COUPS DE COEUR


Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 10:18

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Notre ami Robin Renucci a été nommé hier directeur des Tréteaux de France, centre dramatique national itinérant. S'il m'arrive souvent de critiquer ici (ou ailleurs) les décisions ministérielles, avouons que celle-ci est une très bonne nouvelle. Pour lui, bien sur, puisqu'il aspirait depuis déjà longtemps à la responsabilité d'un établissement public lui permettant de mettre en oeuvre un véritable projet liant à la fois la création, la formation, la transmission et l'éducation populaire... Mais aussi pour le théâtre lui-même, qui prolonge ainsi une tradition, une éthique, un projet démocratique sans cesse renouvelé.

Acteur populaire de théâtre, de cinéma et de télévision, Robin saura à coup sur insufler à cette institution atypique l'esprit du travail mené en Corse depuis des années, ouvert sur la diversité des talents et la fédération des énergies.

Bravo donc. Champagne ! Et bon vent aux Nouveaux Tréteaux de France.

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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 18:30

Le Théâtre du Soleil lance un appel que l'Oizeau se fait un plaisir de relayer...

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"...La Grande Nouvelle, joyeuse, monumentale, cinématographique :

Le Temps se venge toujours de ce qu’on fait sans lui.
(Un de nos proverbes favoris)

Oui, vous avez bien lu, nous faisons un film avec Bel Air Media, d’après notre spectacle. Ce film se veut non seulement un hommage aux pionniers du cinéma, mais un salut à tous les pionniers futurs de notre société. Le tournage a commencé en mars, mais pour des tas de raisons techniques et d’organisation, c’est cet été qu’il se poursuivra. En effet, bien que nous ayons obtenu un budget déjà conséquent, nous avons pris conscience que nous avions besoin de plus de temps pour faire "le film que nous voulons faire", celui de nos rêves. Et pour cela, il fallait que le Théâtre du Soleil augmente sa part dans la coproduction déjà en place. Il nous fallait acquérir du temps. Comment ? Inutile de tourner autour du pot. Grâce à vous. Voilà l’idée : nous lançons une Grande Souscription, en vous proposant d’acheter, à l’avance, un DVD-Mécène du film, un DVD très spécial, très beau, numéroté, assorti de nombreux suppléments (interviews, scènes de fabrication, documents d’époque, dossiers, etc). Un DVD qui fera de vous les mécènes du film, les indispensables complices du tournage. * Et si vous voulez aider plus encore, eh bien, achetez des DVD à vos amis et faites cette propagande active que demandait Jacques Copeau à ses spectateurs, il y a cent ans déjà. Nous aurons pour cette nouvelle aventure le soutien aussi inattendu que bienvenu de la Fnac, qui nous aidera pour la diffusion, la vente, ainsi que pour l’expédition de ce bel objet à ses "acheteurs précurseurs".

 

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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 21:34

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]

Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

[applaudissements]

Muti
 : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti
 : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

 

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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 18:26

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Philippe Avron nous a quittés le 31 juillet dernier. Plus de 300 personnes, amis et familles, se sont retrouvées pour lui rendre hommage le 12 décembre au Théâtre du Soleil à Paris. Accueil chaleureux et soirée émouvante. Quelques images accompagnaient la rencontre, sur une musique de Jean-Jacques Lemêtre.

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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 21:57

baune4.jpgL’été s’achève. Les affaires reprennent. Et les grèves, les manifs, les millions d’euro de Tapie, Bettencourt, les expulsions, les sans-papiers, les sans-logis, les sans travail… La routine quoi ! Enfin, presque ! Ici et là, cependant, quelques lueurs enthousiasmantes.

