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Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 12:04

Le collectif "Pour l'éducation, par l'art", avait publié en octobre dernier un article intitulé "L'éducation artistique : c'est maintenant". Suite aux diverses consultations et rapports récents, nous avons souhaité intervenir à nouveau publiquement pour attirer l'attention sur les conditions de la réussite de la politique que nous attendons. Le texte ci-dessous est publié aujourd'hui dans le Huffington Post.

 

Collectif "Pour l'éducation, par l'art" :

Marie-Christine Bordeaux (maître de conférences, Université Stendhal Grenoble 3), Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, directeur de l’Oizeau rare), Pascal Collin (dramaturge, metteur en scène), Jean-Pierre Daniel (cinéaste pédagogue, ex-président des Enfants de cinéma), François Deschamps (président de la Fédération nationale des associations de directeurs des affaires culturelles), Alain Desseigne (président du Conseil des CFMI - Centres de formation des musiciens intervenants), Alain Kerlan (philosophe, Institut des sciences et des pratiques d'éducation et de formation, Université Lyon 2), Jean-Claude Lallias (professeur de lettres), Geneviève Lefaure (présidente de "Scènes d'enfances et d'ailleurs"), Philippe Meirieu (pédagogue, professeur à l’Université Lyon 2), Claire Rannou (déléguée nationale de l’ANRAT - théâtre et éducation), Robin Renucci (comédien, directeur des Tréteaux de France, président de l'ARIA), Emmanuel Wallon (sociologue, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre).

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Après les concertations et les rapports, voici venu le temps des actes. Il faut que le « plan national pour l’éducation artistique et culturelle » promis par François Hollande se concrétise et que les ministères concernés (Éducation, Culture, Jeunesse et Éducation populaire, Universités, sans oublier l’Agriculture) s’impliquent dans sa mise en œuvre, résolument et solidairement. Les enjeux de l’entreprise sont de deux ordres.

Pour l’Éducation nationale, au sein des établissements comme à l’extérieur, dans le cadre des enseignements mais aussi en complément et au delà des disciplines, il s’agit d’intégrer la dimension artistique, sous ses diverses formes (pratiques personnelles et collectives, découverte des œuvres du patrimoine et de la création contemporaine, partenariat avec des artistes, histoire des arts). Et ce, à tous les niveaux du système scolaire, du cursus universitaire et de la formation professionnelle, afin de favoriser l’émergence de l’école imaginative, alliant savoir et créativité, que réclament les mutations du monde contemporain. Il s’agit d’introduire au cœur de l’œuvre éducative, de ses rythmes, ses horaires et ses espaces, un antidote au formatage des esprits et des modes d’expression par les industries du divertissement.

Pour les politiques culturelles, il en va de la légitimité et de l’avenir du projet de démocratisation qui sous-tend l’engagement public depuis plus d’un demi-siècle. On ne saurait se contenter d’accumuler les offres d’art et de culture envers les adultes sans s’assurer que l’ensemble des enfants et adolescents aient été préparés à s’en saisir. Depuis des décennies, les expériences originales se multiplient et les évaluations positives se succèdent. Leur généralisation à tous les élèves, « de la maternelle à l’université », est à l’ordre du jour. Elle sera bien sûr progressive. Mais comment procéder ?

Outre l’inscription bienvenue de ces objectifs dans la loi d’orientation sur la refondation de l’école et le « socle commun de connaissances et de compétences », outre l’indispensable coordination avec les collectivités territoriales, afin que la palette des activités offertes à la jeunesse croisse en variété comme en qualité, plusieurs résolutions s’imposent au gouvernement s’il veut réussir la réforme espérée de tous côtés.

