«Transcrit du London Times»
Près du England 's Bristol Zoo existe un parc de stationnement pour 150 voitures et 8 autocars. Pendant 25 ans, le paiement du parking était effectué à un sympathique monsieur.
Les prix étaient de 1.40 € pour les voitures et de 7.00 € pour les autocars.
Un jour, après 25 ans de bons et loyaux services, sans défection, le petit monsieur n'est pas venu.
L'administration du Zoo, a donc appelé la mairie et a demandé qu'elle envoie un autre employé.
La mairie a effectué une petite enquête et a déclaré que le stationnement était à la charge du Zoo.
A quoi le Zoo a rétorqué que le quidam était un employé municipal.
La mairie a affirmé qu'il s'agissait d'une erreur car cette personne n'a jamais fait partie de son personnel et qu'elle ne lui versait aucun salaire.
Pendant ce temps, quelque part au soleil, dans sa belle villa, il y a un homme qui, apparemment, avait installé son propre dispositif de paiement de parking et s'est pointé tous les jours, pendant
25 ans, pour percevoir le prix des stationnements des visiteurs du Zoo...
Il a travaillé 7 jours par semaine et a ramassé la coquette somme de 560 € par jour... ce qui, au bout de 25 ans, lui a assuré environ 7 millions d'Euros pour sa retraite personnelle.
Et personne ne connaît son nom !
Elle n'est pas belle, la vie ? Inutile de recourir au pôle emploi : faites preuve d'imagination !
« La culture, ce sont des lettres plus que des chiffres, des émotions et non des statistiques. »
…
« En 2010 comme en tout temps la culture n’est pas là pour nous «divertir», c’est une vigie fidèle qui nous prémunit de tout ce qui
peut porter atteinte à notre humanité et qui nous aide à nous élever. »
…
« (dans le domaine de l’éducation artistique) , rien ne vaut la fréquentation directe des oeuvres et des créateurs : tout le
territoire devra être couvert par des conventions entre les écoles et les lieux de culture d’ici la fin 2010…
Avec 2500 Lycées en France, imaginez ce que cela représente … comme publics potentiels pour demain. Il y a de magnifiques expositions.
Prenons Soulages à Beaubourg : ce n’est pas extravagant que cette exposition soit filmée et montrée libre de droit à tous les lycéens de France, dont tous ne peuvent pas venir à Beaubourg.
L’opéra : chacun sait ce que coûte une place d’opéra et quel est l’équilibre difficile d’une production. Lorsque l’on monte une grande production à l’opéra Garnier, à Bastille, ce serait
formidable qu’elle soit diffusée dans les 2500 lycées de France! Les films, aussi : on ne fera pas concurrence aux salles de cinéma en permettant aux lycéens de voir dans leurs établissements les
films. On crée un public. Il en va de même pour les théâtres. Allons chercher le public, n’attendons pas qu’il vienne! Donnons à tous la chance de rencontrer ces œuvres ! Cet objectif, nous
devons l’atteindre dès 2010 : je souhaite que tous les lycées aient les structures physiques pour accueillir ces programmes. Les ministres de l’éducation nationale et de la culture s’entendront
pour gérer la question des droits. Rendez-vous compte de tout ce que l’on peut réaliser si l’Education nationale se met au service de la culture !
Il reste à traiter l’éducation par la pratique artistique. C’est le chantier qui a le moins progressé, c’est donc celui qui doit mobiliser
tous les efforts des ministres de la culture et de l’éducation nationale en 2010, avec une règle simple que je fixe en prenant l’exemple de la musique. L’école doit offrir à tous les élèves une
initiation musicale dès le plus jeune âge, en animant des chorales, des orchestres... Les conservatoires et écoles de musique doivent prendre le relais de l’éducation nationale et offrir partout
un enseignement de qualité : c’est par cet effort conjugué que nous pourrons former les artistes et les publics de demain.
…
« Je sais que la culture n’est pas un champ à moissonner ni une forêt à mettre en coupe réglée, c’est une jungle foisonnante et un
écosystème dont nous devons entretenir la vitalité, la variété et la non conformité. »
Mon ami Philippe Merieu est candidat aux prochaines
élections régionales en Rhône-Alpes, en tant que tête de liste d'Europe Ecologie.
