Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

CONTRELETTRE

Couv-CL--copie-1.jpgSuite à la lettre de mission adressée à la ministre de la culture et de la communication par le Président de la République, une contre lettre citoyenne est disponible. Vous pouvez la télécharger sur le site des Editions de l'Attribut


Signez la contrelettre

Actuellement
1336
signatures
 

Publications


Cliquer sur les livres pour en savoir plus !

Vient de paraître :

undefinedJean-Gabriel Carasso
art, culture et éducation
au coeur d'une passion

90 minutes d'entretien
avec Emile Lansman


"Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?
 
(Manifeste pour une politique de l'éducation artistique et culturelle)
Editions de l'attribut. 2005


"Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat...
peut en cacher deux autres !
Editions Lansman. 2000



"Graines de théâtre"
Dessins de Jean Denys Phillipe
Editions Lansman. 1998



"Philippe Avron, passeur d'humanité"
un documentaire de 85' et trois spectacles
co-réalisation avec Jac Chambrier
Philippe Avron 2007



"Les Deux voyages de Jacques Lecoq"
Trois heures d'images sur l'école internationale Jacques lecoq
co-réalisation avec Jean-Noel Roy
On Line Productions et CNDP/Scéren 2007



"100 ans de laïcité"
Interviews, images d'archives, cabaret...
co-réalisation avec Alain Braun
La Ligue de l'enseignement 2005



Bienvenue

jg-mini.jpg 
ME CONTACTER                           Qui est cet OIZORARE ?

Lundi 12 mai 2008

Deux nouvelles glanées récemment dans la presse.
L’une théâtrale, l’autre politique.
Il se pourrait que l’on y trouve quelques correspondances.


1/ Daniel Mesguich, directeur du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, vient de nommer Guy Bedos « professeur de solitude », chargé d’enseigner aux futurs acteurs l’art du sketch. Il s’en explique dans Le Monde de la manière suivante :

« Le one-man-show, c'est l'art du sketch. Pourquoi ne pas s'y préparer, comme à la prestidigitation, au clown, qui seront aussi enseignés dans ces cours ? L'art de l'acteur est à multiples facettes. Et puis, sur le fond, qu'est-ce qui fait la spécificité de tel grand acteur, sinon sa solitude, sinon sa profondeur à lui, inaliénable ? C'est seul qu'on fait des progrès essentiels. Je ne dis pas que les cours "de solitude" apprennent à être seul au monde. Mais je dis que quand on a tout enlevé, les partenaires, le personnage, la situation, et qu'on dit : "Voilà, le rideau s'ouvre, et tu es seul", c'est une façon essentielle de rappeler ce qu'est le théâtre. »

Voici théorisée, dans la plus prestigieuse école française d’art dramatique, la dérive la plus marquante de ces dernières années, à savoir l’individualisme forcené des acteurs, le principe de solitude affirmé comme identité même du théâtre. Foutaise !

Me reviennent à l’esprit toutes les aventures théâtrales marquantes auxquelles j’ai participé, ou assisté, depuis près de 40 ans. Vilar, Brook, Mnouchkine, Kantor, le Living theatre, et tant d’autres… Toutes avaient en commun d’être le fruit d’un travail, mieux d’une expression collective. Mettez sur une scène une troupe de solitaires, aussi géniaux soient-ils, cela ne fonctionnera jamais comme une équipe solidaire, fut-elle composée d’individus moins talentueux. Au théâtre comme au football, c’est le jeu collectif qui l’emporte toujours.

Mon ami Philippe Avron, qui pourtant joue seul depuis bien des années, ne cesse de répéter : « C’est fou qu’il faut comme monde pour faire un truc tout seul » ! Il ferait un bon professeur au Conservatoire !

Allons pus loin. Je n’ai rien contre la solitude de l’acteur au moment des trois coups et j’adhère à l’idée qu’une part de solitude, c’est-à-dire de responsabilité individuelle autant que de liberté, est utile voire indispensable à l’acte artistique. Mais au théâtre, cette responsabilité ne peut être que partagée, et c’est dans le groupe, par la confrontation et le dialogue, que l’individu trouve ( ou non) sa place et son sens.

En vérité, l’intérêt majeur de l’activité théâtrale (et sans doute sportive, souvent) c’est précisément le jeu dialectique qui s’opère entre l’individu et l’équipe, entre solitude et solidarité. C’est d’ailleurs ce que Jacques Lecoq avait magistralement mis en œuvre dans l’équilibre subtil entre les « auto-cours », essais permanents de créations collectives, et le travail du clown, en fin de formation, solitude absolue de l’acteur au centre de la piste !

