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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 13:41

 

lettre spect févr 2012

 

Prochaines présentations et signatures de

"Quand je serai ministre de la culture":

le jeudi 16 février à 19h, à la Librairie du "104" à Paris

le samedi 3 mars à 11h, Foire du Livre de Bruxelles

le jeudi 8 mars à 17h30, librairie "Contact" à Angers

le jeudi 15 mars à 19h, Librairie "Les Orgues" à Paris

 

en savoir plus

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 21:44

La scène se passe à Nantes, aux BIS (Biennales internationales du spectacle), ce jeudi 19 janvier. Le candidat à la Présidence de la République, François Hollande, vient de faire un (intéressant) discours sur l'enjeu culturel, puis fait le tour des stands. Il s'arrête un instant à celui des éditions de l'Attribut pour y rencontrer l'auteur (votre serviteur) du livre "Quand je serai ministre de la culture". Quelques instants de dialogue au milieu d'une foule de journalistes et de caméras, je lui offre le livre en lui indiquant que j'ai voulu alléger sa tâche en lui évitant d'avoir à choisir un ministre de la culture, puisque j'ai décidé que ce serait moi ! Je précise que le livre s'ouvre sur une "lettre au Président de la République" que j'ai écrite pour lui... Passé le moment d'étonnement que je perçois sur son visage, il s'empare du bouquin, le feuillette un peu, j'en profite pour ajouter le précédent livre "Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?". Ce thème semble l'intéresser. Il emporte le tout en me remerciant.... Fin de la rencontre.

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Dans la foule qui le suit, une femme me demande qui je suis... "L'auteur de ce livre..."! Elle s'en empare et s'en va avec. Je lui précise que ces livres sont à vendre. Elle le repose et file. Aussitôt, une autre femme m'interpelle : "Vous avez tort, c'est la journaliste de l'AFP". Illico je reprends le livre, je fends la foule et m'empresse de lui offrir le bouquin... A deux pas, Aurélie Filippetti, en charge de la culture dans l'équipe du candidat, est en train de téléphoner sur un portable. Je m'approche, lui glisse un  bouquin sans un mot. Elle sourit et s'en va. Fin du film. Cela a duré trois minutes au plus...

J'attends le communiqué de l'AFP !

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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 21:50

En tant que (futur) ministre de la Culture

j'étais hier invité de France culture Pas-la-peine-de-crier_0.jpg

dans l'émission de Marie Richeux

"Pas la peine de crier"

un entretien sympathique et intelligent que vous pouvez écouter ou ré-écouter

ici

(l'entretien de 40' commence à 20' du début)

ainsi qu'un "post-auditum" sur  théâtre-éducation et le théâtre forum.

Merci de l'invitation dans cette émission aussi fraiche que décalée

que je vous conseille...

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 22:06

Le dramaturge et ancien président tchèque Vaclav Havel est mort dimanche 18 décembre. L'artisan de la Révolution de velours anticommuniste de 1989 et chef de l'Etat tchécoslovaque puis tchèque de 1989 à 2003 s'est éteint dans son sommeil. Il avait 75 ans.

Nous avions participé à la reconstitution de son procès au Théâtre du Soleil, organisé par l'AIDA (Association internatinoale de défense des artistes). Nous avions lu, vu et travaillé quelques textes de son théâtre (Audience, Vernissage...) et avions pour cet homme le plus profond respect.

 

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Le 1er janvier 1989, alors qu'il vient d'être élu président de la Tchécoslovaquie Vaclav Havel s'adresse à ses concitoyens. Et pose cette question centrale de la responsabilité. Qui est responsable du totalitarisme? Chacun d'entre nous, explique-t-il avec ses mots.
Voici l'intégralité de ce discours:

«Chers concitoyens,

Depuis quarante ans, vous avez toujours entendu le premier jour de l'année, de la bouche de mes prédécesseurs, le même discours avec seulement quelques variantes: comment notre pays fleurissait, combien nous avions fabriqué de nouveaux millions de tonnes d'acier, combien nous sommes tous heureux, combien nous avons confiance en notre gouvernement et quelles belles perspectives s'ouvrent à nous!