Il nous livre quelques explications sur le sens de ce nouvel engagement. Ce texte me semble faire écho à bien des préoccupations actuelles. Le voici...
« L’histoire fait quelquefois des cadeaux, mais jamais de sentiment. (…)
Et pourtant, je ne puis me retirer de l’idée que se préparent en sourdine des rendez-vous fabuleux avec de nouvelles vagues de générosité et d’inventivité collectives, avec une volonté inédite
des opprimés à sortir d’eux-mêmes, pour endiguer les politiques mortifères des pouvoirs en place et pour réorienter les finalités de l’activité économique et sociale dans des voies plus humaines,
moins absurdes. (…)
Alors donc : je confirme et je signe.
Je refuse d’infléchir mes positions antérieures pour les adapter au goût du jour. (…)
Qu’est-ce qui a conduit la gauche à laisser perdre une telle chance, peut-être unique dans l’histoire des cinquante dernières années, de réformer en profondeur une société capitaliste développée,
pour y renouveler les formes d’expression démocratique, pour y expérimenter à grande échelle des pratiques sociales émancipatrices, pour y accroître largement les espaces de liberté ? Qu’est-ce
qui les a retenus de solliciter, de toutes les couches vivantes qui la composent, une réflexion collective sur les modalités de production, sur les changements à apporter à la vie urbaine, à la
communication, à notre rapport au monde et à la nature ? »
Félix Guattari, 1985
(Les Années d’hiver, réédition, Paris,
Les prairies ordinaires, 2009).
Voilà qui est fait ! J’ai franchi le pas et décidé de me présenter aux élections régionales de mars 2010 en Rhône-Alpes, comme tête de
liste pour Europe Écologie.
Cette décision s’inscrit, bien sûr, dans un contexte politique particulier : après avoir vécu plusieurs « alternances », je fais partie des Français qui ont été
enthousiasmés par la poussée d’Europe Écologie aux élections européennes.
A gauche, évidemment !
D’aucune manière, pourtant, je n’ai jamais pensé que « la gauche et la droite, c’était la même chose ! » Je n’ai jamais cru, non plus, qu’il fallait nous mettre en quête d’une hypothétique voie
médiane. « Ni droite, ni gauche » n’a jamais été mon credo ! Je sais, en effet, le poids de l’histoire et je reste fidèle aux valeurs qui, depuis mes premiers engagements, m’ont fait toujours
militer et voter « à gauche ». J’assume l’héritage du mouvement ouvrier et je sais que c’est lui qui a porté et fait avancer les valeurs de justice et de solidarité. Je ne renie rien de la
filiation qui, de Jaurès à Blum et à Mendès-France, a pris « le parti de l’humain » contre toutes les formes d’oppression et d’aliénation.
J’ai pris ma part, depuis trente ans, dans le travail qu’a fait la gauche française pour tenter de construire des institutions plus démocratiques et plus justes, en particulier - mais pas
seulement – dans le service public d’éducation. J’ai apporté loyalement mon soutien aux hommes et aux femmes qui incarnaient pour moi, à un moment donné, l’espérance d’un monde meilleur. J’ai
combattu fermement tout ce qui me semblait atteindre gravement à « l’humaine condition » : la réduction de la personne et de son travail à une marchandise ou à un chiffre, l’idéologie du maillon
faible et toutes les formes de ségrégation et d’exclusion, l’exaltation de la concurrence et la totémisation de la loi de la jungle, la crétinisation médiatique et la démagogie populiste, les
tentations de contrôle et de maîtrise des comportements humains à travers toutes les camisoles possibles.
