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COUPS DE GUEULE


Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /2010 22:28
Comment faire pour protester ?
Ici une manif traditionnelle avec dépôt de motion auprès des pouvoirs publics.
C'était aujourd'hui pour la défense de la culture, de ses moyens, de ses emplois...
2 à 3 000 personnes qui poussent ensemble un cri.
La preuve :



Ailleurs, dans une petite école, un texte s'écrit qui circule sur le Net.
Un autre cri !
Le voici.
N'arrêtons pas de protester contre la destruction de nos valeurs et de de notre système d'éducation !
Diffusons ce texte !

 
Le Poème d'un prof des écoles à Sarkozy :
Monsieur Le Président,
 
Merci de lire ce message,
Un p'tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l'Education Nationale.
 
Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu'il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu'il rayonne aux ondes...
De l'humanité.
 
Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l'Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l'école..
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...
 
Dans cette école une chance,
Un p'tit morceau de bonheur,
Qui s'écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire...
 
Pour l'Education Nationale,
Un p'tit bonheur, c'est pas banal,
Un léger baume sur le cœur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !
 
Notre bonheur, c'est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d'la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c'est du bonheur... assuré !
 
Dès le matin, elle s'active,
C'est sur le net qu'elle s'incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l'inspectrice,
Et celles de l'Académie....
 
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...
 
Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier...
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l'énergie...
 
Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
 
Ah! Notre petit journal
"Magique », ils l'ont appelé
Quel travail de fourmi,
J'y passerai......des nuits ?
 
Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...
 
Et puis... c'est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S'ouvrir l'esprit, être curieux.
 
Ne pas oublier l'insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !... On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c'est vital !
 
Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l'ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,
 
...Sans elle, jamais...
Ce ne serait si bien géré.
 
Le soir, coup de fil...
C'est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c'est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j'ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué,
Votre contrat est terminé...
Ils me demandent ce que j'ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
 
Sa voix se fêle... "J'ai un emploi! »
Ils me demandent ce que j'ai fait,
pour me former, pour m'insérer,
Sa voix se gèle... puis accélère: « Je... suis formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié,
pas bien payé, mais... j'veux rester ! »
Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...
 
Ils me demandent mes compétences
C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l'espace... d'UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !
 
J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame
 Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leur apprendre..
 
Et Géraldine ???
On n' lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité
Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent
D'étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c'est à pleurer...
 
Alors qu'on demande chaque jour,
A nos élèves de dire " Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s' respecter, d'être poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...
Que vais-je dire, à la p'tite fille,
Qui l'aut're jour, près de moi, s'est assise,
Et, tout fièrement, m'a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande,
J'irai au collège, comme mon grand frère,
J'irai au lycée, j'passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine! »
 
Je sursaute... Mon coeur se serre...C'est à pleurer.
 
C.Picavet
Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)
 
En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence,Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé
mon travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...
qui est encore bien malade...
 
Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après
avoir semé, soigné ?
 
Je n'ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l'on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu'on arrête de tourner en rond !
Torpillé le « Chagrin d'école »
En mille miettes de BONHEUR !
 
En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs..
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
r'm'istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
 
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j'espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d'un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.
 
P.S : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
 Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai
formée !
Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur
Humaine Ajoutée ?
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /2010 21:48
Information reçue aujourd'hui et qui mérite attention, en plein Salon du LIvre
  livres.jpg
Le Conseil général de Seine-Saint-Denis a informé brutalement le 10 mars dernier qu’il a décidé de ne pas inscrire la subvention annuelle de Livres au trésor au budget départemental voté le 8 avril prochain. Privée de cette subvention qui représente 70 % du budget de fonctionnement (personnel compris), la ville de Bobigny ne pourra plus faire fonctionner cette structure à vocation départementale.
Cette décision vient s’ajouter à celle déjà annoncée de réduire la subvention de fonctionnement du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.
Une lettre ouverte, 93 personnalités du monde de l’enfance, du livre ou de l’éducation, rejoints par de nombreux autres signataires, a été adressée lundi 22 mars au Président du Conseil général, M. Bartolone, au vice-président chargé de la culture, M. Constant et au Directeur de la Culture, M. Moisselin.
 