Je suppose que vous ne m'avez pas proposé à ce poste pour que je vous mente à mon tour.

Notre pays ne fleurit pas. Le grand potentiel créateur et spirituel de nos nations n'est pas utilisé comme il se doit. Des branches entières de l'industrie produisent des choses qui n'intéressent personne, tandis que ce dont nous avons besoin nous manque toujours. L'Etat, qui s'appelle «Etat des ouvriers», humilie et exploite les ouvriers. Notre économie arriérée gaspille une énergie rare. Le pays qui pouvait être fier autrefois de l'érudition de son peuple dépense tellement peu pour l'enseignement qu'il se trouve aujourd'hui à le 72è place mondiale dans ce domaine. Nous avons pollué la terre, les rivières et les forêts que nous avaient laissées nos ancêtres, au point que nous avons aujourd'hui le plus mauvais environnement de toute l'Europe; les adultes chez nous meurent plus tôt que dans la majorité des pays européens.

Permettez-moi d'exprimer une petite impression personnelle: récemment, alors que je me rendais à Bratislava en avion, j'ai trouvé un peu de temps, entre diverses discussions, pour jeter un coup d'œil par le hublot. J'ai vu le complexe de l'entreprise Slovnaft et, tout à côté, la grande agglomération de Petrzalka. Ce coup d'œil m'a suffi pour comprendre que pendant des dizaines d'années, nos hommes d'Etat et nos personnalités politiques n'ont pas regardé ou n'ont pas voulu regarder par les hublots de leurs avions. Aucune statistique dont nous disposons n'aurait permis de comprendre plus vite et plus facilement la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Mais tout cela n'est pas encore l'essentiel. Le pire est que nous vivons dans un milieu moral pourri. Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir, à ne pas prêter attention l'un à l'autre, à ne nous occuper que de nous-mêmes. Des expressions comme l'amour, l'amitié, la pitié, l'humilité ou le pardon ont perdu leur profondeur et leur dimension et ne signifient pour nombre d'entre nous qu'une sorte de particularité psychologique aussi désuète que des salutations oubliées du temps passé, un peu risibles à l'heure des ordinateurs et des fusées cosmiques.

Peu d'entre nous ont été capables d'exprimer à haute voix que les puissants ne devraient pas être omnipuissants et que les fermes spéciales qui leur fournissent des produits écologiquement purs et de qualité devraient plutôt envoyer ces produits dans les écoles, les maisons d'enfants et les hôpitaux, dans la mesure où notre agriculture n'est pas capable de les offrir à tous.

Le régime au pouvoir jusqu'ici - armé de son idéologie fière et intolérante- a rabaissé l'homme au niveau d'une force de production et la nature à celui de moyen de production. Il a sapé ainsi leur principe et leur rapport mutuel. Il a transformé des personnes douées et jouissant de leurs droits, travaillant intelligemment dans leur pays, en boulons d'une machine monstrueusement grande, grondante et puante, dont personne ne sait quel est le sens véritable. Elle ne sait rien faire d'autre que s'user elle-même, et avec elle tous ses boulons, lentement mais irrésistiblement.

Si je parle de climat pourri, je ne parle pas seulement de messieurs qui mangent des légumes écologiquement purs et qui ne regardent pas par les hublots de leurs avions. Je parle de nous. Nous qui nous sommes tous habitués au système totalitaire, nous qui l'avons accepté comme un fait immuable, donc entretenu par nos soins. Autrement dit: nous tous -bien qu'à des degrés différents- nous sommes responsables de la dérive de la machine totalitaire. Nous ne sommes pas seulement ses victimes, mais nous sommes tous en même temps ses co-créateurs.

