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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 21:13

olivier-Py.jpg

 

 

Voilà, c’est fait, il est viré ! Circulez, il n’y a rien d’autre à voir !

Voici bien longtemps que la logique, la rigueur et la transparence ne font plus partie des éléments de réflexion qui amènent l’Etat à nommer, ici ou là, tel artiste à la tête d’un établissement national. Dernier exemple donc, Olivier Py vient d’apprendre de la bouche même du ministre de la culture qu’il ne serait pas reconduit l’an prochain à la direction du Théâtre de l’Odéon. Il sera remplacé par Luc Bondy.

La question n’est évidemment pas de savoir si son bilan est positif ou pas, s’il méritait de poursuivre, quelques temps encore, la mission qui lui avait été confiée, si le Conseil d’administration avait quelques griefs à lui opposer (il semble qu’un large accord ait été exprimé il y a peu par celui-ci)… Il n’y a bien entendu aucune raison objective à cette décision, si ce n’est le fait du Prince. Je veux, j’exécute, je nomme, je licencie…

Et le suivant, sans état d’âme sans doute, heureux de cette promotion, prend évidemment le risque de se trouver remercié à son tour sans préavis et sans raison dans quelque temps. D’autant que la limite d’âge pour la direction d’un théâtre national est de 65 ans, il ne devrait donc tenir qu’un ou deux ans… A moins que la loi elle-même ne soit adaptée… Qui sait !

Disons simplement que cette manière de faire est plus que détestable, insupportable aujourd’hui. Combien de colloques et séminaires sont organisés chaque année sur le thème de « l’évaluation » des politiques culturelles, rappelant à longueur d’année que les critères de jugement, de nomination, sont parties intégrantes de la dimension démocratique d’un projet culturel et de la légitimité même de ceux qui en ont la charge. Bavardages ! Que signifie donc ce terme barbare de « démocratie » ? La culture, pour eux, c’est comme la préfectorale ! Le Pouvoir décide. Basta ! Ce n'est pas vraiment nouveau. C'est toujours aussi triste !

 

En savoir plus sur Rue 89

 

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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 21:12
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 11:28

En juillet 2010, notre ami Philippe Avron jouait au Théâtre des Halles d'Avignon sont dernier spectacle : "Montaigne, Shakespeare, mon père et moi".

Le texte n'avait pas encore été publié. C'est désormais chose faite, grâce aux excellentes editions Lansman.

L'ouvrage se trouve en librairie, ou directement auprès des éditions Lansman.

couv-Montaigne-def.jpg

On peut aussi le commander auprès de l'association "Les amis de Philippe Avron" (20 rue de la Justice 75020 Paris)

en envoyant un chèque de 10€. Le livre est éxpédié dès réception du règlement.

Bonne lecture !

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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 15:33

 

Image 1-copie-3

 

Rencontres publiques

LA BATAILLE DE L’IMAGINAIRE 4

 

« La culture pour qui ? (2) »

 

Parce que le monde change…

Les notions mêmes d’art, de culture, d’identité et de diversité

culturelle sont incertaines… Les enjeux de la culture méritent

d’être redéfinis et partagés…

La Maison des métallos, les éditions de l’Attribut

et l’association Les Rencontres d’Archimède

mènent ensemble une série de rencontres publiques

sur le thème : LA BATAILLE DE L’IMAGINAIRE.

  En 2009 paraissait aux éditions de l’Attribut

l’ouvrage La Bataille de l’imaginaire,

livre collectif réalisé sous la direction de Cécil Guitart.

Ces rencontres entendent poursuivre et prolonger ces réflexions,

les mettre en partage et contribuer ainsi à l’indispensable

débat public sur ces questions.

 

Après « Culture et politique : où est le problème » (octobre 2010),

« Culture et Internet : où est le problème ? » (13 décembre 2010),

« La culture pour qui ? Pour tous ? Pour chacun ? » (7 février 2011)…

 

Quatrième rencontre :

Lundi 28 mars 2011 (de 19 à 21 h )

 

« La culture pour qui ? (2) »

entre élitisme et populisme,

quelle(s) nouvelle(s) voie(s) ?

 

Le constat sur les limites des politiques culturelles

traditionnelles semble désormais partagé.

En vérité, depuis longtemps, entre démocratisation et démocratie,

entre excellence et popularité, entre offre artistique et demande sociale,

entre universalité et diversité…

le monde des arts et de la culture balance,

se cherche, parfois se déchire.