Non, je ne parle pas du dernier match de l’équipe de France de foot. Encore que…

Quelques semaines déjà que je m’étais promis de vous faire part de ma grande découverte de l’été, à savoir l’inauguration dans les montagnes Corses de « La Stazzona », magnifique lieu de formation artistique et théâtrale imaginé et réalisé par Robin Renucci et son équipe de l’ARIA. Je raconte…

Robin à passé son enfance dans ces villages du Giussani, en Haute Corse. Il y a gardé un enracinement essentiel et à voulu, depuis 1998, y faire vivre des « Rencontres internationales de théâtre ». Cela fait donc 13 ans que cette aventure, portée par l’association ARIA, se développe chaque été pendant plusieurs semaines. Des dizaines de stagiaires et quelques centaines de spectateurs participent désormais à cette aventure exceptionnelle. A partir de ce projet, inscrit dans la grande tradition des stages de réalisation menés par la Jeunesse et les Sports dans les années 50/60, la nécessité d’un lieu permanent s’est imposée. Utopie absolue que de construire un tel équipement dans ces villages isolés qui ne comptent que quelques dizaines d’habitants. Et pourtant… Robin à offert le terrain, les élus locaux, la région, l’Etat, l’Europe… ont décidé d’apporter leurs concours. Et voilà l’objet :

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Pour qui visite pour la première fois ce lieu, on est frappé par la cohérence de l’espace et du projet pédagogique et culturel. Lieu de travail ouvert, invitation à la création et à l’appropriation, la Stazzona, architecture de bois, s’inscrit avec bonheur dans le paysage montagneux et rappelle, inévitablement, dans un autre temps et un autre espace, le Théâtre du Peuple de Bussang. Projet artistique autant que social, et politique.

Il faut maintenant faire vivre cet espace au-delà de l’été, le faire connaître, crier haut et fort que ce peut-être un lieu formidable de réflexion, de travail, de formation…

Bon vent à l’ARIA et à la Stazzona.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, c’est ici.

 

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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 16:43

En ce printemps triomphant, trois coups de coeur à partager...

soleil

1/ Moliere au Soleil

Le spectacle du Théâtre du Soleil a reçu le "Molière" du meilleur spectacle subventionné. Les membres de le troupe sont venus sur scène, comme il se doit, non pour remercier maman, papa, mon metteur en scène et tous ceux qui me soutiennent depuis l'enfance... mais pour lire un texte manifestement discuté et préparé. Le plus simple est de le lire. Le voici :

 

"Nous voudrions remercier les professeurs, tous ceux qui, sans se laisser décourager par la dégradation continue de leurs conditions de travail et la défiguration de leur mission, viennent chez nous avec leurs élèves, après les avoir préparés au spectacle, avec tant d’amour, de compétence et de ténacité. 

Nous voudrions remercier, parmi les fonctionnaires des ministères, des régions et des villes, ceux qui, serviteurs obstinés de la République, tentent de pallier la politique actuelle de  désengagement impitoyable de l’Etat.

Nous voudrions remercier parmi les citoyens français, ceux qui viennent nous voir dans nos théâtres, et ceux qui ne viennent pas et ne viendront peut-être jamais, mais qui, sans bouclier d’aucune sorte, payent leurs impôts, assurant bien seuls la solidarité abandonnée par les responsables au pouvoir.

Nous voudrions remercier les spectateurs. Tous ceux qui arrivent dans nos théâtres, les uns après une journée de travail parfois sans horizon, sans relations humaines dignes de ce nom, les autres mettant de côté d’autres fatigues, par exemple, celle de l’âge ou celle du handicap.

Nous voudrions remercier tous ceux, bien plus jeunes que nous, qui choisissent la route escarpée et risquée de la troupe et du théâtre populaire.

Nous voudrions remercier tous ceux qui partagent avec nous, la conviction que le théâtre est un lieu de beauté, de réflexion éthique et donc de bonheur.

Nous voudrions vous remercier de nous avoir compris."

Le Théâtre du Soleil

A l’occasion de la 24ème Nuit des Molières,

25 avril 2010

 

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2/ Le culture en archipel

Un livre de Jean-Olivier Majastre, anthropologue, qui fit il y a vingt-cinq ans une étude sur les pratiques culturelles et les modes de vie chez les jeunes en situation d'apprentissage, à Grenoble.

Cet ouvrage ressort aujourd'hui, assorti d'une préface de votre serviteur !

C'est aux éditions de l'Harmattan.

 

 

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3/ Théâtre en Mai à Dijon

Le Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national, organise du 18 au 29 Mai le festival "Théâtre en Mai", avec une programmation  alléchante. L'équipe qui entourre François Chatot est particulièrement accueillante et l'athmosphère de ces rencontres est d'une grande humanité. Je peux en témoigner. Nous y serons les trois derniers jours avec mon ami Philippe Avron.

