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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 15:34
"Tout le monde peut faire du théâtre, même les acteurs. On peut faire du théâtre partout, même dans les théâtres!"

"Nous devons, très cordialement, rappeler à nos présidents que la politique n’est pas l’art de faire ce qu’il est possible de faire, mais l’art de rendre possible ce qu’il est nécessaire de faire !"


"Marcher n’est pas facile ! Les sociétés bougent par le rapport de forces et non par le bon sens et la justice. Nous devons avancer et, à chaque pas, avancer plus dans la tentative d’humaniser l’humanité. Il n’existe pas de port sûr dans ce monde, parce que tous les ports sont en haute mer et notre navire a un gouvernail, mais pas d’ancres. Il faut naviguer, et plus encore il faut vivre, parce que naviguer, c’est vivre, vivre, c’est naviguer !" A.B


Jean-Gabriel Carasso / Augusto Boal Brésil 1980

Augusto Boal, humaniste, militant, homme de théâtre, est mort hier à Rio-de-Janeiro. D’autres diront le parcours exceptionnel de cet ingénieur chimiste devenu homme de théâtre, praticien et théoricien du «Théâtre de l’Opprimé» au Brésil avant d’envahir le monde. On racontera l’influence du Théâtre Arena dans les années 60, avant que la dictature brésilienne et la torture ne le poussent à l’exil en Argentine, puis en Europe, avant son retour à Rio dans les années 80. On analysera l'importance majeure de son "système" (pensée et pratique) théâtral, élément singulier du théâtre de ce dernier demi-siècle, dans sa dimension citoyenne et politique...
Mais à cet instant d’émotion, c’est un témoignage personnel qu’il me faut livrer, en guise d’hommage et d’adieu. J’ai rencontré Augusto Boal au début des années 70 à Paris, lors de la présentation de son livre «Théâtre de l’Opprimé», aujourd’hui traduit dans le monde entier, et de sa décision de former en France un groupe de recherche sur ce que nous nommions alors les «techniques actives d’expression». De 1978 à 1985, avec quelques amis, nous avons fondé à ses côtés à Paris le «groupe Boal, Théâtre de l’Opprimé», réalisé en France de très nombreux stages de formation, des rencontres, des spectacles, mené plusieurs voyages à travers le monde, expérimenté les formes les plus diverses de «théâtre forum», du «théâtre image», du «théâtre invisible»… Dans des salles de classe, des églises désaffectées, des réunions militantes et jusqu’au Théâtre du Soleil, nous avons inventé, expérimenté, osé avec lui des aventures inouïes, aux limites du «théâtre», invitant le spectateur à devenir acteur, brisant le mur traditionnel de la scène et de la salle, mettant en place les cadres d’une parole libérée…
Je me souviens du premier Congrès du Syndicat de la magistrature et de ce «théâtre forum» qui modifia l’élection du Bureau ; je me souviens de ces travailleurs maliens jouant dans une cave de Mantes-la-Jolie ; je me souviens des premiers «spectacles-forums» à la Villette et de notre débat avec Bernard Dort sur les mérites comparés de Boal et de Bertolt Brecht ; je me souviens du «Fools Festival» au Danemark et de ce spectacle en gromelots ; je me souviens de l’accueil par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, des premières rencontres internationales du théâtre de l’opprimé ; je me souviens du «théâtre-image» dans le métro parisien ; je me souviens du stage surréaliste avec les jeunes comédiens à Hammamet en Tunisie ; je me souviens des voyages en Suisse, au Québec, à l’Ile de la Réunion… ; je me souviens de la tournée au Brésil, du retour de Boal au pays après ses années d’exil avec des comédiens français, de ces séances extraordinaires à Rio, à Sao Paolo, à Recife (et de l’appel de Don Helder Camara pour que les gens viennent assister au spectacle dans l’église !) ; je me souviens de l'émotion considérable des "spectacteurs" de Montréal, de l'Ile de la Réunion, de la Chaux de Fonds... ; je me souviens du premier festival francophone de théâtre forum - Francoforum - que nous avions organisé à Ouagadougou, quelques mois à peine après la chute du mur de Berlin, et de sa découverte de la réalité africaine...
Nous avions rêvé alors d’un développement massif de ces pratiques à travers le monde, d’un mouvement théâtral international qui reprendrait, sans que cela ne devienne un dogme, les idées et les propositions de  cette utilisation du théâtre comme outil d’expression, de dialogue et de lutte contre toutes les formes d’oppression. Trente années plus tard, nous y sommes ! Aux quatre coins du monde, sur des territoires et dans des contextes très différents, dans des perspectives d’éducation, de travail social, de travail thérapeutique, d’action politique… le «théâtre de l’opprimé» est désormais utilisé, revendiqué, réinventé par d’innombrables groupes et individus. Je pense à mes amis français d’Entrée de jeu, à mes camarades africains de l’Atelier théâtre Burkinabé de Ouagadougou, je pense à ceux du Québec, aux Belges, aux milliers d'Indiens… et à tous les autres qui travaillent à travers le monde en référence à ces principes.
Pour Augusto Boal, la vie fut un combat sans cesse recommencé, sans cesse enrichi d'innovations et de pistes nouvelles à explorer. Profondément marqué par l'oppression subie à l'époque de la dictature brésilienne, toujours fidèle à ses camarades morts dans les combats de la résistance - il en pleurait encore devant moi il y a quelques semaines, évoquant un ami argentin- il n'a cessé de parcourir le monde, pour former, informer, s'informer, initier et soutenir les luttes contre toutes les oppressions. Par son apport, à la fois pratique et théorique, poétique autant que politique, résolument humaniste et militant, Augusto Boal aura su mobiliser d’innombrables énergies, au service de la libération des hommes (et des femmes).
Il restera comme l'une des figures internationales marquantes du théâtre de notre époque, mais plus largement du combat pour l'humanité du monde. Il avait été proposé l'année dernière pour un prix Nobel. Il venait d'être nommé "Ambasadeur mondial du théâtre" pour l'Amérique latine par l'Institut international du théâtre de l'Unesco et avait rédigé, il y a quelques semaines, le message de l'UNESCO pour la journée mondiale du théâtre qu'il avait lu, lui-même, à Paris. Ce fut donc son dernier voyage. Et notre dernière rencontre, amicale, chaleureuse, émouvante.Il aura changé la vie de nombre d’entre nous. Il aura changé ma vie ! Merci et fraternité !


