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Nouveau et exceptionnel :
15 ans de cabaret
22 sketchs et un entretien
Réalisation : Jean-Gabriel Carasso

Vient de paraître :

undefinedJean-Gabriel Carasso
art, culture et éducation
au coeur d'une passion

90 minutes d'entretien
avec Emile Lansman


"Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?
 
(Manifeste pour une politique de l'éducation artistique et culturelle)
Editions de l'attribut. 2005


"Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat...
peut en cacher deux autres !
Editions Lansman. 2000



"Graines de théâtre"
Dessins de Jean Denys Phillipe
Editions Lansman. 1998



"Philippe Avron, passeur d'humanité"
un documentaire de 85' et trois spectacles
co-réalisation avec Jac Chambrier
Philippe Avron 2007



"Les Deux voyages de Jacques Lecoq"
Trois heures d'images sur l'école internationale Jacques lecoq
co-réalisation avec Jean-Noel Roy
On Line Productions et CNDP/Scéren 2007



"100 ans de laïcité"
Interviews, images d'archives, cabaret...
co-réalisation avec Alain Braun
La Ligue de l'enseignement 2005




Mardi 26 septembre 2006
Le site bien connu "Chapitre.com" se targue de proposer au lecteur/client "l'introuvable à prix imbattable!".
De très nombreux livres y sont aujourd'hui vendus. Curieux, je cherche donc mon ouvrage "Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture" sur le site et découvre, oh stupéfaction !, qu'il s'y trouve effectivement, vendu comme livre d'occasion à ... 2O€. Or le prix de vente du livre neuf est de 12€ (frais d'envoi inclus chez l'éditeur). A y regarder de près, il semble que ce soit une pratique courante...
L'affaire devrait être portée en justice au plus vite. Le livre n'est pas introuvable, mais le prix est effectivement "imbattable", on peut difficilement faire... plus cher !
Restons attentifs !
JGC
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Jeudi 14 septembre 2006
Pièce en un acte


L’Ignare :
Je ne sais rien. Rien de rien. Rien du tout.
Dites-moi, messieurs, lequel d’entre vous pourrait m’expliquer ce qu’est la culture ?

L’Instruit :
Moi ! Je sais. Puisque je suis instruit. J’ai de l’instruction, du savoir.
Donc, je sais. La Culture, c’est…

Le Cultivé :
Non ! Tu ne peux pas savoir. Tu n’est qu’instruit et non cultivé.
Comment peux-tu parler de culture, toi qui n’as que de l’instruction ?

L’Instruit :    
Mais, je sais, puisque j’ai appris. La Culture, c’est…

Le Cultivé :    
Tu pourrais accumuler tous les savoirs du monde, devenir une encyclopédie ambulante, rien n’y ferait. Et quand bien même pourrais-tu nous expliquer magistralement ce qu’est
la Culture, tu n’en serais pas, pour autant, cultivé. Il existe une différence fondamentale entre l’instruction et la culture. N’est-ce pas ?

L’Ignare :
Je ne sais pas. Qu’en penses-tu, l’Erudit ?

L’Erudit :    
Je pense qu’il a raison.
Moi qui suis à la fois instruit et cultivé, je crois pouvoir discerner la différence.

L’Ignare :
Je ne sais pas moi, mais si tu peux discerner… tu dois pouvoir expliquer. Pas vrai ?

L’Erudit :
Je peux essayer ! Disons que l’instruction, c’est l’accumulation d’une masse de connaissances, de savoirs, pratiques ou théoriques, plutôt objectifs ; on peut décrire, expliquer, traduire ce savoir.

L’Ignare :
Par exemple : il y a des gens qui savent qui fut Chopin, ce qu’est la mine, l’Armagnac, le Vercors… Ceux-là sont-ils instruits ou cultivés ?

L’Erudit :
Ça dépend ! S’ils n’ont qu’une connaissance limitée de ces éléments, superficielle, livresque, on pourrait dire effectivement qu’ils ne sont qu’instruits.