Pourtant, ici et là, des voies nouvelles s’ouvrent,

qui tracent des perspectives et offrent des chemins pour l’avenir.

Quelles sont-elles ? Quels en sont les enjeux ?

 

 

Avec la participation de :

 

Gérard Noiriel
 : historien, directeur d’études à l’EHESS

(Ecole des hautes études en sciences sociales)

 

Florence Castera : Conseil en ingénierie sociale à A FAIRE, A SUIVRE…,

ancienne Secrétaire générale de la Comédie-Française,

ex responsable  du Département Culture, Enfance, Environnement

à la Fondation de France.

 

 

Débat animé par Jean-Gabriel Carasso et Philippe Mourrat

 

 

 

La cinquième rencontre aura lieu le 30 mai 2011

94 rue Jean-Pierre Timbaud - 75011 Paris

Tél. : 01 47 00 25 20 (réservation conseillée)

Entrée libre

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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 10:10

terrasse.jpg1/ Le journal La Terrasse est distribué gratuitement dans de très nombreux théâtres.

Un n° spécial vient d'être consacré aux formations artistiques, dans lequel vous trouverez notamment un bref entretien avec le rédacteur de ce blog...et mes amis Robin Renucci, Jérôme Thomas...  C'est ici .

 

ministres.jpg

2/ A quoi sert un ministre de la culture ? L'excellent blogueur "La Cité des sens" nous invite à réfléchir à cette question essentielle en diffusant quelques images surprenantes. C'est ici.

 

3/ Il a été question d'un débat à la Villette, début février, sur "la culture pour chacun...". Débat organisé par le ministère de la culture, bloqué par les syndicats... J'ai eu la curiosité de jeter un oeil ( et une oreille) sur les discours d'introduction. Je vous conseille vivement l'écoute de celui de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique et social, avec lequel, à part son enthousiasme sur la politique de l'éducation artistique actuelle,  je découvre que je partage nombre d'analyses.C'est à la fin de la vidéo qui suit.

C'est ici

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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 18:33

georges-Michel.jpgJe ne voudrais pas tranformer ce blog en carnet nécrologique, mais la vie est ainsi faite que les départ s'accumulent et méritent, chacun, un salut fraternel. Dernier en date, appris par hasard dans un journal du soir, le décès de Georges Michel "horloger écrivain". Lorsque j'ai connu Georges, dans les années 70, il était horloger dans le bas de la rue de Belleville et venait chaque dimanche avec sa femme faire le marché sur la Place des Fêtes. Nous nous retrouvions pour un appéro rituel au Belvédère... Personnage hors norme, autodidacte, pendant dix ans il s'était mis à écrire des pièces de théâtre dans son arrière boutique. Jusqu'au jour où une amie fit part à Jean-Paul Sartre de cette situation et permis la rencontre entre les deux hommes, liés ensuite d'une longue amitié. Georges a raconté cela dans un livre publié après la mort de Sartre : " Mes années Sartre, Hachette, Paris, 1981." Voir itw sur le site de l'INA

Il se fit connaître au théâtre par la publication et la réalisation de plusieurs pièces "Les Jouets", "La promenade du dimanche", "L'Agression" "Un petit nid d'amour"... qui furent jouées notamment au TNP. Nous avions rêvé un temps ensemble d'ouvrir un lieu alternatif de spectacle, sans y parvenir. Il le fit donc seul, avec un ami à lui, ce fut "La cour des Miracles" au pied de la tour Montparnasse, restaurant theatre qui connu son heure de gloire. Il ne cessait pas d'écrire entre deux réparations de montres, y compris dans sa dernière boutique à Montparnasse où je passais le voir de temps en temps. Mais il ne concevait l'écriture que pour la scène et le jeu, mais aussi pour l'engagement. N'étant plus joué, et voyant le théâtre se tourner vers le spectacle et la starisation croissante, il cessa d'écrire et se tourna vers la peinture...

Nous nous étions perdu de vue depuis quelques années... avec regret.

A ma connaissance, pas un journal n'a rendu compte de son décès...

Salut Georges !

