ACTUALITES


Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 23:07

Le grand danger, sur Internet, ce sont les rumeurs... Ces informations sans fondement qui circulent à la vitesse de la lumière mais qui n'éclairent en rien notre compréhension du monde. Encore que ! Comme dit le proverbe "il n'y a jamais de fumée sans feu" Alors, on y va de bon train. Il traine ici et là des bribes d'informations qui n'en sont pas, juste des "on dit" glanés au bistrot ou ailleurs... Mais enfin, quand bien même ce ne sont que des rumeurs, elles illustrent l'air du temps. Puisqu'on le dit, cela ne signifie pas que ce soit vrai... mais c'est possible ! Par exemple, cette bonne b(l)ague suggérée par mon ami Ep2C, qui nous fait froid dans le dos...

Ce sera tout pour ce soir !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 14:27
Comme nombre d’entre vous, sans doute, j’ai eu du mal à comprendre les enjeux liés au développement d’Internet et au téléchargement. Résumé de la situation : il est désormais possible, depuis n’importe quel ordinateur dans le monde, de télécharger « librement » - c’est-à-dire sans acheter -, de très nombreux fichiers comportant du texte, de la musique, de la vidéo… Le système P2P (« pair à pair », permet en plus de mutualiser ces données, c’est-à-dire que chacun peu trouver sur l’ordinateur d’un autre ce qu’il recherche, une chanson, un texte, une image, un film… Ce phénomène technique perturbe, c’est peu dire, la conception marchande traditionnelle des œuvres, puisqu’elles ne coûtent plus rien à reproduire ni à diffuser (ce qui n’était pas le cas dans la version matérielle : le livre, le disque, le DVD, le film en salle, etc…). Dès lors, deux conceptions s’affrontent.
La première hurle au « piratage », à l’infamie, imagine des systèmes divers de contrôle et de répression pour tenter d’enrailler la vague nouvelle… C’est le cas, en France, de la loi dite « Création et Internet », qui sera discutée par les députés en début 2009, qui vise à réprimer « par étape » les « pirates » repérés, allant jusqu’à la suspension de leur abonnement à Internet.
La seconde dénonce les atteintes au droit et aux libertés publiques ainsi mises en place – le Parlement européen, la CNIL… - et propose de concevoir et de mettre en œuvre une manière nouvelle de garantir à la fois la liberté des internautes et celle des auteurs et de la création (voir le livre de Philippe Aigrain : « Internet et création »).
Dans ce combat féroce, chacun organise l’artillerie ! Les armes se préparent.
Côté ministère de la culture, un site de véritable propagande (ne laissant aucune place au débat) vient d’être réalisé. Il est ici. Côté militants d’un autre monde possible, c’est autour de la Quadrature du net que les informations circulent et que les arguments se diffusent.
On utilise aussi…  la créativité sur le net. En voici un exemple.



Ne pas se laisser endormir par l’idée qu’il n’y aurait qu’une seule solution, la répression ! Choisir son camp ! Débat à suivre !





Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 15:17
Théâtre et Internet
Voilà plusieurs mois que je m’interroge sur les liens possibles entre théâtre et Internet. Comment le théâtre, sans se dévoyer et se pervertir, peut-il trouver sur le Net de nouveaux moyens de rencontrer son public ? Comment l’image peut-elle venir en soutien de la création théâtrale ? Ce ne sont pas les innombrables messages électroniques d’information qui y parviennent, publicité améliorée sans plus. La seule manière utile, me semble-t-il, c’est toujours de montrer les cuisines, l’envers du décors, le travail en train de se faire, afin que le spectateur se sente participant, à sa manière, de la chose en mouvement. Mais encore ! Et voici que la MC93 – la même que la Comédie Française entendait squatter il y a peu – innove de manière formidable avec son « Journal de la création » à propos de « Mesure pour Mesure ». Une caméra embarquée dans le travail de création, depuis le début des premières répétitions, saisissant au vol des moments de travail, approche du texte, traduction, décors, costumes, entretiens avec le metteur en scène… Quelques fenêtres ouvertes sur le monde secret de la création qui nous permettent de partager les questions, avant de ne recevoir que les réponses du spectacle définitif. Une manière nouvelle et pertinente de nous faire entrer dans le sens même du travail théâtral. Et une furieuse envie, bien sur, de voir le résultat final…. Sur le plateau.
Suivez-le guide, c’est ici

