<![CDATA[L'oizeau rare]]> http://www.loizorare.com/ fr over-blog.com RDF 1.0 Generator admin@over-blog.com 2006-09-10T22:27:22Z <![CDATA[SOLITUDES]]> http://www.loizorare.com/article-19494585.html Deux nouvelles glanées récemment dans la presse. L’une théâtrale, l’autre politique. Il se pourrait que l’on y trouve quelques correspondances. 1/ Daniel Mesguich, directeur du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, vient de nommer Guy Bedos « professeur de solitude », chargé d’enseigner aux futurs acteurs l’art du sketch. Il s’en explique dans Le Monde de la manière suivante : « Le one-man-show, c'est l'art du sketch. Pourquoi ne pas s'y préparer, comme à la prestidigitation, au clown, qui seront aussi enseignés dans ces cours ? L'art de l'acteur est à multiples facettes. Et puis, sur le fond, qu'est-ce qui fait la spécificité de tel grand acteur, sinon sa solitude, sinon sa profondeur à lui, inaliénable ? C'est seul qu'on fait des progrès essentiels. Je ne dis pas que les cours "de solitude" apprennent à être seul au monde. Mais je dis que quand on a tout enlevé, les partenaires, le personnage, la situation, et qu'on dit : "Voilà, le rideau s'ouvre, et tu es seul", c'est une façon essentielle de rappeler ce qu'est le théâtre. » Voici théorisée, dans la plus prestigieuse école française d’art dramatique, la dérive la plus marquante de ces dernières années, à savoir l’individualisme forcené des acteurs, le principe de solitude affirmé comme identité même du théâtre. Foutaise ! Me reviennent à l’esprit toutes les aventures théâtrales marquantes auxquelles j’ai participé, ou assisté, depuis près de 40 ans. Vilar, Brook, Mnouchkine, Kantor, le Living theatre, et tant d’autres… Toutes avaient en commun d’être le fruit d’un travail, mieux d’une expression collective. Mettez sur une scène une troupe de solitaires, aussi géniaux soient-ils, cela ne fonctionnera jamais comme une équipe solidaire, fut-elle composée d’individus moins talentueux. Au théâtre comme au football, c’est le jeu collectif qui l’emporte toujours. Mon ami Philippe Avron, qui pourtant joue seul depuis bien des années, ne cesse de répéter : « C’est fou qu’il faut comme monde pour faire un truc tout seul » ! Il ferait un bon professeur au Conservatoire ! Allons pus loin. Je n’ai rien contre la solitude de l’acteur au moment des trois coups et j’adhère à l’idée qu’une part de solitude, c’est-à-dire de responsabilité individuelle autant que de liberté, est utile voire indispensable à l’acte artistique. Mais au théâtre, cette responsabilité ne peut être que partagée, et c’est dans le groupe, par la confrontation et le dialogue, que l’individu trouve ( ou non) sa place et son sens. En vérité, l’intérêt majeur de l’activité théâtrale (et sans doute sportive, souvent) c’est précisément le jeu dialectique qui s’opère entre l’individu et l’équipe, entre solitude et solidarité. C’est d’ailleurs ce que Jacques Lecoq avait magistralement mis en œuvre dans l’équilibre subtil entre les « auto-cours », essais permanents de créations collectives, et le travail du clown, en fin de formation, solitude absolue de l’acteur au centre de la piste ! A quand Ariane Mnouchkine professeur de « solidarité » au Conservatoire ? 2/ « Christophe Girard quitte Ségolène Royal pour rejoindre Bertrand Delanöé. » Celle-là aussi, sans doute, vous aura échappé. Et pourtant, il s’est trouvé un journaliste pour y consacrer un papier dans un grand journal du soir. Cela vaut bien quelques lignes dans ce modeste blog. Pour ceux qui l’ignoreraient, le Sieur Girard est depuis six ans adjoint au maire chargé de la culture à la Ville de Paris et salarié de la firme LVMH, qui commerce notamment avec la Chine. Il s’est abstenu lors de la décision du Conseil de Paris de nommer le Dalaï Lama citoyen d’honneur de la Ville. Pour l’avoir brièvement croisé, et observant la politique culturelle de la Ville de Paris, pour le moins inexistante, depuis qu’il en a la charge, il est intéressant de noter l’évolution politique de la personne : élu sur une liste Verts, puis rejoignant le PS, soutien actif et très visible de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, le voici dans le sillage de Bertrand Delanöé. Parions que d’autres revirements pourraient intervenir. Est-ce le vent ou la girouette qui tourne ? Certains persiflent en affirmant que le personnage viserait essentiellement la