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 23:00

MetallosLa salle était archicomble ce lundi 7 février à la Maison des Métallos pour la troisième rencontre autour de « La Bataille de l’imaginaire », portant sur la question : « La culture pour qui ? Pour tous ? Pour chacun ? » Est-ce à dire que la question démocratique et sociale intéresse plus que les nouvelles technologies ? Sans doute. Mais surtout, les éléments du pugilat étaient réunis : une polémique violente autour du texte sur « La culture pour chacun » diffusé il y a quelques semaines, un « forum national » organisé par le ministère de la culture sur ce thème quelques jours avant, une riposte vigoureuse des syndicats qui appelaient à bloquer le-dit forum… et la présence annoncée du conseiller du ministre, co-auteur de la note en question face à la secrétaire nationale à la culture du Parti Socialiste. Le ministère de la culture était venu en force, j’y ai retrouvé nombre de fonctionnaires connus dans une autre vie. Le Parti socialiste, les syndicats et associations étaient également présents. Il allait y avoir du sang !

C’était mal connaître l’esprit d’ouverture et de sérieux d’Archimède et de ses acolytes des éditions de l’Attribut et de la Maison des Métallos, et la maîtrise tranquille de l’animateur dont j’ai oublié le nom. De sang, il n’y eu pas. Juste un débat démocratique et public sur la question posée, à savoir : quels sont les enjeux qui se cachent derrière cette polémique ? Vrai ou faux débat ? Véritable fracture idéologique ou simples malentendus ?

Après avoir entendu Francis Lacloche, conseiller du ministre, Sylvie Robert, secrétaire nationale du PS, mais également Jean-Claude Wallach, auteur de « La culture pour qui ? » et Daniel Conrod, rédacteur en chef adjoint à Télérama… Je retiens quelques éléments principaux.

 

1/ D’abord la sensation d’un amateurisme confondant du cabinet ministériel et d’une maladresse inouïe dans la rédaction et la formulation de cette « culture pour chacun ». Au fond, à entendre les justifications du conseiller - courageux, notons-le, de se prêter ainsi au débat – on est frappé par la naïveté du propos plus que par sa prétendue dimension idéologique. En vérité, nombre d’idées et de pratiques défendues par lui sont aussi les nôtres, je pense par exemple à la Charte de coopération culturelle de Lyon, que j’ai personnellement souvent citée en exemple, ou encore le travail de Culture Commune dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Mais en voulant rassembler ces expériences dans un concept théorique qui relève plus de l’agence de communication que d’une réflexion sérieuse sur l’action culturelle, l’effet produit est évidemment catastrophique. Ajoutons à cela le contexte politique général et le peu de légitimité accordée à l’engagement culturel de nos dirigeants… et l’on comprendra que le débat engagé soit, pour l’essentiel, stérile. Pire, en s’y prenant aussi mal, le ministère vient d’affaiblir en vérité tout un pan de l’action culturelle qui mérite effectivement soutien et développement. Paradoxal !

 

2/ A la manière d’une campagne électorale ébauchée, Sylvie Robert nous a proposé une analyse critique du texte en question, point par point, récusant à la fois le diagnostic de base, le fameux « échec de la démocratisation » ; l’opposition « pour tous/pour chacun », vision binaire et non dialectique de la réalité ; l’absence de référence aux collectivités territoriales, désormais émancipées de l’Etat en matière culturelle ; le double langage autour de l’éducation artistique, annoncée comme priorité et largement affaiblie sur le terrain ; insistant enfin sur le principe d’opposition des catégories et des acteurs, là où il faudrait rassembler et unir… Rien à sauver, de son point-de-vue, dans la formulation ministérielle, pas même une intention cachée, une ébauche de critique des pratiques dominantes… Rien ! Ce faisant, elle produit également un discours binaire, sans nuances, à mes yeux affaiblit. Dommage ! Pour les propositions et le projet, il faudra attendre encore un peu, que le travail d’élaboration collective du Parti socialiste porte ses fruits. Soit, espérons !

3/ Heureusement, les regards extérieurs, ou moins engagés directement dans l’action politique, nous ont apporté quelques éléments de réflexion utiles.

De Jean-Claude Wallach, on retiendra le détour par la grande question de la définition même de « la culture », sans cesse mouvante, et le rappel de la rupture historique de 1959 qui vit la création d’un ministère des « affaires culturelles » séparé d’une administration en charge de la jeunesse, de la vie associative et de l’éducation populaire. Source de tous nos maux ! On pointera l’affirmation, indispensable, que le projet de « démocratisation » culturelle – jamais formulé par Malraux – consistait au mieux à rendre « disponibles » les œuvres d’art pour « le plus grand nombre », et non à toucher une majorité statistique de citoyens. L’enquête sur les « pratiques culturelles des Français », qui sert désormais de mesure et d’évaluation de la « démocratisation » n’a jamais été conçue pour cela. Nous avons affaire à un détournement d’outil sociologique à des fins politiques. Vaste manipulation, en somme ! Enfin, il soulève avec raison que le débat en cours pose en vérité les questions déjà très anciennes des relations entre l’art et le pouvoir, de la légitimité des politiques publiques de la culture, et plus encore de l’utilité et de la justification même d’un ministère de la culture dans le contexte actuel de décentralisation avancée. Vastes débats !

