
no comment !

Passé le temps de la découverte, du plaisir d’écrire et
d’informer sur la « blogosphère », avouons que la plume (le clavier) se fait désormais plus paresseuse et que je délaisse trop longtemps mes fidèles lecteurs(trices). Mais suis-je
vraiment le seul ? Si j’en juge par la visite régulière que je porte à certains blogs amis (voir liste ci-contre), je constate une certaine flemme collective à l’expression, un rétrécissement de
l’écriture à quelques informations ponctuelles, plus ou moins personnelles… Que se passe-t-il ?
Sans doute une fatigue naturelle due à la banalisation de la chose, « trop de blogs tuent les blogs » ; un déplacement manifeste de la blogosphère vers les « rézosocios » et autres « facedebouc » - la jeunesse se retrouve avec gourmandise sur Facebook où je n’ai mis moi-même qu’un orteil, quand les politiques se contentent des quelques signes sur « Twitter »… Ce mode de communication est à la pensée ce que le grafiti est à la littérature ! Tout cela, avouons-le, signale une grande incertitude de la pensée et de la communication, un désenchantement de la grande démocratie verbale attendue sur le Net, un appauvrissement de la réflexion au profit du « buzz »… Le tout, sur fond de crise sociale, économique, politique, culturelle, dont ne perçoit guère les lendemains qui chantent !
Mais alors ? Que faire ? Poursuivre, obstinément, quelques axes de travail qui pourraient porter un jour quelques fruits… et qui nous font plaisir. Alors voilà, pour information à ceux qui s’en préoccupent un peu - et me le font savoir -, les pistes qui sont les miennes actuellement :
1/ J’accompagne Philippe Avron, "dernier acteur vilarien" selon Jack Ralite, dans la préparation de son prochain spectacle consacré en grande partie à Montaigne. Création officielle prévue au Festival d’Avignon, passages préliminaires à Bruxelles (10,11 et 12 mars), à Bourges (16 mars), à Dijon (27,28,29 mai)…On voyage, on regarde, on filme, on discute…
2/ Je recueille, avec mon ami Alain Braun, les témoignages d’anciens déportés et enfants cachés qui sont regroupés au sein du « Comité école de la rue Tlemcen » dans le XXè arrondissement à Paris, en vue de la réalisation d’un (ou plusieurs) DVD qui seront mis à la disposition des écoles et des enseignants qui souhaitent diffuser ces récits. Modeste contribution à la mémoire… en savoir plus sur www.comitetlemcen.com
3/ Je termine, avec mon ami Jean-Claude Lallias, la rédaction d’un livre d’entretiens avec et sur Jérôme Thomas, jongleur d’âme, qui paraîtra à l’automne dans la nouvelle collection « Quel cirque ? » coproduite par Actes Sud et le Centre national des Arts du Cirque. Voilà plusieurs années que je pensais utile de faire mieux connaître le travail et le parcours de cet artiste singulier. On y arrive…
4/ Je continue la bataille pour qu’existe un jour à Paris une structure et une politique culturelle et artistique digne de ce nom en direction de l’enfance et de la jeunesse. Pour cela, nous avons déposé récemment un projet collectif pour l’orientation du « Centquatre » dont la direction est en cours de renouvellement. Nous attendons la réponse à ce dossier soutenu par plus de 330 personnes… Wait and see ! En savoir plus sur www.pourle104.fr
5/ Enfin, je n’abandonne pas le travail de réflexion et de formation autour des questions de l’éducation artistique et culturelle. La demande se poursuit d’interventions diverses autour de ce thème à partir de mon livre "Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?" . Ce fut récemment à Bordeaux, à Paris pour l’association des directeurs de Conservatoires, à l’Université de Paris 8… Ce sera prochainement à l’IUFM de Laon, au Théâtre de Chaillot pour l’ONDA, à Amiens, Abbeville, Toulouse, Marseille…
Et d'autres projets germent tranquillement..