Comédie en banlieue
Toujours à propos de la MC93, sans doute avez-vous suivi l’affaire de la tentative d’OPA de la Comédie Française sur la Maison de la Culture de Bobigny. Résumé des faits pour ceux qui n’auraient pas suivi : l’administrateur(trice) de la Comédie Française habite à Bobigny. Elle rêve du projet d’installer la Maison (de Molière) à deux pas de la sienne (de maison). Une idée aussitôt reprise par la Ministre de la Culture, la Maire de Bobigny (« Qui refuserait la Tour Eiffel dans sa commune ? »), etc. Début octobre, conférence de presse pour annoncer la mainmise. Un seul oubli, en parler au directeur de la MC93. Aussitôt : réactions, rassemblements, messages de soutien… y compris de la Troupe de la Comédie Française elle-même. Pataquès ! Recul. On va réfléchir, en parler, négocier… Et l’on termine (mais est-ce la fin ?) par nommer un médiateur. C’est BFA (Bernard Faivre d’Arcier, ex directeur du Festival d’Avignon) qui s’y colle. « Il faut toujours un pompier dans les théâtres » affirme-t-il avec humour. Affaire à suivre ! Au-delà de l’amateurisme consternant de ceux qui l’ont menée, cette affaire appelle quelques commentaires. D’abord, noter le mépris profond que cela révèle, de la part du ministère, pour tout le travail mené en banlieue, notamment à Bobigny, depuis tant d’années. Que cette action mérite analyse et évolution, sans nul doute. Mais de là à imaginer que seule la Comédie Française puisse venir au secours du « 93 » ! Quelle aberration ! Cela en dit long sur l’idéologie réactionnaire qui nous enserre chaque jour un peu plus, sur l’autoritarisme de ceux qui nous gouvernent, sur le peu de cas fait aux personnes et aux artistes qui travaillent dans ces milieux. Le « service public » a encore du souci à se faire ! Plusieurs directeurs de théâtre de banlieue ont rédigé une lettre commune affirmant qu’ils étaient prêts à signer un accord de coopération avec la Comédie Française, sur la base de la réciprocité. Voilà une idée qu’elle est bonne ! La Comédie en tournée dans toutes les banlieues et le festival des cultures urbaines (Rap, slam et autres nouveautés…) à la Salle Richelieu ! Vive la révolution !
Lire sur ce sujet : le Blog de Daniel Conrod 
Le point de vue de Robert Abirached 
Et pour en savoir plus, c’est ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 21:35
En complément du texte précédent de Philippe Merieu, et pour alimenter un peu le débat en cour, quelques réfléxions supplémentaires sur le film du jour...

« Entre les murs », l’autre scénario !

Parce qu’il a obtenu la Palme d’Or au dernier festival de Cannes, parce qu’il a été réalisé dans un établissement scolaire avec un vrai prof et de vrais élèves comme acteurs, Entre les murs de Laurent Cantet  retient à la fois l’attention des critiques de cinéma et celle des pédagogues. Là où les premiers voient d’abord une œuvre cinématographique, les seconds ne manquent pas de pointer la dimension documentaire ( en vérité de docufiction, frontière incertaine entre le documentaire et la construction cinématographique). Si le film est largement plébiscité pour sa qualité artistique, l’image qu’il colporte fait débat : s’agit-il de la réalité ? D’une réalité ? Les élèves d’aujourd’hui sont-ils « vraiment » comme on nous les présente ? Où bien le trait est-il inévitablement forcé, pour les besoins du scénario ? L’enseignant que l’on nous montre est-il conforme à l’idée que l’on se fait (en bien ou en mal) d’une pédagogie nouvelle, attentive aux élèves autant qu’aux contenus des enseignements ? Est-ce la confirmation de l’effondrement définitif de l’Ecole de la République et de ses valeurs ? Ces questions ne manquent pas d’animer le débat public sur l’éducation, la société, les orientations pédagogiques, etc.
Dans ce concert d’arguments, il en est un qui n’apparaît pas et pourtant me semble essentiel. C’est celui de l’aventure pédagogique formidable qu’a constitué ce film : non pas le contenu du film, mais sa réalisation même, sa démarche, son projet. Car après tout : ces jeunes élèves du collège Dolto, dans le XXè arrondissement de Paris, ne sont pas (seulement) les personnages du film, il en sont surtout et avant tout les acteurs, c’est-à-dire des élèves capables de passer des mois, avec un « vrai » cinéaste, à accomplir un travail considérable de comédiens. Les mêmes qui hurlent en dénonçant la baisse de niveau, les écarts de langage, les comportements irresponsables de la jeunesse, ne disent jamais combien il a fallu d’engagement, de travail, de précision, de sincérité et de subtilité pour construire et interpréter ces personnages. Or ce sont les mêmes qui jouent et qui sont représentés. Ces mêmes jeunes, dont ont laisse à penser qu’ils ne « valent » rien, qu’ils bafouent l’autorité et le savoir, ici s’enthousiasment pour un vrai projet cinématographique, une aventure authentique, un risque et une parole collective sans concessions. Nous sommes loin de la Star Ac et des rêves individuels de « résultats », au cœur d’une véritable « pédagogie de projet », dans l’esprit des très nombreuses aventures d’éducation artistique et culturelle, menées, partout en France, par des enseignants et des artistes engagés. Rappelons que tout ce travail est aujourd’hui plus que menacé : crédits en baisse, découragement des initiatives, réduction des temps et des espaces de travail… Ce qu’avait déjà montré avec justesse le film « L’esquive », « Entre les murs » le démontre une fois de plus. La pédagogie de projet artistique développée avec talent est une aventure irremplaçable pour les enfants et les adolescents qui ont la chance d’y participer. Ce combat-là reste à mener !





Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 12:55
Je n'ai pas (encore) vu "Entre les murs", Palme d'Or au dernier Festival de Cannes. Mais déjà, le débat s'engage sur le rapport que ce film entretien entre fiction et réalité. Ce fut déjà le cas avec "Etre et avoir" il y a quelques temps. Comme toujours, c'est Philippe Mérieu qui tire le premier, en diffusant un texte argumenté. Extraits :

"… Au moment de la Palme d’Or, je m’étais réjoui, sans avoir vu le film, qu’une oeuvre qui parle de l’école soit ainsi couronnée, ajoutant, dans le journal Libération, que c’était une excellente chose de «replacer l’éducation au coeur des enjeux de société, de montrer la réalité du terrain scolaire » et que cela pourrait permettre, sans doute, « de sortir des traditionnels débats idéologiques sur l’école ». C’était compter sans la spécificité du traitement cinématographique et le danger permanent de réduire la vibration d’une écriture à un ensemble de clichés… C’était compter sans les aléas d’une adaptation contrainte de « dramatiser» ce qui était présenté, dans le livre, comme une « chronique »… C’était compter sans l’instrumentalisation inévitable d’un film dont le statut, aujourd’hui, est plus celui d’un « objet social» que d’une « oeuvre d’art ».

Le film : une oeuvre d’art d’abord
Du côté de l’oeuvre d’art, il faut, bien sûr, s’incliner devant la performance : un huis clos, ou presque, magistralement filmé, avec une grande force dans les images, épurées à l’extrême, sans effets inutiles. Il faut insister aussi sur la performance des adolescents qui jouent avec un « naturel » extraordinaire : on nous dit que des ateliers de travail d’acteur ont été mis en place pour eux. Ces derniers ont, de toute évidence, été très formateurs et, d’ailleurs, il serait très intéressant, s’ils ont été filmés, qu’on puisse voir comment ils se sont passés. Au moment où l’éducation artistique a du plomb dans l’aile, l’expérience de démarche artistique conduite ici – et qui a, quand même, mené des jeunes à la Palme d’Or à Cannes – mérite d’être regardée de près… Toujours du côté de l’oeuvre d’art, il faut, évidemment, souligner la finesse de l’analyse du personnage principal, François Marin : fragile et sûr de lui à la fois, affectant un certain détachement et, pourtant, surinvesti dans son métier, cultivant une posture généreuse, mais incapable d’en dérouler les conséquences, cherchant à maîtriser les situations, mais sans pouvoir les structurer, acculé à un face-à-face qui devient vite un corps à corps. Le portrait est juste et émouvant. C’est une trajectoire singulière qui nous est donnée à voir avec beaucoup de talent et de sensibilité. Une trajectoire qui se solde par un échec, artificiellement camouflé, in extremis, par un happy end convenu et peu crédible, à la manière du théâtre classique.
À priori, il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter : la singularité de cette histoire la préserve de toute récupération. Impossible de statuer sur la question de l’école et de la pédagogie, sur celle de l’autorité ou celle de la violence à partir d’une histoire parmi d’autres, d’un portrait très spécifique et incarné. Impossible, a fortiori, de conclure au fiasco de l’École tout entière sur la base d’un ratage individuel, aussi bien décrit soit-il. Nul ne songe à ramener la question de l’amour au XVIIIème siècle à la seule analyse de Manon Lescaux, fort heureusement !