 

4/ Mais c’est Daniel Conrod qui nous a offert l’analyse la plus touchante, voire la plus pertinente. En tout cas la plus stimulante. Trois questions principales se posent à notre monde, nous dit-il : comment faire société dans une période de développement croissant de l’individualisme de masse ? Comment maîtriser, si cela se peut, la question du numérique, à savoir qui communique avec qui, face à un écran ? Quoi faire face à la financiarisation galopante du monde et du réel ?

A ces questions, fondamentales, la formulation du ministère de la culture sur « la culture pour chacun » ne fait qu’apporter une réponse de peur, évacuant ces problématiques de fonds. L’obsession pour la dimension locale, territoriale, de proximité lui semble exactement inverse à la nécessité d’une prise de distance, d’un décalage avec le monde pour mieux le percevoir et donc le maîtriser. L’idée que l’art actuel participerait de l’intimidation sociale lui semble profondément erronée, lui qui s’est personnellement « désintimidé » de son milieu social populaire précisément par la fréquentation artistique. Par ailleurs, le texte proposé lui paraît être l’illustration du triomphe – regretté – de l’ingénierie culturelle sur la conduite des politiques de la culture. Enfin et surtout, outre le fait que ce type de débat ne rassemble que des personnes d’un certain âge, nous manquons aujourd’hui des outils intellectuels nécessaires pour appréhender une réalité nouvelle qui émerge.

 

De ces réflexions, concluons provisoirement que le débat, même s’il manque d’outils nouveaux et d’une jeunesse engagée, voire contestataire, mérite d’être mené, voire poursuivi. C’est en tout cas ce que nous ferons dès le 28 mars prochain pour la 4è rencontre à la Maison des Métallos, autour notamment de Gérard Noiriel, historien, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. A vos agendas !

 

 

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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 12:04

Reçu aujourd'hui ce témoignage d'une passagère en route vers Bamako. Que ferions-nous dans cette situation ?

