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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 21:31


Vu samedi dernier « Les Ephémères » du Théâtre du Soleil, entrée à 15h, sortie à 23h. Un spectacle déroutant, attachant, irritant, déprimant et pourtant fascinant… Des « tranches » de vie, souvenirs ravivés par las acteurs de moments traumatisants, émotions à vif. Difficile de parler de ce travail artistique complexe. Je m’interrogeais sur la manière de rassembler quelques arguments, de traiter du sens, du risque, de l’émotion, du jeu, de l’espace, de l’aventure majeure de ce Soleil qui n’en finit pas de briller… quand je suis tombé, ce matin, sur la « critique » du journal le Nouvel Observateur. Affligeante ! Et significative. La journaliste y raconte l’espace, le dispositif, les horaires, les entrées et sorties, la forme, la musique… pour conclure « C’est plus qu’un grand spectacle : un moment de vie, prenant comme le temps qui passe, l’instant qui s’évanouit. » Elle a aimé. Soit ! Mais encore ?

Qu’apprend-t-on de ce texte. Rien, en vérité. Une description et un bref jugement, mais encore ? A quoi sert la critique artistique ? Qu’en aurait dit, par exemple, Bernard Dort, qui fut un grand ami du Soleil et fin dramaturge ? Qui nous aidera, par le regard et le commentaire, à nous faire une idée plus claire de ce à quoi nous avons assisté ? Décidément, l’art de la critique artistique, théâtrale en particulier, se perd. Et c’est dommage, pour le théâtre lui-même.


En vérité, on confond allègrement la critique, le jugement et l’évaluation. Le jugement, chacun y est apte, il est de l’ordre de la subjectivité. J’aime, j’aime pas ! Ça me touche, ça me laisse indifférent, ça m’exaspère… La critique est plus difficile, il s’agit d’argumenter, de lire, de saisir, d’analyser, d’aider ceux-là même qui se sont exprimé à saisir ce qu’ils ont produit. Miroir de la pensée, la critique devrait être une véritable réflexion (le miroir aussi, réfléchit !) L’évaluation, enfin, devrait être un processus de co-réflexion entre l’intérieur et l’extérieur, entre les acteurs et ceux qui les entourent, pour tenter d’atteindre, dans un mouvement de débat dialectique, une part de vérité assumée par chacun. Rien à voir, on le comprend, avec les caricatures d’évaluation que l’on nous propose ici et là.


A ce propos, signaler la réflexion fort pertinente sur le sujet de l’évaluation des politiques culturelles, produite et rédigée par le Doc Kasimir Bisou. C’est le texte le plus clair que j’aie lu sur ce sujet et vous le recommande, pour peu que cette question de l’évaluation, (qui ne manquera d’encombrer tous les débats à venir), vous intéresse.
Il est ici.

PS : EP2C me signale le programme de José Bové, pour ceux qui le cherchent.
Il est écrit notamment:

"Changer la donne du partage des connaissances et des cultures. Mettre fin aux inégalités scolaires, ouvrir à toutes et à tous les arts et œuvres de l’esprit ; permettre à chacun-e de maîtriser toutes les technologies de communication ; développer une démocratie culturelle associant citoyens et professionnels ; promouvoir le principe d’exception culturelle pour tous les peuples, afin de protéger la diversité culturelle en la mettant à l’abri des règles du marché."

La suite est ici.


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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /2007 19:55
1/ Pour information : un nouveau "blog" culture/présidentiel est proposé, à l'initiative de la lettre d'information artistikrezo.
A peine ouvert, on y trouve déja le programme complet pour la culture... de la LCR.
C'est ici

C'est tout pour aujourd'hui !
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 22:14
Qui a dit ?

"Dans les semaines qui viennent, à l'approche d'échéances décisives pour notre pays, on va beaucoup parler de la France. Dans ce débat qui s'ouvre, il faut parler beaucoup de la culture.

Car la France ne serait sans aucun doute pas la France sans une grande ambition culturelle. Notre pays est riche d'un patrimoine exceptionnel, de grandes institutions artistiques, reconnues partout à l'étranger. Dans tous les domaines, il demeure un foyer vivant de création. Ce sont des atouts de premier ordre dans le monde d'aujourd'hui.

Un monde instable, complexe, où les destins des peuples se mêlent comme jamais. Un monde où le dialogue des cultures est une nécessité vitale, pour que les différences soient un facteur d'enrichissement et de progrès et non d'incompréhension et de conflit. Un dialogue renouvelé qui est indissociable de l'affirmation forte de nos valeurs et de notre culture.