Chaque fois et tout au long de mes combats, j’ai tenté de prendre le parti du « bien commun » contre la déferlante des intérêts particuliers. Un temps, j’ai cru que le « bien commun » devait
s’imposer à tous, naturellement, comme une évidence partagée. Mais j’ai perçu très vite que nul ne pouvait aujourd’hui s’en prétendre détenteur. Car le principal défi ne notre temps consiste
justement à articuler la démocratie et la construction de ce « bien commun »… En effet, tant que le « bien commun » était défini, sans discussion possible, par les monarques, les clercs ou les
commissaires politiques, nos sociétés pouvaient se donner une cohérence à bon compte : les individus, dès qu’ils s’exprimaient en tant que tels et sortaient du rang, étaient des hérétiques, des
dissidents ou des contestataires. Leur parole était combattue et éradiquée d’une manière ou d’une autre. Mais, avec la modernité, l’individu a émergé, porteur d’une revendication majeure :
décider lui-même de son histoire personnelle, faire ses propres choix, récuser toute forme d’emprise sur lui. Comme le dit Marcel Gauchet, nous sommes devenus « métaphysiquement démocrates »
et nous refusons légitimement qu’on nous impose une conception théocratique de notre bien propre comme du « bien commun ».
Dès lors, un danger menace : l’éclatement de tout collectif sous la force des individualités « libérées ». Danger qui nourrit toutes les formes de reprise en main autoritaristes comme toutes
les formes de repliement sur les intégrismes religieux. Danger d’un individualisme triomphant associé à une contention psychique et physique, judiciaire et policière, scolaire et médicale,
économique et sociale, médiatique et religieuse… Contre un tel danger – dont l’actualité quotidienne démontre à quel point il est à nos portes – il ne nous reste qu’une hypothèse : réarticuler le
« bien commun » et la démocratie. Se donner les moyens de définir ensemble le « bien commun ».
C’est dans cette entreprise que réside, j’en suis certain, l’avenir de la gauche dans ce qu’elle a de meilleur, quand elle associe une foi inébranlable dans les hommes et les femmes et un refus
entêté que ce soit les rapports de force qui régissent les agencements collectifs… de la famille à l’État et à la planète, de l’école à l’entreprise et à toutes les collectivités territoriales.
La question proprement politique du vingt-et-unième siècle est là : « comment construire ensemble du bien commun ? ». Défi démocratique. Défi écologique. (...)
Invité sur ALIGRE FM par la journaliste Véronique Soulé dans son émission Ecoute il y a un Eléphant dans le Jardin, j'ai eu le plaisir d'évoquer longuement le projet du "104" à Paris et quelques réflexions sur
l'art, la culture, l'éducation artistique.
Miracle de la technique, vous pouvez entendre (ou réentendre) quelques extraits de cette émission en cliquant ci-dessous :
Nous avons évoqué plusieurs fois la loi HADOPI et le débat sur le téléchargement.
Anne Roumanoff est revenue à sa manière sur le sujet il y a quelques jours, sur Europe 1.
Elle appelle le ministère de la culture !!! Franche rigolade ! Cliquez sur l'image
A l'heure où les charters partent pour Kaboul, faut bien rire un peu !
La semaine dernière, j'ai causé dans le poste !
C'était sur France Musique pour l'émission
"Les enfants de la musique",
entretien avec Dominique Boutel.
Voila ce que ça donne ! 4 minutes. France Musique 12-12-09
Hier 9 décembre, journée nationale de la laïcité, débat public à la Mairie du XXè arrondissement à Paris. 150 à 200 personnes venues entendre divers orateurs sur le thème de la laïcité, fondement
de la République. Interventions de bonne tenue et puis débat avec la salle… Et là, ça se gâte ! Tout arrive : les mosquées qui débordent de fidèles dans les rues, les mères musulmanes
qui accompagnent les sorties scolaires avec un voile sur la tête, la demande faite aux enseignants de ne pas faire de contrôles les jours de fêtes religieuses… Les uns réclament une laïcité quasi
intégriste : hors de toute préoccupation religieuse, quelle qu’elle soit. Les autres en appellent à tenir compte de la réalité des religions : après tout, les vacances scolaires sont
bien organisées autour des fêtes religieuses catholiques…
Le débat devient totalement affectif, émotif, agressif, baignant dans l’atmosphère délétère de confusion provoquée par les discours du Président de la République sur l’importance du fait
religieux, par le vote suisse sur les minarets, par le débat lancé sur l’identité nationale…
J’avoue n’avoir jamais connu une telle atmosphère de sous-entendus haineux, de rejet de l’autre, de confusion et d’exclusion. Gare !