Augusto Boal. UNESCO Paris Mars 2009

Quelques références :
« Texte pour la journée mondiale du théâtre 2009 »
« Discours d’Augusto Boal au Forum social mondial 2009 »
« Site officiel du Théâtre de l’Opprimé »


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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /2009 19:55
 " Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".

La réponse est ici
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /2009 00:54
Les "Molières" ont été remis dimanche dernier.
Signaler ici que notre ami David Lescot a obtenu le Molière de la révélation théâtrale pour son spectacle "La Commission centrale de l'enfance", dont nous avons récemment réalisé le DVD.
Informations ci-contre...
Félicitations

Le spectacle sera repris à la rentrée au Théâtre de la Ville.
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 20:50


Depuis Magritte, (« Ceci n’est pas une pipe ») la pipe n’avait connu un tel honneur ! Elle retrouve aujourd’hui le devant de l’actualité, grâce au zèle des services de pub de la RATP, qui viennent de refuser d’afficher Jacques Tati muni de sa célèbre bouffarde (qu’il n’allume jamais, dans aucun de ses films !) sur les murs du métropolitain, dans une affiche consacrée à l'expo de la Cinémathèque.
Les responsables de la Cinémathèque ont donc transigé : un petit moulin à la place de l’engin sur les affiches du métro et des bus. Petite concession lourde de conséquences. Pas forcément celles que l’on imagine. Certes, on pourrait s’offusquer de cette reculade, crier au scandale, protester contre l’absurdité de cet acte, hurler à la braderie de notre patrimoine cinématographique… Tout cela serait parfaitement justifié. Mais enfin…
Qui aurait pu espérer une telle publicité donnée à cette exposition (que je vais m’empresser d’aller voir) ? Le « buzz » énorme provoqué par l’affaire : tous les journaux, toutes les télévisions, d’innombrables sites, blogs et autres… en parlent désormais. Bingo ! On aurait voulu faire un beau coup de pub que l’on ne s’y serait pas pris autrement. Bravo les gars de la RATP. Continuez comme cela. Et bravo à la Cinémathèque pour l’initiative Tati, un grand homme. Nom d’une pipe !

En savoir plus sur l'expo


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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 15:29
Cette scène a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et  Londres.
Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un noir.
Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air.
L'hôtesse : « Quel est votre problème, Madame ? »  
La femme blanche : « Mais vous ne le voyez donc pas ? Vous m'avez placé à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège, s'il vous plait ! »  
L'hôtesse : « Calmez-vous, presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible. »
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard.......  

L'hôtesse : « Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe. »
Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue :  
L'hôtesse : « Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne  de classe économique de s'asseoir en première classe.
Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante. »
L'hôtesse se tourne vers le noir et lui dit : 
L'hôtesse : « Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège vous attend en première classe. »  
Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent... 

Joyeuses Pâques !

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /2009 21:59

Rejet du projet de loi sur la création sur Internet

Un député raconte :
"...Alors que j'étais ce matin dans mon bureau ou en réunion à l'Assemblée pour préparer une proposition de loi que nous devons déposer la semaine prochaine, une collaboratrice de notre groupe m'a appelé pour me signaler que le vote allait bientôt intervenir sur ce texte et que, compte-tenu du rapport de force, il y avait une chance qu'il ne soit pas adopté.
Lorsque j'ai accouru à l'hémicycle, j'ai constaté que plusieurs députés socialistes restaient groupés derrière la porte de l'hémicycle ou plus exactement derrière le rideau qui sépare le sas d'entrée du bas de l'hémicycle. J'ai évidemment compris qu'il s'agissait d'attendre là, la fin de l'intervention de la ministre pour faire une entrée groupée. Ainsi le groupe UMP se croyant majoritaire, sur la foi du décompte des députés effectivement installés à leur siège, n'allait pas tenter d'ultimes manoeuvres de procédures pour retarder le vote et «rameuter» à leur tour des députés UMP dispersés dans leur bureau...
A notre grande surprise, cette petite précaution de dernière minute a marché. Comme quoi le vote d'un texte tient parfois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !

Lire tout le témoignage

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Pour le 104 à Paris

Dès novembre dernier, nous proposions ici de faire du "Centquatre" à Paris une Cité des arts et de l'enfance. En février, nous déposions un dossier de candidature collective dans ce sens, auprès de la Ville de Paris. Nous avons reçu hier une fin de non recevoir : " Malgré l'intérêt de votre dossier... votre candidature n'a pas été retenue..."

Plus de 300 signataires avaient soutenu cette proposition.

Ceux qui souhaitent prendre connaissance du dossier déposé peuvent le TELECHARGER ICI.

La question d'une politique de la culture en direction de l'enfance dans la capitale reste posée !

A suivre...


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