A quand Ariane Mnouchkine professeur de « solidarité » au Conservatoire ?


2/ « Christophe Girard quitte Ségolène Royal pour rejoindre Bertrand Delanöé. » Celle-là aussi, sans doute, vous aura échappé. Et pourtant, il s’est trouvé un journaliste pour y consacrer un papier dans un grand journal du soir. Cela vaut bien quelques lignes dans ce modeste blog.

Pour ceux qui l’ignoreraient, le Sieur Girard est depuis six ans adjoint au maire chargé de la culture à la Ville de Paris et salarié de la firme LVMH, qui commerce notamment avec la Chine. Il s’est abstenu lors de la décision du Conseil de Paris de nommer le Dalaï Lama citoyen d’honneur de la Ville. Pour l’avoir brièvement croisé, et observant la politique culturelle de la Ville de Paris, pour le moins inexistante, depuis qu’il en a la charge, il est intéressant de noter l’évolution politique de la personne : élu sur une liste Verts, puis rejoignant le PS, soutien actif et très visible de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, le voici dans le sillage de Bertrand Delanöé. Parions que d’autres revirements pourraient intervenir. Est-ce le vent ou la girouette qui tourne ?
Certains persiflent en affirmant que le personnage viserait essentiellement la rue de Valois, et qu’il lui faut donc s’atteler, au plus tôt, à la bonne  locomotive. D’où quelques hésitations sur la trajectoire. Comment peut-on contribuer à diffuser de telles rumeurs ! Persifler avec les loups, nous ? Jamais !

Le militantisme politique, comme l’art de l’acteur, est affaire de solidarité et non de solitude. N’est-il pas ?



ajouter un commentaire commentaires (0)    publié dans : ACTUALITES

Mardi 22 avril 2008
1/ Aimé Césaire est mort. La République lui a concédé des obsèques nationales. Daniel Maximin y a mené la lecture d’un ensemble de textes remarquables devant un parterre de personnalités. Grand moment, émouvant, intelligent, rare… Mais comment se fait-il qu’aucune chaîne de télévision parmi les « grandes chaînes publiques» (la 2, la 3…) n’ait trouvé utile de retransmettre cet événement ? Il m’a fallu aller chercher quelques extraits sur une chaîne privée câblée… Service public, encore un effort ! Quelle occasion ratée de rassembler un très large public autour de cette pensée vive !

2/ Un débat important fait suite au rapport « Olivennes » sur internet. En résumé, la position du rapport, adoptée par la majorité au Parlement français, propose une « riposte graduée » pour les pirates du Net, qui peut aller jusqu’à la fermeture totale de leur accès internet. La commission « Attali » suggère au contraire une autre forme de financement des droits d’auteurs, qui ressemblerait à une « licence globale ».
Par 314 voix pour (297 contre) le Parlement européen a notamment adopté l'amendement que Guy Bono et Michel Rocard, avaient déposé en plénière - co-signé par des socialistes, des verts et des communistes de 12 Etats membres - pour se positionner contre la « riposte graduée » prônée par Nicolas Sarkozy, et qui consiste à bloquer le trafic internet des consommateurs qui se livrent au téléchargement illégal de contenus culturels. « Les mesures répressives sont des mesures dictées par des industries qui n'ont pas été capables de changer leurs modèles économiques face aux nécessités imposées par la société de l'information. L'enjeu central est ici de trouver un équilibre entre les possibilités d'accès aux activités et contenus culturels, la diversité culturelle et une véritable rémunération aux titulaires de droits… Ces mesures entrent en contradiction avec les libertés civiques ainsi qu'avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion », explique le Rapporteur Guy Bono. « La coupure de l'accès internet est une sanction aux effets puissants qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l'accès à internet est un droit impératif pour l'inclusion sociale », ajoute-t-il. Nous vivons dans une société moderne. Internet fait partie de notre quotidien: c’est devenu un outil indispensable aussi bien dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Supprimer l’accès à Internet à un jeune au prétexte qu’il télécharge est une décision gravissime. En Europe, la France est le pays qui envisage la mesure la plus répressive alors que c’est le pays des Droits de l’homme. » Le combat continue !
Pour en savoir plus : la quadrature du net.

3/ « Baba Troré est mort noyé ! » C’est le titre d’un communiqué officiel prenant acte du décès de ce jeune malien qui a plongé dans la Marne sans savoir nager. Il faut dire qu’il avait à ses trousses des policiers et qu’il n’avait pas de papiers. On aurait pu écrire : il est mort de peur. Il est mort de peur d’une politique de traque, comme cette chinoise qui avait sauté par la fenêtre à Belleville. Mais non, il est mort noyé ! Ouf !
Pour en savoir plus, lire ce témoignage  sur le site de Education sans frontières.