Les idées nauséabondes que l’extrême droite a développées depuis plusieurs décennies sont en train de devenir sinon majoritaires du moins totalement « décomplexées ». Les responsables
politiques qui attisent ce débat de manière incontrôlée, irresponsable et manipulatrice, jouent avec le feu. Il se peut qu’un jour ils s’y brûlent eux-mêmes !
qui fait le tour du monde... Vaut mieux qu'un long discours !
Hier, une manifestation a été fortement réprimée à Téhéran
et pour la première fois me semble-t-il, aucun média n'était autorisé,
ni téléphone portable, ni internet.
Silence, on réprime !
Pour le 104
Lancée il y a une semaine sur ce blog, ma proposition pour faire du "104" à Paris une "Cité des arts et de
l'enfance" semble recueillir un écho très favorable. Plus de 200 signatures rapidement. A tous ceux qui le peuvent, je conseille de faire suivre et d'expliquer. Seule une mobilisation
conséquente me semble susceptible de pousser à un véritable débat public sur cette question. A vos claviers ! A vos amis... Un page spécifique est consacrée à l'affaire désormais.
Coup de pub
Ne ratez pas, demain jeudi 26 novembre à 22h45 sur ARTE
Un très beau film consacré à l'aventure du Théâtre du Soleil et au parcours d'Ariane Mnouchkine. Le DVD sort illico !
Et le prochain spectacle en janvier.
Camus au Panthéon ?
C'est la dernière trouvaille de notre Président de la République : faire entrer Albert Camus au Panthéon. Le philosophe Michel Onfray lui adresse une lettre (au Président, pas à Camus!) cinglante
que je vous conseille vivement de lire. Cela commence comme ça :
"Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres
d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles :"Aux grands hommes, la patrie
reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce
boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.
De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux :
désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons
philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le
maoïsme.
Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les
guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.
Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain,
l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce
jour du prix Nobel ?...
Les directeurs du « 104 » à Paris, lieu emblématique de la politique culturelle de la ville, viennent de jeter l’éponge en ne demandant pas le
renouvellement de leur mandat. Ils estimaient avoir besoin, en plus des 8 millions d’euro injectés par la Ville, de 2 millions d’euro supplémentaires pour mener à bien leur projet. Compte tenu
des baisses de recette de la municipalité, dues en grande partie à l’effondrement du marché immobilier, (est-ce la seule raison?) celle-ci s’est refusée à toute augmentation et n’en prévoit pas
en 2010. Exit donc les directeurs, et avec eux un projet qui ne semble n’avoir jamais trouvé sa place véritable dans cet endroit particulièrement difficile à faire vivre.
J’étais pour ma part fort dubitatif, depuis le départ de ce projet, sur la mise en place de cette structure imposante, forcément budgétivore, tiraillée entre la
recherche d’une modernité artistique internationale, une implantation plus que difficile dans son environnement territorial, et la nécessité de trouver des ressources commerciales indispensables
pour faire fonctionner la machine. A vouloir trop en faire, le risque était grand, bien entendu, d’aller dans le mur. Nous y sommes !
A vrai dire, je ne pensais pas que cela irait aussi vite, mais la crise est venue révéler plus rapidement ce qui se cache en général par des augmentations
régulières de subventions : l’inadaptation d’une structure et d’un projet aux réalités sociales et économiques d’un territoire. Pas la peine d’être grand clerc pour avoir imaginé une telle
issue. Je sais que nous sommes nombreux à l’avoir prédit.
Et maintenant ?
Deux options principales s’offrent aux décideurs.
