Jeudi 2 juillet 2009

L'affaire HADOPI se poursuit, malgré les chaleurs de l'été. Signalons l'initiative commune de quatre organisations qui réfléchissent ensemble aux alternatives indispensables.

 


Dans la perspective des Assises de la création numérique qui se tiendront avant la fin de l’année, la plateforme Création Public Internet * soumet une première proposition, respectueuse du [droit d'auteur, pour régulariser les échanges des œuvres numériques entre individus. Elle appelle également l’ensemble des acteurs de la création mais également de l’internet et des télécoms à se joindre au débat, pour aboutir à l'élaboration de modèles concrets et opérationnels.

AVec HADOPI 2, le gouvernement s’obstine et s’acharne à vouloir contrôler internet. Ce nouveau texte organise une surenchère répressive dangereuse et stérile qui ne rapportera pas un sous de plus à la création, voir même lui en fera perdre tant il apparaît évident qu’il est de nature à accroitre le malaise qui s’est déjà installé entre les artistes et leur public.

Il est urgent de changer de voie et de parvenir, par le dialogue et la concertation, à l'élaboration d'un modèle de diffusion des œuvres qui assure à la fois un accès pour tous à une culture diverse et un financement équitable pour les artistes/créateurs. Organiser cet espace de discussion est la raison d’être de notre plateforme et nous espérons que chacun saura y trouver sa place.

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*

Les membres fondateurs sont :

  • Pour le Cinéma : plateforme fondée par le rédacteur de la Lettre aux spectateurs citoyens, signée par près de 40 réalisateurs, producteurs et acteurs qui se sont élevés contre l'Hadopi.
  • SAMUP : Union de Syndicats des Artistes Interprètes Créateurs et Enseignants de la Musique, de la Danse et de l' Art Dramatique de France
  • UFC Que Choisir : L'UFC Que Choisir, est une association « loi 1901 », créée en 1951, elle est la plus ancienne association de consommateurs en France et en Europe.
  • La Quadrature du Net : La Quadrature du Net est un collectif de citoyens français qui informe sur des projets législatifs menaçant les libertés et le développement économique et social à l'ère du numérique.
  • ISOC France : L'ISOC France est le chapitre francais de l’Internet Society créée par les pionniers de l’Internet pour promouvoir et coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde.

Il y a quelques mois était publié le livre de Philippe AIgrain "Internet création", dont est issu la notion de "contribution créative" largement diffusée depuis dans le débat sur la loi HADOPI.
Invité à la présentation de cet ouvrage, j'étais intervenu sur le contexte général.
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Mardi 30 juin 2009


Avec Béjart, ce fut pour notre génération l'une des grandes émotions de spectacle, dans la Cour d'honneur d'Avignon
Merci madame !
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Vendredi 26 juin 2009

Quelle est la nouvelle la plus importante du jour ?
La mort de Michael Jackson ?
Le commentaire du nouveau ministre de la culture ?
Ou ce scoop (rumeur, info ?) dont nous fait part mon ami Jean-Claude ?
A votre avis ?
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Samedi 13 juin 2009

Lu sur
Rue 89

Un "collège novateur de référence nationale" va ouvrir en Vendée. Ses innovations : internat, tutorat serré et retour des "humanités".
Quand le ministre de l'Education phosphore sur le collège du futur, c'est chez Philippe de Villiers qu'il trouve son mentor.
En guise de projet innovant, c'est un pensionnat à l'ancienne façonné par le patron du Mouvement pour la France qui a obtenu le feu vert de Xavier Darcos. Et qui pourrait même essaimer ailleurs en France, malgré son style un poil suranné (pour dire le moins).
Sur le site du rectorat d'académie de Nantes (espace presse), l'info date du 5 juin : entre 2010 et 2012, la Vendée comptera bien un établissement de plus, conforme aux voeux de Philippe de Villiers.
Ce dernier négociait depuis février 2008 auprès du ministère. Après avoir loué la fermeté de Xavier Darcos dans le dossier sécuritaire, il a fini par avoir gain de cause.