Vous pouvez la lire sur le Blog de soutien à Livres au trésor  :
 http://soutienlivresautresor.over-blog.com
 
Manifestez votre soutien de plusieurs manières :
 
1 - Confirmez, par mel, votre souhait d’ajouter votre nom à la liste des signataires de cette lettre.
 2- ou signez la lettre et témoignez votre soutien sur le blog
 3 - Envoyez un courrier (ou copie de la lettre ouverte) directement à
Emmanuel Constant, élu chargé de la culture : econstant@cg93.fr
Vincent Moisselin, directeur de la Culture : vmoisselin@cg93.fr
Catherine Pollet, chef du Bureau du livre : capollet@cg93.fr
 
Sans oublier d’envoyer également une copie à : collectiflivresautresor@gmail.com
 
Merci pour votre soutien
Collectif Livres au trésor
Ce collectif rassemble bibliothécaire, enseignants et documentalistes de Seine-Saint-Denis
http://soutienlivresautresor.over-blog.com
 
Depuis 20 ans Livres au trésor c’est :
Un centre de ressources sur le livre et la littérature pour enfants à vocation départementale , créé en 1987 par le Conseil général de Seine-Saint-Denis en convention avec la Ville de Bobigny qui l’héberge dans sa bibliothèque et en assure le fonctionnement administratif (personnel compris)
Un rayonnement départemental, national et international via des publications de référence diffusées largement, des partenariats et une reconnaissance par les professionnels du livre : éditeurs, auteurs, illustrateurs, libraires, etc.
 
Depuis 20 ans Livres au trésor c’est, en actes :
Un lieu d’information, de formation, de conseils, d’échanges et de réflexion sur le livre et la littérature de jeunesse, les pratiques de lecture des enfants, les enjeux de la lecture publique ;
Un site Internet mis à jour quotidiennement diffusant des informations sur l’actualité du livre jeunesse et des bibliothèques du département : critiques de livres, biographies d’auteurs, bibliographies thématiques, articles de réflexion… donnant à voir ce qu’il y a de plus intéressant dans une production exponentielle
Une mission assumée de transversalité, de mutualisation des savoirs et savoir-faire des différentes professions ayant pour point de rencontre la littérature de jeunesse : bibliothécaires, enseignants, libraires, animateurs, étudiants, documentalistes, conteurs, auteurs, etc.
Un renouvellement permanent des actions pour répondre au besoins des professionnels, s’adapter à l’actualité de la littérature de jeunesse et prendre en compte l’évolution des pratiques culturelles notamment l’essor du multimédia
Un réseau qui œuvre pour le maillage du territoire départemental sur la question de la littérature de jeunesse et pour un plan de conservation partagée des livres pour enfants au niveau régional
Des partenariats avec l’Inspection académique de Seine-Saint-Denis, l’IUFM, le CRDP, le Rectorat, la Bibliothèque nationale de France-Centre national du livre pour enfants, le Bureau du livre et le Bureau du spectacle vivant du 93, le MOTIF, les instituts culturels en France, les services culturels municipaux, les théâtres jeune public…
 
Depuis 20 ans, Livres au trésor c’est, en chiffres :
40 000 livres pour enfants et ouvrages professionnels mis à la disposition du public 20 heures par semaine
10 000 visiteurs mensuels uniques sur le site Internet
7 000 exemplaires de la sélection annuelle distribuées auprès de 900 lieux d’accueil de la petite enfance, 800 groupes scolaires, 200 CDI de collèges et lycées, les bibliothèques municipales de 39 villes en Seine-Saint-Denis
5 000 professionnels abonnés à la lettre d’information
1 000 usagers accueillis chaque année pour consulter les documents sur place
400 bibliothécaires du département concernés par 4 groupes de travail soit 100 séances chaque année et plusieurs journées d’étude
20 sessions de formation sur la littérature de jeunesse auprès des enseignants, formateurs, professionnels de l’enfance chaque année
4 emplois permanents.
 