Le programme et les infos sont ici.

 

 

 


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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 22:14
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Dans le théâtre contemporain, il y a deux catégories : le Théâtre su Soleil… et le reste !

Dans ce reste, il y a bien entendu de bon spectacles, de beaux spectacles, des spectacles intelligents, réjouissants, étonnants… Mais voilà, rien qui ressemble, de près ou de loin, au travail du Théâtre su Soleil.

Une année complète de travail, trente comédiens sur le plateau, une énergie, une générosité, une pertinence du propos qui fait que chaque spectateur est invité à mettre en jeu ce qu’il(elle) a de plus intelligent et sensible.

Un conseil, ne ratez pas la nouvelle aventure qui commence : « Les naufragés du Fol Espoir », d’après Jules Verne.

Quatre heures de voyage et de traversée de l’espace – jusqu’aux îles lointaines -  et du temps – celui des débuts du cinéma, notamment- dont on ressort la tête pleine d’images et d’émotions.

On trouvera sans doute ici ou là une difficulté, une longueur, une incertitude dans le propos, mais rien qui nous empêche de reconnaître, une fois, encore, l’une des aventures théâtrales les plus marquantes de ces quarante dernières années…

A ceux qui doute de la pertinence du théâtre à interroger le monde d’aujourd’hui, qu’ils se précipitent à la Cartoucherie !


Les infos sont ici

 

Et ce qu'en dit un grand journal du soir

 

 

 

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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 10:23
Parmi les innombrables spectacles de la rentrée, deux propositions à signaler :

1/ LA COMMISSION CENTRALE DE L'ENFANCE de et par David Lescot
est repris pour une semaine au Théâtre des Abesses (Théâtre de la Ville)
du 25 septembre au 2 octobre


"Nonchalant, tout souriant, David Lescot arrive avec sa guitare tchèque, qui, nous prévient-il, date de1964. Un souvenir de jeunesse, du temps où ses parents l’envoyaient dans l’une de ces colonies de vacances organisées par le parti communiste pour les enfants juifs. Avant lui, son père y était allé. Là bas David Lescot écoutait Joan Baez et les contest songs du temps. On lui apprenait des chansons dans le droit fil de la bonne pensée. Un peu comme chez les scouts, mais franchement plus à gauche. De toute façon, ayant réalisé dès son plus jeune âge qu’il est essentiel de ne jamais rien prendre pour argent comptant, de toujours chercher l’autre côté des choses, ses chances de se laisser embrigader étaient minimes. D’autre part, c’est sans doute là qu’est née sa passion pour la musique : il ne peut s’en passer, elle habite entièrement son œuvre. Il se souvient, il raconte, se confie, gratte tendrement sa vieille guitare rouge, chante, installe une ambiance de cabaret rêveur, attire la complicité tout autant que le rire. Défilent les airs et les chansons que l’on croyait oubliés, les histoires de balades, de soirées rigolardes, avec les copains, les surveillants. Et lui au milieu, le regard déjà bien acéré, qui observait, examinait, saisissait l’instant, en pointait les failles. Alors aujourd’hui dans son récit (Molière 2009 de la révélation) se rejoignent une forme de nostalgie souriante et d’humour mélancolique, se mêlent finesse et tendresse. Un rare enchantement."

 Colette Godard

Le DVD du spectacle avec quelques entretiens en bonus est disponible ici

2/ L'Arracheuse de temps de et par Fred Pellerin   est au Théâtre du Rond Point,
du 29 septembre au 31 octobre (18h30)

