Libertés publiques?

Publié le par JGC

Nous vivons, c'est le moins que l'on puisse dire, une drôle d'époque ! L'autoritarisme remplace l'autorité, le populisme tient lieu de populaire, et les voix cherchent leurs voies... Internet permet d'entendre, ici et là, ce qui ne se dit pas ailleurs. Dernière livraison, les lettres ci-dessous qui circulent aujourd'hui. Témoignages d'une enseignante de Saint-Lô, l'autre d'Angers. A diffuser sans modération.



1/ A Saint Lô
"Bonjour, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, notre cher président est venu nous rendre visite à Saint-Lô. Je faisais parti des enseignants qui ont profité de sa venue pour lui signifier notre désaccord quant à la suppression des RASED. Les intentions des manifestants étaient pour le moins pacifiques mais celles de M. Sarkosy un peu moins. Ce qui s'est passé ce lundi est tout simplement scandaleux . Je vous transmet une lettre écrite par une collègue également présente lundi et qui résume bien la situation. Libre à vous de la lire ou non. Je confirme que tout ce qui est dit dans ce courrier est vrai, j'y ai moi-même assisté, et je peux vous dire que la lacrymo, ça pique!!! Petit détail manquant dans la lettre: les médias accusent les manifestants d'avoir cassé une vitrine, ce sont en fait les CRS qui l' ont cassée en voulant frapper un jeune lycéen. Voilà, bonne lecture. "
 Julien
 