Livres au trésor, centre de ressources en Seine-Saint-Denis sur le livre de jeunesse
Une initiative du Conseil général et de la Ville de Bobigny
Bibliothèque municipale- 4 rue de l’Union 93000 Bobigny
www.livresautresor.net
 

D'autres informations sur l'excellent blog EP2C ici
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 20:32
La revue Cassandre Hors Champ lance un appel pour un débat public sur la cutlure.
On signe !

Cassandre.jpg
Impossible absence


L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.
Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.
Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».
Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture - au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.
Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.
Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…
Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration - ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant - s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle «le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.
Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la «rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère...
La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un «Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.
Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une «économie de la connaissance ? »
Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.
À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?
Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !

Pour signer cet appel, c'est ici

Les premiers signataires :

Danielle Mitterrand (Présidente de la fondation France-Libertés)
Stéphane Hessel (diplomate, ancien déporté et grand résistant ayant contribué à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)
Roland Gori (psychanalyste, professeur des universités, initiateur de l’Appel des Appels)
Bernard Lubat (musicien multi-instrumentiste, chanteur, fondateur du festival d’Uzeste et de la Cie Lubat)
Marcel Gauchet (historien, philosophe, directeur d’études à l’EHESS, rédacteur en chef de la revue Débat)
Nicolas Frize (compositeur, membre de la LDH)
Bernard Stiegler (philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou)
Valérie de Saint-Do (co-directrice de Cassandre/Horschamp)
Nicolas Roméas (directeur et fondateur de Cassandre/Horschamp)
Barbara Cassin (philosophe, philologue, directrice de recherche au CNRS)
Philippe Meirieu (professeur en sciences de l’éducation, responsable pédagogique de la chaîne Cap TV, directeur de collection chez ESF Editeurs)
Bernard Bloch (metteur en scène, comédien, directeur artistique du Réseau (théâtre), membre fondateur de la coopérative artistique de production CAP Etoile)
Robin Renucci (comédien, réalisateur, fondateur de L’ARIA Association des Rencontres Internationales Artistiques)
Julien Blaine (poète et performeur, fondateur de la revue Doc(k)s, des Rencontres internationales de poésie de Tarascon et du Centre international de poésie de Marseille)
Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, responsable de l’Oizeau rare, association de recherches culturelles)
Philippe Avron (auteur interprète)
Robert Abirached (écrivain, historien, critique théâtral, ancien directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la culture)
Françoise Fanfelle (Moissac - Infirmière retraitée)
Samuel Wahl (journaliste)
Pépito Mateo (conteur, acteur et écrivain)
Olivier Perrot (Plasticien photographe - Vitry sur Seine)
Édith Rappoport (ancienne conseillère à la DRAC Île-de-France)
Bruno Boussagol (Metteur en scène)
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 13:54

Hier 9 décembre, journée nationale de la laïcité, débat public à la Mairie du XXè arrondissement à Paris. 150 à 200 personnes venues entendre divers orateurs sur le thème de la laïcité, fondement de la République. Interventions de bonne tenue et puis débat avec la salle… Et là, ça se gâte ! Tout arrive : les mosquées qui débordent de fidèles dans les rues, les mères musulmanes qui accompagnent les sorties scolaires avec un voile sur la tête, la demande faite aux enseignants de ne pas faire de contrôles les jours de fêtes religieuses… Les uns réclament une laïcité quasi intégriste : hors de toute préoccupation religieuse, quelle qu’elle soit. Les autres en appellent à tenir compte de la réalité des religions : après tout, les vacances scolaires sont bien organisées autour des fêtes religieuses catholiques…

Le débat devient totalement affectif, émotif, agressif, baignant dans l’atmosphère délétère de confusion provoquée par les discours du Président de la République sur l’importance du fait religieux, par le vote suisse sur les minarets, par le débat lancé sur l’identité nationale…

J’avoue n’avoir jamais connu une telle atmosphère de sous-entendus haineux, de rejet de l’autre, de confusion et d’exclusion. Gare !