L’Instruit :
C’est vrai ! Moi je sais, j’ai appris ça…
 
L’Erudit :
Par contre, s’ils entretiennent avec ces éléments un rapport de connaissance très intime, à la fois objectif et subjectif, alors cela fera partie de leur culture. Comme l’eau et la terre servent à faire pousser la plante, Chopin pour monsieur Arnaud, la mine pour monsieur Hurstel, l’Armagnac pour monsieur Tiry ou le Vercors pour monsieur Gilman auront servi à les faire pousser, eux.
Ce sont des éléments constitutifs de leur personnalité. Ils entretiennent avec eux une relation culturelle.

Le Cultivé :
C’est vrai ! La Culture ce n’est pas la connaissance, c’est le rapport que l’on a à cette connaissance. Considère, par exemple, la Tour Eiffel. Tout le monde (ou presque) la connaît. Mais le rapport culturel que l’on entretient avec elle est très différent selon que l’on est un enfant parisien, un Emir Saoudien, un Maire de Paris, un paysan africain… ou Gustave Eiffel.

L’Ignare  :
Ça me paraît censé ! Mais alors, moi qui ne sais rien, qui ne suis pas instruit, j’ai quand même une culture ? Ne serait-ce qu’avec la Tour Eiffel ?

Le Cultivé :
Bien sûr ! Même si tu ne le voulais pas, tu serais obligé d’être cultivé.
Tout le monde entretient avec ce qu’il connaît une relation culturelle.

L’Instruit :
J’ai appris ! On appelle ça une sub-culture.

Le Cultivé :
Ah bon ! C’est nouveau ?

L’Ignare  :
Mais alors, à quoi sert de s’instruire ? de se cultiver ?
Et qu’est-ce que ça veut dire, au juste ?

L’Erudit :
S’instruire, c’est élargir le champ de ses connaissances.
Ça peut servir pour comprendre le monde… et pour le transformer.
Se cultiver, c’est élargir le champ de sa propre culture.
Ça peut toujours servir pour se comprendre soi-même… et pour se transformer.

Le Cultivé :
Mais il ne faut pas confondre, comme cela arrive souvent.

L’Ignare  :
Et toi, l’Erudit, pourquoi t’appelle-t-on comme cela ?
Parce que tu es à la fois instruit et cultivé ? C’est cela ?

L’Erudit :
Oui… et non !
Regarde le paysan africain. Il a sa propre culture, sa relation au monde, aux objets, aux symboles, à la musique… De même, l’intelligensia parisienne possède son champ culturel particulier et sa relation spécifique à ce champ. Dans le village africain comme dans la jungle de Paris, il y a des gens cultivés.

Le Cultivé :
Moi, par exemple !

L’Erudit :
Mais à Paris, il y a aussi quelques personnes qui, en plus de connaître leur propre culture, connaissent également celle de l’Afrique. Ce sont les érudits. L’Erudit est celui qui connaît la culture des autres, d’autres pays, d’autres peuples, d’autres temps. Il faut bien sûr des moyens d’information (ça coûte cher !) pour cela. Le paysan africain pourrait aussi bien être Erudit s’il en avait les moyens. Tous les individus, tous les groupes, tous les peuples sont cultivés, mais certains individus, certains groupes, certains peuples seulement sont érudits, parce qu’ils ont plus de moyens.

L’Ignare  :
Moi, je regarde plein de feuilletons américains à la télé, j’écoute plein de musique anglaise… Alors je suis érudit également ? Je connais la culture des autres…

L’Erudit :
L’Instruit :
Le Cultivé :
 (ensemble)      Non ! ! !

L’Ignare :
Je ne comprends plus rien !

L’Erudit :
On a eu tort de hurler. Ça dépend !
Connaître la production artistique d’autres peuples, ce peut être une très bonne chose… à condition que cette connaissance soit authentique, approfondie, critique. En ce sens, la musique ou le cinéma américain peuvent être très enrichissants (Le Ministre de la Culture l’a dit, alors !)
Par contre si l’on t’impose à haute dose, comme cela se fait parfois, une grande quantité de produits étrangers médiocres pour te faire croire qu’il s’agit-là de ta propre culture, alors tu ne seras pas érudit, seulement abruti. Tu vois la différence ?

L’Ignare  :
Je ne suis pas abruti . Je sais très bien que ces feuilletons sont débiles… n’empêche qu’ils m’intéressent et parfois me passionnent. Alors, que faire ?