4/ La classe d’Adeline (CM2) avait travaillé un petit passage de « 1789 » du Théâtre de Soleil, dans le cadre de l’approche historique de la Révolution française. Elle m’en avait fait part et je lui ai dit que je connaissais bien ce théâtre. Quelques semaines plus tard, nous organisons une visite du Théâtre du Soleil : rencontre avec Maurice et Astrid, comédiens, visite des lieux, pique nique… et puis, rencontre avec Ariane Mnouchkine, très attendue. Elle passe quelques minutes avec les enfants, assiste à la séquence « 1789 » jouée par eux et puis… surprise ! Elle invite tout le monde à assister à une répétition des « Ephémères ». Nous nous retrouvons avec les enfants dans la salle de spectacle, une heure et demie durant, une attention extraordinaire… Moment simple, moment grandiose, moment sans doute mémorable ! Cela vaut toutes les histoires de l’art que l’on veut leur imposer à haute dose !


ajouter un commentaire commentaires (0)    publié dans : ACTUALITES

Vendredi 28 mars 2008
1/ Complémentarités
images-copie-3.jpeg« La religion est complémentaire de la laïcité » a déclaré récemment le président de la République pour clore une controverse toujours vive, provoquée par ses discours prononcés à Dubaï et à Rome (Latran). Ce point de vue est inexact et dangereux parce que contradictoire. Inexact parce que la laïcité est une et indivisible tout comme la République. Rien ne peut lui être complémentaire, c'est comme si l'on affirmait que la Monarchie est complémentaire de la République, le divorce du mariage, ou bien encore la foi de l’athéisme. On peut individuellement être monarchiste ou croyant. Ce sont là des convictions intimes, respectées et protégées par la République qui ne peuvent en aucun cas en être des compléments. La République nen a pas besoin. Son unicité et son indivisibilité suffisent à sa propre intégrité. Il est dangereux de vouloir ainsi la compléter, elle en est atteinte aussitôt, tout comme la laïcité…

Ainsi commence l’édito de Guy Seligmann, réalisateur, dans la Lettre de la SCAM.
Lumineux, n’est-il pas ?

2/ Internet
Pour les profanes du clavier et du réseau numérique, la question d’Internet, de son économie, de son droit, est parfois plus qu’obscure. Qui devrait payer quoi ? A qui ? Comment ? Et pendant ce temps-là, des millions de fichiers s’échangent chaque jour… Nos gouvernants se préparent à la « risposte graduée » ( qui vient d’être rejetée par les Suédois) et autres décisions inquiétantes, résultant notamment de la commission « Olivennes » (le même qui prend les commandes du Nouvel Obs !). Pour en savoir plus, comprendre les enjeux, participer éventuellement aux protestations qui s’organisent, un groupe de spécialistes vient de mettre en place un site particulièrement utile et pédagogique. C’est ici :  la quadrature du net

3/ Théâtre du Soleil
Faut-il rappeler à ceux qui n'ont pas encore vu "Les Ephémères" au Théâtre du Soleil que ce spectacle exceptionnel se terminera définitivement à Paris le 20 avril. Dépéchez-vous !
Le Théâtre du Soleil
ajouter un commentaire commentaires (0)    publié dans : ACTUALITES

Lundi 24 mars 2008
Il y a quelques jours, un courriel : "nous avons lu votre blog, voulez-vous participer à une émission sur la culture sur la chaine parlementaire?"... Le lendemain, me voilà dans un bureau, face à un ordinateur et une web cam, un micro et des écouteurs sur le crâne. C'est parti pour une heure de débats en direct. Pour intervenir, il faut faire signe à la caméra, puis annoncer à une médiatrice ce dont on veut parler, qui transmet à l'animateur... bref, un peu compliqué ce qui oblige à la précision. Ce qui donne finalement ceci...