Une transposition dramatique problématique
Mais, les choses se compliquent pour toute une série de raisons. D’abord, nous sommes, dans les deux sens du terme, en « terrain sensible ». Directement ou fantasmatiquement, chacun se sent concerné par une situation qui renvoie à des éléments constitutifs de notre fantasmatique collective : la peur que nos enfants ne soient victimes des « barbares » qui ont déferlé sur l’école, l’inquiétude devant les soubresauts d’une jeunesse qu’on craint de ne plus être capable de maîtriser, l’affaiblissement d’une société incapable d’affirmer ses principes et de crédibiliser ses valeurs. Mais, plus encore peut-être, ce qui brouille les cartes, c’est le « réalisme » du film. Il est indiscutable ! Nul ne peut nier que la plupart des dialogues et des situations sonnent terriblement juste. Même si les portraits sont caricaturaux, le tableau est assez suggestif pour qu’on reconnaisse, plus ou moins, « les conditions de l’enseignement aujourd’hui dans un collège difficile ». Pourtant – il faut le rappeler – procéder ainsi, c’est ignorer que la vérité d’une oeuvre d’art n’est pas produite par la justesse des décors et le caractère vraisemblable des répliques, mais par la densité de ce qui se noue dans « l’intrigue », de ce qui est en jeu dans la configuration dramatique. (...)"

Télécharger le texte complet de Philippe Meirieu

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 22:15
Un petit mot pour faire (re)vivre ce modeste blog.
Depuis notre dernière rencontre (lire ci-dessous ma lettre ouverte à Libé) il s’est passé bien des choses.
D’abord, un coup de fil du directeur du développement du-dit journal, le jour même de la publication de mon article. Rien sur Dysneyland, l’affaire lui semblait aussi incongrue qu’à moi, mais une inquiétude sur la tenue du «forum de la culture». J’ai pris le temps de lui expliquer tout le bien que j’en avait pensé ! Et puis…et puis… et puis…
Nous pourrions évoquer les Jeux Olympiques avec quelques moments exceptionnels pour ceux qui apprécient – notamment une finale du 100 mètres qui restera dans les mémoires – malgré le contexte que l’on n’oublie pas. On encore la guerre éclair en Géorgie, dont on cherche encore pourquoi les géorgiens l’ont provoquée. Comment pouvaient-ils ignorer la réplique des Russes ? Ceux-ci ont-ils provoqué ? Pourquoi répondre à la provocation ? Les Américains ont-il laissé faire (ou pousser à la faute), pour faire remonter Mc Cain dans les sondages ? Qui veut quoi dans cette affaire ? Et moi qui ne savait même pas qu’existait l’Ossetie, qu’elle soit du Nord ou du Sud. Quel monde !






Mais enfin, c’est ici qu’il nous faut regarder.
Notamment prolonger autant que possible la campagne qui se mène pour le retrait du fichier « Edvige » en cours de préparation. En gros, nous serons tous fichés, dès lors que nous aurions un quelconque engagement social, culturel, politique… avec des informations de nature très personnelle. Big brother s’approche ! Je ne suis pas un fou des pétitions, mais dans ce cas, une signature me semble la moindre des choses. Tant qu’à être fiché, autant que ce soit pour la bonne cause ! Il faut que ce sujet prenne place dans le débat public. Il n’est de combat perdu que ceux qui ne sont pas menés. Alors, à vos claviers. Faites suivre ces informations. C’est ici.

