accéder. Comme s’il s’agissait d’une valise à remplir, d’une échelle à escalader, d’une montagne à gravir dont le sommet s’éloignerait sans cesse, au fur et à mesure de l’escalade… Comme s’il suffisait alors, pour vérifier l’efficacité d’une action ou la pertinence d’une politique culturelle, de comptabiliser le nombre d’enfants ayant passé la porte d’un musée, d’un spectacle, d’un cinéma, d’une bibliothèque. « Combien d’enfants touchés ? », demandent le sociologue, l’administration, l’adjoint au maire, sans se préoccuper de la nature véritable de ce contact. Or, combien d’enfants ont été écoeurés à jamais par des expériences artistiques mal vécues, mal préparées ou inadaptées, qui se trouvent pourtant comptabilisés dans des statistiques savantes de fréquentation ! Le nombre d’enfants concernés est un marqueur simpliste ; il nous faut rappeler que toutes les propositions d’éducation à l’art et par l’art, les programmations de spectacle en direction de l’enfance, ne visent pas un accès à la culture, mais espèrent surtout un accès… à soi-même et à l’humanité du monde. L’aventure esthétique, d’acteur ou de spectateur, est un voyage à la recherche de « l’invisible rendu visible » disait Peter Brook. Comme tout voyage, il est un déplacement (dé-placement), qui permet de découvrir (dé-couvrir) le monde symbolique de l’art, mais permet surtout à celui qui l’accomplit de se construire, de s’élever, et finalement de prendre la parole (individuellement et collectivement). La volonté honorable de généralisation d’une telle démarche a donc fort peu à voir avec la statistique, elle appelle la plus grande attention à la qualité de la relation comme à la qualification de ceux qui y travaillent. Car, comme l’affirmait mon ami Jacques Lecoq : « Le but du voyage… c’est le voyage lui-même ! »

 

En savoir plus sur Le Piccolo

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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 21:15

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  On apprend aujourd’hui qu’en guise de cadeau de fin d’année, le Conseil constitutionnel vient de refuser la mesure symbolique proposée par François Hollande candidat, désormais Président de la République, de taxer les très hauts revenus à 75%. Je me garderai ici de toute réflexion sur le fond l’affaire - L’oiZeau récuse toute prétention à la compétence universelle - pour m’attacher aux premiers commentaires entendus sur les radios dès la fin de journée.

En résumé, outre le traditionnel « ce n’est que partie remise, nous y reviendrons la prochaine fois », l’analyse d’un député interrogé fut celle-ci : « de toutes façon, cela ne devait rapporter que 200 à 300 millions d’euro… c’est très peu ! La mesure était surtout symbolique… »

Ce chiffre a soudain résonné dans mon esprit.

Nous débattions avec quelques amis, il y a peu, du désastre possible (probable ?) du fameux « plan » annoncé concernant l’éducation artistique et culturelle, « priorité ministérielle » absolue censée permettre à tous les jeunes de notre pays « d’accéder enfin à l’art et à la culture ». Outre la perplexité née du processus de « concertation » engagé à la hussarde, des divergences manifestes entre les ministères de l’éducation nationale et de la culture, des craintes des collectivités territoriales, la question budgétaire faisait partie des doutes majeurs exprimés. « 10 millions seraient disponibles à la Culture », nous dit-on ici… « Mais non, ils n’existent pas dans le PAP (Projet annuel de performance)[1] » nous apprend ce fonctionnaire spécialiste. « De toute façon, le Plan national a été budgété depuis longtemps. Pour qu’il soit efficace et global, il faudrait… 200 à 300 millions d’euro ! » nous dit enfin cet Enarque discret et qui entend le rester. Bingo !

Vous avez bien lu ! La mesure censurée - « c’est bien peu » - aurait pu financer à elle seule tout le plan national pour l’éducation artistique et culturelle… C’est beaucoup ? Réponse dans quelques semaines, dès que seront connues les décisions ministérielles…

Quel est ce grand penseur qui avait dit : « tout est relatif » ?



[1] « Depuis la loi de finances pour 2006, les projets annuels de performances qui figurent dans les nouveaux «bleus » budgétaires par mission retracent , pour chaque programme, la stratégie, les objectifs, les indicateurs et les cibles de résultat dont l’atteinte sera mesurée dans les rapports annuels de performances (RAP) annexés au projet de loi de règlement.
Les PAP ne présentent pas seulement les objectifs et des indicateurs des programmes : ils permettent, aussi, grâce à des informations sur la justification des crédits au premier euro et l’analyse des coûts, une meilleure compréhension de la dépense. Ils détaillent ainsi pour chaque programme, les propositions du projet de loi de finances.
Plus globalement,  ils répondent au souci de substituer à une culture de moyens (« un bon budget est un budget qui progresse ») une véritable culture de résultats à tous les niveaux de la gestion publique (« un bon budget est celui qui maximise le rapport résultats obtenus sur fonds employés ») et à l’exigence démocratique de rendre compte aux citoyens et aux contribuables de l’emploi des deniers publics. » (source : Ministère du budget)

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