 

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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 19:06

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Le Saint-Laurent à l'Ile d'Orléans

 

Chers lecteurs …

Je vous avais abandonné, le temps d’une petite escapade au Québec afin de participer à la Bourse Rideau, rassemblement des « diffuseurs culturels » qui chaque année se retrouvent pour dialoguer, échanger, vendre, acheter, planifier, réfléchir, « placoter »… Outre les paysages splendides de Québec sous la neige, le Saint-Laurent gelé charriant ses plaques de glaces, l’Ile d’Orléans sous son manteau de neige (je sais, c’est un cliché ! Mais comme disait Hitchcock « mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver ! »), j’ai eu le plaisir de faire une conférence sur le thème « Art, culture, éducation : les nouveaux enjeux », et de participer à un débat nourri sur la question « Un public pour chaque œuvre : souhaitable, souhaité, possible? » J’ai plaidé dans ce cadre, pour un nouveau modèle de la politique culturelle, intégrant fortement la notion de « infusion culturelle ». Cette formulation n’est pas passée inaperçue, si l’on en juge par l’article paru aujourd’hui dans Le Devoir de Montréal, que je vous livre ci-dessous.

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Vous pouvez aussi voir et entendre l’intégralité de la table ronde sur le site de Rideau.

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Signaler enfin le « Prix hommage » décerné à Suzanne Lebeau, auteure dramatique qui se consacre depuis des années à l’écriture en direction de l’enfance et de la jeunesse. Qu’une manifestation professionnelle de ce type, rassemblant tous les domaines des arts de la scène, éclaire avec une telle force le théâtre jeunes publics, il me semble que nous sommes incapables de le faire chez nous. Une fois encore, nos amis québécois montrent la voie. Merci à eux ! Et bravo à Suzanne !

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Samedi 19 janvier 2013 6 19 /01 /Jan /2013 16:41

En décembre 2012, l'association Act'art77 me demandait de conclure une journée de rencontre professionnelle en Seine et Marne. Cette intervention a été filmée. En voici un bref extrait...

 

Voir ici d'autres extraits de cette intevention
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Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 12:54

C'est un petit journal en ligne, exclusivement consacré au spectacle "jeunes publics". J'ai le plaisir d'y tenir une chronique régulière. Le dernier n° vient de sortir. Chronique intitulée : "Le but du voyage"

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Le ministère de la culture et de la communication entend mener prochainement une politique prioritaire d’éducation artistique et culturelle, visant à la « généralisation de l’accès de tous les jeunes à l’art et à la culture ». Avouons-le, cette formulation, malgré son évidente générosité, depuis le temps qu’elle est utilisée, me fatigue. Comme si la culture constituait un élément extérieur, auquel il faudrait accéder. Comme s’il s’agissait d’une valise à remplir, d’une échelle à escalader, d’une montagne à gravir dont le sommet s’éloignerait sans cesse, au fur et à mesure de l’escalade… Comme s’il suffisait alors, pour vérifier l’efficacité d’une action ou la pertinence d’une politique culturelle, de comptabiliser le nombre d’enfants ayant passé la porte d’un musée, d’un spectacle, d’un cinéma, d’une bibliothèque. « Combien d’enfants touchés ? », demandent le sociologue, l’administration, l’adjoint au maire, sans se préoccuper de la nature véritable de ce contact. Or, combien d’enfants ont été écoeurés à jamais par des expériences artistiques mal vécues, mal préparées ou inadaptées, qui se trouvent pourtant comptabilisés dans des statistiques savantes de fréquentation ! Le nombre d’enfants concernés est un marqueur simpliste ; il nous faut rappeler que toutes les propositions d’éducation à l’art et par l’art, les programmations de spectacle en direction de l’enfance, ne visent pas un accès à la culture, mais espèrent surtout un accès… à soi-même et à l’humanité du monde. L’aventure esthétique, d’acteur ou de spectateur, est un voyage à la recherche de « l’invisible rendu visible » disait Peter Brook. Comme tout voyage, il est un déplacement (dé-placement), qui permet de découvrir (dé-couvrir) le monde symbolique de l’art, mais permet surtout à celui qui l’accomplit de se construire, de s’élever, et finalement de prendre la parole (individuellement et collectivement). La volonté honorable de généralisation d’une telle démarche a donc fort peu à voir avec la statistique, elle appelle la plus grande attention à la qualité de la relation comme à la qualification de ceux qui y travaillent. Car, comme l’affirmait mon ami Jacques Lecoq : « Le but du voyage… c’est le voyage lui-même ! »

 

En savoir plus sur Le Piccolo

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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 21:15

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  On apprend aujourd’hui qu’en guise de cadeau de fin d’année, le Conseil constitutionnel vient de refuser la mesure symbolique proposée par François Hollande candidat, désormais Président de la République, de taxer les très hauts revenus à 75%. Je me garderai ici de toute réflexion sur le fond l’affaire - L’oiZeau récuse toute prétention à la compétence universelle - pour m’attacher aux premiers commentaires entendus sur les radios dès la fin de journée.