rue de Valois, et qu’il lui faut donc s’atteler, au plus tôt, à la bonne  locomotive. D’où quelques hésitations sur la trajectoire. Comment peut-on contribuer à diffuser de telles rumeurs ! Persifler avec les loups, nous ? Jamais ! Le militantisme politique, comme l’art de l’acteur, est affaire de solidarité et non de solitude. N’est-il pas ? ]]> fr 2008-05-12T14:56:31Z <![CDATA[BREVES]]> http://www.loizorare.com/article-18953059.html 1/ Aimé Césaire est mort. La République lui a concédé des obsèques nationales. Daniel Maximin y a mené la lecture d’un ensemble de textes remarquables devant un parterre de personnalités. Grand moment, émouvant, intelligent, rare… Mais comment se fait-il qu’aucune chaîne de télévision parmi les « grandes chaînes publiques» (la 2, la 3…) n’ait trouvé utile de retransmettre cet événement ? Il m’a fallu aller chercher quelques extraits sur une chaîne privée câblée… Service public, encore un effort ! Quelle occasion ratée de rassembler un très large public autour de cette pensée vive ! 2/ Un débat important fait suite au rapport « Olivennes » sur internet. En résumé, la position du rapport, adoptée par la majorité au Parlement français, propose une « riposte graduée » pour les pirates du Net, qui peut aller jusqu’à la fermeture totale de leur accès internet. La commission « Attali » suggère au contraire une autre forme de financement des droits d’auteurs, qui ressemblerait à une « licence globale ». Par 314 voix pour (297 contre) le Parlement européen a notamment adopté l'amendement que Guy Bono et Michel Rocard, avaient déposé en plénière - co-signé par des socialistes, des verts et des communistes de 12 Etats membres - pour se positionner contre la « riposte graduée » prônée par Nicolas Sarkozy, et qui consiste à bloquer le trafic internet des consommateurs qui se livrent au téléchargement illégal de contenus culturels. « Les mesures répressives sont des mesures dictées par des industries qui n'ont pas été capables de changer leurs modèles économiques face aux nécessités imposées par la société de l'information. L'enjeu central est ici de trouver un équilibre entre les possibilités d'accès aux activités et contenus culturels, la diversité culturelle et une véritable rémunération aux titulaires de droits… Ces mesures entrent en contradiction avec les libertés civiques ainsi qu'avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion », explique le Rapporteur Guy Bono. « La coupure de l'accès internet est une sanction aux effets puissants qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l'accès à internet est un droit impératif pour l'inclusion sociale », ajoute-t-il. Nous vivons dans une société moderne. Internet fait partie de notre quotidien: c’est devenu un outil indispensable aussi bien dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Supprimer l’accès à Internet à un jeune au prétexte qu’il télécharge est une décision gravissime. En Europe, la France est le pays qui envisage la mesure la plus répressive alors que c’est le pays des Droits de l’homme. » Le combat continue ! Pour en savoir plus : la quadrature du net. 3/ « Baba Troré est mort noyé ! » C’est le titre d’un communiqué officiel prenant acte du décès de ce jeune malien qui a plongé dans la Marne sans savoir nager. Il faut dire qu’il avait à ses trousses des policiers et qu’il n’avait pas de papiers. On aurait pu écrire : il est mort de peur. Il est mort de peur d’une politique de traque, comme cette chinoise qui avait sauté par la fenêtre à Belleville. Mais non, il est mort noyé ! Ouf ! Pour en savoir plus, lire ce témoignage  sur le site de Education sans frontières. 4/ La classe d’Adeline (CM2) avait travaillé un petit passage de « 1789 » du Théâtre de Soleil, dans le cadre de l’approche historique de la Révolution française. Elle m’en avait fait part et je lui ai dit que je connaissais bien ce théâtre. Quelques semaines plus tard, nous organisons une visite du Théâtre du Soleil : rencontre avec Maurice et Astrid, comédiens, visite des lieux, pique nique… et puis, rencontre avec Ariane Mnouchkine, très attendue. Elle passe quelques minutes avec les enfants, assiste à la séquence « 1789 » jouée par eux et puis… surprise ! Elle invite tout le monde à assister à une répétition des « Ephémères ». Nous nous retrouvons avec les enfants dans la salle de spectacle, une heure et demie durant, une attention