expulsion.jpg
"Voilà l'expérience que je viens de vivre.
Le 20 janvier, je prenais l'avion à Roissy pour rentrer à Bamako, au Mali où je vis actuellement. L'avion était prévu à 16 h 05, ... il est parti à 20 h 45. Que s'est-il passé pendant ce temps ?
D'abord nous n'avons pu embarquer qu'après une attente de ¾ d'heure... c'est tellement habituel qu'on n'y a même pas prêté attention. On s'installe dans l'avion normalement (250 passagers) et tout à coup un homme avec un brassard de la police arrive et distribue à certains passagers un trac en leur demandant de le faire circuler aux autres. Imaginez l'interrogation des passagers non francophones. Voilà quelques passages du texte :
« Vous avez peut-être été sollicité... pour vous opposer à l'embarquement d'un personne expulsée de France... qui embarquera sur ce vol.... La décision de reconduite est un acte légitime de l'Etat Français... Le délit (empêcher l'expulsion) sera puni d'une peine de 5 ans d'emprisonnement et 18000 euros d'amende, etc. »
De plus, le policier nous a précisé que l'expulsé allait manifester son opposition en criant, en hurlant, en se débattant et de s'excuser pour le désagrément... que cela ne durerait que 5 minutes et qu'après le départ de l'avion tout serait terminé.
L'expulsé est arrivé, encadré par la police et a commencé a hurlé :
« Lâchez moi, je veux pas partir... »
Aussitôt, certains passagers se sont levés, indignés par la scène imposée. Le personnel d'Air France ainsi que les policiers présents leur ont intimé l'ordre de s'asseoir sans quoi l'avion ne partirait pas et que tous les passagers seraient débarqués. Il faut préciser que jamais on n'a su les raisons de son expulsion. Devant la détermination des passagers révoltés, le commandant de bord a pris la décision de reconduire l'avion au parking et appel a été fait à la police.
On a vu tout à coup surgir une vingtaine de CRS casqués, matraque et bouclier à la main défilant en file indienne dans les travées de l'avion et se tenant, chacun à l'épaule du précédent. Jusque là tout le monde avait été très digne, mais là le débarquement de la force publique dans l'étroit espace devenait des plus comiques et pourtant on avait pas envie de rire. Les passagers qui s'opposaient à l'embarquement de l'expulsé ont été évacués de l'avion. Précision importante : le premier policier qui est intervenu (en distribuant les tracts) photographiait tout le monde en interdisant à qui que ce soit de filmer ou photographier. Un passager a d'ailleurs été expulsé pour cette seule raison. Je n'ai pas pu photographier, mais rien ne m'interdit d'écrire.
J'ajoute qu'un CRS a filmé toute la scène d'expulsion des passagers.  Une famille de maliens, les parents et 3 très jeunes enfants, est descendue de l'avion pour avoir manifesté verbalement leur opposition. Les 3 bébés n'ont pas pu manger et dormir pendant toute la durée de l'intervention (environ 4 heures). Le père était choqué par le déploiement des forces militaires devant de si jeunes enfants. Sur ordre du premier policier, les CRS se sont saisi des passagers assis qui avaient simplement manifesté leur indignation verbalement. On nous a demandé qui avait encore quelque chose à dire :
« Si vous n'êtes pas d'accord, descendez ! »
Il faut bien avouer que devant une scène aussi immonde, devant un tel déploiement de la force on (je) manque terriblement de courage. On se dégonfle et on a honte. Et on se sent extraordinairement impuissant devant « le savoir faire français en matière de maintien de l'ordre ». J'ai pensé aux gens qui, pendant la dernière guerre, étaient témoins des actions de la police de Vichy. Que faire, que dire devant un fusil ou une matraque, ou les aboiements des policiers ?
Quoi qu'ait fait cet homme, on n'avait pas à prendre 250 passagers en otages, sans leur donner les raisons de cette décision. Pourquoi ne pas nous avoir averti avant l'embarquement ? Nous aurions pu prendre notre décision en toute liberté : on cautionne, on embarque ; on ne cautionne pas, on prend un autre avion.
Pendant ce temps, des familles, des amis... nous attendaient à Bamako. Heureusement le téléphone fonctionnait. Mais que disait Air France sur son site :
« En raison de problèmes techniques l'avion a dû faire demi-tour. » 
Devra-t-on déposer plainte contre Air France comme certains l'ont fait pour les actions de la SNCF ?
Les passagers contestataires débarqués, l'expulsé a continué à protester... puis finalement a été reconduit à terre. Mais les passagers contestataires ont refusé de donner leur identité ; donc on a dû faire l'inventaire de ceux qui restaient dans l'avion et ensuite décharger tous les bagages pour en extraire ceux des débarqués. Tout ça pour ça !
Combien a coûté cette scène immonde, en argent, en stress, en mobilisation policière inutile. Car ces gens qui ont été évacués de l'avion ne sont pas des bandits, ni des rebelles, encore moins des terroristes, mais simplement des gens qui se sont indignés... N'a-t-on plus le droit aujourd'hui de s'indigner en France ?
Inévitablement des slogans radicaux ont surgis : les blancs dans leurs pays, les noirs en Afrique... De tels évènements ne peuvent qu'exacerber les extrémismes. Alors ne nous étonnons pas des prises d'otages. À mépriser des peuples, à les humilier, on ne peut qu'obtenir des révoltes aveugles et incontrôlées.
Cet évènement auquel j'ai assisté ne m'inspire pour le moment qu'une seule réflexion :
« J'ai honte, et je suis en colère. »

 

En savoir plus et voir des images sur le site des Inrocks

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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 21:56

Le débat s'amplifie sur "la culture pour chacun".

sylvie-robert.jpg

Aujourd'hui, un texte musclé de Sylvie Robert, secrétaire nationale à la culture au PS sur Médiapart :

 

"La culture pour chacun, bonsoir ! Depuis la note rédigée par deux conseillers de Frédéric Mitterrand et sa traduction en directive nationale d'orientation pour 2011, la «Culture pour chacun» était censée être un «axe structurant» de la stratégie du ministère de la Culture et de la Communication. Mais très vite, sous le flot des critiques, le ministre a noyé son slogan dans un gloubi-boulga marketing, et le forum national qui va avoir lieu vendredi 4 février 2011 à la Villette est devenu «Culture pour chacun, culture pour tous et culture partagée». La confusion est désormais totale. Et pour cause !