En résumé, outre le traditionnel « ce n’est que partie remise, nous y reviendrons la prochaine fois », l’analyse d’un député interrogé fut celle-ci : « de toutes façon, cela ne devait rapporter que 200 à 300 millions d’euro… c’est très peu ! La mesure était surtout symbolique… »

Ce chiffre a soudain résonné dans mon esprit.

Nous débattions avec quelques amis, il y a peu, du désastre possible (probable ?) du fameux « plan » annoncé concernant l’éducation artistique et culturelle, « priorité ministérielle » absolue censée permettre à tous les jeunes de notre pays « d’accéder enfin à l’art et à la culture ». Outre la perplexité née du processus de « concertation » engagé à la hussarde, des divergences manifestes entre les ministères de l’éducation nationale et de la culture, des craintes des collectivités territoriales, la question budgétaire faisait partie des doutes majeurs exprimés. « 10 millions seraient disponibles à la Culture », nous dit-on ici… « Mais non, ils n’existent pas dans le PAP (Projet annuel de performance)[1] » nous apprend ce fonctionnaire spécialiste. « De toute façon, le Plan national a été budgété depuis longtemps. Pour qu’il soit efficace et global, il faudrait… 200 à 300 millions d’euro ! » nous dit enfin cet Enarque discret et qui entend le rester. Bingo !

Vous avez bien lu ! La mesure censurée - « c’est bien peu » - aurait pu financer à elle seule tout le plan national pour l’éducation artistique et culturelle… C’est beaucoup ? Réponse dans quelques semaines, dès que seront connues les décisions ministérielles…

Quel est ce grand penseur qui avait dit : « tout est relatif » ?



[1] « Depuis la loi de finances pour 2006, les projets annuels de performances qui figurent dans les nouveaux «bleus » budgétaires par mission retracent , pour chaque programme, la stratégie, les objectifs, les indicateurs et les cibles de résultat dont l’atteinte sera mesurée dans les rapports annuels de performances (RAP) annexés au projet de loi de règlement.
Les PAP ne présentent pas seulement les objectifs et des indicateurs des programmes : ils permettent, aussi, grâce à des informations sur la justification des crédits au premier euro et l’analyse des coûts, une meilleure compréhension de la dépense. Ils détaillent ainsi pour chaque programme, les propositions du projet de loi de finances.
Plus globalement,  ils répondent au souci de substituer à une culture de moyens (« un bon budget est un budget qui progresse ») une véritable culture de résultats à tous les niveaux de la gestion publique (« un bon budget est celui qui maximise le rapport résultats obtenus sur fonds employés ») et à l’exigence démocratique de rendre compte aux citoyens et aux contribuables de l’emploi des deniers publics. » (source : Ministère du budget)

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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 14:02

Chers lecteurs, réguliers ou occasionnels...

ces quelques pensées sont pour vous !

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Sitting Bull aurait dit :
« La Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre »

Lame Deer (cerf boiteux), homme médecin Lakota a dit :
« La terre est vivante. Les montagnes parlent. Les lacs peuvent penser. Les cailloux possèdent une âme. Les pierres ont du pouvoir. »

Un proverbe navajo dit :
« Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure »

Jean-Gabriel Carasso (L'Oizeau rare), a dit :
"Ce n'est pas le temps qui passe... c'est nous qui passons !"
et il a ajouté :

" Je vous souhaite une très belle année 2013"

créative, lucide, combattante et joyeuse

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Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 18:14

Th-image2.jpg 1/ Le ministère de la culture et de la communication achève aujourd'hui sa Consultation nationale sur l'éducation artistique et culturelle. L'Oizo n'a pas été invité mais a souhaité participer à la fête en postant sur le site du ministère une "contribution spontanée" que voici :

 

“Pour un pôle national de références”

(vers un “Institut national de l'éducation par l'art.”)