La première sera de rechercher au plus vite (s’il n’est déjà choisi !) un nouveau directeur du lieu, qui soit un gestionnaire, sorte de grand intendant qui aura
pour mission de ne pas réclamer d’augmentation de budget et de faire au mieux avec les moyens du bord. Il conservera à l’évidence une part d’action artistique et de travail culturel, sans
laquelle tout cela n’aurait plus aucun sens, mais il sera condamné à valoriser l’espace par la multiplication des locations et autres événements de toute nature – cela a déjà commencé - qui
permettront de conforter autant le budget général que l’image de la structure. Rien de neuf dans ce paysage ! On fera naviguer le navire par petit vent…
Nous en suggérons une seconde, plus improbable mais tellement plus excitante, qui serait de prendre acte de la fausse route empruntée par ce premier projet et
d’en imaginer une autre, radicalement différente mais fondamentalement indispensable pour Paris : créer un véritable lieu artistique et culturel majeur
tourné vers l’enfance et la jeunesse, l'offrir à la population parisienne, tout en lui donnant une dimension nationale et internationale.
Plusieurs projets de ce type ont existé :
Ce fut un temps la proposition de Jack Lang d’un « Théâtre national des enfants », qui resta éphémère.
Ce fut ensuite l’idée envisagée pour le Théâtre de la Gaieté Lyrique, qui s’est embourbée dans un projet infaisable et jamais terminé.
Ce fut également l’idée proposée pour la reconversion du Palais de Porte Dorée, lorsqu’il fut question d’en finir avec le Musée des Arts Africains et
Océaniens : en faire un « Beaubourg de l’enfance », lieu de création artistique, de diffusion culturelle et de formation des éducateurs, à deux pas du Bois de Vincennes, du zoo et
de l’Aquarium si fréquenté par les familles. En vain !
Ce fut enfin la proposition que nous avions portée pour le Théâtre du Rond-Point : en faire le « Carrefour des arts, carrefour des âges », lieu de
tous les arts de la scène en direction de l’enfance et des familles. Sans succès !
Aujourd’hui, avec le « 104 », une nouvelle opportunité se présente, qu’il faudrait saisir avec audace : réaliser à Paris
la « Cité des arts et de l’enfance », telle qu’elle n’existe nulle part au monde.
Consacrer l’ensemble des moyens, des énergies et des partenariats (ils seraient nombreux sur un tel projet) à interroger par la pratique tout ce qui touche à la
création artistique en direction de l’enfance et des familles : quelles formes, quelles techniques, quels contenus, quels publics, quelles médiations ?
A l’heure où partout se développent des activités de ce type, pourquoi ne pas faire de Paris à la fois la vitrine internationale et le centre expérimental de ces
activités tournées vers l’enfance, dans tous les domaines artistiques : arts plastiques, cinéma, musique, danse, théâtre, littérature, marionnettes, cirque, nouvelles technologies… J’en
passe !
On imagine tout ce qu’un tel projet pourrait mobiliser comme créativité, mais également comme publics, à la fois de proximité et plus largement de la capitale, de
la région et d’ailleurs…
On imagine les commandes faites aux artistes, les aides à la création, les manifestations originales autour de ce thème…
On imagine tout le travail possible avec les étudiants, les enseignants, les éducateurs, les parents, sur l’indispensable médiation qu’ils pourraient y
exercer…
On imagine combien les dimensions scolaire, sociale, éducative, viendrait se mêler aux préoccupations artistiques…
On imagine les stages et ateliers de formation, indispensables aux jeunes enseignants et aux animateurs des centres de loisirs, réalisés avec les artistes
eux-mêmes…
On imagine une « télévision du 104 » réalisée par les enfants eux-mêmes, devenus à la fois journalistes et réalisateurs, fonctionnant en permanence sur
Internet…
On imagine le Festival International de l’Enfant Spectateur et Acteur (FIESTA !) qui marquerait au « 104 » un temps fort biennal…
On imagine…
De l’audace Monsieur Delanoë, de l’audace Monsieur Girard…
Aujourd'hui l’Etat prétend faire de « l’éducation artistique et culturelle » une priorité nationale sans faire preuve du moindre esprit créatif, se réfugiant
principalement dans un « enseignement de l’histoire des arts » qui a toutes les chances de démobiliser une grande part des enseignants et des enfants. La Ville de Paris ne
pourrait-elle se montrer véritablement inventive, ambitieuse, tournée vers l’avenir, soucieuse de la construction culturelle de l'enfance et de la jeunesse ?
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