Vendredi 5 septembre 2008
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Les artistes dans les casernes.
L’art et la guerre ne font pas bon ménage. Et pourtant… Voici quelques semaines, le gouvernement annonçait une réforme d’ampleur des armées françaises : réduction considérable des sites militaires,
fermetures de nombreuses casernes, au grand dam de certaines villes pour lesquelles l’armée représentait une part importante de la vie locale. Aujourd’hui même, le ministère de la Défense nationale
et celui de Universités viennent de s’accorder pour que les lieux ainsi libérés puissent servir au logement d’étudiants. Bravo ! Mais pourquoi seulement eux ? N’y aurait pas mieux à faire encore de
ces nombreux espaces désormais libres et non affectés, en les confiant par exemple aux innombrables artistes de ce pays qui cherchent des espaces de travail, de répétition, de création ? Combien
sont-ils ces musiciens, ces plasticiens, ces compagnies théâtrales ou chorégraphiques qui ne trouvent pas d’espaces suffisamment adaptés à leurs recherches, à leurs créations ? Et les publics, ne
trouveraient-ils pas là des lieux nouveaux, vivants, inventifs, qu’ils pourraient eux aussi, à l’occasion, investir. Il y eut un précédent célèbre : la Cartoucherie de Vincennes investie par le
Théâtre du Soleil, L’Aquarium, la Tempête, Caroline Carlson… est devenue en quelques années un lieu marquant de la vie artistique. Et combien de friches industrielles, partout en Europe, ont permis
des aventures originales, créatives, innovantes, telle cette « Belle de Mai » à Marseille, phare des « Nouveaux territoires de l’art ». Il ne s’agit pas d’investissements extraordinaires, mais
d’ouvrir des espaces de liberté et de création. Une chance rare ! A l’heure ou l’on s’interroge sur l’évolution de la vie et des politiques culturelles dans notre pays, ou tant d’artistes
travaillent dans des conditions souvent misérables, Madame la ministre de la culture, ne ratez pas cette occasion exceptionnelle. Ce que vient de faire votre collègue des Universités, la Culture
doit pouvoir le faire. Aux armes !
PS : Ce texte a été publié dans le journal Libération du 17 septembre 2008, pages Rebonds. Merci Libé
!
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Publié dans : COUPS DE GUEULE