Pourquoi parler ainsi? Parce qu'il ne serait pas raisonnable de considérer le triste héritage des dernières quarante années comme quelque chose d'étranger, légué par un parent lointain. Nous devons au contraire accepter cet héritage comme quelque chose que nous avons nous-mêmes commis contre nous. Si nous le prenons ainsi, nous comprendrons qu'il dépend de nous tous d'en faire quelque chose. Nous ne pouvons pas faire porter la responsabilité de tout cela sur les gouvernants précédents, non seulement parce que cela ne répondrait pas à la vérité, mais encore parce que cela affaiblirait le devoir qui se pose aujourd'hui à chacun de nous, le devoir d'agir indépendamment, librement, raisonnablement et vite.

Détrompons-nous, le meilleur gouvernement, le meilleur parlement et le meilleur président ne peuvent pas à eux seuls faire grand chose. Et ce serait très injuste d'attendre la solution d'eux seulement. La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous.

Si nous nous en rendons compte, toutes les horreurs dont hérite la nouvelle démocratie tchécoslovaque ne nous sembleront pas aussi épouvantables. Si nous nous en rendons compte, l'espoir reviendra dans nos cœurs.»
1er janvier 1990

 

Ce discours est reproduit dans un livre de Christian Duplan et Vincent Giret, «La Vie en rouge, ils ont fait tomber le communisme 1944-1989», réédité aux Editions du Seuil en 2009. (cité par François Bonnet /Médiapart)

 

Pour en savoir plus sur son théâtre, voir l'article de Jean-Pierre Thibaudat

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 13:05

La période préélectorale est propice aux manifestes, aux engagements, aux revendications, voire aux promesses… Nous y sommes ! Dans le champ de l’éducation artistique et culturelle, sujet qui nous occupe depuis fort longtemps, voici venir le temps apparent du large consensus, si l’on en croit du moins les premières salves de projets et de programmes qui se préparent. Qu’on en juge !

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A l’UMP, dans un document intitulé « La culture au cœur de la cohésion nationale » il est écrit notamment : « Permettre à tout élève de bénéficier, non plus seulement de quelques expériences ponctuelles, mais d’un parcours cohérent, doit être la nouvelle étape franchie en 2012-2017. Ce parcours doit reposer sur les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle: l’initiation à l’histoire des arts, la rencontre avec les artistes et les oeuvres et l’apprentissage d’une pratique artistique. »

 

Au PS :  la Contribution au projet culturel du Parti socialiste indique "L’école est le lieu déterminant de la rencontre avec l’autre. Là se joue l’essentiel, là se concentre ce que la philosophe Marie-José Mondzain nomme « la puissance du commencement» …Il n’y a pas d’éducation sans culture. Et de la même façon, l’étude des sociétés humaines montre qu’il n’y a pas de culture sans création artistique. Ainsi l’éducation artistique et culturelle tout au long de la vie est un enjeu déterminant pour la construction d’une politique culturelle publique.

Le rôle de l’école : une priorité citoyenne, une réponse nationale, une déclinaison territoriale

La mise en œuvre d’un grand plan d’éducation artistique et culturelle devra procéder d’une politique volontariste de l’État etdes collectivités territoriales qui devra être cohérente et poursuivre des objectifs communs : continuité et cohérence des temps éducatifs, implications des établissements d’enseignements artistiques spécialisés, complémentarité et respect du rôle des structures (associatives ou autre) d’éducation populaire, de culture (contractualisation sur projets...)  Tous les enfants et tous les jeunes doivent bénéficier d’un accès à l’art et à la culture durant leur scolarité."