"Bonjour à tous.   Je tenais à vous signaler plusieurs faits alarmants dont vous devez déjà être au courant. J'ai bien reçu la lettre de l'enseignante de l'école Calmette et Guérin.....Et beaucoup d'autres personnes aussi, car elle a déjà eu des soucis suite à ses écrits !!! Il serait bon de s'assurer que ces suites ne la desservent pas !!!! si cela n'est pas déjà fait !   D'autre part, les enfants de la classe "choisie" pour recevoir la visite de M. Sarkozy a reçu depuis une semaine les visites du préfet, de la police, etc. On leur a demandé d'apprendre à se lever convenablement en posant la main droite sur leur bureau... Et en disant « Bonjour M. le Président » !!!! Un membre de ma famille fait partie de cette classe... De plus, comme vous le stipulait la lettre de l'enseignante, des travaux demandés depuis des mois, ont été réalisés très rapidement en une semaine... Mais uniquement sur le « chemin » très balisé de M. le Président !!!!! Ma soeur, dont l'enfant était scolarisé dans cette école, n'a pas pu se mettre derrière la barrière de l'école pour l'arrivée du président. Elle a été bloquée en bas de l'immeuble attenant à l'école et n'a pas pu faire trois pas vers l'école. Elle a aussi voulu faire descendre une banderole, avec les habitants du quartier et parents d'élèves  le long de l'immeuble ; et les CRS ont demandé à une voisine quelques étages plus bas de la couper !  De plus, la commissaire de police est venue saisir violemment ma soeur par le bras, pour l'empêcher de siffler ! Ce dernier avait ordonné de ne pas voir de manifestants sur son chemin !   Arrivés à 8 h 30... nous nous sommes dirigés vers le boulevard de la Marne où nous attendaient CRS, gendarmes mobiles bottés et casqués et camion anti émeutes ! Impossibilité de passer alors que des accords avaient été conclus avec la préfecture sur le déroulement de la journée, et tout a été systématiquement bafoué !!!!!!!!! 500 CRS !!!! A défaut de nous voir, il nous a entendus !!!!!! Je tenais à signaler l'aspect très violent des forces de l'ordre, qui affichent partout au sein de leurs locaux qu'ils sont présents afin d'assurer notre sécurité avant tout ! En effet, place de la Licorne, une personne âgée a été bousculée par les CRS sous les yeux de lycéens qui se sont empressés de la secourir !!! Les CRS sont passés en bousculant tout le monde, y compris femmes et enfants, alors qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter et aucune manifestation de violence, sauf la leur ! Un enseignant qui parlait avec les lycéens afin de les calmer face à l'agressivité des CRS s'est fait matraquer en se retournant... Tout mouvement d'une personne étant considéré comme dan gereux ?????????!!!!!!!!   Je suis sidérée, choquée ! Jamais auparavant, je n'ai assisté à une telle vague d'extrémisme ! C'est très important que nos jeunes, qui sont restés calmes et respectueux, aient été présents ! Témoins ! Vous rendez vous compte que deux d'entre eux se sont faits mettre à terre, puis embarquer au commissariat de police alors qu'ils n'avaient rien fait !!!! Tout cela est très inquiétant et nous constatons, encore une fois, que M. le président fait ce qu'il veut ! La mobilisation doit être très importante, et au sein de tous les corps de métiers ! Nous nous devons de protéger nos enfants de cette montée en puissance de la dictature sarkozienne !!!! Et lorsque le peuple est dans la rue, M. le Président peut mettre 500 CRS pour l'empêcher de manifester, il est là et manifeste !!!! C'est un de nos droits qui a été bafoué hier ! Comme beaucoup d'autres actuellement ! Y compris le droit à l'éducation pour nos enfants ! Je signale, pour en terminer avec ce courrier, que des groupes ont été constitués sur le net, afin de repérer les personnes « dérangeantes »pour le gouvernement ,et surveiller leurs conversations et mails. Les derniers mots du président lors de son discours à Saint-Lô : « N'ayez pas peur du changement, n'ayez pas peur de la crise, n'ayez pas peur de l'avenir » !!!!! Commentaires de M. Digard dan s le Ouest-France du13 janvier : « C'était un honneur pour la ville d'accueillir le premier personnage de l'état. Mais c'est de la très haute tension... Quant aux manifestations, je reconnais que l'on puisse ne pas être d'accord et l'exprimer, mais dan s le respect de la fonction incarnée par le président de la république ». Nous sommes restés respectueux, mais notre droit à la manifestation n'a pas été respecté ! Nous voulons une égalité dans l'enseignement et les moyens nécessaires afin d'atteindre les objectifs espérés.   Combien a coûté ce déplacement de M. Sarkozy ? Quant au déploiement des forces de l'ordre... Cet argent dépensé pourrait aider tant d'écoles, de collèges et lycées !!!   Voilà ce que je tenais à écrire après être allée manifester hier ! Nous sommes beaucoup à être en état de choc...   Je diffuse ce mail à tout mon carnet d'adresses, Faites pareil avec les vôtres car tous ces faits sont des atteintes à la liberté et aux droits de l'homme !"   Isabelle L.

Note : Le préfet et le directeur de la police ont été sancionnés. Sans doute pour excès de zèle !

2/ A Angers
Bonjour,
je vous transmets ce courriel d'une de mes amies, enseignante au lycée J.Moulin, et dont le mari a été victime hier d'agression policière injustifiée à Angers, pendant la manifestation.
Vous verrez, on avance, on avance ...    Sylvie