PS : Quelle absurdité mène à la semaine de quatre jours à l’école primaire ? Que feront-ils le samedi matin, ceux dont les parents ne peuvent assurer l’occupation ou financer des week-ends prolongés ? La réponse est simple, ils regarderont TF1 ! Qui vient de se voir offrir des heures de pub supplémentaire. Tout se tient ! Quel monde !
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 10:51
Ces trois jours au Théâtre des Amandiers à Nanterre, un « forum » du journal Libération intitulé « Vive la culture ». Des semaines déjà que le quotidien fait une pub pour annoncer la chose, puis le programme constitué de nombreux temps d’échanges avec, à chaque fois, deux intervenants « connus ». Toujours friand de débats et d’intelligence du monde, je m’y rends donc avec intérêt. Premier constat : peu de monde, malgré le matraquage publicitaire, avec la ministre de la culture sur le plateau la salle n’est pas pleine, ni aucune des salles suivantes. Quel enseignement : une mauvaise date, un mauvais « casting », un thème dont tout le monde se fout ? Mystère ! Les trois à la fois sans doute !
Second constat, la superficialité profonde (beau collage) des organisateurs et animateurs : des débats bâclés, des introductions faciles, aucune relance ni maîtrise des enjeux et des discussions, bref un amateurisme confondant ! On en sort au mieux en rage, au pire déprimé.
Le débat sur l’éducation artistique entre Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, et Sandrine Mazetier, députée en charge de l’éducation au Parti socialiste est d’une tristesse inouïe, à peine réveillée par quelques enseignants manifestants dans la salle contre les réformes en cours. Aucune analyse véritable des enjeux, aucune relance possible devant les manipulations de chiffres du ministre, lorsqu’il affirme dépenser près de 2 milliards d’euros pour l’éducation artistique (incluant dans ce chiffre les salaires des profs de musique et d’arts plastiques mais sans le dire vraiment ! Pourquoi pas quelques milliards de plus en ajoutant les profs de français qui font de la poésie ou ceux de langue qui travaillent sur le théâtre anglais ou espagnol ?) Rien sur la pédagogie de projet ! Rien sur les diminutions considérables du programme « transmission » du ministère de la culture qui contredit toutes les prétentions de l’éducation nationale. Rien sur la philosophie même de « l’histoire des arts » comme élément principal ! Un débat nullissime, alors qu’il y avait dans la salle une bonne quinzaine de spécialistes qui auraient pu dire quelques mots utiles sur le sujet !
Autre débat, sur « décentralisation, qui détient les clefs du coffre ? » avec Jean-Jacques Queyranne et Patrick Braouzec, personnalités estimables et sympathiques. Vingt cinq participants perdus sous un chapiteau… Une introduction à peine ébauchée par le journaliste de Libé qui se demande s’il existe en région, des gens compétents pour juger de la chose artistique ! Personne ne relève. Et va sur la grande confusion entre l’art et la culture, ne se questionnant que sur la question de la répartition financière, sans s’interroger un instant sur le sens d’une décentralisation possible, sur l’apport d’une véritable politique de proximité… Bref, le vide sidéral de la pensée, le manque de préparation, l’incapacité à mener une problématique… A pleurer ! Et l’on vous dira sans doute que ce fut un grand moment, un succès public et un thème essentiel. N’en croyez rien. J’y étais !

Et pendant ce temps-là, la France prend 4 buts face à la Hollande ! Cela n’a rien à voir.
Et le Ville de Toulouse mène une grande consultation intitulée les « Assises de la culture », mouvement passionnant qui s’engage avec une nouvelle municipalité pleine d’enthousiasme. Une série de rencontres thématiques qui devraient aboutir à une nouvelle politique annoncée d’ici la fin de l’année. A suivre avec intérêt !
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 22:36
Je reviens sur la Palme d’or du Festival de Cannes, pour préciser les deux lectures qui ne manqueront sans doute pas d’être faites de ce film (que je n’ai pas vu…)
La première lecture portera probablement sur le contenu du film, les personnages, les situations, le langage, la réalité (ou pas) de la société qui y est décrite… On verra alors se réanimer le débat sur l’école, sa nécessaire réforme, l’indispensable « retour aux fondamentaux » accompagné d’une autorité enfin rétablie… Version réactionnaire de l’opinion fortement répandue aujourd’hui.
La seconde lecture, totalement opposée et sans doute occultée, insistera sur la réalisation du film lui-même, l’engagement de ces jeunes du XXè arrondissement de Paris dans un véritable projet pédagogique et artistique, leur capacité de travail, de mobilisation, d’interprétation et les conséquences formidables sur leur développement, leur image personnelle, l’image symbolique qu’ils représentent dans notre société. « Enfin, on nous verra autrement » disaient certains d’entr’eux au lendemain de leur récompense cannoise. On voudrait qu’ils aient raison !
Je trouve absolument extraordinaire ce double message envoyé par ce film, et suis curieux d’observer la manière dont ces deux débats seront (ou pas) repris au moment de la sortie en salle.