La citation empruntée à André Malraux, incontournable référence culturelle de la droite française, est particulièrement mal choisie. D'abord, parce que quand il s'adresse à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 1966, Malraux a une grande ambition : traduire budgétairement ses orientations politiques. Or, la «culture pour chacun» sert surtout à justifier la baisse de financements de l'Etat. Ensuite, parce que pour Malraux, la définition de la démocratisation consistait à mettre à disposition des œuvres, c'est-à-dire à développer une politique de l'offre basée entre autres sur des équipements culturels - notamment par les maisons de la culture, les fameuses «cathédrales». Toute sa politique était sous-tendue par l'idée que la transmission culturelle fonctionnait par le seul pouvoir de révélation de chaque œuvre. Un  pouvoir de «révélation» qui a du même coup écarté (à tort) de son champ l'Éducation nationale, l'éducation populaire... et a montré ses limites, comme l'attestent les faits, les enquêtes et les études actuelles sur la diversification de la composition des publics.

Il ne reste donc de la «culture pour chacun» qu'un slogan, dévoyé et décontextualisé, labellisé  «Malraux». Le procédé est récurrent. Le président de la République y a déjà eu recours en citant «la politique de civilisation» d'Edgar Morin et «l'identité n'est pas une pathologie» de Claude Lévi Strauss, auteurs résumés, récupérés et réduits à un simple argument d'autorité ou à ce que les Anglo-Saxons appellent le name dropping....

 

lire la suite

 

Et un contrôle des connaissance indispensable pour poursuivre le débat sur l'excellent blog de la Cité des sens

en attendant la journée du 4 qui s'annonce chaude à la Villette, et le débat du 7 aux Métallos

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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 11:04

Aujourd'hui dans Libération, se trouve publié le texte ci-dessous, dans le programme des Etats Généreaux du Renouveau auxquels je participerai demain.

Cecil-Guitart.jpg

Acteur engagé, militant déterminé de la cause éducative et culturelle, il aurait voulu participer à ces Etats généraux du renouveau de Marianne/Libération, apporter une fois de plus son concours à la réflexion collective, défendre quelques idées simples sur l’engagement citoyen, la solidarité et la justice sociale, l’importance du livre et de la lecture, l’attention aux autres, notamment à l’Afrique. Il aurait voulu redire sa conviction qu’une autre politique éducative et culturelle était possible, plus ouverte, plus généreuse, plus juste, plus audacieuse. Il aurait voulu être présent, d’autant plus que cette rencontre se tient à Grenoble, sa ville d’adoption « ville ouverte, ville far-west, ville où l'innovation est possible à tous les coins de rue, même si ce dernier point tend à s'estomper… » Dans toutes ses responsabilités, comme bibliothécaire, directeur des bibliothèques puis élu à Grenoble chargé « du développement culturel et solidaire », en passant par ses nombreuses activités associatives (Culture et développement, Peuple et Culture, les Rencontres d’Archimède…) ou institutionnelles (au cabinet de Jack Lang, à la direction de Livre, à la DRAC du Limousin, au Musée des Arts Africains et Océaniens, à l’Université…) Cécil Guitart aura laissé la trace d’un homme de constance et de convictions. Et j’ajoute, de rire et de bonne humeur ! Fils de réfugié politique anarcho-syndicaliste espagnol-catalan, «  j'ai gardé du caractère catalan, une vision baroque du monde et le sens de l'organisation, de l'engagement et le respect de la parole donnée », il puisait dans ces origines une liberté d’esprit, un optimisme réaliste, le refus de la compromission et le sens de la durée. Il savait que le combat pour l’éducation et la culture, dans lequel nous étions engagés ensemble, serait une longue aventure proche du marathon qu’il aimait courir. Il s’inscrivait dans la continuité de l’esprit grenoblois combattant de l’après-guerre - les « équipes volantes » des maquis du Vercors - qui anima notamment Joffre Dumazedier pour la création, dès 1944, de l’association d’éducation populaire Peuple et culture. Il était fier, plusieurs années plus tard, de pouvoir en assurer la présidence. Il poursuivait aussi les combats de Bernard Gilman et de René Rizzardo, ses prédécesseurs adjoints au maire de Grenoble chargés de la culture, avec lesquels ils formaient un trio complice d’activistes et de précurseurs culturels influents. Cécil Guitart nous a quittés brutalement, un soir de décembre dernier. Il aurait voulu être là, pour mener cette «  Bataille de l’imaginaire* » qui lui tenait à coeur. Nous lui dédierons notre intervention, poursuivant l’esprit d’ouverture et de proposition des Rencontres d’Archimède dont il fut le récent président. En vérité, il sera là !