 Le champ institutionnel de l'éducation artistique et culturelle (EAC) se construit progressivement dans notre pays, notamment depuis les années 70. Bien des étapes institutionnelles sont venues compléter ce mouvement, qui n’aurait pu se développer sans les engagements conjugués d'artistes engagés, d'enseignants progressistes, de structures culturelles et éducatives innovantes, d’associations militantes, de collectivités territoriales volontaristes... pour dessiner le paysage complexe et diversifié que nous observons aujourd'hui.

Avec l'engagement du Président de la République et du Gouvernement, une nouvelle étape s'annonce, qui vise à la “généralisation d'un accès des jeunes à l'art et à la culture”.

Je ne reviendrai pas ici sur les nombreux écrits que j'ai eu l'occasion de publier, depuis plusieurs années autour de ce sujet, ni sur les principes et propositions qu'ils contiennent ; pas plus sur le texte commun “L’éducation artistique : c’est maintenant” publié dans Liberation (9 octobre 2012) qui reprend l’essentiel du sens que nous entendons donner à nos actions. Je suppose acquises les réflexions qui s'y trouvent, espérant qu’elles nourissent ceux qui ont aujourd’hui la responsabilité de construire la nouvelle politique annoncée.

Je voudrais m'en tenir à une seule proposition, nouvelle, qui concerne la nécessité absolue, à mes yeux, d'accompagner toute politique de développement dans le domaine qui nous occupe, par la mise en place d'un “Pôle national de références” (vers un Institut national de l'éducation par l'art).

Je m'explique !

 Qu'elles que soient les décisions qui seront prises prochainement, les dispositifs mis en œuvre, les budgets consacrés, les modes d'organisation suggérés entre les différents acteurs (État, collectivités territoriales, acteurs de terrain...) il est évident que le paysage demeurera fragmenté, multiple, diversifié, compte-tenu de la décentralisation, de l'histoire et des géographies territoriales, des engagements passés, des projets variés, des acteurs multiples concernés.

Cette diversité inévitable peut être un atout pour la qualité et l'innovation des chantiers mis en place, pour la proximité avec la création artistique, pour l’appropriation territoriale des projets... Elle peut aussi mener à la cacophonie la plus inaudible, à la perte du sens, à la fragilité d’une politique nationale, chacun s'engageant dans des actions particulières sans véritable réflexion, sans référence, sans évaluation, sans formation.  Derrière les mots d'éducation, d'art et de culture, chacun pose une définition singulière, parfois divergente. Ce danger-là existe déjà, il pourrait s'amplifier si l'on n'y prend garde, dévoyant le sens-même de ce que nous tentons d'instituer depuis tant d'années.

 C'est pourquoi je suggère la mise en place du "Pôle national de références" (Institut national de l'éducation par l'art).

 

De quoi s'agit-il ?

 Deux exemples peuvent aider à comprendre l'esprit de cette proposition.

 D'abord l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) qui fut mis en place en 1953 comme outil de coordination, de formations, de réflexions et de publications sur les actions et les politiques de jeunesse et d'éducation populaire, nées dans le sillage du Front populaire, de la guerre et de la Résistance. Dans leur très grande diversité, les actions d’éducation populaire menées par des acteurs associatifs multiples ont trouvé à l'INJEP un lieu essentiel d'évaluations, de formations d'études... Plusieurs générations de responsables, animateurs, éducateurs, ont été accueillies dans les locaux de Marly-le-roi, particulièrement bien adaptés à ces rassemblements multiples. Aujourd'hui encore, Valérie Fourneyron affirme que l'INJEP, bien qu'amputé de ce lieu historique, demeure un "élément stratégique" de sa politique d'éducation populaire.

 Second exemple : l'Observatoire des politiques culturelles de Grenoble, fondé à la fin des années 80 à l'initiative notamment de René Rizzardo. Un tel projet répondait avant tout au constat du développement progressif des politiques culturelles territoriales, de l'engagement croissant des collectivités et de la professionnalisation de ses personnels. Face à la diversité des situations, des engagements et des pratiques territoriales, l'OPC assure depuis plus de 20 ans le rôle de "pôle national de référence", par ses études, ses conseils, ses publications, ses formations, ses relations internationales...