Sachons donc les défendre. Soyons fiers de notre modèle, qui fait de la culture un grand enjeu politique, au sens le plus noble du terme. Sachons le faire vivre. C'est pour cela que la France a fait reconnaître dans l'enceinte de l'UNESCO le droit de chaque Nation à définir ses propres politiques culturelles. Un droit qu'il faut maintenant conforter, consolider, notamment en relevant tous les défis du numérique. Les enjeux sont immenses, et le combat toujours à livrer, pour que la culture ne soit pas abandonnée sans frein aux forces du marché..."

La réponse et la suite ici
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 11:05







Sur la question culturelle, Ségolène Royal
est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance .
Ils sont 30% à lui faire confiance, bien plus que pour Nicolas Sarkozy (16%) et François Bayrou (15%). Les autres candidats recueillent 2 ou 3 % de citations chacun. Le score de Nicolas Sarkozy sur cette question révèle un hiatus entre sa popularité politique et sa crédibilité en matière de politique culturelle, bien moindre.
La gauche bénéficie d'un avantage relatif par rapport à la droite sur la politique culturelle .
Cette confiance accordée à la candidate socialiste ne tient pas seulement à son appartenance politique puisque 57% des Français estiment que si la gauche était au pouvoir elle mènerait une politique culturelle ni meilleure ni moins bonne que celle de la droite, tout particulièrement les ouvriers (63%) et les plus jeunes (61% des 18-24 ans). Ils sont 29% à penser que la gauche ferait mieux que la droite (dont près d4un sympathisant socialiste sur deux, 47%) et 10% à juger qu'à l?inverse elle mènerait une politique culturelle moins bonne que celle de la droite.
Une majorité des Français (56%) estiment qu'à l'avenir le financement des activités culturelles et artistiques devrait êtrre développé sur fonds publics .
Plus précisément, ils sont 31% à souhaiter le développement du financement public par les collectivités locales et 25% du financement public par l'Etat. Le financement par le privé de l'art et de la culture n'est pas très populaire. Cependant cette opinion est très clivée politiquement. Si les Français dans leur ensemble sont 18% à estimer que c'est le moyen de financement à développer en priorité, les sympathisants de droite sont 25% de cet avis, plaçant ainsi les mécènes comme premier mode de financement à développer à l'avenir, devant les financements publics par l?Etat (23%) et par les collectivités locales (22%). L'autofinancement est quant à lui considéré comme le mode de financement d?avenir de la
culture pour 16% des Français.

Ce sont les premières conclusions du sondage BVA/Orange qui vient d'être publié sur la culture et les présidentielles.

Télécharger le sondage ici.

Enfin une base scientifique pour savoir de quoi nous parlons ! Prudence cependant : je pense souvent à ce statisticien qui, dit-on, s'est noyé dans une rivière qui faisait en moyenne... 10 cm de profondeur !

Pour ceux qui veulent en savoir plus : on annonce une rencontre parisienne sur le sujet avec Jean-Marie Cavada (écurie Bayrou), une autre avec la Ségolène... On se tient au courant !





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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 19:36
Dans un précédent article, j'évoquais la question du débat sur le non-débat concernant la place de la culture dans la campagne présidentielle. Depuis, le sujet fait l'objet de nombreuses tentatives pour ouvrir queques brèches et imposer cette thématique dans le débat public.
Notre ami EP2C suit l'affaire avec vigilance.
Il nous signale le site de "Culture critique 2007"qui traite de ce même sujet.











Aujourd'hui, nouvelle piste : le site proposé par la SACD "2007. Culture.org qui s'ouvre sur un entretien avec Jean-Claude Carrière et se propose de rassembler les propos et propositions des candidats sur le thème de la culture. Certains fiches demeurent désespérément vides...
"Qu'est-ce que la culture ? « L'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement » dit le petit Robert. Ce site permet de confronter les idées des différents candidats, de débattre du programme culturel, de s'exprimer sur ce sujet essentiel.  Il n'y a pas de démocratie sans culture. Il n'y a pas de culture démocratique sans une véritable volonté politique au plus haut niveau." (Sophie Deschamps - Présidente de la SACD)







L'image qui me vient est celle des dauphins qui suivent parfois les gros bateaux en sautant alentours, question de se signaler à l'équipage pour espérer quelques miettes du festin...
Nous sommes des dauphins !
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 11:25


A l’initiative des ministères de la culture et de l’éducation nationale se tenait au Centre Pompidou, du 10 au 12 janvier, un symposium européen et international sur le thème : «Evaluer les effets de l'éducation artistique et culturelle».

Plusieurs centaines de participants, chercheurs et acteurs de l’éducation artistique et culturelle, venus de 13 pays, étaient rassemblés à cette occasion.
Les traces ne manqueront pas pour ceux qui veulent en savoir plus…
Quelques impressions à chaud, non exhaustives.