Me revient ici à l’esprit une histoire que racontait Augusto Boal à propos de la présentation de la télévision à des tribus indiennes d’Amérique. Venus leur montrer comment fonctionnait ce nouvel outil, des techniciens de la télévision décidèrent de passer quelques images à titre d’exemple. Ils avaient sous la main un vieux western… va pour le western. On y voyait des indiens se faire massacrer par des cowboys. Hurlements du public ! Si c’est ça la télévision, jamais ! Nous ne voulons pas de ces histoires… Confusion absolue entre le média et le message. Nous ne sommes pas loin d’un phénomène semblable. Attendons !

En attendant …
Nous apprenons que certains participants au film sont sans papiers !  « En ouvrant la 61e édition du Festival de Cannes, le président du jury, l'acteur et réalisateur Sean Penn, avait promis un palmarès "politique". La Palme d'or décernée à la fiction documentaire Entre les murs, de Laurent Cantet, est sans doute allée au-delà de ses espérances. Un des acteurs primés à Cannes est aujourd'hui sans papiers, tout comme la mère d'un de ses partenaires à l'écran, rapporte France Info. Selon Réseau éducation sans frontière (RESF), en pointe sur le dossier des régularisations, d'autres proches de membres de l'équipe du film pourraient être dans la même situation. »
Lire la suite

Et sur l’école, toujours… 
Je conseille vivement la lecture du coup de gueule d’Antoine Prost dans Le Monde daté du 28/5 : « Un Munich pédagogique » : Une catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle. »


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 09:17

Quel déferlement ! La Palme d’Or du Festival de Cannes au film tourné avec des élèves du Collège Dolto dans le XXè, à deux pas de chez moi. Et toute la presse qui s’y précipite, retour triomphal des acteurs, journaux télévisés, première page de Libé, on annonce même la venue du Président de la République. Et le Pape, rien ?
Ne boudons pas notre plaisir, partagé avec eux : belle aventure, beau résultat, belle image d’une activité artistique menée avec des adolescents dits « en difficulté ». Belle relation entre les enseignants concernés (ou pas) et l’équipe artistique. Conséquence forte sur tout l’établissement, tout le quartier sans doute, les familles, les voisins… Bravo !

Petit rappel cependant nécessaire :

1/ des aventures de ce type, il en existe des centaines dans de très nombreux établissements. Ce sont les projets artistes et culturels menés en partenariat par des enseignants et des artistes, permettant à leurs élèves de vivre des expériences d’expression très variées. Elles n’aboutissent pas toutes (heureusement) à la dimension professionnelle voulue ici, mais provoquent au plus intime de chacun des évolutions sans doute aussi importantes. Ce sont ces activités qui manquent cruellement de reconnaissance, de temps, d’espace et de crédits pour se poursuivre et se développer. Vous souvenez-vous de la fable de l’arbre qui cache la forêt ?

2/ la surmédiatisation de la Palme d’Or appelle la plus grande vigilance et la plus grande prudence dans la gestion du phénomène. Non, les élèves concernés ne sont pas des stars ; non, ils ne deviendront pas tous comédiens ou vedettes de cinéma ; oui, on verra peut-être grossir les inscriptions dans les ateliers théâtre ou cinéma, et ce peut être une bonne chose, comme la « Star Academie » avait rempli un temps les conservatoires et les cours de chant. Et après ?
La question de l’éducation artistique et culturelle est plus complexe que cela, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler si souvent….

3/ Ne pourrait-on suggérer que dans chaque établissement scolaire, dorénavant, une « Palme » soit remise au plus beau projet artistico/pédagogique par un jury composé d’enseignants, d’élèves, de parents et d’artistes ? La cérémonie filmée par l’atelier vidéo, avec montée des marches (de l’estrade) serait disponible sur le site télévisé internet de l’établissement… Cela remplacerait la traditionnelle fête de fin d’année et se terminerait par une « teuf » géante dans le gymnase ou dans la cour, ouverte à tous les habitants du quartier… Je rêve ?