extraordinaire… Moment simple, moment grandiose, moment sans doute mémorable ! Cela vaut toutes les histoires de l’art que l’on veut leur imposer à haute dose ! ]]> fr 2008-04-22T10:20:14Z <![CDATA[Le livre participatif. (1)]]> http://www.loizorare.com/article-18454475.html Souvenez-vous, il y a quelques mois. L'époque était à la démocratie participative. Chacun était invité à dire son mot... C'est décidé, je continue. Il m'arrive d'écrire quelques notes sur la culture et ses politiques, qui pourraient se trouver réunies prochainement dans un livre. J'ai décidé de tenter l'expérience : mettre à votre disposition au fur et à mesure quelques passages rédigés. Pour avoir votre avis, vos commentaires éventuels... Voici le premier coup de clavier... Vive la démocratisation culturelle ! « La démocratisation culturelle est un échec ! » Cette affirmation est une des denrées les mieux vendues sur le marché des idées simplistes sur la culture et des politiques culturelles. Espérée depuis Malraux, voulue par d’innombrables acteurs de la création et de la diffusion artistique, relayée par de très nombreux élus et responsables territoriaux depuis les années 50, la politique de « démocratisation » serait « objectivement » la cause de toutes nos difficultés.  Le thème est repris à gauche comme à droite. Exemples. « Les politiques culturelles mises en oeuvre depuis la création du ministère de la culture en 1959 ont rompu avec les ambitions démocratiques issues du front populaire et de la libération. Ces politiques publiques n’ont eu aucun impact en matière de démocratisation. C’est le constat établi, pour une longue période - de 1973 à 1998 -, par l’observation de la progression des pratiques culturelles des classes populaires, en particulier celles des employés et des ouvriers. A la lecture de ces données, on sait aujourd’hui que l’objectif de démocratisation d’André Malraux et de ses successeurs ne fut qu’un mythe. Il faut donc faire porter la critique sur les principes fondateurs d’une politique d’Etat dont les effets de redistribution sociale n’ont pas été concluants. » écrit Philippe Livar  (La Forge). Argument de gauche ! « Les acquis de cette politique sont considérables : une offre artistique foisonnante, des musées et des monuments rénovés, un cinéma rivalisant avec la production internationale. Ces succès ne doivent cependant pas faire oublier les lacunes et les ratés : un déséquilibre persistant entre Paris et les régions, une politique d'addition de guichets et de projets au détriment de la cohérence d'ensemble, une prise en compte insuffisante des publics, et surtout l'échec de l'objectif de démocratisation culturelle. De fait, notre politique culturelle est l'une des moins redistributives de notre pays. Financée par l'argent de tous, elle ne bénéficie qu'à un tout petit nombre » affirme Nicolas Sarkozy, Président de la République dans sa « lettre de mission »  à Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication. Argument de droite ! Cherchez la différence ! Bien d’autres textes et prises de position de responsables politiques, institutionnels, universitaires, journalistes, professionnels… reprennent en chœur les mêmes arguments. Et puisque « l’échec » est avéré, pourquoi ne pas jeter ensemble le bébé et l’eau du bain ? Et la baignoire avec ! Bref, il serait urgent d’en finir définitivement avec cette illusion démocratique qui affirmait naïvement vouloir « élargir le cercle des connaisseurs » en aménageant des espaces culturels, en présentant des œuvres artistiques et en mobilisant les publics par une « action culturelle » aussi ringarde qu’inutile. Il convient dorénavant « d’éduquer » ce peuple qui, malgré tous les efforts consentis, rechigne à s’abreuver aux fontaines des institutions culturelles, pourtant toujours plus nombreuses, mises à sa disposition. Vive l’éducation artistique et culturelle ! désormais unanimement encensée. Hormis ce slogan d’absolu consensus et de malentendus profonds (qui confond l’éducation et les enseignements, les pratiques artistiques et l’histoire des arts), les potions magiques suggérées sont aussi multiples que les médecins qui se penchent sur le malade. Pour en finir avec « la crise », avec le «malaise » ou avec « l’impasse», il faut résolument « réformer », « refonder », « métamorphoser », « diversifier », «décentraliser », « privatiser »… la culture et ses