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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /2008 00:03
Loizo vous avait annoncé en exclusivité (presque) mondiale, le dézingage de la DRAC Ile de France par Bartabas il y a quelques jours. Depuis, l’information circule dans la presse, une lettre énergique dans Le Nouvel Obs et, aujourd’hui, un entretien au Monde
Ces documents ont fait réagir mon ami Bernand Grosjean, directeur de la Compagnie « Entrées de jeu » qui ne reçoit pas un centime de la dite-DRAC depuis des années, au prétexte que son théâtre… n’en serait pas ! Précisons qu’Entrée de jeu fait travailler chaque année une trentaine de comédiens, dans les milieux les plus divers, et se trouve être l’un des principaux employeurs d’intermittents de la région parisienne.
En exclusivité sur le Net pour Loizorare, le communiqué d’Entrées de jeu :


MyPicture.jpg Communiqué:
Dernière minute : on apprend que le réputé directeur d'Entrées de jeu a cet après midi mis à sac le stock papier A4 de la Drac de Paris en déchirant 350
ramettes feuille par feuille, après que la Drac lui ait annoncé qu'elle lui accordait des subventions pour la première fois après dix ans de fonctionnement. Il a été ceinturé non sans mal par les secrétaires armées de leur fax.
Et il nous a déclaré en exclusivité :
Mais j'ai 50 ans, une réputation, et il me semble avoir droit à un minimum de respect. J'attends que l'administration se manifeste.Cette subvention, c'est une provocation alors que je me débrouillais très bien tout seul jusque là.


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Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /2007 21:47
Bien sur, il y a Noël, les cadeaux, les enfants, les jouets… la grosse bouffe… le bêtisier à la télé… La trêve des confiseurs, les best off… les cartes de vœux, les SMS, les zimel venus de partout… Et la préparation du réveillon, où, avec qui… Mais voilà, entre le saumon et la bûche, quelques infos qui filtrent malgré tout. Loizo est à l’affût et se fait un plaisir de veiller pour vous. Exemples :
Ce matin dans Libé (mais l’info était déjà parvenue au Figaro), on annonce que le rapport d’Eric Gross est arrivé sur le bureau des ministres de la culture et de l’éducation nationale. Pour les non-spécialistes, il s’agit de mettre en musique la proposition présidentielle de la « priorité » accordée désormais à l’éducation artistique à l’école. 28 propositions et recommandations seraient sur les bureaux ministériels, dont je ne dirai rien ici faute d’avoir pu lire le rapport en question. Ce n’est partie remise. On essayera d’être objectif.

Zingaro---Battuta002.JPG Dans le même temps, on apprend que Bartabas aurait dézingué totalement le bureau de Directeur régional des affaires culturelles d’Ile de France, en apprenant la baisse des subventions attribuées à son école de Versailles. Une colère de cheval ! Résistant ou voyou ?

Enfin, les milieux du cinéma se mobilisent : une importante conférence de presse  se tiendra le 11 janvier prochain au cinéma Saint-André des Arts à Paris, pour dénoncer les baisses de crédits ( donc l’amputation significative des activités) dans les domaines de l’action culturelle cinématographique.

Mais au fait, quel lien entre ces infos ?
En vérité, on se demande de quelle éducation artistique nous parlons, les uns et les autres ? Comment prétendre au développement de l’art à l’école, alors que l’on fragilise de partout le champ culturel, ses militants, ses artistes les plus engagés dans des processus de rencontre et de sensibilisation avec les jeunes ? Et que dire d’un pouvoir qui s’affiche chez le Pape avec ce qui se fait de plus dégradant dans le domaine prétendument artistique ? Va-t-on étudier au collège l’histoire de l’irrésistible ascension de Jean-Marie Bigard vers le Stade de France, comme un élément essentiel de l’art contemporain ? Apprendre par cœur la biographie de Doc Ginéco ? Comment ne pas être saisi par la contradiction évidente entre le discours et les actes (symboliques) dont on nous abreuve d’images ? Ainsi va le Berluscozysme triomphant !
Rose1.jpg



Belles fêtes
et bonne année à tous !