Une section "humanités classiques, art, culture"
On en sait plus dans le dossier de presse du 18 mai, qui acte le lancement de ce projet de "collège novateur de réference nationale" à Montaigu, à deux pas de l'autoroute reliant Nantes à Niort.
Quatre mesures principales pour cette inovation :
    * le tutorat permanent des profs avec passage "de la notion d'enseignement à la notion de présence"
    * l'internat pour six cents élèves pour "changer de logique : de lieu de passage, le collège devient lieu de vie" avec "deux soirées de culture générale" par semaine en vertu d'une "logique d'éducation humaniste"
    * pas de section "sport-études" mais une section "humanités classiques, art, culture" et la priorité aux options latin et grec
    * "l'engagement social personnel" et "l'apprentissage de la générosité" inscrits dans le règlement intérieur, à raison de "une demie-journée par semaine de présence caritative ou humanitaire, par exemple la visite de personnes âgées"

Caricatural ? La prose du rectorat de l'académie de Nantes nous dit que Xavier Darcos a "accepté cette idée avec enthousiasme et détermination". Le ministère précise que "cet établissement novateur a vocation à valoir d'exemple au niveau national" et qu'il pourrait essaimer en France sur le même concept.

En savoir plus







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Mercredi 10 juin 2009
Le Conseil constitutionnel vient de censurer le projet de loi HADOPI dont il fut longuement question, ici et ailleurs. Motifs : "le gouvernement, à l'origine de cette loi, est accusé d'avoir méconnu à la fois la liberté d'expression, le principe de la séparation des pouvoirs et la présomption d'innocence."

Pour en savoir plus :
La décision du Conseil constitutionnel
La Quadrature du Net
Le rappel des épisodes sur Rue 89
Les premières réactions sur Le Monde

A suivre…
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Samedi 2 mai 2009
"Tout le monde peut faire du théâtre, même les acteurs. On peut faire du théâtre partout, même dans les théâtres!"

"Nous devons, très cordialement, rappeler à nos présidents que la politique n’est pas l’art de faire ce qu’il est possible de faire, mais l’art de rendre possible ce qu’il est nécessaire de faire !"


"Marcher n’est pas facile ! Les sociétés bougent par le rapport de forces et non par le bon sens et la justice. Nous devons avancer et, à chaque pas, avancer plus dans la tentative d’humaniser l’humanité. Il n’existe pas de port sûr dans ce monde, parce que tous les ports sont en haute mer et notre navire a un gouvernail, mais pas d’ancres. Il faut naviguer, et plus encore il faut vivre, parce que naviguer, c’est vivre, vivre, c’est naviguer !" A.B


