Olivier Py, il faut refuser Avignon

Publié le par JGC

Lettre ouverte au (toujours) directeur du Théâtre de l’Odéon

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Cher Olivier Py,

nous n’avons pas le plaisir de nous connaître. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Nous n’avons échangé aucune conversation. Je ne vous ai jamais écrit. Si je souhaite aujourd’hui vous adresser ces quelques mots publiquement, c’est pour prendre ma part au débat qui s’est engagé autour de votre éviction brutale du Théâtre de l’Odéon et l’annonce de votre nomination à la direction du Festival d’Avignon. Comme beaucoup, j’ai été choqué par la manière agressive et brutale utilisée par le ministre de la culture pour vous annoncer votre éviction de l’Odéon, manière profondément méprisante pour vous mais surtout pour le public, pour l’histoire même du théâtre de l’Odéon et pour l’ensemble de ceux qui se sont battus (et se battent encore) pour une certaine éthique du théâtre public dans notre pays. J’avais donc rédigé un premier texte sur ce modeste blog… Quand j’apprends que le même ministre, constatant le grabuge déclenché dans « la profession » et au-delà, vous propose aussitôt la direction du Festival d’Avignon dès… 2014 ! Entre le rire et l’écoeurement, mon cœur balance ! Non que vous soyez indigne de prendre la direction de ce Festival, en vérité je ne veux avoir aucun avis sur cette question, mais encore une fois pour le mépris démontré par le ministre, cette fois pour le festival lui-même, (pour lequel j’ai le plus grand attachement, pour ce qu’il est et ce qu’il représente) et aussi pour l’équipe qui en assure actuellement la direction. Une évaluation ? Une réflexion ? Un débat ? Des projets ? Des propositions ? Des alternatives ? Une rupture ? Une continuité ? Que faut-il faire d’Avignon dans la décennie qui s’annonce ? De toute cela il ne sera donc jamais question : trois ans avant l’échéance, comme on offre un sucre d’orge à un enfant pour qu’il se calme, voilà que l’on vous propose la direction d’un beau jouet. Mais le pire, c’est la suite : vous acceptez !

J’avoue que les bras m’en sont tombés ! J’imagine les discussions nocturnes, les messages, les textos échangés : « vas y ! » « l’occasion ne se représentera pas » et autres suggestions de même nature. Mais enfin ! Si, comme je le pense, l’éthique du théâtre public et son devenir vous importent, alors la réponse est simple : il faut refuser d’être ainsi désigné à la direction d’Avignon ! Non pour s’opposer de manière suicidaire à un ministre et un pouvoir auxquels il ne reste que quelques coups de communication pour faire croire qu’ils réfléchissent, mais pour l’honneur du théâtre public que nous défendons ensemble. Refusez cette manière de faire, proposez un véritable appel à projet (dont le vôtre, bien entendu), rendez public vos propositions, incitez au débat et à la réflexion… Vous y gagnerez en crédibilité, et surtout en honneur. Et je pense même qu’au terme de cette attitude, vous serez désigné à Avignon, largement soutenu par ceux-là même qui se sont indignés de votre éviction de l’Odéon.

Je suis, bien entendu, à votre disposition pour tenir un débat public sur cette proposition. Peut-être même en Avignon, dès l’été prochain…

Publié dans COUPS DE GUEULE

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Jean-Claude Pompougnac 22/04/2011 10:47



Que le débat continue : voir aussi --> http://www.microcassandre.org/?p=2169



Jean-Claude Pompougnac 19/04/2011 17:20



La question est, en effet, les politiques ont-ils perdu le sens moral et, question subsidiare, ceux qui créent grâce à leurs subsides aussi ???


http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/France/Les-politiques-ont-ils-perdu-le-sens-moral-?/Default-2-2475.xhtml



Jean-Claude Pompougnac 17/04/2011 16:34



Bonjour, j'ai eu le "privilège" de le connaître ce M. Py quand il était directeure du CDN d'Orléans...


Je partage ta sainte colère... en voici une autre, voisine et différente.. : http://blogs.mediapart.fr/blog/valdo/170411/culture-les-egarements-dune-gauche-avuglee-par-les-sunlights 
Cette fin de règne (j'espère) d'une droite brutale et cynique signe aussi l'épuisement d'une cretaien gauche. Hélas.


Amitiés Que le débat continue...


 


J.C.P.