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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /2007 17:19
Note d’humeur.
Je tourne un peu en ce moment, dans divers lieux, en Eure et Loir, en Rhône-Alpes, en Ile de France. J’essaie de saisir ce qui se dit, se qui se pense, se qui se craint à propos de la politique culturelle en cours. Et je tombe sur l’intervention de Jack Ralite au Sénat à propos du budget du ministère de la culture. Texte édifiant, nourri comme toujours chez l’auteur de nombreuses citations pertinentes. C’est lui qui trouve cette formule pour décrire la période : « L’esprit des affaires prétend s’imposer aux affaires de l’esprit. ». On ne peut mieux dire. Le texte est reproduit sur le site du Théâtre du Soleil. Allez-y !

Note de lecture. storytelling.gif

Sur le conseil de mon ami Alain Lievaux, je viens de me plonger dans le livre de Christian Salmon «Strorytelling» (Editions de la découverte) Passionnante description de la maîtrise actuelle des « raconteurs d’histoire », dans le marketing, le management, la politique… Il fut un temps où l’important était la chose, l’objet, le produit. Puis, ce fut la marque, le logo, l’image. C’est aujourd’hui l’histoire, l’épopée, la fable qui importe, dans laquelle chacun est appelé à s’inscrire, à se reconnaître, à s’identifier. Cela vous rappelle quelque chose ?




Note de mémoire comme-un-juif.gif
Relater ici une expérience étonnante. Un soir récent, je regarde d’un œil discret le documentaire sur FR3 «Comme un juif en France », retraçant toute la période de la première moitié du XXè siècle, de l’affaire Dreyfus à la Shoah. Interviews, images d’archives se succèdent… jusqu’à ce meeting de 1933 organisé par la LICA (Ligue internationale contre l’antisémitisme) présidée à l’époque par Bernard Lecache. Images anciennes extraites des actualités cinématographiques. L’orateur est puissant, mais c’est une silhouette derrière lui qui m’attire : c’est mon père ! A peine vingt ans, il m’avait parlé quelques fois de son engagement, mais sans précisions. Or le voici, plein cadre, au cœur du combat politique. Retour saisissant de mémoire par l’image…
Mais d’où viennent exactement ces images ? Quelques recherches sur le net et je retrouve la documentaliste du film, puis le contact chez Gaumont archives… et voilà que sur mon ordinateur se lisent toutes les images du meeting en question. Vive le Net ! Vertigineux progrès de la technique.

Note d’actualité.
Aujourd’hui, visite d’Etat. Un petit croquis vaut mieux qu’un long discours. ParisKadhafi.jpg

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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /2007 23:51
1/ Presque deux semaines sans bloguer ! Une éternité !
Et pourtant, il s'en est passé des choses, côté "régimes spéciaux". Mais voilà, j'étais ailleurs, dans un régime un peu spécial, en Tunisie, pour une rencontre internationale quelque peu surréaliste se préoccupant du développement culturel méditérranéen. Impresion étrange d'inutilité quasi absolue... mais, sait-on jamais, une graine posée quelque part...

2/ La Démocratie contemplative
C'est le titre d'un bel article de Michel Wieviorka, directeur d’études à l’EHESS, président de l’Association internationale de sociologie, dans Libération. Je me suis dit que je le signalerais à ceux à qui il aurait échappé :
"
Le constat est unanime : notre chef d’Etat est omniprésent – hyperactif et agité, disent les plus critiques ; soucieux de s’engager personnellement pour avancer rapidement et efficacement dans les réformes nécessaires à notre pays, disent ses partisans. Mais ne nous contentons pas de l’observation, encore superficielle, qui insiste sur la façon dont il apparaît constamment dans les médias. Examinons plutôt comment il concilie ses projets de changement et l’exigence démocratique..."
bourgeois.jpeg
3/ Le bourgeois bonhomme
Retour de voyage, 97 courriels m'attendent. Et cette petite surprise, adaptation contemporaine de Molière.
Le Bourgeois Gentilhomme
Acte II, scène IV
Parodie