Sur le fond, il reste beaucoup à faire pour sortir de l'idée simpliste qui prétend que "la démocratisation culturelle serait un échec", et préciser que "l'histoire des arts... " et la pratique artistique, ce sont des choses différentes.
On continue !

ajouter un commentaire commentaires (0)    publié dans : ACTUALITES

Dimanche 16 mars 2008
Paris. Porte de Versailles. Salon du livre. Quelques centaines d’exposants, quelques milliers d’ouvrages… Les éditions Lansman me demandent de participer aux « dédicaces » : passer une heure pour signer mon dernier ouvrage aux lecteurs qui le souhaitent. Que ne ferait-on pas pour satisfaire nos lecteurs, et nos éditeurs. J’entre par la porte spéciale réservée aux VIP. Comme car « dédicaceur » me voilà very important ! Je traverse le salon, passe devant Amelie Nothomb en grand chapeau noir, des barrières de sécurité l’entourent, une file de lecteurs attendent… Un peu plus loin, d’autres files devant Jean-François Kahn, devant les auteurs de bandes dessinées… Voilà, c’est ici : Wallonie Bruxelles, les éditeurs belges. Sur l’ardoise du jour, à 16 h, mon nom ! Une petite table. Je m’installe. Ça y est : je suis un auteur au Salon. Enfin, un auteur à la hauteur ! Allons-y ! Echauffement du poignet pour les signatures… Je les attends !
Une heure après, je les attends toujours ! Certes, mon ami Jean-Claude est passé par hasard avec ses petites filles. Il a déjà lu le livre, je le lui ai offert, il y a quelques jours. Mon ami Pierre est passé également, il savait que je traînais par là. Il est venu m’offrir son propre bouquin car le mien, il l’a déjà lu… Et puis… plus rien ! Personne! Pas une signature. Pas le moindre autographe. Pas besoin de barrières de sécurité… La solitude l’auteur au moment de la dédicace est absolue. Belle expérience de modestie, s’il le fallait !
Heureusement, pour marquer l’importance de ma présence, Sa Majesté la Princesse Léa de Belgique se trouvait à mes côtés, elle aussi chargée de dédicacer un ouvrage sur le Prince Alexandre de Belgique. Nous avons devisé quelques instants sur la situation politique belge. Elle n’a pas d’avis sur la question et d’ailleurs n’a pas le droit d’en avoir. Quelques photographes sont passés, pour elle. J’ai fait quelques efforts pour me glisser sur la photo. Question de marquer pour la postérité, ce moment inoubliable. La preuve :

Jean-Ga-salon-livre-1.JPG
Heureusement, Radio France m’avait invité à passer chez eux, dédicacer mes ouvrages, mais cette fois  de manière sonore et à disposition de tous les internautes de la planète.

Jean-Ga-salon-livre-2.JPG
Deux minutes trente pour chaque bouquin.
Expérience amusante que vous pouvez retrouver ici :
« Jean-Gabriel Carasso : Art, culture et éducation au cœur d’une passion » entretien avec Emile Lansman.

« Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture » Editions de l’attribut.

A vos souris !

ajouter un commentaire commentaires (1)    publié dans : ACTUALITES

Samedi 1 mars 2008
1/ Allez ! On se lâche ! On parle populaire, comme notre Grand Timonier. C’est la mode « Radio Bistrot ». Même Libération s’y met. En première page, notre journal officiel des soixante-huitards – dont nous sommes - titre « Péril en la culture », pour évoquer le modeste malaise qui vibrionne dans nos milieux. Qu’on en juge : depuis octobre dernier, quelques olibrius – dont votre serviteur – se croient investis de la responsabilité citoyenne d’adresser à la ministre de la culture (du moins, ce qu’il en reste !) une «contrelettre de mission» républicaine qui ne cesse d’additionner les signatures (plus de 1200 à ce jour). A Nantes, les BIS (Biennales internationales du spectacle) ont rassemblé plus de 8000 personnes, on ne me fera pas croire qu’elle venaient là uniquement pour un verre de Gros Plan et quelques huîtres offertes par le Conseil général de Loire-Atlantique. Cette affluence était, aussi, le signe d’une inquiétude profonde. Il y a peu, les milieux du cinéma se rassemblaient pour alerter le monde sur les coupes sombres opérées partout en France, sur les Festivals et les actions culturelles d’éducation à l’image. Plus récemment, les metteurs en scène du théâtre public français – ceux-là mêmes qui, pour une grande part, se tirent dans les pattes à longueur d’année – s’offraient un remake de l’Odéon et de Villeurbanne 68 réunis : une grande photo de famille sur les marches du théâtre de France et un coup de gueule généralisé sur la baisse des crédits, la torture du garrot et l’enterrement de la politique culturelle de l’Etat. Hier encore, aux marches du Palais (Royal), quelques centaines d’artistes et groupements professionnels tentaient de manifester leur colère et leur indignation sous forme d’un «culturethon» qui fit dix secondes au journal télévisé de 23 heures ! Il est vrai qu’un 29 février, en pleines vacances scolaires et avec seulement quelques jours de préparation, la puissance de l’événement ne risquait pas d’ébranler le Château ! La ministre de la culture, toujours aussi à l’aise devant les caméras, convoque quelques journalistes pour réaffirmer que « l’Etat ne se désengage pas ». Le Premier ministre – souvenez-vous, celui qui habite à Matignon... mais oui, avec une mèche de cheveux, vous voyez qui je veux dire ? – rappelle que tout le monde, même les cultureux, doit participer à la réduction de la dette publique. Fermez le ban ! Circulez, il n’y a plus rien à voir ! Les municipales, c’est dans huit jours.