 

Au Nouveau Centre, lors d’une récente « Convention culture et médias », Hervé Morin a affirmé  la priorité absolue qu’il entend consacrer à l’éducation artistique et culturelle, assortie d’une réforme des rythmes scolaires permettant de libérer du temps pour la dimension artistique et culturelle…

 

Au Front de Gauche, on revendique une « Place aux arts dans toute la société ! »

"L’Etat républicain doit conforter un service public national et décentralisé de la culture visant à :

-       l’appropriation populaire des œuvres et des pratiques avec l’éducation artistique à l’école et la médiation culturelle associative

-       permettre les liens entre culture et éducation, arts, sciences et nouvelles technologies

Propositions :  rétablir les enseignements artistiques, théoriques et pratiques, dans les formations initiales et continues des enseignants. Promouvoir l’éducation artistique jusqu’à la terminale dans toutes les filières et spécialités ; développer les interventions d’artistes en milieu scolaire et soutenir la médiation culturelle"

 

Nous avons cherché, en vain, une trace de cette préoccupation dans le programme d’Europe Ecologie Les Verts…. Sans succès. Mais peut-être avons-nous mal lu ?

 

Nous pourrons vérifier ces arguments et en débattre lors de la prochaine rencontre « La bataille de l’imaginaire », organisée conjointement par l’association « Les rencontres d’Archimède », les Editions de l’Attribut et la Maison des métallos, le lundi 12 décembre prochain de 19 à 21 H à la Maison des métallos.

En présence notamment de Sylvie Robert pour le PS, Hervé Pérard pour EELV, Jean-Michel Gremillet pour le Front de Gauche, Catherine Morin-Dessailly pour le Nouveau Centre…

A vos agendas !

 

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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 14:07

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Débat sérieux et attentif lundi dernier à la Maison des métallos, pour la 5e rencontre « La Bataille de l’imaginaire » sur le thème « La culture, ce n’est pas pour moi ! » avec la participation de Serge Saada (auteur de « Et si on partageait la culture ? » aux éditions de l’Attribut), Géraldine Benichou, metteuse en scène et Bruno Péquignot, professeur à l’Université de Paris III. Quelques idées retenues par l’animateur… c’est-à-dire le moins bien placé pour prendre des notes !

L’idée principale, au fond, serait de nous méfier… de nous-mêmes, de nos a priori, de nos préjugés sur « les publics » que l’on dit éloignés, empêchés, mal à l’aise à la fois dans les structures culturelles, mais aussi et surtout devant les œuvres d’art qui les « dérangent ».

Qui sont-ils ces « exclus » de la culture, sinon parfois nous-mêmes, qui ne savons pas que « cela » existe, qui n’avons pas eu l’occasion d’une rencontre, d’un « croisement » avec des œuvres, qui ne ressentent d’ailleurs aucun « manque » d’art ou de culture, n’ayant jamais éprouvé ni le besoin, ni le plaisir de la chose ?

Mais alors, comment favoriser la rencontre, comment créer des « passerelles » entre la culture « officielle » et celle de « l’autre ? » Comment sortir de la confusion entre art, culture et loisirs ? Comment faire vivre réellement la « diversité » des points de vue et des approches ?

Comment accepter que l’on n’aime pas… Mozart, Picasso… ou Boulez ? Il ne suffit pas « d’expliquer », mais trouver les chemins d’une véritable « médiation ».

Une des pistes de travail, c’est évidemment d’inventer des formes de rencontres originales : dans les bistrots, dans les gares, dans les hôpitaux, aller vers « les gens », les écouter autant que leur parler, travailler avec eux plus que pour eux, se nourrir de leurs paroles singulières et inventer, ensemble, des formes esthétiques… C’est ce que fit tout un courant de travail culturel dans notre pays depuis des années, de Jean Hurstel en Lorraine à Georges Buisson et Alain Grasset à Bobigny et au TEP, en passant par Augusto Boal et son « théâtre de l’opprimé »… et tant d’autres ! Ce que fait aujourd’hui Géraldine Benichou en se déclarant « non-artiste » face au « non-pubic ».