PS : Dans le grand chambardement des réflexions et prises de position sur la politique culturelle, je signale l'initiative des Editions de l'attribut qui lancent un Manifeste "Ne laissons pas mourir l’action culturelle et solidaire sous Sarkozy !"
Plusieurs centaines de signatures en quelques heures et une manifestation prévue à l'automne. A vos clavier
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 22:28
1/ Etat d’âme
On ressent comme une baisse de régime. Depuis quelque temps, moins envie d’écrire, d’alimenter ce blog avec constance. Le doute s’installe : à quoi bon ? Passée la période de découverte et d’enthousiasme, passé le temps de coups de gueule et des coups de pub, est-ce bien utile ? Allons plus loin, ces états d’âme ont-ils le moindre intérêt pour un lecteur anonyme de la blogosphère ? On peut en douter ! Et pourtant… Vous êtes une centaine d’inscrits qui recevez automatiquement un petit signe à chaque article. Vous êtes à ce jour 21246 à avoir visité le blog depuis sa création, en lisant 74305 pages. De quoi me remonter un peu le moral ! Alors, je continue, espérant toujours que vous serez, vous aussi, plus vifs dans les commentaires éventuels… En fait, n’est-ce pas le contexte général qui nous rend plus perplexe ?

2/Etat d’esprit
Voici quelques semaines que certaines revues me font signe pour avoir mon avis sur la question de l’éducation artistique et culturelle. Je réponds avec intérêt bien que me sentant un peu isolé dans les prises de paroles. Je vous livre ici en avant-première le texte qui devrait être publié prochainement dans Stradda, la revue des arts de la rue. Il exprime assez clairement mon état d’esprit actuel.

Lettre ouverte aux militants de l’éducation artistique et culturelle
… ou à ceux qui pourraient le devenir.