"Tout ce que je raconte a une origine réelle. Je viens d’un village où les gens parlent beaucoup.
Saint-Élie-de-Caxton n’est pas une invention de Fred Pellerin. Ce serait même plutôt le contraire. Car si cette charmante contrée québécoise n’existait pas, cet enfant du pays à la langue bien pendue qu’est l’ami Pellerin n’existerait pas non plus. Alors, bien sûr, un gars qui vous parle comme ça avec le plus grand sérieux d’un éleveur de mouches de sa connaissance qui utilise des insectes pour concocter de la bière de bibittes, et que cette boisson aurait même remplacé un temps le vin de messe à Saint-Élie, sur le moment ça laisse un peu coi. Et pourtant la bière de bibitte existe pour de vrai, c’est de l’alcool à base de fèves, une boisson locale. Les lutins aussi existent. Fred Pellerin les a vus. Il faut le croire car c’est un conteur à l’imagination formidable. Il n’invente rien, assure-t-il. C’est sa grand-mère qui lui a tout raconté. Mais à l’entendre on soupçonne qu’il ne craint pas de « brodeuriser » ses histoires désopilantes entre deux morceaux de guitare. De bien belles histoires qu’on ne se lassera jamais d’écouter. "

Pour ceux qui aiment rire, découvrir un artiste conteur exceptionnel et prolonger un voyage au Québec, à ne pas rater !
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 10:55

J'épargnerai eu lecteur mes souvenirs de vacances et la soirée diapos... Mais... Une bonne nouvelle se partage.
L’aventure s’est passée en plein mois d’août, à Fontaine Guérin, petit village d’Anjou, en face du jeu de boules et de la Superette, juste derrière l’église. Une bande de comédiens et comédiennes, jeunes, dynamiques, intelligents, généreux, déjà lassés sans doute de la course au cacheton individuel, se sont mis en tête de monter le premier Festival Nouveau Théâtre Populaire. L’un d’entr’eux avait une grand mère installée dans ce village, un grand champ derrière la maison, juste à côté du cimetière (le bruit ne dérangera personne !) Ils ont planté les tentes, monté un beau plateau en bois (ce sera le Plateau Jean Vilar), répété pendant quinze jours trois spectacles : Le Misanthrope de Molière, Roméo et Juliette de Shakespeare et Petit et Grand d’Andersen pour les enfants. Un petit tract de pub, une table à l’entrée, sous les arbres, quelques chaises, des billets d’entrée rédigés à la main, deux quartz en guise de projecteurs… Et voilà ! Cela suffit pour provoquer un moment de grâce théâtrale comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps.
De l’humour, du souffle, une manière attentive de faire entendre les textes dans leurs moindres détails, des corps en jeu sur un plateau nu, de l’invention, et manifestement un grand bonheur d’être ensemble qui se communique au public, venu chaque jour plus nombreux. Dans la grande parade des festivals d’été, rivalisant si souvent de publicité et de communication, voici une aventure naissante saisissante, émouvante et juste. Ils prévoient de revenir l’an prochain avec Le Cid et Le Songe d’une nuit d’été. Ne changez pas. On vous attend ! A suivre !
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 22:58
De juin à décembre 2008 se sont tenues à Toulouse les « Assises de la culture », nombreuses rencontres et réunions associant le plus largement possible tous les acteurs concernés par la vie culturelle. Il s’agissait, pour la municipalité récemment élue, de faire à la fois un diagnostic de la vie culturelle dans la ville et de formuler, le plus précisément possible, ce que pourrait être le projet pour les années à venir. Euréka ! Voici le projet rédigé et publié. Base de travail pour l’action municipale désormais publique. Pour ceux qui veulent en savoir plus, le projet est téléchargeable ici.
On y trouvera notamment le petit texte ci-dessous, rédigé par le rédacteur de ce blog :

Un œil sur la Garonne !
 (Retour sur une démarche singulière)