Les idées nauséabondes que l’extrême droite a développées depuis plusieurs décennies sont en train de devenir sinon majoritaires du moins totalement « décomplexées ». Les responsables politiques qui attisent ce débat de manière incontrôlée, irresponsable et manipulatrice, jouent avec le feu. Il se peut qu’un jour ils s’y brûlent eux-mêmes !

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 18:50

qui fait le tour du monde... Vaut mieux qu'un long discours !
Hier, une manifestation a été fortement réprimée à Téhéran
et pour la première fois me semble-t-il, aucun média n'était autorisé,
ni téléphone portable, ni internet.
Silence, on réprime !
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 00:48


Les directeurs du « 104 » à Paris, lieu emblématique de la politique culturelle de la ville, viennent de jeter l’éponge en ne demandant pas le renouvellement de leur mandat. Ils estimaient avoir besoin, en plus des 8 millions d’euro injectés par la Ville, de 2 millions d’euro supplémentaires pour mener à bien leur projet. Compte tenu des baisses de recette de la municipalité, dues en grande partie à l’effondrement du marché immobilier, (est-ce la seule raison?) celle-ci s’est refusée à toute augmentation et n’en prévoit pas en 2010. Exit donc les directeurs, et avec eux un projet qui ne semble n’avoir jamais trouvé sa place véritable dans cet endroit particulièrement difficile à faire vivre.

 

J’étais pour ma part fort dubitatif, depuis le départ de ce projet, sur la mise en place de cette structure imposante, forcément budgétivore, tiraillée entre la recherche d’une modernité artistique internationale, une implantation plus que difficile dans son environnement territorial, et la nécessité de trouver des ressources commerciales indispensables pour faire fonctionner la machine. A vouloir trop en faire, le risque était grand, bien entendu, d’aller dans le mur. Nous y sommes !

A vrai dire, je ne pensais pas que cela irait aussi vite, mais la crise est venue révéler plus rapidement ce qui se cache en général par des augmentations régulières de subventions : l’inadaptation d’une structure et d’un projet aux réalités sociales et économiques d’un territoire. Pas la peine d’être grand clerc pour avoir imaginé une telle issue. Je sais que nous sommes nombreux à l’avoir prédit.

 

Et maintenant ?

 

Deux options principales s’offrent aux décideurs.

 

La première sera de rechercher au plus vite (s’il n’est déjà choisi !) un nouveau directeur du lieu, qui soit un gestionnaire, sorte de grand intendant qui aura pour mission de ne pas réclamer d’augmentation de budget et de faire au mieux avec les moyens du bord. Il conservera à l’évidence une part d’action artistique et de travail culturel, sans laquelle tout cela n’aurait plus aucun sens, mais il sera condamné à valoriser l’espace par la multiplication des locations et autres événements de toute nature – cela a déjà commencé - qui permettront de conforter autant le budget général que l’image de la structure. Rien de neuf dans ce paysage ! On fera naviguer le navire par petit vent…

 

Nous en suggérons une seconde, plus improbable mais tellement plus excitante,  qui serait de prendre acte de la fausse route empruntée par ce premier projet et d’en imaginer une autre, radicalement différente mais fondamentalement indispensable pour Paris : créer un véritable lieu artistique et culturel majeur tourné vers l’enfance et la jeunesse, l'offrir à la population parisienne, tout en lui donnant une dimension nationale et internationale.