 De ces deux exemples, on retiendra que plus les actions se  développent, plus elles se diversifient, plus elles se décentralisent, plus elles acquièrent une dimension autonome, plus il importe de disposer d'un outil de convergence, de coordination, de mise en réseau, d'évaluation et de formation qui offre à la politique engagée une référence à l'histoire, au sens commun, au dialogue des pratiques.

Au moment précis de l'histoire de l'EAC que nous vivons, il me semble indispensable d'inventer une structure de ce type.

 

Pourquoi faire ?

- Sans doute pour capitaliser les expériences formidables qui ont été menées depuis plusieurs décennies dans notre pays, pour rassembler les travaux théoriques importants qui les ont accompagnées, pour transmettre aux jeunes générations d'enseignants, d'éducateurs, d'artistes, de responsables culturels, d'élus... des savoirs, des savoirs faire, des réflexions.

- Pour offrir à tous ceux qui le souhaitent les éléments de ressources nécessaires au développement de leurs projets territoriaux... Aide à la conception, à l’évaluation...

- Pour favoriser, à partir d'une analyse conséquente des pratiques, le dialogue indispensable entre les différents acteurs engagés... Favoriser la mise en réseau transversale, notamment des associations militantes...

- Pour rendre lisible la fragmentation inévitable de la politique menée...

- Pour assurer une présence significative dans le domaine de la formation des formateurs, élément incontournable d'une politique durable...

- Pour contribuer à la production d'outils pédagogiques adaptés... Etc.

La liste n'est pas exhaustive.

 

Comment faire ?

L'outil que j’évoque ici n'existe pas, il n'a pas de modèle et implique donc un travail d'innovation et de réflexion à mener en préalable.

Je suggère donc la mise en place d'une mission d'étude et de préfiguration, limitée dans le temps, qui pourrait rendre ses conclusions dans quelques mois, pour une mise en œuvre effective à la rentrée 2014.

Cette mission pourrait être confiée à un expert, une commission spécifique ou un organisme existant, associant plusieurs personnalités venues d'horizons divers.

Son travail consisterait à formuler les objectifs précis du Pôle national, son lieu d'implantation, ses axes de travail, sa structure, son budget...

Elle pourrait aussi s’engager au plus vite dans des actions significatives de préfiguration.

 

Je suis persuadé que l'annonce d'une telle innovation, associée à l'ensemble du Plan national prévu, apporterait un surcroît de sens et de crédibilité à la politique nouvelle engagée.

Elle marquerait autant le souci qualitatif, que la volonté de sens, de cohérence et de transmission, recherché...

 


2/ Ce même jour est rendu public le projet de loi sur la "refondation de l'école" qui devrait être présenté en janvier prochain. L'éducation artistique y est évoqué en ces termes :

 

"L’éducation artistique et culturelle est un puissant levier d’émancipation et d’intégration sociale. Les initiatives ont été multiples ces dix dernières années, mais sans cohérence d’ensemble et de façon souvent contradictoire entre les objectifs affichés en matière de réduction des inégalités d’accès à la culture et de pratiques artistiques, et les réalisations en termes d’atteinte des publics d’élèves défavorisés.
Afin de réduire ces inégalités et de favoriser un égal accès de tous les jeunes à l'art et à la culture, il est mis en place un parcours d'éducation artistique et culturelle personnalisé tout au long de la scolarité des élèves.
Ce parcours doit leur permettre d’acquérir des savoirs artistiques et culturels, de pratiquer les arts, de découvrir des œuvres, des artistes, des monuments et des lieux à caractère artistique et culturel. . Ce parcours doit s’appuyer sur les apports conjugués de l’institution scolaire et de ses partenaires, collectivités locales, institutions culturelles, associations. A cette fin, il faut mieux structurer ce partenariat et travailler à une complémentarité entre les interventions sur des temps éducatifs articulés entre eux : temps scolaire, péri et extra scolaire."


 

projet loi

 

Parcours, pratique, découverte... Nous n'avons pas travaillé en vain ! On devrait pouvoir inventer de belles choses dans ce cadre, si la formation et les moyens accompagnent cette politique... A suivre donc !