Bref, les occasions ne manquent pas de travail et de création…
Et vous ?
Dans le théâtre contemporain, il y a deux catégories : le Théâtre su Soleil… et le reste !
Dans ce reste, il y a bien entendu de bon spectacles, de beaux spectacles, des spectacles intelligents, réjouissants, étonnants… Mais voilà, rien qui ressemble, de près ou de loin, au travail du Théâtre su Soleil.
Une année complète de travail, trente comédiens sur le plateau, une énergie, une générosité, une pertinence du propos qui fait que chaque spectateur est invité à mettre en jeu ce qu’il(elle) a de plus intelligent et sensible.
Un conseil, ne ratez pas la nouvelle aventure qui commence : « Les naufragés du Fol Espoir », d’après Jules Verne.
Quatre heures de voyage et de traversée de l’espace – jusqu’aux îles lointaines - et du temps – celui des débuts du cinéma, notamment- dont on ressort la tête pleine d’images et d’émotions.
On trouvera sans doute ici ou là une difficulté, une longueur, une incertitude dans le propos, mais rien qui nous empêche de reconnaître, une fois, encore, l’une des aventures théâtrales les plus marquantes de ces quarante dernières années…
A ceux qui doute de la pertinence du théâtre à interroger le monde d’aujourd’hui, qu’ils se précipitent à la Cartoucherie !
Et ce qu'en dit un grand journal du soir
Ils sont de retour pour un mois, au Théâtre de l'Epée
de Bois. Inventifs, chaleureux, baroques et populaires...du 17 janvier au 28 février
Theâtre de l'Epée de Bois
Cartoucherie Paris 12ème
Billets €20 Plein Tarif
€15 Tarif reduit
€10 Tarif enfants/groupes
(moins de 12 ans/groupes de plus de 10 pers)
Horaires
Janvier
mercredi - samedi à 21h00; dimanche à 16h
Fevrier
mardi - samedi à 21h00; dimanche à 16h
Infos Pratiques
Métro Château de Vincennes
(puis bus 112 - arrêt Cartoucherie)
Location
l'Epée de Bois - 01 48 08 39 74
www.epeedebois.com
ou
FNAC, Carrefour, Virgin et
autre point de vente habituel
0 892 707 507 (0,34 E TTC/mn) www.fnac.com
Bar et restauration sur place
Belle soirée en perspecvtive !


« La culture, ce sont des lettres plus que des chiffres, des émotions et non des statistiques. »
…
« En 2010 comme en tout temps la culture n’est pas là pour nous «divertir», c’est une vigie fidèle qui nous prémunit de tout ce qui peut porter atteinte à notre humanité et qui nous aide à nous élever. »
…
« (dans le domaine de l’éducation artistique) , rien ne vaut la fréquentation directe des oeuvres et des créateurs : tout le territoire devra être couvert par des conventions entre les écoles et les lieux de culture d’ici la fin 2010…
Avec 2500 Lycées en France, imaginez ce que cela représente … comme publics potentiels pour demain. Il y a de magnifiques expositions. Prenons Soulages à Beaubourg : ce n’est pas extravagant que cette exposition soit filmée et montrée libre de droit à tous les lycéens de France, dont tous ne peuvent pas venir à Beaubourg. L’opéra : chacun sait ce que coûte une place d’opéra et quel est l’équilibre difficile d’une production. Lorsque l’on monte une grande production à l’opéra Garnier, à Bastille, ce serait formidable qu’elle soit diffusée dans les 2500 lycées de France! Les films, aussi : on ne fera pas concurrence aux salles de cinéma en permettant aux lycéens de voir dans leurs établissements les films. On crée un public. Il en va de même pour les théâtres. Allons chercher le public, n’attendons pas qu’il vienne! Donnons à tous la chance de rencontrer ces œuvres ! Cet objectif, nous devons l’atteindre dès 2010 : je souhaite que tous les lycées aient les structures physiques pour accueillir ces programmes. Les ministres de l’éducation nationale et de la culture s’entendront pour gérer la question des droits. Rendez-vous compte de tout ce que l’on peut réaliser si l’Education nationale se met au service de la culture !
