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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /2010 23:35

Image 2-copie-2Philippe Avron était un ami. Un vrai ! De ceux qui vous accompagnent sur les chemins de la vie, vous apportent une vision singulière du monde, vous font une confiance absolue, vous encouragent à devenir un peu plus, et un peu mieux, ce que vous êtes…

Des premiers stages avec son équipe (Avron, Evrard, Ajoret, Trapet, Onfroy), dans les années 70, jusqu’aux tournées mémorables au Québec, en passant par New York, Bruxelles, Avignon, Charleville, Bourges, Dijon… nous avons arpenté le monde ensemble, émerveillés et heureux ! C’est qu’il avait la joie communicative le Phiphi et l’énergie, la générosité, l’attention aux autres toujours en éveil ! Les Africains disent que lorsqu’un ancien meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. La départ de Philippe, c’est un monument qui s’écroule ! Avec toutes les bibliothèques dedans. Celle de Montaigne, celle de Shakespeare, celle des poètes et des peintres qu’il aimait tant fréquenter, celle des chanteurs, des auteurs, des comédiens et des metteurs en scène qu’il admirait tant (Vilar bien sûr, Benno Besson et tant d’autres…)

Nous partagions aussi le souvenir et l’amitié du maître, Jacques Lecoq, dont il me disait un jour : « c’est lui qui m’a autorisé à devenir l’artiste que je suis. Il m’a donné le droit d’oser ! » Il a pleuré longuement au départ du maître. Moi aussi…

Nous aurons donc vécu ensemble, presque jusqu’au bout, cette fin de route théâtrale qui s’est terminée en Avignon, dans le jardin de la Chapelle Sainte-Claire qu’il aimait tant. Il voulait absolument que son « Montaigne… » y trouve sa place, devant ce public si chaleureux et si intelligent, disait-il… Il l’a fait ! Nous étions à la fois admiratif et effrayé de son audace, de sa volonté, de son courage. Mais quelle émotion en fin de spectacle, le public debout, pleurant pour une grande part… Nous pressentions que quelque chose se terminait-là, sans oser croire que c’était la vie elle-même qui allait s’achever pour lui, quelques jours plus tard. Mais voilà ! Il ne riait plus notre Phiphi, tant la douleur et l’épuisement lui pompaient l’énergie. Un Philippe qui ne rit plus… c’était donc vraiment grave !

Ah, j’oubliais l’information : Philippe Avron est décédé samedi 31 juillet à Suresnes. Non d’une « longue maladie » comme disent pudiquement et faussement les journaux, mais d’une très courte et très violente maladie, qui vous emporte sans prévenir. Nous irons demain avec lui jusqu’à Hardivilliers, dans son Vexin où il aimait se retirer pour travailler, travailler encore, travailler toujours… écrire, jouer, dessiner, peindre… « La retraite, c’est l’arthrite » disait-il ! Mieux, il avait réservé sa tombe au cimetière « près de la sortie, pour pouvoir être plus vite dehors » ! Nous regarderons encore et encore les images qu’il nous a laissées…

Adieu Philippe et, comme tu disais en guise d’encouragements : « Toï Toï ».

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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /2010 20:11

Fin du suspens dans la procédure de nomination du nouveau directeur du "Centquatre" à Paris.

Il est sorti du chapeau aujourd'hui.

Cliquez sur l'image et vous saurez...104.jpg

Un bref commentaire :

1/ J'avais la quasi certitude que ce serait lui... Intuition confirmée !

2/ Compte tenu de son profil et de son expérience, il ne devrait pas manquer de s'intéresser au "jeunes publics". Notre bataille n'aura peut-être pas été totalement inutile.

Wait and see !

Et bonne chance au nouveau capitaine du navire.

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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /2010 16:47

Avec le printemps, revient le temps des promenades citadines et des revendications.

Demain, il s'agira de signaler que la culture n'est pas un luxe. On ira !

 

manif.jpg
 

JEUDI 6 MAI 2010
 
POUR DÉFENDRE L’ART ET LA CULTURE, NOUS DEVONS ÊTRE NOMBREUX.
 
La réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle vont empêcher départements et régions de subventionner le secteur de la culture.
 
La Révision Générale des Politiques Publiques affaiblit le Ministère et va restreindre fortement la politique culturelle intérieure et extérieure de la France.
Le ministère des Finances veut retirer 30 millions d’euros au seul secteur de la création dès 2011.
Les restrictions budgétaires, imposées depuis quelques années, entrainent une précarité grandissante pour de nombreux métiers de la culture.
Le Conseil de la création artistique cautionne la politique de démantèlement de l’art et de la culture et détourne du Ministère des fonds importants alors que les crédits manquent pour les artistes et les lieux d’art et de culture.
 
Face au désengagement de la puissance publique imposé par l’Etat dans le domaine de la culture et plus généralement dans les services publics, il faut ouvrir des négociations sur :
> Une véritable garantie de compétence culturelle par les collectivités territoriales ;
> L’arrêt de la Révision Générale des Politiques Publiques dans le secteur de la culture ;
> Un plan de relance et de développement, notamment en faveur de l’éducation artistique, de la démocratisation culturelle et de l’action internationale ;
> Une vraie politique publique en faveur de l’emploi artistique ;
> La pérennisation du régime spécifique d’assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle ;
> La dissolution du Conseil de la création artistique.
 