 

Voir l'intégralité du texte sur Libération.fr

 

3/ Et toujours disponible, le texte collectif "L'éducation artistique : c'est maintenant !" qui a reçu à ce jour près de 500 signatures. C'est ici...

 

 

 


 

 

 

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Mardi 9 octobre 2012 2 09 /10 /Oct /2012 18:45

Ce mercredi 9 octobre est parue dans Libération une tribune intitulée
"L'éducation artistique : c'est maintenant."
Ce texte a été rédigé par un collectif d'artistes, d'enseignants, de chercheurs et de personnalités qui espèrent voir se mettre en place une politique nouvelle dans le domaine de l'éducation artistique et culturelle.

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Nous vous invitons à retrouver l'intégralité de ce texte sur le blog :
"Pour l'éducation artistique et culturelle"
et ajouter votre signature en nous adressant un mail en retour.

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Cette initiative collective vise à participer au débat public sur la refondation de l'école autant que sur l'évolution des politiques culturelles de notre pays.

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Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 17:27

Au détour d'une page web, trois lignes à peine lisibles : la comédienne Catherine de Seynes n'est plus. Elle nous a quittés début septembre, en toute discrétion comme elle avait vécu...Pas un mot, à ma connaissance, dans la presse, pas un communiqué ministériel, pas une ligne de la profession décidemment bien amnésique... Elle avait travaillé avec Jean Dasté, avec Vilar... comme avec les enfants des bidonvilles de Noisy-le-Grand, pour ATD QUArt Monde. Elle fut une des premières à mener un travail avec les ouvriers des chantiers navals de Saint-Nazaire, dans le début des années 70... Elle fit partie du premier groupe du "théâtre de l'Opprimé" auprès d'Augusto Boal, dans lequel nous nous sommes rencontrés... Elle n'a cessé de transmettre une passion sans limite du théâtre populaire, trainant sur les route son "chariot " théâtre pour raconter l'histoire de ce théâtre... Une belle personne, en somme ! Un sourire sur le monde ! de-seynes-catherine.jpg

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Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 16:46

Le texte ci-dessous fait suite à notre participation à la journée de concertation organisée par le ministère de l'Education nationale, dans le cadre des débats sur la Refondation de l'école, le 19 septembre 2012.

 

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Contribution au débat sur l’éducation artistique et culturelle 

 

Inscrit par le Président de la République comme un élément essentiel de son projet, objet d’une priorité affichée de la ministre de la Culture et de la communication, thème de travail du projet de Refondation de l’école par le ministre de l’Education nationale… plus que jamais, l’éducation artistique et culturelle est à l’ordre du jour. Ce sujet devrait connaître dans les mois qui viennent une étape nouvelle de son histoire, déjà longue. En guise de contribution aux débats publics engagés par les ministères de l’Education nationale et de la Culture, quelques réflexions et propositions.

 

1/ Pourquoi ce thème aujourd’hui ?

 Rappeler d’abord que la nécessité d’une éducation artistique et culturelle plus forte, plus dynamique, plus ouverte, est un sujet récurrent depuis plusieurs dizaines d’années, en France et dans bien d’autres pays. Si elle prend aujourd’hui un aspect plus urgent, c’est sans doute pour plusieurs raisons complémentaires.

 Parce que les aventures/expériences/combats menés depuis quarante ans ont démontré leur pertinence…

 Du point de vue de la culture... parce que les politiques culturelles de l’offre ont atteint en partie leur limite et appellent une action nouvelle de formation des publics dès le plus jeune âge. C’est un élément important de légitimité même des politiques publiques de la culture.

 Du point de vue de l’Education nationale... parce qu’un rééquilibrage entre la raison et l’émotion, entre les apprentissages disciplinaires et la créativité des enfants, s’avère un élément essentiel de l’adaptation du système scolaire au monde en mutation. C’est une condition, sans doute majeure, de la mise en place dune “éducation créative” indispensable aux sociétés modernes.

 Du point de vue de l’éducation populaire... et du ministère qui lui est désormais dédié, c’est enfin un des domaines dans lesquels peut se rénover et se développer une action associative, permanente, tout au long de la vie.