Affirmant que « l’art nous force à être libre », Brunon Péquignot rappelle la question de « l’insécurité » culturelle que provoque des formes nouvelles, le droit de ne pas aimer, la gène profonde d’être dérangé dans des habitudes, dans des représentations, la peur de découvrir, la déstabilisation… autant d’éléments qui freinent la démarche culturelle dans le rapport aux œuvres d’art. D’où l’importance de la conception de la culture comme « travail », comme attitude, comme aptitude à acquérir… dans la plus grand respect et la liberté laissée à chacun de se situer. D’où la question récurrente de la formation et de l’éducation….que nous aborderons lors de la prochaine rencontre prévue le  lundi 12 décembre sur le thème d’actualité : « Quelle place pour l’éducation artistique et culturelle dans les projets politiques ? ». A vos agendas !

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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 15:57

portes_ouvertes_culture-copie-1.jpgS'il est une notion qui n'en finira pas de provoquer débats et polémiques, c'est bien celle de "la culture", dont nous sommes tous passionnés mais qui signifie, pour nombre d'entre nous, des réalités et des théories très diverses. En cette période pré-électorale, voici que ressurgit la grande question de la place de "la culture" dans le champ politique, ou encore celle de la "politique culturelle", voire de "la politique de la culture", bref quels arguments pour un projet politique de la culture, ou pour un projet culturel de la politique. La question ne manquera pas d'alimenter colloques et séminaires d'ici avril 2012.

Loizo suivra l'affaire bien entendu.

Pour commencer l'année, après le texte de Robin Renucci déjà cité ici, voici deux liens utiles qui dialoguent et polémiquent : Nicolas Roméas / Michel Simonot-Diane Scott

A suivre...

 

L'art, la culture et la gauche

" Victoire ! Quelques mois avant une échéance électorale absolument cruciale, les partis de la gauche française semblent enfin se réveiller sur la question essentielle de la culture.
Nous nous en félicitons, bien sûr, et nous aurions mauvaise grâce à ne pas le faire, nous qui, depuis des lustres, ne cessons de tirer cette sonnette d'alarme. Mais, il faut l'avouer, nous ne sommes pas certains qu'il s'agisse d'une prise de conscience suffisamment profonde de ce qui est aujourd'hui en jeu. Car, lorsque nous prétendons que cette question est essentielle, nous ne voulons pas - seulement - rappeler qu'il s'agit là d'un enjeu politique important pour la gauche française face aux effets délétères de l'ultralibéralisme… La situation est plus grave et elle dépasse de très loin les joutes conjoncturelles récurrentes en période d'élection...." Lire la suite sur Médiapart

 

auquel répond directement

 

Résister au « populisme culturel » : pour un argumentaire renouvelé de la culture

Par Diane Scott et Michel Simonot

À propos de « L’art, la culture et la gauche » de Nicolas Roméas (Médiapart, 8 août 2011).

Nicolas Roméas est directeur de la revue Cassandre.

Diane Scott est metteur en scène et critique.

Michel Simonot est homme de théâtre et sociologue de la culture.

 

"À l’approche des élections présidentielles, le mot « culture » est venu désigner l’un des espaces électoraux à investir, et la présence de plusieurs candidats de gauche au Festival d’Avignon cet été a dénoté autant que stimulé une certaine agitation autour de cette question. Il est vrai que la disparition de la question culturelle dans les projets politiques, notamment depuis les présidentielles de 2002, avait créé une inquiétude telle que cette brusque réapparition a pu susciter un certain espoir. En réalité, hormis une atmosphère de polémique aussitôt attisée par les médias, rien, ou presque, n’a été esquissé d’une conception de ce que serait une politique culturelle, et encore moins d’un projet de société qui lui donnerait du sens et un fondement – un projet politique s’entend. Aussi règne-t-il en la matière une atmosphère de bavardage confus.