Chers amis,
depuis une quarantaine d’années, artistes, enseignants, responsables culturels et éducatifs, élus… nous avons participé à un mouvement important de la vie éducative et culturelle de notre pays. Dans des lieux divers (écoles, structures culturelles, associations…), nous avons travaillé à l’émergence de pratiques nouvelles de l’art dans l’éducation, à une pédagogie de projets, à l’invention de formes et de dispositifs pour que les enfants et les jeunes qui nous étaient confiés puissent, le temps d’un projet ou plus longuement, se frotter à la création artistique et, par là, se construire de manière harmonieuse. Pour cela, nous avons multiplié les initiatives, les expériences, les réflexions, les formations et les combats, notamment sur le thème du « partenariat » entre artistes et enseignants. Nous avons tenu des séminaires, des colloques, des formations, nous avons écrit des articles, des livres, des rapports, nous avons milité dans des associations, dans les administrations, nous nous sommes réunis dans des mouvements internationaux… Bon an mal an, notre projet s’est développé, prenant progressivement une place centrale dans le débat public sur la culture et sur l’éducation. Une de nos revendications principales était de voir ce thème enfin repris dans le débat politique général, afin qu’il parvienne à influencer véritablement les politiques publiques de la culture et de l’éducation. Nous sommes servis !
Lors de la récente campagne présidentielle, tous les candidats firent de ce sujet une idée-force, convenant que les politiques de la culture avaient atteint une limite que seule l’éducation pourrait permettre de dépasser désormais. Le Président élu en fit une priorité, inscrite dans les décrets d’attribution aux ministres concernés. Ceux-ci s’empressèrent de commander un rapport (le 27è, me semble-t-il) sur le sujet. Une intervention en Conseil des ministres venait confirmer cet empressement. Enfin, puisqu’il n’existe pas de politique sans circulaire, un document vient de paraître au Bulletin officiel de l’éducation nationale du 8 mai 2008 qui précise les orientations : « L’éducation artistique et culturelle doit être développée dans un objectif de généralisation à tous les élèves et à l’ensemble des cycles de formation, dans le domaine des connaissances et de la pratique artistiques. Elle doit permettre l’éveil des talents particuliers et conduire les élèves qui le souhaitent vers des pratiques artistiques d’excellence. » Ce texte décline les grands axes d’une politique à venir : « enseignement obligatoire de l’histoire des arts, évaluation au Brevet, pratiques artistiques dans l’accompagnement éducatif et hors l’école, classes à horaires aménagés, fréquentation des structures culturelles, partenariats entre établissements scolaires et culturels, ateliers de pratique, résidences d’artistes, volets artistiques et culturels des projets d’établissement, formation initiale, formation continue, convention triennale avec les collectivités territoriales… » Avouons-le, la lecture de cette circulaire laisse perplexe.
Reconnaissons aux auteurs une tentative de synthèse générale sur le sujet (tout y est et son contraire !), un engagement réel à vouloir faire évoluer ce domaine au-delà du cercle des convaincus, cependant dans une hiérarchie des priorités et dans un contexte qui ne laissent pas d’inquiéter. Pour faire court : la place principale et préalable donnée à « l’histoire des arts » apparaît comme un contresens majeur de ce que nous avons tenté de faire depuis des années. Comme s’il importait de connaître d’abord l’histoire des sports avant d’apprendre à courir, à sauter ou à nager ! Cette manière, très classique et académique (« bourgeoise » aurait-on dit, il y a quelques années !), de concevoir l’éducation artistique et culturelle correspond bien sûr à l’air du temps, au « retour aux fondamentaux », à la volonté espérée d’un « socle commun » des connaissances artistiques, au primat du savoir sur l’expérience, balayant du même coup toute approche jugée trop « pédagogique » de l’activité artistique et culturelle. Pas un mot, ici, sur la « pédagogie de projet » qui fut, pour nombre d’entre nous, aussi importante que la dimension artistique elle-même. Pas un mot, sur la dimension collective, l’apprentissage de groupe, l’entrée par l’expression et la sensibilité avant la conceptualisation. Bref, nous ne parlons pas de la même « éducation artistique et culturelle » ! De plus, le contexte général, les crédits en baisse, la réduction des horaires de l’Ecole, la restriction des financements de nombreuses activités culturelles, les difficultés des artistes intermittents, les résistances pédagogiques qui visent une éducation principalement « utilitariste »… ajoutent à notre inquiétude.
En vérité, c’est une nouvelle étape d’un combat déjà ancien qui s’ouvre désormais. Il ne s’agit plus d’imposer notre thème dans le débat public, mais d’affirmer, plus que jamais, le sens de ce que l’on nomme « éducation artistique et culturelle ». A l’heure de la grande bataille mondiale de l’imaginaire, à l’heure du consumérisme-roi, de la grande peur généralisée de l’avenir et de l’autre, à l’heure où le « principe de précaution » voudrait être appliqué partout, y compris à l’éducation… nous devons réaffirmer l’importance de la pédagogie active, de l’expression personnelle, de la solidarité dans l’aventure artistique et pédagogique, notamment pour les enfants issus des milieux les plus éloignés de la chose culturelle ; rappeler la complexité des œuvres, comme l’incertitude du travail artistique et le tâtonnement comme principe d’apprentissage. Redire l’indispensable approche sensible dans la formation des générations futures, mais aussi l’acceptation et la maîtrise de l’incertitude qui régit la création artistique. Ces ambitions ne peuvent se réduire à un enseignement, aussi utile soit-il, de l’histoire des arts. Elles appellent des initiatives, des engagements, des évolutions dans les pratiques pédagogiques comme dans les actions culturelles. Elles appellent du temps, des espaces et, bien entendu, moyens financiers et humains. Elles appellent enfin, et peut être surtout, une formation constante de tous les acteurs concernés.
Soyons francs et peut-être un peu malins : la circulaire en question pourrait être un outil efficace à qui sait s’en servir. Pas d’histoire des arts sans rapport aux œuvres, développement de la pratique et des sorties, création de postes de médiateurs, formations initiales et continues, projets d’établissement, partenariats, conventions avec les collectivités territoriales… Soit ! Il serait bon de prendre ce texte aux mots, du moins ceux qui nous conviennent, et de faire de ces éléments le cœur de nos combats à venir. Comme il était dit dans une époque désormais « liquidée » : le combat continue !

3/Etat des lieux
Avez-vous lu… ? Que désormais il sera possible de séparer les garçons et les filles dans les établissements scolaires ? Le Monde du 23 avril : « Extrait : Le Parlement vient d'adopter, subrepticement, une disposition dangereuse pour le modèle républicain. Une fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive européenne, le gouvernement français vient de faire adopter par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité à l'école. Aucun ministre de l'éducation, aussi réactionnaire fût-il, n'aurait eu « l'audace » d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce que par voie de circulaire, la possibilité d'organiser « des enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe » sans s'exposer à la foudre des organisations laïques et des syndicats de l'enseignement »

4/ Et un coup de chapeau
A mon ami Robin Renucci. Président du jury de l’éducation nationale au Festival de Cannes, il rappelle avec calme et simplicité la dimension politique de toute œuvre d’art. On écoute ici.

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Publié dans : ACTUALITES

Catégories

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés