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Nouveau et exceptionnel :
15 ans de cabaret
22 sketchs et un entretien
Réalisation : Jean-Gabriel Carasso

Vient de paraître :

undefinedJean-Gabriel Carasso
art, culture et éducation
au coeur d'une passion

90 minutes d'entretien
avec Emile Lansman


"Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?
 
(Manifeste pour une politique de l'éducation artistique et culturelle)
Editions de l'attribut. 2005


"Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat...
peut en cacher deux autres !
Editions Lansman. 2000



"Graines de théâtre"
Dessins de Jean Denys Phillipe
Editions Lansman. 1998



"Philippe Avron, passeur d'humanité"
un documentaire de 85' et trois spectacles
co-réalisation avec Jac Chambrier
Philippe Avron 2007



"Les Deux voyages de Jacques Lecoq"
Trois heures d'images sur l'école internationale Jacques lecoq
co-réalisation avec Jean-Noel Roy
On Line Productions et CNDP/Scéren 2007



"100 ans de laïcité"
Interviews, images d'archives, cabaret...
co-réalisation avec Alain Braun
La Ligue de l'enseignement 2005




Lundi 25 février 2008
Vous ne verrez plus la video du Président de la République au Salon de l'agriculture, sur le Youtube.
Elle a été retirée du serveur "à la demande d'une tierce personne pour atteinte au droit d'auteur".
Il y avait donc un auteur ? Pour ceux qui ont raté l'épisode, cela ressemblait un peu à ça :OscarCotillard.jpg
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Lundi 25 février 2008
Il rêvait, pour l'éternité, d'être celui qui a réformé la fonction présidentielle.
Il restera le grand artisan d'une rupture mal maîtrisée.
Il rêvait d'une totale "proximité" avec le peuple qui l'a élu.
Cette "proximité" est totalement approximative.
Il est maintenant prisonnier de lui-même.
SarkoAgricole.jpg
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Vendredi 22 février 2008
Difficile, en ces temps troublés, de critiquer la politique culturelle de notre pays, puisqu'elle est déjà attaquée de  partout.. Et pourtant, le débat public est indispensable. Je vous livre donc ces quelques réflexions de "Doc. Kasimir Bisou,", Jean-Michel Lucas, maître de conférence à l'Université de Rennes, ancien directeur régional des affaires culturelles, grand spécialistes des musiques actuelles.
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Dimanche 17 février 2008
SHOAH-jewish_family.GIFDepuis quelques jours, le débat fait rage autour de l'initiative douteuse du Président décidant de faire porter à chaque enfant de CM2 la mémoire d'un enfant juif déporté. Au coeur de ce débat, me parvient ce texte d'Anne-Marie Garat que je propose à votre réflexion.

"Tout enfant de CM2 adoptera un enfant juif sacrifié par la folie humaine. Pédagogues, psychologues, historiens, les experts s’alarment à juste titre de la dernière trouvaille présidentielle. C’est en tant qu’écrivain que cette initiative me choque : elle fait froid dans le dos. De l’Histoire, et de l’imaginaire.
Dans cette affaire, c’est toute la question de la réalité du Mal et de sa transmission à l’enfant qui est posée. Question politique et morale. Je ne crois aucun sujet inaccessible à l’enfant. Le tenir à l’écart du monde, lui éviter horreurs et souffrances relève d’un projet apparemment louable, pourtant une utopie sentimentale qui le condamne à l’infantilisation permanente, lui interdit accès à l’expérience sensible et à la connaissance tragique. Je pose que l’instrument qui élève l’enfant à la connaissance des réalités, toutes, est l’art. Le détour de l’art est la voie majeure par laquelle le monde se représente à nous, se présente une nouvelle fois sous les espèces de sa répétition sublime. Il offre la scène sur laquelle le monde dénonce sa réalité et, pour ce qui est de celle du Mal, y renverse en appropriation positive son pouvoir anéantissant. J’ai tenté de le montrer par la lecture du Petit Chaperon rouge, le plus abominable, le plus atroce des contes, et comme le prototype des récits du Mal. La fiction de l’horreur ne la domestique pas, ne l’exorcise ni ne la nie, mais la transcende en langage. Par les oeuvres de la littérature, du cinéma ou du théâtre, l’enfant –l’homme – établit la distance de contemplation et d’appréhension qui lui donne espace et temps pour construire du sens, en délibérer et armer sa conscience.
Par le pouvoir magique du langage, sous les aspects de la feinte (même étymologie que fiction) le lecteur entre en une région où les personnages sont foule à configurer en lui des solidarités imaginaires, non assignées au réel mais rapportables à lui. Ulysse et Hamlet, Don Quichotte, Jean Valjean, Frankenstein, Cosette ou Lord Jim s’érigent en nous, fantômes substitués au réel et opérateurs de notre rapport au monde. Loin de nous en écarter, ils nous y ramènent et le réfléchissent. Tout enfant incline à la compagnie mentale d’un autre que lui, facteur fabuleux de son identité problématique, et de sa jeune humanité en devenir. Il s’y emploie, dès la toute enfance visité par les images et les contes, les récits de famille, et ceux de la littérature, dont la foule structure son imaginaire, sa pensée. C’est une des hautes fonctions de l’¦uvre d’art que de produire ces êtres immatériels, d’en faire les instances invisibles de l’intelligence collective. Toute une vie ensuite, nous fréquentons ces singulières et universelles créatures qui, par l’artifice de l’art, doublent le monde de présences amies ou adverses, qui tourmentent et enchantent, proprement bouleversent le sujet en l’expatriant vers l’Autre, multiplient son aptitude à migrer vers des virtualités humaines et à s’adopter en elles.
Y compris à leur horreur. Et cela inclut le récit de vie, ou l’autobiographie dont, par pacte avec le lecteur, l’écrivain s’institue le témoin et garant d’une expérience existentielle. Si Primo Levi, Antelme ou Anne Franck instruisent une connaissance, c’est que leur acte de langage les autorise, à tous les sens du terme. Leur récit porte voix, unique, individuée, il articule le sens et l’approprie
Par quelle bouche d’ombre parlera l’enfant juif assassiné à la conscience de l’enfant de CM2 ?
Faire adopter un enfant mort par un autre enfant, lui en faire devoir, c’est le rendre comptable d’une charge immense, accablante ; d’autant que ce fantôme a son âge, qu’il est son semblable en petitesse et impouvoir ; imprégnation victimaire terrifiante et à quelle fin, sinon l’assujettir à sa perte, irréparable. Entreprise négative et destructrice, désespérante. Aucun personnage de fiction n’engage une telle colonisation de l’imaginaire, n’assigne à telles responsabilité et culpabilité. Qui ne rachètent ni n’exonèrent de rien, l’historien le sait. L’écrivain le sait. La fiction délivre, elle déploie ses virtualités ; avec elle, contre elle, s’invente une liberté. Greffer à une conscience enfantine cette figure de martyr que sa mort sanctifie, que l’ignominie des hommes sacralise pour mémoire, y annexer cet agneau sacrificiel par décret d’Etat et autorité d’école publique, cela relève du crime intellectuel et moral. Comment accueillir en soi la présence tutélaire d’un être qui existe en Histoire, et non en fiction, sans voix ni parole propre ? Dans cette région intime où s’ébauche la personne enfantine, ce dictat d’identification a quelque chose de totalitaire.
Tout est possible, promettait le candidat. Tout est impossible. Tout est d’un tel absolu qu’il enferme en soi son contraire et s’anéantit. Dans cette pensée totalisatrice, il ne reste aucune place pour enfoncer le coin de la spéculation théorique, du doute critique, ni celui de la pratique empirique. Tout absolutise le réel pour mieux le révoquer, convoque la totalité pour mieux l’absenter. Que la réalité soit partielle, contingente, accidentelle et lacunaire, qu’elle advienne en des formes interrogatives soumises sans cesse à l’exception et à la révision, cette formule terrible l’exclut, dans un déni redoutable.
Donnerons-nous quitus à Nicolas Sarkosy pour éduquer nos enfants ?"
Anne-Marie Garat
Ecrivain
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Jeudi 7 février 2008
- Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

- Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue.
Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan.
Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci :
Habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises.
Fausses clés bien faites.
Tout est là.
Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue.
Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

- Derrière cette folle ambition personnelle, décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?

- Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Ce sont des envies de dictateur.
La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise.
On se demande : comment a-t-il fait ?
On décompose l'aventure et l'aventurier. On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses :
La ruse et l'argent.
Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair.
Voilà un succès.

- Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

- Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte.
Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités.
Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en
moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux !
On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte.
Une foule de dévouements intrépides assiègent l'Élysée et se groupent autour de l'homme.
C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin.
On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.

- Et la liberté de la presse dans tout ça ?

- (Totor pouffe de rire, ndlr) Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ?
N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ?
Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

Victor Hugo, Napoléon le Petit, extraits du pamphlet républicain contre Napoléon III.
VictorHugo.jpg
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