La publication récente d’un texte sur Médiapart appelant les candidats de gauche à se saisir de ce thème avec force (Nicolas Roméas, «L’art, la culture et la gauche », 8 août 2011), aurait pu constituer, dans ce silence général, une base de réflexion salutaire. Il nous a semblé, hélas, emblématique de la circulation actuelle de discours peu rigoureux qui doivent leur diffusion à la mollesse du paysage intellectuel dans lequel ils prennent place. Nous souhaiterions ici en contester quelques énoncés et profiter de la lecture de ce texte pour appeler plus généralement à un ressaisissement de ces questions. Si la « culture » manque à l’heure actuelle de quelque chose, c’est moins d’une prise en compte par les politiques, que de sa prise au sérieux par ses propres « défenseurs »."...  Lire la suite sur La revue des Livres

 

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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 22:03

Au coeur de l'été, Robin Renucci a publié dans Le Monde le texte ci-dessous. Loizo se fait un plaisir de le relayer. Contribution utile au débat culturel d'aujourd'hui. Merci Robin.

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Je suis présent depuis longtemps sur les scènes publiques. J'ai désormais la charge de l'une de leurs institutions. A Frédéric Mitterrand qui m'a fait l'honneur de me nommer directeur des Tréteaux de France il y a quelques semaines, comme à mes concitoyens dont les impôts et la participation volontaire (le prix des places) financent cette aventure unique en son genre dans la décentralisation théâtrale, je veux dire mon engagement.

Je me suis porté candidat au nom d'une conviction : création, transmission, formation, éducation populaire peuvent se conjuguer, se réinventer ensemble.

Avec mon équipe, nous la ferons vivre et partager partout où des réponses surgiront aux appels à projets que nous lancerons. Nous chercherons à " faire avec ", plus qu'à " diffuser " au sens habituel du mot. Notre principe d'action est simple à énoncer : affirmer les singularités des territoires, les armer par l'écriture et le théâtre, les faire dialoguer par la circulation des oeuvres. Agir, produire. Ensemble, dans un retournement de l'aliénation d'aujourd'hui qu'est le tout-consumérisme.

Ce désir de " faire avec " me fait exprimer une déception. Ce que nous avons entendu et lu ces dernières semaines nous laisse nombreux sur notre faim. La dimension budgétaire est déterminante, mais elle ne saurait être le pivot de nos  raisonnements. Elle ne répond pas aux questions posées par l'art et la culture aujourd'hui.

Oui, il faut des moyens nouveaux, mais ils ne prendront sens que si nous engageons une réforme ambitieuse de nos objectifs et de nos actions. Le sens, là est la question majeure.

Y répondre impose un changement radical de logique. On ne rejette pas André Malraux en disant que " rendre accessibles au plus grand nombre (...) les oeuvres capitales de l'humanité " ne peut plus être le paradigme des politiques publiques de la culture en ce début de XXIe siècle.

Affirmer que notre rôle est de faire face au déferlement des " produits " des industries du signe et de leur consommation forcenée est réducteur, mystificateur même. L'enjeu est bien plus complexe. Comme à chaque mutation importante des techniques et des technologies, il nous faut nous saisir avec force de ce qui, à première et courte vue, nous inquiète.

Les moyens technologiques dont nous disposons façonnent et façonneront encore de profondes mutations de nos rapports personnels et sociaux aux symboles, et de notre potentiel individuel et collectif de production de ces symboles. Le défi d'aujourd'hui est de même nature que celui auquel, en son temps, Jules Ferry a invité la République à répondre.

L'éducation artistique et culturelle est un enjeu central de notre temps. La " société de la connaissance " ne se construira pas sans une exigence de pratique. Former les enseignants et non pas fermer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), impliquer les artistes et les institutions culturelles dans des formations croisées. Enseigner l'histoire de l'art ne répond pas aux exigences du " partage du sensible ", selon l'expression du philosophe Jacques Rancière. L'histoire de la natation apprend-elle à nager ?

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : " Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les oeuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux oeuvres les plus puissantes " (" Pas d'oeuvre sans pratique ", Le Monde du 26 septembre 1991).