Jean-Gabriel Carasso / Augusto Boal Brésil 1980

Augusto Boal, humaniste, militant, homme de théâtre, est mort hier à Rio-de-Janeiro. D’autres diront le parcours exceptionnel de cet ingénieur chimiste devenu homme de théâtre, praticien et théoricien du «Théâtre de l’Opprimé» au Brésil avant d’envahir le monde. On racontera l’influence du Théâtre Arena dans les années 60, avant que la dictature brésilienne et la torture ne le poussent à l’exil en Argentine, puis en Europe, avant son retour à Rio dans les années 80. On analysera l'importance majeure de son "système" (pensée et pratique) théâtral, élément singulier du théâtre de ce dernier demi-siècle, dans sa dimension citoyenne et politique...
Mais à cet instant d’émotion, c’est un témoignage personnel qu’il me faut livrer, en guise d’hommage et d’adieu. J’ai rencontré Augusto Boal au début des années 70 à Paris, lors de la présentation de son livre «Théâtre de l’Opprimé», aujourd’hui traduit dans le monde entier, et de sa décision de former en France un groupe de recherche sur ce que nous nommions alors les «techniques actives d’expression». De 1978 à 1985, avec quelques amis, nous avons fondé à ses côtés à Paris le «groupe Boal, Théâtre de l’Opprimé», réalisé en France de très nombreux stages de formation, des rencontres, des spectacles, mené plusieurs voyages à travers le monde, expérimenté les formes les plus diverses de «théâtre forum», du «théâtre image», du «théâtre invisible»… Dans des salles de classe, des églises désaffectées, des réunions militantes et jusqu’au Théâtre du Soleil, nous avons inventé, expérimenté, osé avec lui des aventures inouïes, aux limites du «théâtre», invitant le spectateur à devenir acteur, brisant le mur traditionnel de la scène et de la salle, mettant en place les cadres d’une parole libérée…
Je me souviens du premier Congrès du Syndicat de la magistrature et de ce «théâtre forum» qui modifia l’élection du Bureau ; je me souviens de ces travailleurs maliens jouant dans une cave de Mantes-la-Jolie ; je me souviens des premiers «spectacles-forums» à la Villette et de notre débat avec Bernard Dort sur les mérites comparés de Boal et de Bertolt Brecht ; je me souviens du «Fools Festival» au Danemark et de ce spectacle en gromelots ; je me souviens de l’accueil par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, des premières rencontres internationales du théâtre de l’opprimé ; je me souviens du «théâtre-image» dans le métro parisien ; je me souviens du stage surréaliste avec les jeunes comédiens à Hammamet en Tunisie ; je me souviens des voyages en Suisse, au Québec, à l’Ile de la Réunion… ; je me souviens de la tournée au Brésil, du retour de Boal au pays après ses années d’exil avec des comédiens français, de ces séances extraordinaires à Rio, à Sao Paolo, à Recife (et de l’appel de Don Helder Camara pour que les gens viennent assister au spectacle dans l’église !) ; je me souviens de l'émotion considérable des "spectacteurs" de Montréal, de l'Ile de la Réunion, de la Chaux de Fonds... ; je me souviens du premier festival francophone de théâtre forum - Francoforum - que nous avions organisé à Ouagadougou, quelques mois à peine après la chute du mur de Berlin, et de sa découverte de la réalité africaine...
Nous avions rêvé alors d’un développement massif de ces pratiques à travers le monde, d’un mouvement théâtral international qui reprendrait, sans que cela ne devienne un dogme, les idées et les propositions de  cette utilisation du théâtre comme outil d’expression, de dialogue et de lutte contre toutes les formes d’oppression. Trente années plus tard, nous y sommes ! Aux quatre coins du monde, sur des territoires et dans des contextes très différents, dans des perspectives d’éducation, de travail social, de travail thérapeutique, d’action politique… le «théâtre de l’opprimé» est désormais utilisé, revendiqué, réinventé par d’innombrables groupes et individus. Je pense à mes amis français d’Entrée de jeu, à mes camarades africains de l’Atelier théâtre Burkinabé de Ouagadougou, je pense à ceux du Québec, aux Belges, aux milliers d'Indiens… et à tous les autres qui travaillent à travers le monde en référence à ces principes.
Pour Augusto Boal, la vie fut un combat sans cesse recommencé, sans cesse enrichi d'innovations et de pistes nouvelles à explorer. Profondément marqué par l'oppression subie à l'époque de la dictature brésilienne, toujours fidèle à ses camarades morts dans les combats de la résistance - il en pleurait encore devant moi il y a quelques semaines, évoquant un ami argentin- il n'a cessé de parcourir le monde, pour former, informer, s'informer, initier et soutenir les luttes contre toutes les oppressions. Par son apport, à la fois pratique et théorique, poétique autant que politique, résolument humaniste et militant, Augusto Boal aura su mobiliser d’innombrables énergies, au service de la libération des hommes (et des femmes).
Il restera comme l'une des figures internationales marquantes du théâtre de notre époque, mais plus largement du combat pour l'humanité du monde. Il avait été proposé l'année dernière pour un prix Nobel. Il venait d'être nommé "Ambasadeur mondial du théâtre" pour l'Amérique latine par l'Institut international du théâtre de l'Unesco et avait rédigé, il y a quelques semaines, le message de l'UNESCO pour la journée mondiale du théâtre qu'il avait lu, lui-même, à Paris. Ce fut donc son dernier voyage. Et notre dernière rencontre, amicale, chaleureuse, émouvante.Il aura changé la vie de nombre d’entre nous. Il aura changé ma vie ! Merci et fraternité !


Augusto Boal. UNESCO Paris Mars 2009

Quelques références :
« Texte pour la journée mondiale du théâtre 2009 »
« Discours d’Augusto Boal au Forum social mondial 2009 »
« Site officiel du Théâtre de l’Opprimé »


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Réalisation : Alain Braun, Jean-Gabriel Carasso

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