JGC

 

Et pour ceux qui n'y seront pas, le résumé de mon intervention :


   Logo-Archimede.jpg Culture et éducation :

il faut mener la bataille de l’imaginaire.

 

* L’association « Les rencontres d’Archimède » est constituée par un collectif de responsables culturels, soucieux de d’échanger sur leurs pratiques et leurs conceptions de l’action et des politiques culturelles. Depuis de nombreuses années, Archimède travaille à une meilleure compréhension des évolutions du champ culturel et à l’élaboration de propositions diverses dans ce domaine. Le livre publié récemment sous la direction de Cécil Guitart « La Bataille de l’imaginaire » (Editions de l’Attribut 2009) rend-compte d’une part importante de ces travaux. Notre intervention sera dédiée à la mémoire de Cécil Guitart, président des Rencontres d’Archimède, décédé en décembre 2010.

 

La bataille de l’imaginaire

Dans les domaines de la communication, de la production, de la création, de l’espace, du temps, des échanges… notre monde bouge, se transforme, évolue de manière spectaculaire. Avec Internet et la globalisation, les identités mêmes des individus, des structures, des nations et des sociétés sont aujourd’hui en profonde mutation. Ces bouleversements sont porteurs d’innovations et de promesses autant qu’ils ne laissent pas d’inquiéter. Dans ce contexte, « la bataille de l’imaginaire » fait rage ! De quoi s’agit-il ?

Il fut un temps où les hommes et les tribus se battaient pour l’acquisition de territoires. Combien de guerres et de massacres ont été perpétrés dans le monde, dans le seul objectif de la conquête territoriale ! Vinrent ensuite les guerres pour les matières premières, l’or, le cuivre, l’uranium, le pétrole... Si ces guerres-là se sont un peu calmées – si peu ! – elles ont été remplacées désormais par le combat global pour la possession des marchés. Le pouvoir et la richesse viendront à qui pourra vendre sa production, le plus loin et le plus largement possible. Pour cela, il importe non seulement d’être « compétitif », c’est-à-dire de produire à moindre coût que son concurrent, mais encore de créer et de stimuler la demande par des efforts considérables de « marketing ». C’est l’image du produit qu’il faut imposer avant le produit lui-même. Plus profondément c’est le désir qu’il faut détourner au profit de la consommation (cf. les travaux de Bernard Steigler). C’est « le temps de cerveau disponible » qu’il faut vendre aux annonceurs. Ainsi se mène la bataille de l’imaginaire commercial ! Parallèlement, se déroule la bataille de l’imaginaire religieux : mises en causes ou régression de la pensée laïque, communautarismes et fondamentalismes de tout poil ! Et celle de l’imaginaire politique : hors du libéralisme marchand, de la libre concurrence, de la liberté absolue de circulation des marchandises et des capitaux (liberté du renard dans le poulailler !), point d’alternative ! Le monde est ainsi fait, circulez, il n’y a rien d’autre à voir ! Et tant pis pour la casse !

 

La jeunesse comme cible

Le principal champ de bataille de cette conquête mondiale de l’imaginaire, ce sont évidemment les plus faibles, les plus vulnérables, les plus malléables d’entre nous, les enfants et les jeunes. Tous les moyens sont bons pour tenter, dès le plus jeune âge, le formatage des esprits, la transformation de la personne en producteur, de l’individu en client, du citoyen en consommateur. Le matraquage publicitaire les concerne en premier, de l’habillement à la musique en passant par les cartes bancaires pour enfants voire les sites pornographiques sur  Internet, j’en passe !

Face à cette situation, toujours plus violente, deux attitudes s’offrent à nous : la capitulation ou la résistance. La capitulation serait de laisser faire, de se soumettre au rapport de forces, d’affirmer que tout cela n’a guère d’importance, que le monde est ainsi fait et que finalement, « ils s’en sortiront » forcément, du moins les « meilleurs d’entr’eux »… Dans cette perspective, l’enfance, comme le reste, ne serait qu’un marché ! La résistance, ici comme ailleurs, c’est le refus du fatalisme, l’affirmation de valeurs essentielles, le combat pour un monde  plus juste, plus équitable, plus solidaire. L’enfance est alors un temps essentiel de construction de l’individu libre, du citoyen critique. Un trésor à préserver ! « La question n’est plus de savoir quel monde nous laisserons à nos enfants, mais quels enfants nous laisserons au monde » écrit Philippe Meirieu. Vous l’aurez compris, c’est dans ce sens que nous proposons de nous engager. Il faut mener la bataille de l’imaginaire ! Mais comment ?