Maître de philosophie politique, Monsieur Sarkodain


Maître de philosophie politique. – Venons-en à notre leçon.
Monsieur Sarkodain. – Ah ! Mon Maître, que ne vous fussiez venu plus tôt, afin que vous m’aidassiez à parer les coups qui plurent sur moi.
– Ces coups ne sont rien pour un philosophe. Que voulez-vous apprendre pour tremper votre caractère ?
– Tout ce que je pourrai, car j’ai toutes les envies du monde d’être un grand président ; et j’enrage que mon père et ma mère ne m’aient pas fait bien étudier la science politique quand j’étais jeune.
– Votre sentiment vous honore. Nam sine potentia vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela et vous savez le latin sans doute !
– Oui, mais faites comme si je ne le savais pas : expliquez-moi ce que cela veut dire.
– Cela veut dire que sans le pouvoir, la vie est presque une image de la mort.
– Ce latin-là a raison. Mais qu’avez-vous à me dire de plus ?
– Par où vous plaît-il que nous commencions ? Voulez-vous que je vous apprenne la logique de la politique ?
– J’ai hâte de connaître cet art, Maître.
– Il s’agit en effet d’un art, qui obéit à trois principes.
– Que sont-ils, ces trois principes ?
– Le premier, le deuxième et le troisième. Le premier est de bien diviser. Le deuxième est d’additionner les avantages pour les puissants. Le troisième est de soustraire l’information à la vue des manants. Ce sont là les trois principes de l’art de bien gouverner qui permet de multiplier honneurs et richesses.
– Honneurs et richesses ! Pour les gouvernants ? En êtes-vous certain ?
– Honneurs pour vous et richesses pour vos commanditaires, qui ne manqueront pas, soyez-en sûr, de vous en faire profiter sur leurs yachts et dans leurs châteaux.
– Je vous entends, Maître, mais apprenez-moi la grammaire de cet art.
– Très volontiers. Commençons par diviser.
– Allons vite au dénouement, car j’ai déjà procédé à des expériences, il me semble.
– Vous ne devez rien laisser au hasard. D’abord, dresser le public contre le privé, puis le privé contre le public. Quand il sont neutralisés, les dresser tous les deux contre les spéciaux. Ce n’est qu’alors que vous aurez le champ libre pour les maintenir au travail ad vitam.
– Cher Maître, vous me comblez de joie, car c’est presque fait. Donnez-moi franchement votre sentiment : suis-je sur la voie de la sagesse politique en ayant opposé ceux qui se lèvent tôt et ceux qui paressent, ceux qui travaillent et ceux qui quémandent, ceux qui font grève et leurs otages, ceux de souche et ceux dont l’ADN doit être vérifié ?
– Je suis fier de vous compter parmi mes disciples. C’est un premier pas. Cependant, il ne faut point vous en satisfaire. Vous devez apprendre maintenant à additionner les avantages que pourront collectionner les puissants.
– Certes, mais ils ont déjà beaucoup.
– Le principe de l’addition, c’est accumuler. Donc, beaucoup n’est jamais suffisant puisque beaucoup n’est pas tout. Nous entrons dans la dialectique de l’accumulation : l’enrichissement doit toujours se polariser davantage, sous peine de s’éteindre.
– Maître, j’ai amenuisé les charges sociales, j’ai refusé tout net l’augmentation du SMIC et j’augmente la durée du travail en même temps que j’invente le bouclier fiscal et l’impôt libératoire pour les plus-values et que je supprime l’impôt de bourse. Que puis-je faire de plus ?
– Il convient dorénavant de vous attacher à légitimer, aux yeux de tous, ces mesures propres à faire sortir la France du programme du Conseil national de la résistance et à la faire entrer résolument dans le XXIe siècle.
– Maître, vous me parlez un langage qui est mien. J’excelle en communication.
– Monsieur, je ne vous entretiens pas de communication mais de légitimation.
– Qu’est-ce à dire Maître ? Vous me surprenez.
– Nous pénétrons le troisième principe de l’art de gouverner : soustraire l’information juste à la vue de vos sujets et lui substituer une fabrication de l’opinion.
– Oui, n’est-ce pas le travail que je confie à mes communicants et auquel je m’astreins moi-même en allant jour et nuit sur le terrain ?
– Vous n’y êtes point, je veux dire sur le chemin de la compréhension.
– Maître, vous me peinez, car je suis partout et je donne le ton.