Il ne s'agit plus d'" accès " aux oeuvres. Il faut faire en sorte que " les oeuvres oeuvrent " comme le dit joliment le philosophe Bernard Stiegler. Parlons de création partagée, d'appréhension individuelle et collective, de contribution populaire. Sortons des oppositions bien peu innocentes entre une culture " populaire " et une autre qui ne le serait pas. Refusons l'opposition caricaturale entre professionnels et amateurs.

Le discours sur l'intimidation est un piège. Il conforte le " ce n'est pas pour moi " trop souvent entendu. Ces mots signifient surtout que nous ne savons plus converser avec ceux de nos concitoyens que nous stigmatisons en les qualifiant d'" éloignés de la culture ". En son temps, Jean Vilar a inventé une place pour le spectateur en affirmant sa dignité, son potentiel et son rôle. Réinventons cela dans notre contexte, les budgets suivront.

Ma propre " entrée en théâtre " et l'aventure de l'Association des rencontres internationales artistiques (ARIA) que j'ai engagée en Corse il y a quatorze ans me le démontrent au quotidien : " Pas d'oeuvre sans pratique. " Le rapport à l'art, la construction culturelle de soi passent par la pratique, par une relation sensible, développée et valorisée dès le plus jeune âge. La formation est le contrepoison du court-termisme.

La pensée unique régnante juge la dépense publique perverse et improductive. Là est l'impasse. Il nous faut une action publique forte. Réhabilitons l'impôt, il en est la condition. Bâtissons une fiscalité équitable. Confrontons nos ambitions professionnelles au regard critique et aux attentes de nos concitoyens. En rénovant le sens et les méthodes, nous retrouverons le " consentement à payer " sans lequel il ne peut pas y avoir d'action publique.

Pensons autrement nos politiques de l'art et de la culture et la façon de les écrire. Tissons de nouvelles relations entre l'Etat, les collectivités territoriales, les professionnels, les citoyens. L'expérience est déjà tentée par la région Pays de la Loire. Cherchons à l'élargir. Définissons collectivement nos ambitions, donc les moyens à réunir. Faisons-le territoire par territoire, et, en même temps, au niveau de la nation tout entière. Dans le respect de notre histoire et de nos principes fondateurs. L'avenir dépend de notre capacité à renouveler notre culture de l'action publique.

© Le Monde

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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 22:58

L'essentiel de notre travail cette année, ce fut l'organisation d'une journée d'hommage à Philippe Avron

Il en reste quelques traces sur le blog des Amis d'Avron

En voici un bref aperçu en images...

 

 

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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 16:40

Avis de deces : le Conseil de la creation artistique est mort aujourdhui.Le communiqué de l'Elysee est un chef d'oeuvre de "faucuisme". Le voici integral. On attend avec impatience celui qui sera rédigé pour Hadopi!

 

"Le président de la République a reçu M. Marin KARMITZ et les membres du Conseil de la création artistique, afin de dresser le bilan des projets expérimentaux auxquels le Conseil a prêté son concours.  A cette occasion, le chef de l'État a rendu un vif hommage au travail accompli. Il a en effet constaté que les projets en question répondaient très concrètement aux objectifs qui avaient été assignés au Conseil de la création artistique : encourager le développement et l'excellence de la création artistique française et promouvoir sa diffusion la plus large. Le riche bilan du Conseil de la création artistique démontre donc par l'exemple que, grâce à la mobilisation de tous les acteurs de la création autour de projets novateurs, une modernisation en profondeur de l'action publique en ce domaine est à la fois possible et nécessaire. Le président de la République a chaleureusement remercié M. Marin KARMITZ et tous les membres du Conseil de leur engagement personnel et bénévole dans cette expérience et souhaité, au terme de celle-ci, que les pistes ainsi défrichées soient désormais poursuivies et approfondies par le ministère de la Culture et de la Communication."

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