"Le 29 janvier 2009.
 Ce jour décidé jour de grève nationale est aussi le jour où notre famille a pris conscience que la violence policière peut concerner chacun d’entre nous.
 Ce jour là j’ai rendez vous à dix heures trente avec mon cher et tendre place Leclerc à Angers pour manifester. Je l’attends avec nos trois enfants. Il ne nous a jamais rejoints.
Nos appels sur son téléphone portable restent vains. Je m’inquiète, mon homme est  quelqu’un de fiable sur qui je peux toujours compter et il a très envie de manifester.  A 12h45 j’apprends par un coup de téléphone de ma mère que Bernard est placé en garde à vue. Le motif « refus d’obtempérer, rébellion et incitation à l’émeute ».
Je n’ai pas le droit d’en savoir plus, je n’ai pas le droit de le voir ni de lui parler. Je ne connais pas non plus les circonstances de son arrestation. Je suis atterrée. Pour moi, la garde vue  renvoie à une situation criminelle tout au moins à une mise en danger d’autrui.
Je cherche  ce qu’il a pu faire. J’imagine alors qu’il a refusé de montrer ses papiers, comme il l’a fait une fois, en soutien aux sans papiers. Ce geste m’étonne car il savait que nous l’attendions mais je me raccroche à cela.
 A 17h00. Bernard est libéré, sonné par le six heures passées dans une cellule, il se rend avec deux heures de retard sur son lieu de travail. C’est donc à 22h00 que j’apprends la vérité vraie. Et elle fait froid dans le dos.
 Les faits
 A dix heures 40 Bernard cherche toujours une place pour garer sa 405. Les manifestants sont très nombreux et empiètent sur la chaussée. Est-ce ce nombre qui effraie les gendarmes ? Bernard dans une file de voitures  commence à s’engager rue du Mail. Il est arrêté par un policier qui tapant sur sa vitre lui demande à quelle vitesse il roule. « Je suis en première, donc à 20 km/h » répond le futur criminel. « C’est trop, vous ne devez pas dépasser 10 Km/ heure. » Bernard répond alors qu’il ne lui semble pas aller trop vite, qu’il cherche une place pour se garer et rejoindre à la manifestation sa femme et ses enfants. Le policier demande à voir les papiers du véhicule. Bernard présente la carte verte et explique qu’il a oublié la carte grise chez lui. Le policier annonce alors un contrôle approfondi du véhicule et lui désigne une place à l’opposé de l’endroit où il se tient. C’est en braquant les roues et en repassant la première que tout dérape. Notre voiture, une antiquité imprévisible, émet un hoquet qui projette le véhicule en avant. Personne n’est blessé ni même touché. Il s’agit juste d’une évidente erreur de manœuvre ( ce que reconnaîtra ultérieurement le policier le plus proche )
 Ce hoquet provoque alors des faits incroyables. Un policier se rue sur la voiture, ouvre violemment la portière et entreprend avec six autres  comparses d’extraire manu militari Bernard de la voiture. Celui-ci paniqué s’accroche à son volant. Il est sorti de la voiture, jeté à terre, maintenu sur le bitume un genou dans les côtes, pendant qu’un autre policier lui tire le bras vers l’arrière et le menotte. Bernard essaie d’appeler à l’aide en disant «  Ne les laissez pas faire cela ». Un policier pour le faire taire, lui enfonce deux doigts dans la bouche. Une jeune fille ose intervenir. Elle est immédiatement appelée à circuler. Bernard est placé dans un fourgon. Quand il demande s’il était besoin de se mettre à sept pour le faire sortir de la voiture, s’il était besoin de le jeter à terre, on lui répond qu’il est grand et fort ( cela fait-il de lui un animal ? ) Quand il demande à ce qu’on lui desserre les menottes qui le blessent, on lui dit qu’il n’a qu’à le demander gentiment. Bernard refuse de supplier, il se fait traiter d’imbécile et garde ses menottes qui lui cisaillent le poignet et entrave sa circulation. Après un alcootest et test de présence de cannabis ( négatifs évidemment ) il est emmené au poste et mis en garde à vue.
Il passe six heures dans une cellule. Il est fouillé, on lui prend ses effets personnels, on relève ses empreintes, on le photographie. Il voit un médecin et un avocat. Ceux-ci l’écoutent et lui disent qu’il est victime de ce qu’ils appellent dans leur jargon  « susceptibilités policières ». Apparemment, c’est de plus en plus fréquent. A 15h45, il est auditionné par un officier de police judiciaire qui en réfère ensuite au procureur qui lui-même décide de la remise en liberté de Bernard et d’une convocation judiciaire pour le 13 avril. Vraisemblablement pour un rappel à la loi.
  Nous sommes très choqués par ce qui vient de se passer. Bernard peut toujours à peine bouger les doigts de la main droite. Il a mal aux côtes. Il fera constater ses douleurs par un médecin tout à l’heure. Mais surtout il estime qu’il a été victime d’un abus de pouvoir. Il compte porter plainte pour cela et aussi pour préjudice moral.
Comme beaucoup d’entre vous on tire souvent le diable par la queue en fin de mois, alors si vous connaissez un avocat, altruiste aux honoraires peu élevés, faites-le nous connaître…on va avoir besoin d’un coup de main !
Surtout, n’hésitez pas à faire passer ce texte à vos connaissances. Il faut que l’on sache que de telles situations se multiplient aujourd’hui. Pour vous en convaincre, lisez sur Wikipédia le dernier paragraphe de l’article sur la garde à vue. C’est édifiant.
J’aurais adoré épouser Robin des Bois, Jesse James, Che Guevara. Peut-être d’ailleurs que Bernard a un peu de tous ces personnages en lui… mais en attendant, ce jour-là il était surtout un simple citoyen conducteur d’une vieille voiture, ayant oublié sa carte grise.
Vous admettrez en lisant ces faits qu’on se demande d’où vient le chef d’accusation que je rappelle pour conclure ce billet «  Refus d’obtempérer, rébellion, incitation à l’émeute ».
 Bien à vous "                         Estelle.