1/ Une telle manifestation est un signe. 
Signe de l’avancée progressive de la prise de conscience que ce domaine mérite d’être développé. Signe que la question de l’évaluation (que l’on ne cesse de confondre avec la justification) est importante à la fois pour le domaine lui-même, et pour ceux qui en attendent toujours des preuves d’efficacité et d’efficience.
Signe aussi que le combat est (et restera) difficile pour faire admettre que la dimension sensible de l’éducation à l’art (et par l’art) devrait être un élément essentiel de notre système éducatif.

2/ Intrinsèque et/ou extrinsèque ?
Ce fut l’un des grands slogans de ces trois jours : l’éducation artistique et culturelle se suffit-elle à elle-même et/ou faut-il chercher sa justification dans d’autres effets sur les apprentissages, la vie en société, le civisme, etc ? Vieux débat qui appelle le recours urgent à la dialectique. Réponse : les deux mon capitaine ! Justifier l’éducation artistique et culturelle par ses seuls effets supposés sur l’apprentissage des mathématiques ou de l’histoire est aussi absurde que de ne pas observer l’évidente influence de ces pratiques (lorsqu’elles sont menées avec qualité !) sur le développement personnel et la relation générale au monde, donc aussi aux apprentissages…

3/ De quoi parle-t-on ?
Si j’en crois la diversité des situations exposées, les mêmes termes d’art et de culture  recouvrent une diversité considérable de pratiques et de conceptions. Je retiens cependant la convergence de plusieurs intervenants (américains, espagnol…) sur le principe de la trilogie : « percevoir, produire, réfléchir », ce que j’appelle « marcher sur les trois pieds ».
Mais de quel «art» parle-t-on ? De quelle «culture» ? Et de quelle «éducation» ? Ce débat reste à préciser, sans cesse…

4/ Un espace intermédiaire
J’ai été frappé par la réflexion sur l’Education artistique et culturelle comme «espace intermédiaire» entre le monde artistique et le monde éducatif. C’est en effet la seule manière, me semble-t-il, de comprendre ce que nous essayons de promouvoir, les uns et les autres, depuis tant d’années. Ni une discipline scolaire de plus, ni un travail de création véritable… Ni un enseignement, ni une production… mais un entre deux original et spécifique, qui seul permet à chacun de changer de posture (de rôle, de masque) pour se découvrir (au deux sens du terme).
On pense ici au travail de Winnicott sur le jeu (in Jeu et réalité / NRF ) et son concept d’«espace transitionnel» essentiel au développement de l’individu. L’éducation artistique et culturelle, en ce qu’elle implique de croisements entre art et éducation, enseignant et artiste, institution scolaire et structure culturelle, projet et programme, jeu et travail, sensibilité et raison… est fondamentalement un «espace intermédiaire», qui lui donne force et originalité.

5/ Qu’est-ce que la qualité ?
Autre débat essentiel, mais peu abordé : qu’est-ce que la qualité ? En art ? En éducation ? Donc en éducation artistique et culturelle ? S’agit-il de la qualité des œuvres (rencontrées ou produites) ? Qui en décide ? Sur quels critères ? Et/ou de la qualité des démarches éducatives, des processus de travail ? On pense ici à la question essentielle du « jugement » en art (Kant) et la fonction critique, si difficile à définir et à exercer.

6/ Le jugement et l’évaluation
En conséquence, la distinction entre art et culture devient plus nécessaire encore, s’agissant de l’évaluation. On pourrait avancer qu’au « jugement » en art, répond « l’évaluation » en matière culturelle. Qui peut prétendre évaluer Picasso, Mozart ou Kantor ? Qui peut juger d’une démarche éducative sans l’avoir vécue ?

7/ Et la politique dans tout ça ?
Il est intéressant d’observer comment les politiques, en France du moins, s’emparent progressivement de cette thématique, de manière parfois schizophrénique.
D’un côté, la langue de bois absolue, le discours sur la « relance » en même temps que le désintérêt et le désengagement manifeste… De l’autre, des signes divers de la prise en compte de la problématique : le décret sur le «socle commun des connaissances » a finalement retenu plusieurs réflexions sur ce thème ; un prochain séminaire interne aux deux ministères se chargera de mobiliser les cadres. La plupart des candidats évoquent, avec plus ou moins de précision, cette question… La vigilance s’impose, le pire n’est pas certain !

8/ Science et communication
Deux mots enfin sur le symposium lui-même : à la fois moment de recherche scientifique internationale et grand coup médiatique sur le sujet qui nous occupe. La encore, c’est « l’espace intermédiaire » qui est à la fois est frustrant et, dans le même temps, fait la force de l’entreprise.

Et le combat continue !
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