POUR LE THÉÂTRE ET LA DANSE à l'Université

Publié le par JGC

Loizo n'est pas très actif dans la signature des pétitions sur Internet. Celle-ci me touche et m'intéresse car, ayant participé à la mise en place du premier Institut d'Etudes théâtrales de Paris III, j'en connais la richesse et la nécessité. Je signe donc ! Et vous ?

 

PÉTITION
 POUR LA RECONNAISSANCE DU THÉÂTRE ET DE LA DANSE DANS LA NOMENCLATURE NATIONALE DES DIPLÔMES

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) envisage de supprimer de la liste des diplômes de master la mention « Théâtre » et la spécialité « Danse », proposées par de nombreuses universités, au profit d’intitulés très généraux : « Arts du spectacle » ou « Arts de la scène et du spectacle vivant ». Des mentions aussi vagues porteraient préjudice aux études et recherches concernées. Elles rendraient illisible le contenu disciplinaire de ces formations. En licence, la formule « Arts du spectacle » englobe ensemble le cinéma et les arts de la scène, tandis qu'en master, « Cinéma et audiovisuel » bénéficient d'une mention indépendante. Le théâtre et la danse seraient ainsi dissous alors qu’ils se distinguent clairement – à l’instar de la musique – dans les métiers et les secteurs relevant du spectacle vivant.

Cette confusion ferait fi de l’étendue d’un tel domaine, qui représente environ 250.000 emplois et six milliards d’euros de chiffre d’affaires (sans compter les activités connexes) selon une étude récente,[1] et joue un rôle essentiel pour la vitalité de nos cités et le dynamisme de nos territoires. Elle constituerait un signe de dédain de l’État envers les savoirs théoriques et pratiques bien spécifiques que requièrent les différents métiers du théâtre, de la danse et des autres arts de la scène, au moment où de solides partenariats entre universités, écoles supérieures d'art dramatique, écoles supérieures de danse, conservatoires et autres institutions du spectacle vivant, mais aussi entre formations universitaires et enseignement secondaire, attestent la pertinence pédagogique et les débouchés professionnels de nos cursus, en dialogue avec le ministère de la Culture et de la Communication.

L’ignorance de la spécificité de nos disciplines, incompréhensible à ce niveau élevé de diplôme, occulterait en outre l’ampleur et la qualité des travaux scientifiques qui, depuis une cinquantaine d’années, ont établi sur des bases solides la particularité de ces arts, tenant à la présence vivante des interprètes et à leur relation réflexive avec les spectateurs. Leur identité doit être reconnue pour qu’ils puissent échanger ensemble, ainsi qu’avec les autres arts.

Le souci de conférer davantage de cohérence et de lisibilité à l’offre publique d’enseignement supérieur, que nous partageons, ne saurait conduire à l’écrasement de spécialités clairement identifiées dans la plupart des systèmes universitaires du monde actuel (Theater Studies & Dance Studies, Theaterwissenschaft & Tanzwissenschaft…), où les études théâtrales et chorégraphiques françaises jouissent d’un prestige incontesté. L’administration ne saurait faire la sourde oreille à ces arguments, dûment exposés dans le cadre d’une procédure de concertation. Elle ne peut nier l’existence, les acquis et les nécessités de filières patiemment construites, correspondant à la réalité effective de deux champs artistiques et scientifiques qui ont conquis leur autonomie, par rapport à la littérature comme vis-à-vis de la musique. Le théâtre n’est pas la danse et c’est pour cela que ces arts peuvent dialoguer. Chaque grande discipline des Arts mérite la reconnaissance d’un diplôme à l’instar de celles du Droit (qui admet plus d’une vingtaine de mentions différentes), tout comme les Études de genre au sein des Sciences sociales, ou l’Éthique et l’Esthétique en Philosophie.

C’est pourquoi nous, chercheurs et enseignants, artistes et praticiens de la scène ou du plateau, responsables institutionnels, étudiants et diplômés de ces disciplines, exigeons l’inscription de deux masters distincts « Théâtre et arts de la scène » et « Danse » dans la nomenclature nationale des diplômes, au même titre que « Musicologie », « Arts plastiques »,  « Patrimoine et musées », « Cinéma et audiovisuel», « Audiovisuel, médias interactifs numériques, jeux », « Création numérique », « Industries culturelles », « Design » ou « Mode », qui y figurent déjà.

UNE PÉTITION SERA LANCÉE SUR LE SITE  petition.publique.fr DEMAIN SAMEDI 14 DÉCEMBRE, DATE À PARTIR DE LAQUELLE IL RESTERA TROIS JOURS AVANT LE VOTE DE LA NOMENCLATURE DES DIPLÔMES AU CNESER.

Merci pour votre soutien.

 

Premiers signataires
Isabelle Ginot et Isabelle Launay, professeures, Mahalia Lassibile, Sylviane Pagès, Julie Perrin, Christine Roquet, maîtres de conférences au Département Danse de l’université Paris 8 Saint-Denis.
Catherine Naugrette (présidente de la 18e section Arts du CNU), Catherine Treilhou-Balaudé, Sylvie Chalaye, Arnaud Rykner (dramaturge et romancier), professeurs, et Daniel Urrutiaguer,  maître de conférences HDR à l’Institut d’études théâtrales de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle.
Jean-Louis Besson, Christian Biet (IUF), Marielle Silhouette, professeurs, et Tiphaine Karsenti, Sabine Quiriconi, Charlotte Bouteille-Meister, David Lescot (auteur et metteur en scène), Christophe Triau (dramaturge), maîtres de conférences en études théâtrales à l’Université Paris Ouest Nanterre ; Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l’université Paris Ouest Nanterre.
Mathilde Monnier, chorégraphe, directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier.

Publié dans COUPS DE GUEULE

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