politiques. Le plus radical des remèdes étant suggéré par notre Grand Timonier, dans sa lettre historique à sa collaboratrice ministre : « … Il est décidé d'abandonner les politiques qui ne marchent pas au profit de politiques qui marchent… » Sommet de complexité intellectuelle ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Il suffisait d’y penser ! Allons à l’essentiel. Tordons le cou à cette affirmation. Non, la « démocratisation culturelle » française, menée depuis une cinquantaine d’année, n’est pas un « échec ». Elle constitue même un grand succès pour les très nombreux acteurs qui s’y sont engagés. Des années cinquante à aujourd’hui, la France de la culture s’est profondément transformée. Les offres culturelles les plus diverses se sont répandues sur le territoire. Quelle ville n’a pas actuellement son centre culturel, son théâtre, son musée, son (ses) festival(s), son centre d’art contemporain… ? Quelle région se trouve dépourvue de compagnies, d’orchestres, d’ensembles chorégraphiques… ? Combien sont-ils les « professionnels » de la profession qui ont accompli dans ces domaines (et qui accomplissent) des parcours (parfois des « carrières) difficiles, dignes et respectables ? Ils seraient trop nombreux, dit-on aujourd’hui, qui grèvent paraît-il les budgets des Assedic ou les subventions publiques qu’il faudrait réduire d’urgence ! Un «échec », cet aménagement du territoire, ce développement considérable de professions associées aux actions culturelles ? Et les publics : ces millions d’individus qui fréquentent les lieux et les spectacles, les expositions et les concerts, plus nombreux que ceux des stades de football, quantité négligeable ? Un « échec » que d’arriver à les mobiliser autour de phénomènes artistiques parfois « non identifiés », complexes, difficiles, incertains ? L’honnêteté et le respect du travail accompli poussent à reconnaître que tout cela n’était pas gagné d’avance, ni même que cela soit acquis définitivement. La « démocratisation culturelle » était un projet humaniste et politique, un espoir partagé, une utopie collective essentielle sans laquelle tout cela n’aurait sans doute jamais été réalisé. Il se pourrait, d’ailleurs, que cette notion serve encore un moment de point d’appuis (ou de point de fuite), justifiant pour beaucoup de nos concitoyens les financements publics qui sont accordés aux politiques culturelles. Car quoi ! Imaginons que cette perspective soit définitivement abandonnée. Terminée, la préoccupation de «l’exigence artistique pour le plus grand nombre ». Enterré, l’espoir de « conquête » ou « d’élargissement » des publics. Table rase sur tout ce qui a été construit depuis tant d’années. On ferme les musées, les bibliothèques, les scènes nationales… Un responsable politique pourrait écrire alors à sa ministre : « La démocratisation culturelle, c'est… veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public... Vous exigerez de chaque structure subventionnée qu'elle rende compte de son action et de la popularité de ses interventions, vous leur fixerez des obligations de résultats et vous empêcherez la reconduction automatique des aides et des subventions. » Pour faire du chiffre, les musées, par exemple, seront gratuits. Mais pourquoi pas les théâtres, les concerts, les expositions, les cinémas ? Mieux, réhabilitons le « théâtre obligatoire » comme le suggérait Karl Valentin, là au moins les statistiques seraient valorisantes ! Et pour l’élitisme, voyez ARTE et France Culture ! Ce sera bien suffisant. Le populisme en lieu et place du populaire, l’audimat en guise d’évaluation, la «culture du résultat » comme seul critère de soutien et le tour est joué ! Nous y sommes ! Entendons-nous : à l’évidence, les politiques culturelles de ces cinquante dernières années n’ont pas eu que des succès. Bien des éléments peuvent, doivent être modifiés, adaptés, développés dans l’approche et la mise en œuvre de ces actions. Mais prétendre à l’échec absolu est une aberration. Ou alors, le même raisonnement devrait être appliqué à bien d’autres domaines de la vie publique : « l’échec » de l’Ecole républicaine (malgré le budget de l’éducation nationale, il reste des illettrés et tous ne sont pas ingénieurs à la sortie…) Vite, favorisons l’autorité, les fondamentaux, le travail, le mérite… et l’école privée ! Mais aussi « l’échec » du système public de santé (malgré le trou de la