 On pourrait ajouter que le domaine de “l’éducation artistique et culturelle” s’avère être un champ d’activités d’apprentissages, de dialogues, de découvertes, d’innovations, de solidarités, d’individuation et de socialisation particulièrement utile dans une société toujours plus fragmentée, dans laquelle fait rage la grande “Bataille de l’imaginaire”.

 

 2/ De quoi parle-t-on exactement ?

 On assiste en permanence à des glissements sémantiques autour de cette question…Action culturelle… enseignements artistiques… éducation artistique… éducation culturelle…

Certains entendent aujourd’hui y ajouter une dimension scientifique, économique (le design), historique (histoire des arts), technologique, pourquoi pas religieuse (histoire des religions…) etc. Chaque période, chaque institution, y va de son appellation pour tenter de circonscrire un champ de travail et les conditions de son développement, au plus près de ses intérêts.

 Un consensus est cependant aujourd’hui établi autour de l’EAC “Education artistique et culturelle  - ce sont les termes utilisés dans les décrets d’attribution des ministres de la Culture et de l’Education nationale - qu’il me semble utile de défendre avec précision.

 La dimension artistique est là pour indiquer qu’il s’agit bien d’une “éducation à l’art et par l’art”, c’est-à-dire d’une expérience de formation des personnes par l’expérimentation personnelle des langages artistiques, de l’expérience esthétique, du détour symbolique. (De la même manière qu’une éducation physique et sportive passe, inévitablement, par un engagement du corps dans le mouvement et la pratique d’un ou de plusieurs sports… une éducation artistique impose une approche pratique de l’art.)

 La dimension culturelle indique que cette éducation passe aussi, et autant, par le “rapport aux œuvres”, la découverte, la fréquentation, l’analyse, la découverte du contexte historique, philosophique, technique… Bref, tout le travail d’appropriation intellectuelle de l’expérience esthétique qui peut être menée de mille manières, selon les âges, les milieux.

 Je plaide donc pour que soit maintenue cette appellation “éducation artistique et culturelle”, afin de ne pas noyer le poisson de l’art - plus précisément de la “création”, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui, celle des artistes comme celle des élèves - dans le grand bain de “l’éducation culturelle”. (Imagine-t-on une éducation qui ne serait pas culturelle ?)

 La question de la culture scientifique, également soulevée aujourd'hui, mérite à elle seule un débat aussi riche, sans pour autant être confondue avec la dimension artistique.

 

3/ Quels objectifs pour une politique nouvelle ?

 Le terrain n’est pas vierge, loin s’en faut. D’innombrables dispositifs, expériences, aventures ont été et sont encore menées dans les établissements, les institutions, les territoires, les associations… Les enseignements artistiques obligatoires ou optionnels sont en place…

Comme les enseignements spécialisés… De très nombreux acteurs sont engagés dans ce domaine…

Tout cela reste cependant insuffisant, mal connu, ne concerne qu’une partie seulement des enfants (instaurant donc des inégalités), n’a qu’une place mineure (faute de légitimité institutionnelle suffisante, victime de la hiérarchisation “académique” des savoirs et des compétences) dans le système scolaire et plus largement dans les politiques de la culture.

 L’objectif principal annoncé serait donc aujourd’hui la “généralisation”

Ambition légitime et généreuse, mais de quoi exactement ? Généralisation des pratiques ? Généralisation des enfants concernés ? Avec quels moyens (humains, budgétaires, intellectuels…)? Avec quels partenaires ? Et selon quel calendrier ?

Le terme de “généralisation », aussi démocratique et généreux soit-il, me semble depuis longtemps un piège dont il sera difficile de se débarrasser, créant inévitablement à court ou moyen terme une frustration prévisible. Sauf à lui adjoindre toujours le terme de “progressive”, indiquant qu’il s’agit d’une démarche résolue de “développement” d’une politique, soucieuse autant de qualité que de quantité.

 Au-delà de cette question de terminologie, il me semble que quatre objectifs simples devraient être envisagés.

 

1- Permettre à tous ceux qui mènent déjà des actions de qualité de les poursuivre, de les développer et d’en afficher la légitimité. Objectif de reconnaissance et de valorisation des bonnes pratiques existantes. (Identifications… labels... financements…) Il convient de remobiliser les acteurs déjà engagés, de les conforter.