2/ Et pendant ce temps-là, on apprend que DGS – non, ce n’est pas une marque de voiture mais le diminutif de Denis Gauthier Sauvagnac du MEDEF – s’est fait mettre à la retraite avec seulement 1,5 millions d’euros d’indemnité de départ (non imposable ?) mais reste délégué de son syndicat avec le modeste salaire de 20 000 euros par mois ! Une misère ! Rappelons que ce monsieur est bien connu des milieux du spectacle vivant, c’est lui qui a conduit pour le MEDEF toutes les négociations concernant les intermittents du spectacle. Merci DGS, si vous avez vos 507 heures en 10 mois, vous pourrez toujours pointer à la caisse des artistes !

3 / On apprend aussi, c’est sans doute un symbole, la disparition d’Hubert Gignoux, qui fut marionnettiste, comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre national de Strasbourg, grande figure de la décentralisation théâtrale française. Il a publié en 1984 une autobiographie magistrale : « Histoire d’une famille théâtrale » (L’Aire éditeur) qui reste, pour moi, le livre le plus intéressant sur l’histoire de la décentralisation dans notre pays, remarquablement écrit ce qui ne gâche rien. Quelques années plus tard, nous avions réussi à republier cet ouvrage alors que j’étais directeur de l’ANRAT. Je ne sais s’il en reste en circulation. Hubert Gignoux m’avait écrit sa reconnaissance profonde pour ce geste qui me semblait indispensable. Il doit m’en rester quelques exemplaires. Je vais en envoyer un à la ministre de la culture !

4/ A propos... les gazettes bruissent de remaniement ministériels. Bien entendu, Mme Albanel se trouve sur un siège éjectable (comme d’autres sans doute), faute d’une présence suffisamment convaincante dans les médias, accusée d’incompétence, d’illégitimité, de manque de souffle, de poids politique insuffisant pour défendre un budget acceptable par les « professionnels de la profession » Soit ! Mais gare à la suite ! Imagine-t-on un instant que sa (son) remplaçante pourrait être pire ? Chargé(e) de mettre au pas, définitivement, un milieu jamais satisfait du sort qui lui est fait ? Je crois cette hypothèse très probable. Cela dépendra, un peu, du résultat des municipales mais surtout de la nature du rapport de forces qui pourrait s’établir entre l’Etat et les milieux culturels. Que celui-ci ne porte que sur les moyens financiers, à dimension fortement corporatiste (« à la manière des chauffeurs de taxis » dirait Ariane Mnouchkine), sans débat véritable sur le fond, alors le risque sera grand d’une tension plus vive et d’une incompréhension de « l’opinion ». Un boulevard pour que se poursuive la politique mise en œuvre. A suivre !
arton93-20524.jpg
5/ En vérité, comment ne pas voir que le « milieu » s’est lui-même, pour une grande part, affaiblit au fil des années en refusant une réflexion profonde sur l’adaptation indispensable de son discours, de ses pratiques, de son évaluation (que l’on ne confondra pas avec le simplisme du « résultat ») ? Le chaos qui s’annonce – et qui se poursuivra, j’en fais le pari – est d’abord dû à l’inexistence d’un diagnostic partagé sur l’évolution de notre société, la balkanisation du champ artistique et culturel, le relativisme induit par le développement considérable de l’offre – tout est égal à tout, donc rien ne vaut plus rien ! – et le peu de travail sur la distinction, l’éducation et la médiation (que l’on nous déverse aujourd’hui sous forme « d’histoire des arts » de la maternelle à l’université, de quoi écoeurer des générations entières si cela demeure une pédagogie magistrale et théorique, ce qui est à craindre !) Bref, la « refondation » reste à imaginer et à mettre en œuvre. Un livre peut aider à comprendre quelques éléments : « Culture et société : un lien à recomposer » sous la direction de Jean-Pierre Saez (Editions de l’Attribut). Il prolonge une série de rencontres organisées par le Conseil général de Loire-Atlantique, le même qui offrait des huîtres et du Gros Plan à Nantes ! Bonne lecture !


ajouter un commentaire commentaires (1)    publié dans : ACTUALITES

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Contact - C.G.U. - Signaler un abus