« Avouons-le ! Comme nombre d’acteurs culturels, j’étais prudent sinon sceptique devant la proposition de ces Assises de la culture à Toulouse. Partagé entre l’espoir de voir ce processus réussir et la crainte de revoir, une fois de plus, un débat aussi frustrant qu’inachevé. C’est que la démarche démocratique n’est jamais gagnée d’avance et que j’ai pu observer nombre de rencontres sur la culture qui n’avaient de participatives que le nom, ne brassant que des généralités ou des demandes corporatistes pour finir par s’enliser dans la bureaucratie  ou des décisions prises dans le secret des cabinets. Avouons-le, rien de cela n’est advenu à ce jour dans la démarche menée à Toulouse.  Trois remarques principales viennent à l’esprit au terme de cette expérience.
Constater d’abord, l’authenticité, la qualité de l’engagement et de l’écoute de chacun, élus, professionnels, participants, citoyens… lors des différentes réunions publiques ou préparatoires. Je n’oublierai pas ces salles pleines, attentives et chargées d’une recherche de sens, sur les Assises elles-mêmes au TNT, à l’Université, sur le patrimoine et la mémoire, sur la création, la formation, etc. Sans doute une légitime curiosité face à de nouveaux responsables et à une démarche peu habituelle, l’envie d’en savoir plus sur un futur esquissé au fil d’une campagne électorale, l’espoir aussi d’être (enfin) entendu. Mais surtout, le besoin de comprendre collectivement le sens même d’une politique, le contexte, les enjeux. Passer du rapport individuel au monde à l’appréhension collective et publique de questions partagées, ce fut, me semble-t-il, l’enjeu principal de ces Assises. Echanger les questions autant que les réponses, se situer dans un monde qui bouge, comprendre autant qu’être compris, c’est de tout cela dont il fut question au cours notamment des « Lundi de la culture ». C’est de tout cela, dont le champ culturel, au sens large du terme, avait manifestement un grand besoin. Rappelons que ces questionnements dépassent largement la ville de Toulouse, qu’ils sont au cœur des préoccupations nationales, voire internationales, depuis quelques années. Mais que cela soit à ce point mis en débat public sur un territoire, est une expérience rare qui ne s’achèvera pas, espérons-le, avec la fin des Assises de la culture.
Noter ensuite deux conditions importantes pour la réussite de cette démarche : le temps et la diversité des approches. Certaines villes ont réalisé des Assises concentrées sur une journée, temps fort participatif plus marqué par le souci de communication que celui de la réflexion. L’acceptation de la durée – qui paraîtra sans doute longue à certains, trop courte à d’autres - fut à mes yeux essentielle, pour pouvoir multiplier les sources d’information et de dialogue (rencontres individuelles, collectives, publiques et privées...), croiser les points de vue, ouvrir une diversité de chantiers et d’approches, associer d’autres élus, des représentants d’associations, des enseignants, des artistes... Elargir le champ pour écouter, expliquer, s’expliquer, comprendre, et laisser enfin mûrir la réflexion et formuler un projet partagé ; bref, pour instaurer un nouveau rapport avec les différents acteurs concernés, six mois, ce ne fut pas de trop ! De plus, aborder l’avenir de la vie culturelle de la cité en ouvrant le débat à la plus grande diversité des points de vue, des artistes professionnels aux militants associatifs de quartier, des universitaires aux travailleurs sociaux, des élus aux responsables économiques… c’était indiquer, dans la démarche même, que le projet culturel en gestation aurait à les concerner tous. La diversité culturelle est à l’ordre du jour, sans que l’on sache toujours très bien ce que recouvre cette notion : il était essentiel de la faire vivre, dès le départ de cette nouvelle étape de la politique culturelle de la ville.
Observer enfin qu’avec la fin des Assises de la culture, bien entendu, tout commence ! Il faut maintenant agir et c’est, évidemment, dans l’action même que ces rencontres prendront leur sens définitif. Le pouvoir politique a le devoir de choisir entre plusieurs possibles, parfois entre des intérêts contradictoires. Cette responsabilité commence dès la rédaction et la publication du présent projet, texte fondateur et de référence désormais public. Notons que très peu de collectivités se sont dotées d’un tel document qui restera comme point de référence commune à l’ensemble des acteurs de la vie culturelle toulousaine. A chacun de s’en emparer, non pour en faire un dogme mais pour s’en servir comme point d’appui pour les activités futures. Pour que ces Assises soient une réussite durable, puisque ce terme est à l’ordre du jour, il faudra mettre en œuvre ce projet de manière cohérente, à la fois innovante et réaliste, ne rien céder de la qualité des relations établies au cours de ces semaines de dialogue, ni du sens toujours réaffirmé d’une action artistique et culturelle volontaire. A chacun d’y prendre sa part, puisque ce projet n’est pas seulement le projet « de » la ville, mais bien « pour » la ville et ses habitants . Bel horizon en vérité ! 
Pour ma part, je garderai un œil sur la Garonne… » JGC

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