Publié dans COUPS DE GUEULE

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Sacha 01/02/2009 12:41

Bonjour,Je m'appelle Sacha, je suis un ancien Adjoint de sécurité de la police national, 3.5 ans de service, j'ai démissionné en 2005. Contraint et dégouté.Racisme, sexisme, laxisme.
J'ai voulu dénoncer des faits horribles d'injustice, de sonner la sonnette d'alarme. J'ai heurté un mur, naïf est celui qui pense changer les choses de l'intérieur.Depuis j'ai monté ma boite, chaque jour plus puissant, j’attends le jour ou j'aurai le droit à ma petite vengeance. Aujourd'hui ma START up me fait entrée dans endroit inespéré.  Un jour arrivera ou la police, peut instruite, devra rendre des comptes à la justice. Et laisser les vrai policier faire leur job ! Car il y en a….Si tu veux qu'on en parle Bernard pour soulager ta peine et t'expliqué qu’ il  a eu bien pire que toi, je suis à ta disposition, pour un bon café,Cordialement,Sacha el7wardi@yahoo.fr

Jean-Claude Lallias 31/01/2009 23:39

Des témoignages de ces durcissements arrivent de partout (y compris de l'interne des administrations). Je diffuse à des amis  qui se sentent concernés.JCL 

Février 31/01/2009 22:13

Ce genre de situation est arrivé à bien d'autres " gentlemens " non cambrioleurs. Si je vous dis cela, c'est parce que j'ai subi des déboires passablement identiques en 2005. Je ne vous résumerais pas les détails quoique très instructifs;  simplement, je mets en garde ces personnes de veiller à ce que les cconséquences de ces " mises au trou" ne se terminent pas, dans un an ou plus, par une condamnation par le tribunal de police ou de proximité  ?. Dans mon cas tout avait été régularisé le lendemain après paiement d'une contravention de 135 euros, cela n'a pas empêché le juge de proximité de me condamner 14 mois plus tard, pour ce même dysfonctionnement, ne me laissant même pas la possibilité de contester le motif pour cause de délai dépassé !.Au téléphone et après envoi d'un courrier explicite, ce juge de proximité tombait des nues et il ma incité à contester, même hors délais. J'en ai pris mon partie et j'ai réglé ma seconde amende, car en temps que contribuable, je ne voulais aggraver le budget de l'Etat.Voilà pourquoi, je n'ai plus confiance dans notre police nationale.zen49