sécu, il reste des gens malades, parfois même des morts…) Ou encore, « l’échec » de la politique des transports (il reste des embouteillages dans les villes, des accidents sur les routes…), de la politique économique (il reste des chômeurs), de la politique sociale (il reste des smicards), de la politique de sécurité (il reste des agresseurs…), de la politique d’immigration (il reste des clandestins et des immigrés non intégrés…) J’en passe ! Cinquante années n’ont pas été suffisantes pour résoudre définitivement touts ces problèmes. Certains poussent le raisonnement et dénoncent en réalité « l’échec »… de la démocratie elle-même ! Il est vrai que ce système est dangereux. Incertain ! Il ne répond pas au principe de précaution, amène parfois les « socialo-communistes » au pouvoir. Pire : la plupart des dictateurs n’ont-ils pas été « démocratiquement » élus ? Vite, instituons, comme le propose Guy Bedos, un « permis de vote » (il y a bien un permis de conduire, un permis de chasse, un permis de séjour, un permis de travail…) ? Elire un dirigeant n’est-ce pas plus important que de tirer un lapin ? Mais revenons à nos moutons culturels ! Le rappel qui vient d’être fait ne nous exonère pas, loin s’en faut, de voir le monde tel qu’il est. Bien sûr, il y a « crise » des politiques publiques de l’art et de la culture, au sens où l’entendent les chinois dans la définition de ce mot : «danger et espoir ». Bien entendu, le projet de « démocratisation », tel qu’il a été développé dans notre pays, a trouvé ses limites, principalement sur la composition sociologique des publics. A l’évidence, le monde a changé, change (et changera) : l’urbanisme, le chômage de masse, la mondialisation, les industries culturelles, les nouvelles technologies… n’existaient pas dans les années cinquante. Il importe donc d’adapter le projet aux conditions nouvelles de sa réalisation. Mais n’est-ce pas le principe même de toute action ou politique artistique et culturelle, que de se plier aux évolutions de l’art comme aux conditions nouvelles de sa création et de sa diffusion ? « Il n’y a de crise au théâtre que lorsque le théâtre n’exprime pas la crise » écrivait Eugène Ionesco. Nous pourrions paraphraser en affirmant : « il n’y a de crise culturelle que lorsque la politique n’exprime pas la crise… de la culture!» Mais de quoi s’agit-il ? De quelle « crise » parlons-nous ? Et quelles pourraient être les pistes nouvelles à explorer ? Puisque le débat est ouvert sur ces questions, ajoutons-y notre grain de sel ! (A suivre) Merci de ne considérer ce texte que comme une première ébauche. Les commentaires sont bienvenus. ]]> fr 2008-04-04T21:55:15Z <![CDATA[Plan de rigueur]]> http://www.loizorare.com/article-18433801.html Puisqu'on vous dit qu'il n'y aura pas de "plan de rigeur" La créativité s'exerce sur le Net... Samba Sarko, 140 mesures ]]> fr 2008-04-04T08:55:04Z <![CDATA[Les honneurs de La Scène]]> http://www.loizorare.com/article-18231883.html Vient de paraître, le n° 48 de la revue "La Scène".  Nous y sommes présents par un entretien et une brève sur notre livre. Les voici: « Le lien avec la pratique artistique aurait du être une priorité » Jean-Gabriel Carasso, directeur de l’Oizeau rare, ex-directeur de l’Anart, auteur de « Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ? » (Ed. l’Attribut) Que pensez-vous des mesures proposées en conseil des ministres sur l'éducation artistique et culturelle? Nous travaillons depuis trente ans à développer l'expérimentation en matière d'éducation artistique. Nous souhaitions que cela devienne une priorité politique, le candidat Nicolas Sarkozy l'avait promis pendant sa campagne. C'était enfin affirmé. Et qu'est devenue cette priorité? On commande un rapport et on voit arriver une priorité à l'enseignement de l'histoire de l'art pris en charge par les profs d'histoire, de musique et d'arts plastiques, comme si tout allait fonctionner sur cette injonction faite aux enseignants. C'est le lien avec la pratique artistique qui aurait dû être une priorité. Nous sommes dans une inversion totale de sens. C'est un peu comme si on voulait favoriser le sport en enseignant l'histoire du sport, sans permettre aux enfants de mettre les pieds dans un stade! La pratique est expulsée vers le champ périscolaire. On scinde l'éducation artistique en enseignements et pratiques, alors que ce qui a du sens, c'est le