Le Cultivé :
Le savoir !

L’Instruit :
Comme disait monsieur Belleville « le mode d’appropriation de la culture, ou de la sub-culture… » Je ne sais plus très bien. Je vais relire mes notes !

L’Erudit :
Que faire ? Agir peut-être ? Demande aux spécialistes de l’Action culturelle.
Ils doivent savoir, eux !

(Silence lourd. Brume)
Rideau

J G C
Avignon Paris 1985
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Jeudi 14 septembre 2006
Pièce en un acte

Le Candide :
Je ne sais rien. Rien du tout. Rien de rien.
Lequel d’entre vous pourrait me dire ce qu’il est et du Théâtre et de l’Education ?

L’Artiste :
Simple. Le Théâtre est en crise.

L’Enseignant :
Très simple. L’Education est en crise.

Le Candide :
Mais encore ?

L’Artiste :
Le théâtre perd son public. Une enquête du ministère de la Culture indique que 12% seulement de la population française assiste régulièrement à des représentations théâtrales. De plus, ce public vieillit…

L’Enseignant :
Le système éducatif est inadapté. Echec scolaire, illettrisme… Tout le monde s’accorde à dire qu’à l’aube du XXIè siècle ce système doit évoluer.

Le Candide :
Mais alors, que pouvez-vous faire ?

L’Artiste :
Trouver de nouveaux publics. Informer, sensibiliser, initier la jeunesse. Le rôle de l’Ecole est fondamental.

L’Enseignant :
Ouvrir, aérer, innover… une des dimensions essentielles pour cela, c’est l’art et la culture. Donc aussi le Théâtre.

Le Candide :
Mais alors, pourquoi ne mène-t-on pas une politique plus dynamique du théâtre dans l’éducation ?

L’Artiste :
Voilà une bonne question !

L’Enseignant :
Voilà une bonne question !

Le Candide :
Il faudrait que ce soit une politique globale, associant à la fois la création et la diffusion de spectacles, les pratiques théâtrales à l’Ecole et la formation de tous les partenaires pour que ce travail soit de qualité. N’est-ce pas ?


L’Artiste et L’Enseignant :
Es-tu vraiment aussi candide qu’on le dit ?


(Rideau)


JGC
in « Assises nationales théâtre et éducation »

Propositions en trois actes et neuf tableaux
ANRAT. 18 juin 1988
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Jeudi 14 septembre 2006
Pièce en un acte

L’Ignare :
Je ne sais rien. Rien du tout. Rien de rien.
Dites-moi, messieurs, lequel d’entre vous pourrait m’expliquer ce que c’est qu’un « projet »?

Le Professionnel :
Moi ! Je peux. Je suis un professionnel du projet.
Combien me payes-tu ?

L’Ignare :
Heu ! ! !

Le Militant :
C’est un scandale. Se faire payer pour expliquer quelque chose à un ignare.
Tu n’as pas honte ?

Le Professionnel :
Pas du tout. Je suis un professionnel, c’est tout. C’est simple, c’est clair.
Nous ne sommes plus au temps où…

Le Militant :
Moi, je suis militant, je vais lui expliquer. Et gratuitement, en plus !
Le « projet », vois-tu…

Le Missionnaire :
C’est absurde. Pourquoi vous battre entre militant et professionnel, alors que ma fonction à moi, consiste précisément à résoudre ce genre de problème ?

Les trois autres :
Ah…bon ?

Le Missionnaire :
Bien entendu ! je suis payé par mon institution pour cela. Je n’ai pas à gagner de l’argent pour expliquer, ni à la faire bénévolement. Expliquer, c’est une « mission »

Le Professionnel :
Es-tu seulement compétent pour cela ?

Le Missionnaire :
Evidemment, puisque c’est mon travail.

Le Militant :
Ce travail a-t-il seulement un sens ?

Le Missionnaire :
Bien entendu, puisque c’est une mission !

L’Ignare :
Si je comprends bien, tu es à la fois militant et professionnel ?

Le Missionnaire :
En quelque sorte !

L’Ignare :
Alors, explique. Vas-y !