Il reste à traiter l’éducation par la pratique artistique. C’est le chantier qui a le moins progressé, c’est donc celui qui doit mobiliser tous les efforts des ministres de la culture et de l’éducation nationale en 2010, avec une règle simple que je fixe en prenant l’exemple de la musique. L’école doit offrir à tous les élèves une initiation musicale dès le plus jeune âge, en animant des chorales, des orchestres... Les conservatoires et écoles de musique doivent prendre le relais de l’éducation nationale et offrir partout un enseignement de qualité : c’est par cet effort conjugué que nous pourrons former les artistes et les publics de demain.
…
« Je sais que la culture n’est pas un champ à moissonner ni une forêt à mettre en coupe réglée, c’est une jungle foisonnante et un écosystème dont nous devons entretenir la vitalité, la variété et la non conformité. »
Mon ami Philippe Merieu est candidat aux prochaines
élections régionales en Rhône-Alpes, en tant que tête de liste d'Europe Ecologie.
Il nous livre quelques explications sur le sens de ce nouvel engagement. Ce texte me semble faire écho à bien des préoccupations actuelles. Le voici...
« L’histoire fait quelquefois des cadeaux, mais jamais de sentiment. (…)
Et pourtant, je ne puis me retirer de l’idée que se préparent en sourdine des rendez-vous fabuleux avec de nouvelles vagues de générosité et d’inventivité collectives, avec une volonté inédite
des opprimés à sortir d’eux-mêmes, pour endiguer les politiques mortifères des pouvoirs en place et pour réorienter les finalités de l’activité économique et sociale dans des voies plus humaines,
moins absurdes. (…)
Alors donc : je confirme et je signe.
Je refuse d’infléchir mes positions antérieures pour les adapter au goût du jour. (…)
Qu’est-ce qui a conduit la gauche à laisser perdre une telle chance, peut-être unique dans l’histoire des cinquante dernières années, de réformer en profondeur une société capitaliste développée,
pour y renouveler les formes d’expression démocratique, pour y expérimenter à grande échelle des pratiques sociales émancipatrices, pour y accroître largement les espaces de liberté ? Qu’est-ce
qui les a retenus de solliciter, de toutes les couches vivantes qui la composent, une réflexion collective sur les modalités de production, sur les changements à apporter à la vie urbaine, à la
communication, à notre rapport au monde et à la nature ? »
Félix Guattari, 1985
(Les Années d’hiver, réédition, Paris,
Les prairies ordinaires, 2009).
Voilà qui est fait ! J’ai franchi le pas et décidé de me présenter aux élections régionales de mars 2010 en Rhône-Alpes, comme tête de
liste pour Europe Écologie.
Cette décision s’inscrit, bien sûr, dans un contexte politique particulier : après avoir vécu plusieurs « alternances », je fais partie des Français qui ont été enthousiasmés par la poussée d’Europe Écologie aux élections européennes.
A gauche, évidemment !
D’aucune manière, pourtant, je n’ai jamais pensé que « la gauche et la droite, c’était la même chose ! » Je n’ai jamais cru, non plus, qu’il fallait nous mettre en quête d’une hypothétique voie
médiane. « Ni droite, ni gauche » n’a jamais été mon credo ! Je sais, en effet, le poids de l’histoire et je reste fidèle aux valeurs qui, depuis mes premiers engagements, m’ont fait toujours
militer et voter « à gauche ». J’assume l’héritage du mouvement ouvrier et je sais que c’est lui qui a porté et fait avancer les valeurs de justice et de solidarité. Je ne renie rien de la
filiation qui, de Jaurès à Blum et à Mendès-France, a pris « le parti de l’humain » contre toutes les formes d’oppression et d’aliénation.