Plusieurs projets de ce type ont existé :

Ce fut un temps la proposition de Jack Lang d’un « Théâtre national des enfants », qui resta éphémère.

Ce fut ensuite l’idée envisagée pour le Théâtre de la Gaieté Lyrique, qui s’est embourbée dans un projet infaisable et jamais terminé.

Ce fut également l’idée proposée pour la reconversion du Palais de Porte Dorée, lorsqu’il fut question d’en finir avec le Musée des Arts Africains et Océaniens : en faire un « Beaubourg de l’enfance », lieu de création artistique, de diffusion culturelle et de formation des éducateurs, à deux pas du Bois de Vincennes, du zoo et de l’Aquarium si fréquenté par les familles. En vain !

Ce fut enfin la proposition que nous avions portée pour le Théâtre du Rond-Point : en faire le « Carrefour des arts, carrefour des âges », lieu de tous les arts de la scène en direction de l’enfance et des familles. Sans succès !

 

Aujourd’hui, avec le « 104 », une nouvelle opportunité se présente, qu’il faudrait saisir avec audace : réaliser à Paris la « Cité des arts et de l’enfance », telle qu’elle n’existe nulle part au monde.

Consacrer l’ensemble des moyens, des énergies et des partenariats (ils seraient nombreux sur un tel projet) à interroger par la pratique tout ce qui touche à la création artistique en direction de l’enfance et des familles : quelles formes, quelles techniques, quels contenus, quels publics, quelles médiations ?

A l’heure où partout se développent des activités de ce type, pourquoi ne pas faire de Paris à la fois la vitrine internationale et le centre expérimental de ces activités tournées vers l’enfance, dans tous les domaines artistiques : arts plastiques, cinéma, musique, danse, théâtre, littérature, marionnettes, cirque, nouvelles technologies… J’en passe !

On imagine tout ce qu’un tel projet pourrait mobiliser comme créativité, mais également comme publics, à la fois de proximité et plus largement de la capitale, de la région et d’ailleurs…

On imagine les commandes faites aux artistes, les aides à la création, les manifestations originales autour de ce thème…

On imagine tout le travail possible avec les étudiants, les enseignants, les éducateurs, les parents, sur l’indispensable médiation qu’ils pourraient y exercer…

On imagine combien les dimensions scolaire, sociale, éducative, viendrait se mêler aux préoccupations artistiques…

On imagine les stages et ateliers de formation, indispensables aux jeunes enseignants et aux animateurs des centres de loisirs, réalisés avec les artistes eux-mêmes…

On imagine une « télévision du 104 » réalisée par les enfants eux-mêmes, devenus à la fois journalistes et réalisateurs, fonctionnant en permanence sur Internet…

On imagine le Festival International de l’Enfant Spectateur et Acteur (FIESTA !) qui marquerait au « 104 » un temps fort biennal…

On imagine…

 

De l’audace Monsieur Delanoë, de l’audace Monsieur Girard…

 

Aujourd'hui l’Etat prétend faire de « l’éducation artistique et culturelle » une priorité nationale sans faire preuve du moindre esprit créatif, se réfugiant principalement dans un « enseignement de l’histoire des arts » qui a toutes les chances de démobiliser une grande part des enseignants et des enfants. La Ville de Paris  ne pourrait-elle  se montrer véritablement inventive, ambitieuse, tournée vers l’avenir, soucieuse de la construction culturelle de l'enfance et de la jeunesse ?


  Il faut faire du « 104 »

la Cité des arts et de l’enfance !

 

 

A tous ceux qui partagent ce projet, nous proposons de signer et de faire signer ici ce message .

Dès que nous aurons atteint les 104 signatures, nous l'adresserons  au Maire de Paris et à son adjoint à la culture.

A vos claviers ! Le débat est ouvert. Vos commentaires sont bienvenus.


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