parcours dans l'école, afin que les enfants aient une approche complète de l'art et de la culture. Quels sont, selon vous, les problèmes majeurs posés par ces mesures? On nous parle de volet culturel dans les projets d'établissement: la mesure n'est pas nouvelle, mais on souhaite la généraliser. Simplement, pas un mot n'est  dit sur ce que cela recouvre. On met en place des dispositifs sans s'occuper des dispositions des gens. Les injonctions ne servent à rien ni même les dispositifs, si l'on n'interroge pas le pourquoi et le comment de l'action. Or, pour fonder l'éducation artistique, il faut engager une vraie politique de formation. Pourtant le plan Albanel-Darcos parle bien de formation ... Oui, mais alors que le rapport Gross parlait d'un partenariat entre les DRAC et les IUFM, on nous dit que la formation passera par les grandes institutions culturelles et les écoles d'art, sans se préoccuper de leurs compétences. C'est encore une mesure dictée par l'absence de moyens, mais on flingue du même coup les petites structures ou compagnies très investies sur ce terrain et qui, elles, font ce travail depuis de longues années. Ce sont les moyens qui font défaut? Oui, bien sûr, cette annonce n'est suivie d'aucune mesure budgétaire: il faut faire plus sans un centime supplémentaire. Mais il n'y pas que [es moyens en cause. Le plan rescolarise ['éducation artistique. Il y a un problème de fond qui est pédagogique et qui a de tous temps agité l'Éducation nationale. I1 s'agit de faire valoir une pédagogie académique contre une pédagogie de projet créative. Si l'éducation passe par l'enseignement de l'histoire de l'art, bien que je n'aie rien contre l'histoire de l'art, on tourne le dos à une éducation du risque, de l'invention, de [a créativité. Il est assez intéressant de lire à cet effet le rapport Attali. Sa première proposition est de dire qu'il faut investir dans la jeunesse et prendre des risques. On fait exactement le contraire en valorisant des savoirs académiques. Comment encourager la créativité, le sens du risque ? Comment s'emparer politiquement de la question? Le sujet mérite un vrai débat politique, parce que c'est à l'école que doit se faire l'éducation artistique et non dans le temps périscolaire pour ceux qui peuvent ou qui veulent, comme le suggèrent nos ministres. Le conflit porte sur la pédagogie comme mode de rapport au monde. Or, cette question concerne chacun d'entre nous, ainsi que l'Éducation nationale, les collectivités, l'éducation populaires, les structures culturelles. Tout le monde a une partition à jouer, comme en matière d'environnement. On a beaucoup avancé sur l'éducation artistique en 30 ans. La difficulté est de généraliser des expériences qualitatives, qui ont fait leur preuve. Mais ce n'est pas impossible, à condition de savoir que cela passe par une formation longue des enseignants, des médiateurs et des artistes . PROPOS RECUEILLIS PAR A. Q. La Scène n°48 - Mars 2008 Education artistique Art, culture et éducation au cœur d’une passion. Entretien avec Emile Lansman Jean-Gabriel Carasso, Editions Lansman, 60 pages, 9€ Jean-Gabriel Carasso s’est prêté au petit jeu d’un court entretien que lui proposait l’éditeur Emile Lansman. Le compte-rendu de ces 90 minutes d’échange entre les deux hommes retrace le parcours d’un pionnier de l’éducation artistique. Sa découverte du théâtre, ses enthousiasmes comme ses déceptions, donnent ici matière à une réflexion très personnelle sur la relation de l’enfant et de l’école à la culture. ]]> fr 2008-03-29T13:05:26Z <![CDATA[Brèves]]> http://www.loizorare.com/article-18207125.html 1/ Complémentarités « La religion est complémentaire de la laïcité » a déclaré récemment le président de la République pour clore une controverse toujours vive, provoquée par ses discours prononcés à Dubaï et à Rome (Latran). Ce point de vue est inexact et dangereux parce que contradictoire. Inexact parce que la laïcité est une et indivisible tout comme la République. Rien ne peut lui être complémentaire, c'est comme si l'on affirmait que la Monarchie est complémentaire de la République, le divorce du mariage, ou bien encore la foi de l’athéisme. On peut individuellement être monarchiste ou croyant. Ce sont là des convictions intimes, respectées et protégées par la République qui ne peuvent en aucun cas en être des compléments. La République nen a pas besoin. Son unicité et son indivisibilité suffisent à sa propre intégrité. Il est dangereux de vouloir ainsi la compléter, elle en est atteinte aussitôt, tout comme la laïcité… Ainsi commence l’édito de Guy Seligmann, réalisateur, dans la Lettre de la SCAM. Lumineux, n’est-il pas ? 