– L’art de la soustraction en politique consiste à fabriquer une opinion de telle sorte qu’elle croie qu’elle est la source d’elle-même.
– Maître, comme vous dites cela ! Concrètement ? J’ai déjà TF1, France Inter, France Info et toutes les radios. J’ai les sondeurs avec Parisot à leur tête.
– Insuffisant.
– J’ai Le Figaro, Le Monde, Libé, toute la presse régionale. Il ne me manque que l’Huma, et encore, elle accompagne les petits pas de Thibault.
– Ce n’est pas assez.
– Je mange avec Bouygues, Lagardère, Arnault et je me détends chez Bolloré. Si je me montre davantage, je crains que le peuple ne finisse par me jalouser.
– Le peuple jalouse celui qui est immédiatement au-dessus de lui, pas celui qui est cent coudées plus haut. Vous avez donc bien fait de tripler votre revenu ; ainsi, le peuple ne pourra vous atteindre de son regard envieux, dès lors que vous aurez multiplié les écarts. N’oubliez jamais cette leçon : la multiplication des pains ou celle des inégalités sont le début de l’ère des miracles.
– Fort bien, mon état de grâce durera autant que ma présidence.
– Ne vous y fiez pas ! La vérification de l’exécution des principes de l’art de la politique est nécessaire à tout moment.
– Comment puis-je être certain que… ?
– Passons aux leçons pratiques, voulez-vous.
– Je vous écoute, Maître.
– Vous projetez de faire travailler les salariés 40 ans, puis 41, 42. Où vous arrêterez-vous ?
– Je ne m’arrêterai pas puisque l’espérance de vie s’allonge.
– Que répondrez-vous s’ils font valoir que la richesse augmente plus vite que l’espérance de vie ?
– Ils ne poseront pas cette question car personne dans les médias ne les aura mis sur la piste.
– Ils ont des syndicats qui le savent et certains économistes sont passés à l’Attac. Vous justifiez la réforme des retraites par les projections démographiques de votre Conseil d’orientation des retraites qui table sur un accroissement de 3/4 en 50 ans du ratio de dépendance des retraités par rapport aux actifs d’ici 2050. Or le même Conseil établit que parallèlement la productivité augmenterait une fois et demie plus vite. Que direz-vous quand on comparera ces deux prévisions effectuées par le même organisme ?
– Je dépêcherai Baverez, Marseille, Sylvestre, Le Boucher et bien d’autres qui diront que c’est faux même si c’est vrai.
– Cela ne suffira pas, malgré leur talent, car l’INSEE et le Conseil d’orientation des retraites ont déjà vendu la mèche.
– Alors, c’est fichu ?
– Non, à condition de pratiquer une dérivation.
– Dériver, est-ce une nouvelle opération comme diviser, additionner et soustraire ?
– En quelque sorte. Vous soulevez un autre problème, que vous amalgamez au précédent qui se trouve ainsi noyé. Vous n’en manquez pas, de problèmes.
– J’ai l’assurance maladie en déficit depuis que nous avons diminué les cotisations à la charge des entreprises ; j’ai la dette publique parce que mes amis réclament autant d’intérêts que ne peut en couvrir l’impôt sur le revenu que je suis bien obligé de lever encore un peu ; et j’ai l’Université qui végète en attendant que la loi Pécresse ouvre ses portes aux forces vives de la nation. J’ai ficelé le tout dans un paquet et j’ai informé qu’il fallait réformer. J’ai même inventé un Grenelle de l’environnement au terme duquel on troquera quelques taxes écologiques contre des cotisations sociales en moins.
– Que rétorquez-vous aux rebelles qui vous disent que les privilèges ne sont pas là où vous les signalez ?
– Que le mérite a sa récompense et l’indolence sa sanction. Travaillez plus pour gagner plus, tel est le secret de la réussite.
– Monsieur, gardez-vous d’une certaine rhétorique sur le travail ; elle pourrait se retourner contre vous. Le hold-up sur Marx, Jaurès et Blum pourrait vous coûter en lectures fastidieuses. Tout ne se lit pas aussi facilement que la lettre de Guy Môquet.
– J’ai compris l’essentiel grâce à ce bon Guaino.
– Vérifions s’il vous plaît, pour vous éviter une mise à découvert. Vous prétendez publiquement qu’il faut travailler pour produire de la richesse. Voilà une idée que vos adversaires qui s’affublent de l’étiquette socialiste n’osent plus revendiquer. Comment justifiez-vous alors l’ouverture de la protection sociale aux compagnies d’assurances et aux fonds de pension, lesquels ne produisent rien, sinon de la spéculation ?