Ce travail ne peut qu’être mené conjointement par les différents ministères concernés, les collectivités territoriales engagées et les associations et structures culturelles partenaires. Faut-il imaginer des “conférences” régionales de l’EAC ?

 

2- Mettre en place (par la loi ?) des “cadres de travail” (espaces/temps/ moyens…) principalement au sein de l’Education nationale, (mais aussi en dehors) dans lesquels pourront se déployer, de manière légitime, la diversité des actions existantes et les nouvelles…

(Une demi-journée consacrée à l’EAC dans le temps scolaire… un temps annualisé dédié... ... des semaines transplantées...1000€ par classe/année… un corps de médiateurs artistiques et culturels ? … de véritables projets d'établissements, de territoires... revoir la politique des “sites”, les “classes à projet artistique et culturelle”... ce sont quelques propositions exprimées récemment…)

 

3- Inscrire et développer une action résolue de transmission et de formation pour les générations nouvelles d’enseignants, d’intervenants, de responsables éducatifs et culturels… au sens-même de l’EAC et à la qualité de sa mise en œuvre.

Toute la génération qui a porté ce projet depuis les années 60/70 atteint désormais l’âge de la sagesse et de la retraite. Sans renouvellement permanent des forces compétentes dans ce domaine, il est à craindre un délitement inévitable des pratiques…

Il ne sert à rien de mettre en place des dispositifs, si l’on se désintéresse des dispositions des gens à s’en emparer. La formation, initiale mais surtout permanente, est une priorité absolue. (Formations initiales, certifications complémentaires, formations des intervenants, formations conjointes, universités d'été, ressources numériques, outils pédagogiques...)

 

4- Assurer une forme d’unité dans la diversité… Compte tenu de l’inévitable diversité des situations et des pratiques, de l’indispensable décentralisation de la gouvernance (et des financements), je suggère fortement la création d’un “pôle national de référence”, structure nationale d’observation, de ressources, d’évaluation, voire de formation des formateurs, type “Institut national de l’éducation artistique et culturelle”.

A l’image de ce que fut l’INJEP, Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, à Marly-le-Roi, de ce que fait par exemple l’Observatoire des politiques culturelles à Grenoble dans le domaine des politiques culturelles, un tel organisme permettrait de faire le lien entre de très nombreux acteurs, de capitaliser les expériences, de travailler à la prospective, à la dimension internationale, à la communication, etc…

Ce pôle pourrait être la tête de pont du réseau (à conforter) des “pôles régionaux” déjà existants...

On peut aussi s'interroger au passage sur le rôle du "Haut conseil" existant : le supprimer ? Le transformer ? Y nommer des gens plus représentatifs ? Lui donner mission de préfiguration de  l'Institut national...?

 

4/ Pour conclure...

 Le champ de travail est vaste et complexe. Les attentes sont nombreuses, diverses et plus fortes encore depuis les annonces du Président et des ministres.

 Il importe d’y répondre en formulant clairement : le sens, les objectifs, le calendrier, les moyens…

 Ces éléments peuvent à l’évidence se trouver dans un “plan” (quinquennal ?, décennal ?), qui exprimerait clairement la volonté politique, les moyens et le calendrier de sa mise en oeuvre, ainsi que l’organisation des partenariats avec les différents acteurs concernés (Etat, collectivités territoriales, associations, structures culturelles...)

 Un tel projet devrait être porté par les ministères de la Culture et de l’Education nationale, mieux encore par le gouvernement dans son ensemble, par le président de la République lui-même, comme un des éléments majeurs du "redressement" de notre pays, visant à inscrire la jeunesse dans une perspective dynamique de création.

 Ce plan devrait être lui-même créatif, dans sa formulation, dans sa gouvernance, dans ses propositions...

 Il ne s’agit pas seulement d’aménager l’existant mais bien de refonder une “éducation créative” du XXIe siècle, adaptée aux mutations contemporaines considérables.

 

Merci de vos commentaires sur ces réflexions

Pour mémoire, sur le même thème, un précédent article proposé ici

 

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