Le Professionnel :
Un « projet », vois-tu, au sens institutionnel du terme, c’est un « dossier » (en trois exemplaires au moins), qui explique le « quoi », le « comment » et surtout le « combien ». Il faut dire aussi le « où » et « avec qui ». Enfin, si tu mets quelques images, c’est mieux .

Le Militant :
Technocrate ! C’est un scandale ! Un projet, c’est avant tout le « pourquoi » ; c’est d’abord un objectif, un désir, une volonté, une conscience ; le reste ne sont que des conséquences, secondaires.

Le Professionnel :
Naïf ! Bien entendu « l’objectif » est important, mais un projet c’est essentiellement le « comment ». Des objectifs, il en existe des milliers, tout le monde peut avoir des désirs, des volontés… Le problème est de savoir quels « moyens » mettre en œuvre pour y parvenir. Ça, c’est l’affaire du professionnel !

L’Ignare :
Il me semble percevoir quelques contradictions entre vous !

Le Militant :
Bien entendu !

Le Professionnel :
Absolument !

Le Missionnaire :
 Pas du tout !

L’Ignare :
Comment ça ?

Le Missionnaire :
Il n’y a aucune contradiction entre le « pourquoi » et le « comment », pas plus qu’entre le « comment » et le « combien », ni entre le militant et le professionnel. Il n’y a que des « tensions »(sic). Tu comprends la différence ?

L’Ignare :
Pas vraiment !

Le Missionnaire :
C’est simple : la contradiction signifierait une opposition définitive entre les deux termes, un rejet absolu de l’un par l’autre. Or, tous les projets ont à la fois un sens et une structure. N’est-ce pas ?

Le Militant :
C’est vrai. Mon action doit être organisée, sinon…

Le Professionnel :
Il a raison. Mon organisation doit avoir un sens, sinon…

L’Ignare :
Mais alors, où est la contradiction ? Où sont les différences ?

Le Militant :
Le Professionnel :
(ensemble)    Heu..! La différence ? C’est quand il exagère.

Le Militant :
Le Professionnel :
(ensemble)    Qui exagère ?

Le Militant :
Le Professionnel :
(ensemble)    Toi !.

Le Missionnaire :
C’est pourtant simple : la contradiction c’est quand ils exagèrent tous les deux. Quand le « pourquoi » du militant oublie le « comment », quand « l’organisation » du professionnel oublie le « sens » du projet. Tu comprends ?

L’Ignare :
Bien sur, je comprends. Tu me prends pour un ignare ? Ça s’appelle la dialectique, c’est élémentaire ! Si je résume : un « projet » qu’ils soit militant ou professionnel, c’est avant tout un objectif, avec un sens et des moyens pour le mettre en œuvre. C’est ça ?

Le Militant :
 Exactement !

Le Professionnel :
A peu près !

L’Ignare :
Qu’est-ce qui manque encore ?

Le Professionnel :
En termes professionnels, un « projet » ne fonctionnera que s’il est assorti d’un « échéancier » (quand ça commence, mais aussi quand ça se termine !) et de moyens d’évaluation indispensables. Pas vrai ?

Le Missionnaire :
Heu.. ! C’est que… chez nous… les échéanciers, les évaluations… on en parle quelques fois
Mais dans la pratique …

L’Ignare :
J’ai compris ! Chaque fois que j’aurai ce type de question, il faudra que je vous interroge tous les trois, pour avoir enfin une réponse complète !

Le Militant :
Le Professionnel :
Le Missionnaire :
(ensemble)    Heu.. ! ben… oui ! Remarque, ce ne sera pas trop difficile, puisque nous sommes la même personne !

(Silence, brume)
Rideau


JGC
Avignon Paris 1985
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Mercredi 13 septembre 2006
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Mardi 12 septembre 2006
"Les Deux voyages de Jacques Lecoq"

Un film réalisé par Jean Noël Roy et Jean-Gabriel Carasso
pour ARTE en 1999, va revivre en DVD avec 1h30 d'images complémentaires (leçons, entretiens et témoignages...)
grâce à la coproduction réalisée par le Scéren CNDP et On Line Productions.
















Sous-titres anglais, italiens, espagnols, portugais


Sorti en octobre 2006
Diffusion éducative dans les réseaux du Scéren CNDP
et ICI
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