– Maître, vous m’embarrassez. J’ai trouvé cette idée au Medef et donc elle doit être bonne. Elle est confortée par le Fonds monétaire international, à la tête duquel j’ai placé quelqu’un de fiable, et par la Commission européenne sur laquelle je pourrai toujours repousser la faute si ça ne marche pas.
– Nous y voilà. Je reconnais en vous une potentialité très grande. Si une mesure réussit, elle est portée à votre crédit ; si elle échoue, elle émane de l’Europe. Cependant, vous devez être à même d’afficher à tout moment votre résolution à respecter la démocratie, car c’est une condition de la légitimité, notre troisième principe de l’art de gouverner. Or les Français ont repoussé par référendum le Traité constitutionnel européen. Vous vous êtes engagé à honorer ce choix et vous projetez de ne pas les consulter pour la ratification du nouveau traité. Ou bien les deux traités sont à ce point différents qu’une nouvelle méthode de ratification peut dans une certaine mesure se justifier ; ou bien ils sont semblables et il faut soumettre le second au même jugement que le premier. Dites-moi comment vous sortez de ce dilemme et je vous dirai si vous êtes à la hauteur que vous ambitionnez d’atteindre.
– Maître, vous me mettez à l’épreuve. Les deux traités sont pareils, mais je ne veux pas de référendum.
– Pourquoi ?
– Des référendums sur le nouveau traité européen seraient dangereux et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements.
– Monsieur, je vous félicite, parce que vous venez d’ajouter la pièce qui manquait à l’édifice de votre art en politique : le cynisme. Vous irez loin.
– Maître, je vous en remercie. Au reste, il faut que je vous fasse une confidence. Je veux léguer à la France une ?uvre littéraire, car je ne veux pas que l’on dise plus tard que j’avais une plume à l’Elysée qui écrivait tout pour moi. Je voudrais que vous m’aidassiez à rédiger le prologue de cette œuvre, que je souhaite grande, et dont le peuple s’enivrera.
– Excellente idée. Est-ce de la philosophie politique que vous voulez écrire ?
– Non, non, point de philosophie.
– Vous ne voulez qu’une œuvre de vulgarisation ?
– Non, je ne veux ni philosophie, ni vulgarité.
– Il faut bien que ce soit l’une, ou l’autre.
– Pourquoi ?
– Pour la raison, Monsieur, qu’il n’y a d’œuvre que philosophique ou vulgaire.
– Il n’y a que la philosophie ou la vulgarité ?
– Monsieur, tout ce qui n’est point philosophique est vulgaire ; et tout ce qui est vulgaire ne peut être philosophique.
– Et notre conversation, qu’était-elle ?
– De la philosophie.
– Quoi ? Quand je dis : "Guaino, écrivez-moi un discours qui dise le contraire de ce qui est vrai", c’est de la philosophie ?
– Oui, Monsieur. De la philosophie politique.
– Par ma foi, il y a plus de cinquante ans que je fais de la philosophie, sans que j’en susse  rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. Je voudrais donc mettre en prologue de mon ouvrage dédié à la France : Belle France, vos richesses me font mourir de désir.
– Il faut bien étendre un peu la chose.
– Non, vous dis-je, je ne veux que ces paroles-là dans le prologue ; mais tournées à la mode, bien arrangées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on peut les mettre.
– On peut les mettre premièrement comme vous avez dit : Belle France, vos richesses me font mourir de désir. Ou bien : De désir mourir me font, Belle France, vos richesses. Ou bien : Vos richesses de désir me font, Belle France, mourir. Ou bien : Mourir vos richesses, Belle France, de désir me font. Ou bien : Me font vos richesses mourir, Belle France, de désir.
– Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?
– Celle que vous avez dite : Belle France, vos richesses me font mourir de désir.
– Cependant, je n’ai point étudié, tellement ma haine des intellectuels est grande, et j’ai fait cela du premier coup. Je vous remercie de tout mon c?ur, et vous prie de venir demain de bonne heure.
– Je n’y manquerai pas, car je fonde de grands espoirs en vous : sous une apparence bonhomme, vous cachez une main déterminée et ferme. Surtout, gardez cette main invisible. Mais ce sera l’objet d’une autre leçon.
– … ?