J’ai pris ma part, depuis trente ans, dans le travail qu’a fait la gauche française pour tenter de construire des institutions plus démocratiques et plus justes, en particulier - mais pas seulement – dans le service public d’éducation. J’ai apporté loyalement mon soutien aux hommes et aux femmes qui incarnaient pour moi, à un moment donné, l’espérance d’un monde meilleur. J’ai combattu fermement tout ce qui me semblait atteindre gravement à « l’humaine condition » : la réduction de la personne et de son travail à une marchandise ou à un chiffre, l’idéologie du maillon faible et toutes les formes de ségrégation et d’exclusion, l’exaltation de la concurrence et la totémisation de la loi de la jungle, la crétinisation médiatique et la démagogie populiste, les tentations de contrôle et de maîtrise des comportements humains à travers toutes les camisoles possibles.
Chaque fois et tout au long de mes combats, j’ai tenté de prendre le parti du « bien commun » contre la déferlante des intérêts particuliers. Un temps, j’ai cru que le « bien commun » devait s’imposer à tous, naturellement, comme une évidence partagée. Mais j’ai perçu très vite que nul ne pouvait aujourd’hui s’en prétendre détenteur. Car le principal défi ne notre temps consiste justement à articuler la démocratie et la construction de ce « bien commun »… En effet, tant que le « bien commun » était défini, sans discussion possible, par les monarques, les clercs ou les commissaires politiques, nos sociétés pouvaient se donner une cohérence à bon compte : les individus, dès qu’ils s’exprimaient en tant que tels et sortaient du rang, étaient des hérétiques, des dissidents ou des contestataires. Leur parole était combattue et éradiquée d’une manière ou d’une autre. Mais, avec la modernité, l’individu a émergé, porteur d’une revendication majeure : décider lui-même de son histoire personnelle, faire ses propres choix, récuser toute forme d’emprise sur lui. Comme le dit Marcel Gauchet, nous sommes devenus « métaphysiquement démocrates » et nous refusons légitimement qu’on nous impose une conception théocratique de notre bien propre comme du « bien commun ».
Dès lors, un danger menace : l’éclatement de tout collectif sous la force des individualités « libérées ». Danger qui nourrit toutes les formes de reprise en main autoritaristes comme toutes les formes de repliement sur les intégrismes religieux. Danger d’un individualisme triomphant associé à une contention psychique et physique, judiciaire et policière, scolaire et médicale, économique et sociale, médiatique et religieuse… Contre un tel danger – dont l’actualité quotidienne démontre à quel point il est à nos portes – il ne nous reste qu’une hypothèse : réarticuler le « bien commun » et la démocratie. Se donner les moyens de définir ensemble le « bien commun ».
C’est dans cette entreprise que réside, j’en suis certain, l’avenir de la gauche dans ce qu’elle a de meilleur, quand elle associe une foi inébranlable dans les hommes et les femmes et un refus entêté que ce soit les rapports de force qui régissent les agencements collectifs… de la famille à l’État et à la planète, de l’école à l’entreprise et à toutes les collectivités territoriales. La question proprement politique du vingt-et-unième siècle est là : « comment construire ensemble du bien commun ? ». Défi démocratique. Défi écologique. (...)
Vient de paraître :
rencontrez l'auteur :
le 16 février à 19h, à la Librairie du "104" à Paris
le 3 mars à 11h, Foire du Livre de Bruxelles
le 8 mars à 17h30, librairie "Contact" à Angers
le 15 mars à 19h, Librairie "Les Orgues" à Paris
le 4 avril à 17h30, à la FNAC Etoile (Ternes)
et toujours...
Un coffret de 10 DVD
18 rescapés des rafles et des camps
de la seconde guerre mondiale racontent...
15 heures de film
1 introduction exclusive de Boris Cyrulnik
Un entretien de Jean-Gabriel Carasso
Le manifeste pour une politique
Recueil de textes sur le théâtre
Récits et
anecdotes
15 ans de cabaret
3 spectacles
Deux films et de nombreux bonus
Témoignages et spectacles
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