 

Education et culture : mêmes combats.

La mutation anthropologique que nous traversons porte en elle deux angoisses principales : l’éducation et la culture. L’éducation, c’est le lieu de la transmission, des savoirs, des savoir-faire, des techniques et des valeurs. Qu’allons-nous transmettre à nos enfants aujourd’hui, alors que les informations leur arrivent de toutes parts ? Et comment, selon quelles démarches pédagogiques ? La culture, c’est l’espace de la création et du partage, des valeurs symboliques, des émotions, du sens… Dans un monde de fragmentation progressive de la pensée et d’individualisme exacerbé, quelle culture peut-on partager ? Et de quelle manière ? La bataille de l’imaginaire porte principalement sur ces deux dimensions : l’éducation et la culture, c’est-à-dire ce qui fonde précisément la construction des individus et plus largement ce qui fait « société » entr’eux.

Au carrefour de ces préoccupations se trouve posée, dans notre pays, la question lancinante de « l’éducation artistique et culturelle », de sa place dans le système éducatif et plus largement dans toutes les situations d’éducation, dans et hors de l’école. Depuis plus de quarante ans, bien des expériences individuelles, des dispositifs institutionnels, des aventures collectives, des combats divers ont été menés sur ce thème, à la fois par des enseignants progressistes, des artistes volontaires, des structures culturelles, des associations, des élus… Ces aventures portaient en elles une perspective de renouveau profond, à la fois de l’action et des politiques éducatives comme des politiques culturelles. Une autre éducation, une autre culture, et un rapport étroit entre ces deux aspects étaient annoncés dans ces expériences à la fois artistiques, culturelles et éducatives, plus ouvertes, plus actives, plus démocratiques. Or, qu’en est-il aujourd’hui ?

Voici venu le temps du grand paradoxe. Tout en affirmant perpétuellement la priorité de ce domaine, on assiste en vérité à la diminution du temps et des moyens consacrés à ces activités, à l’effondrement des formations (initiales et continues), au démantèlement des lieux de ressources (le département « art et culture » du CNDP est en voie de disparition). Mais on observe surtout un détournement du sens-même de ce travail par la mise en oeuvre d’une conception très académique du savoir préalable (« l’histoire des arts ») à la place de l’activité et de l’expression personnelles des jeunes.­

 

Pour une politique de l’éducation artistique et culturelle

C’est en précisant les termes mêmes d’art, d’éducation et de culture, que nous proposerons de clarifier ce que devrait être, à nos yeux, une véritable politique de l’éducation artistique et culturelle, alliant la recherche, la formation, l’expérimentation et le développement, inscrit dans la diversité des territoires et dans la durée. Nous rappellerons quelques éléments de base : l’importance de l’activité personnelle, la nécessité du rapport aux œuvres, l’exigence éducative de l’appropriation et de la réflexion. Nous insisterons sur la formation des adultes, enseignants, artistes intervenants, responsables éducatifs et culturels, sur la mutualisation des expériences comme sur l’évaluation des pratiques. Et nous dirons quelques mots de l’environnement médiatique, observant au passage que la publicité sur les chaînes publiques a été supprimée au-delà de 20 heures, mais pas au moment où les enfants sont devant les postes !

Organiser le temps, l’espace et les structures pour permettre de véritables projets artistiques et culturels dès l’enfance, notamment en milieu scolaire ; former les formateurs, dans la formation initiale et continue des enseignants et des artistes ; favoriser les partenariats avec des artistes ; développer la recherche, l’évaluation et la mutualisation par la mise en place d’un Institut national de l’éducation artistique et culturelle ; multiplier les conventions « art, culture et éducation » avec les collectivités territoriales ; ouvrir ce domaine aux échanges internationaux de jeunes ; soutenir les associations et réseaux militants dans ce secteur… les pistes concrètes de développement ne manquent pas. La liste n’est pas exhaustive.

Le thème de « l’éducation artistique et culturelle » a mis plusieurs décennies pour s’inscrire dans le débat public. Il importe désormais de faire vivre ces idées comme éléments essentiels de la « bataille de l’imaginaire », de proposer la mise en place d’une véritable politique déterminée, cohérente, mobilisatrice, concertée avec les acteurs et les collectivités territoriales.

Vaste chantier. Urgent et incontournable en cas de Renouveau !­

 


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