En ce 20 novembre 2007, la clameur de la rue interrompit ce dialogue…
JMH
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Samedi 3 novembre 2007 6 03 /11 /2007 16:28
anti_bug_f 12-img_alacarte.jpg 1/ La « contrelettre » à la ministre de la culture, que nous avons lancée, commence à faire son chemin. Plus de 300 signatures en quelques jours et des échos divers sur quelques sites et blogs... Signe que le débat sur le sens de l’action culturelle intéresse. Continuez à faire connaître cette initiative, à faire signer la « contrelettre ». Nous imaginerons bientôt les suites possibles à donner à ce texte...

2/ Signalons en écho : l’analyse intéressante produite sur le blog « culture.com », et le beau texte de notre ami Jacques Livchine, en réaction à un article de Télérama (c’est sur le site des éditions de l’attribut).

3/ C'est encore parler culture que de signaler la mobilisation autour de la loi sur l’immigration, qui vient d’être votée et autorise dorénavant, non seulement les fameux tests ADV, mais également les statistiques ethniques. Le ministère de l'identité nationale prend en effet une mesure pour distinguer les individus en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur religion et en fonction de leur origine...
Cette disposition de la loi Hortefeux a fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel.
Une mobilisation massive est nécessaire pour lutter contre ce retour aux fichiers ethnique de sinistre mémoire..
On peut signez la pétition sur www.fichepasmonpote.com

4/ Enfin, pour ceux douteraient de l’utilité de la blogosphère sur laquelle nous naviguons allègrement, un chiffre : 657 883. c’est le nombre de « blogs » créés à ce jour sur la seule plateforme « over-blog » qui abrite notre modeste carnet de notes. Plusieurs centaines de milliers de journaux virtuels de ce type existent donc désormais. Pour le meilleur ou pou le pire ? Vous avez dit « culture » ?

5/ Et pour ceux qui le souhaitent, il parait qu'une intervention de "Loizeau rare" sur l'éducation artistique se trouve à  cette adresse. En image et avec du son. Je n'ai pas encore vu, mais je me souviens y avoir participé ! On vous invite dans une petite réunion, vous exposez quelques idées... et vous voici propulsé dans le vaste monde de la blogosphère... Ainsi va la modernité !












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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /2007 23:24
lettre-motiv.jpg







Dans un précédent article, je faisais état de la lettre de mission adressée à la ministre de la culture et de la communication par le Président de la République.
Au terme de quelques semaines de travail et d’échanges, il nous a semblé utile de proposer à la réflexion une « contre-lettre » citoyenne, reprenant l’organisation générale de la lettre officielle, assortie de corrections, de coupes ou d’ajouts qui nous semblent indispensables.
La voici publiée sur un bog spécifique :
http://lacontrelettre.over-blog.com
A chacun d’y apporter ses commentaires ou corrections éventuelles.
Merci de faire connaître largement cette initiative.
Comme dit mon ami Kasimir : "on ne peut pas regarder cette lettre comme les vaches regardent passer les trains" ! Et que vive le débat démocratique !
A vos claviers

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