2/ Internet Pour les profanes du clavier et du réseau numérique, la question d’Internet, de son économie, de son droit, est parfois plus qu’obscure. Qui devrait payer quoi ? A qui ? Comment ? Et pendant ce temps-là, des millions de fichiers s’échangent chaque jour… Nos gouvernants se préparent à la « risposte graduée » ( qui vient d’être rejetée par les Suédois) et autres décisions inquiétantes, résultant notamment de la commission « Olivennes » (le même qui prend les commandes du Nouvel Obs !). Pour en savoir plus, comprendre les enjeux, participer éventuellement aux protestations qui s’organisent, un groupe de spécialistes vient de mettre en place un site particulièrement utile et pédagogique. C’est ici :  la quadrature du net 3/ Théâtre du Soleil Faut-il rappeler à ceux qui n'ont pas encore vu "Les Ephémères" au Théâtre du Soleil que ce spectacle exceptionnel se terminera définitivement à Paris le 20 avril. Dépéchez-vous ! Le Théâtre du Soleil ]]> fr 2008-03-28T17:30:30Z <![CDATA[Action lycéenne]]> http://www.loizorare.com/article-18079901.html fr 2008-03-25T11:25:13Z <![CDATA[Charte des artistes]]> http://www.loizorare.com/article-18079612.html Les artistes, les responsables culturels, se trouvent en permanence sommés de justifier leur existence, plus encore lorsqu’ils revendiquent quelques deniers publics pour mener leurs actions. Cette injonction est particulièrement vive aujourd’hui, dans notre pays. Le hasard fait que nous parvient à cet instant une « Charte des responsabilités des artistes » éditée au Brésil. Texte latino-américain à valeur universelle, contribution au débat. Il commence ainsi : “Le vrai devoir de l’artiste c’est celui de sauvegarder le rêve”, nous dit Modigliani. Et le rêve, dans un monde devenu marchandise, se rend lui-même mercantile. Rêve de consommation, d’un avoir en tant que synonyme de bonheur. Bien loin du rêve préconisé par Modigliani. Rêve d’artiste, d’un art qui entraîne le dévoilement d’un monde et la création d’un autre, comme le souhaitait Octavio Paz. C’est bien dans ce monde de plus en plus disproportionné, rempli d’inégalités et dépourvu de charmes, que l’artiste se doit de relever le défi de son réenchantement. Ce qui veut dire tout mettre en oeuvre afin de transformer la société par le truchement de l’art, en cherchant à faire marcher ensemble Don Quichotte et Sancho Pança: un rêve bien ancré sur le réel. L’art c’est le lieu par excellence de la subjectivité et de la création, en procurant la possibilité à tous ceux qui s’en approchent de changer leur vision du monde. Serait-il possible de rêver d’un monde poétiquement habitable? Un monde qui ne serait plus aride? Un monde dégagé de la violence et des fondamentalismes, où les hommes s’entre-tuent? Un monde qui ne se laisse pas faire par l’âpreté du gain, du profit, et où la liberté et la paix soient le patrimoine le plus prisé de la vie? Un monde qui ne rende pas le prochain, ni soi-même, une “chose”? Nous indiquons les chemins,  mais nous n’avons pas de réponses toutes faites…." Télécharger la Charte]]> fr 2008-03-25T11:10:23Z <![CDATA[Loizo sur la chaine]]> http://www.loizorare.com/article-18037377.html fr 2008-03-24T09:55:15Z <![CDATA[Une contre-proposition]]> http://www.loizorare.com/article-17784083.html Une contre-proposition circule sur le Net que je ne peux résister à vous faire connaître :   " Désormais chaque année, à partir de  la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se verront confier  la mémoire d'un des 11 000 enfants victimes des lois  Sarkozy-Hortefeux contre l'immigration. Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant renvoyé par avion dans son pays. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui."  Je vous invite recopier le texte ci-dessus sur 2 cartes postales, une pour chacun, et à les envoyer aux 2 éminents personnages ci-dessous :   Monsieur le Président de la République 55 rue Faubourg St Honoré 75008 PARIS    Monsieur le Ministre de l'Immigration 101 rue deGrenelle 75700 PARIS  N'hésitez pas à diffuser largement cet appel autour de vous ! Pour en savoir plus : RESF]]> fr 2008-03-17T09:10:39Z