SOYONS NOMBREUX LE 6 MAI POUR DEFENDRE L’ART ET LA CULTURE
 
Personnels de tous les secteurs de la Culture, publics et citoyens rendez-vous
A Paris, pour une manifestation à 14h30, depuis le Cirque d’Hiver jusqu’au Centre Pompidou, via le Palais Royal.
En région, par une série d’actions publiques et médiatiques sur le thème « lieux d’art et de culture ouverts ou fermés ? ».

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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 15:51

Rene.jpg

Je viens d'apprendre avec la plus grande tristesse le décès de René Rizzardo, infatiguable militant de la cause culturelle. Grand partisan de la décentralisation culturelle et de la formation des élus et des cadres territoriaux, il fut notamment fondateur et premier directeur de l'Observatoire des politiques culturelles de Grenoble.

Nous nous sommes connus il y a vingt-cinq ans, alors qu'il intervenait dans la formation des cadres culturels du Centre national de Formation d'Avignon (CFNA). Nous nous sommes croisés très souvent depuis, dans une relations toujours franche et amicale. Cet observateur aigu de la vie culturelle et de ses politiques nous manquera. Adieu l'ami !

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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /2010 22:00

Image-1.jpgMonsieur le Président,

À plusieurs reprises, vous vous êtes publiquement engagé à promouvoir l’éducation artistique et culturelle.
Or, la réforme des lycées qui entrera en vigueur en septembre prochain appauvrit les enseignements artistiques en classe de seconde, ce qui aura inévitablement des conséquences en première et terminale.

Les élèves de seconde pouvaient jusqu’alors choisir un enseignement artistique dit de détermination parmi : théâtre, musique, danse, cinéma-audiovisuel, arts plastiques, arts du cirque, histoire des arts. Il s’agissait d’un cours hebdomadaire de 3h (6 h pour les arts du cirque), centré sur la pratique artistique et l’ouverture culturelle.
En outre, pour les arts du cirque, la danse, le cinéma et le théâtre, le programme établissait qu’un artiste professionnel en lien avec une institution culturelle faisait équipe avec le professeur pour conduire la pratique artistique.
La réforme du lycée supprime ces enseignements de détermination.

Elle instaure à la place des enseignements dits d’exploration. L’horaire hebdomadaire du cours est restreint à 1h30. Le programme réduit la pratique artistique à portion congrue et supprime le travail avec les artistes dans les classes.

C’est un incontestable appauvrissement.
De plus, l’interprétation et la mise en œuvre de cette réforme varient d’une académie et d’une discipline à l’autre, laissant place à l’arbitraire et à l’injustice.

Nous, professeurs, artistes, citoyens, vous demandons, M. le Président, d’intervenir auprès du Ministre de l’Education Nationale et du Ministre de la Culture afin que la réforme du lycée soit amendée et que soient préservés des enseignements artistiques ambitieux dès la classe de seconde, dans lesquels les artistes interviennent aux côtés des professeurs pour initier les élèves au processus de la création
.

 

Cette lettre au Président de la République est actuellement en ligne sur le site du Théâtre du Soleil et chacun peut y apporter sa signature. Une fois de plus, la contradition entre les intentions énoncées et la réalité des faits se confirme !

 

Sur les enjeux culturels du moment, voir aussi le blog de Jean-Claude Pompougnac et ses inforrmations toujours pertinentes qu'il nous propose.

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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /2010 10:21

Image-2-copie-2.jpgDès novembre, je suggérais ici un peu d’audace au Maire de Paris pour redonner au « Centquatre » un sens, une image et une légitimité en consacrant cet espace et ses moyens à l’enfance, à la formation, au public familial… Cette proposition était reprise et soutenue par près de 350 signataires, adressée à la Mairie et aux responsables du lieu. Vint enfin, en janvier, une procédure d’appel à candidature à laquelle nous avons répondu collectivement. Depuis, silence radio ! Pas même un accusé de réception de notre dossier. Ainsi va la démocratie et se déroule la procédure officielle pour choisir l’orientation et la direction d’un lieu devenu emblématique de la politique culturelle de la Ville. Patience, patience ! Peut-être notre dossier s’est-il perdu dans les couloirs ? Peut-être fait-il l'objet de débats enflamés au sein de la Ville ? Peut-être recevrons-nous un mail nous remerciant de notre intérêt pour cette structure ? Peut-être seront-nous convoqués pour pouvoir expliquer le sens de notre démarche ? Ou peut-être rien ! Peut-être apprendrons-nous simplement par la presse le nom du prochain directeur ? Mystère ! Et désagréable impression pour ce qui ressemble au mieux à de l’impolitesse, au pire à du mépris. A moins que ce ne soient le rythme et les pratiques normales de l’administration ? Re-mystère ! Patience, patience !

En attendant, la revue Mouvement à décidé de s’emparer du sujet et d’occuper désormais les lieux (en fait le Café 104) pour animer un débat public autour du devenir du « Centquatre »

Voir ici le texte de Jean-Marc Adolphe, rédacteur de la revue.

Et l’article de Libération.

A suivre !

 

PS : entendu hier à la radio un entretien avec Frédéric Martel, auteur d’un livre récent intitulé « MainStream, enquête sur cette culture qui plait à tout le monde » (Flamarion). L’auteur semblait fort convaincant sur cette dimension culturelle populaire si souvent réfutée par « l’excellence ». Je ne l’ai pas encore lu, mais ne manquerai pas de le faire incessemment.

martel

Joyeuses pâques !

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