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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 18:04

la-digue.jpg

Il y avait un théâtre à Toulouse, nommé "Théâtre de la Digue", lieu historique de la décentralisation théâtrale dans cette région, puis instrument de soutien à de très nombreuses compagnies et artistes. Il comportait une bibliothèque théâtrale de premier ordre, plus de 25000 titres. En 2004, il fut interdit de recevoir du public pour des raisons de sécurité. Un projet de rénovation avait été réalisé, presque mis en oeuvre, puis suspendu.Le ministère de la culture cessa de subventionner... puis la Région Midi-Pyrénées... aujourd'hui c'est la Ville qui jette l'éponge. La Digue saute ! Toujours triste de voir disparaître un tel lieu, à la fois symbolique et actuel. Nous avions participé à la réflexion sur son devenir à l'occasion d'une étude, suggérant d'en faire une "tête de réseau" régional, "Maison du théâtre" d'un style nouveau... Les temps sont à d'autres considérations. La Région annonce un autre projet régional. Le bâtiment appartient à Etat et serait mis en vente par les domaines. « Il ne sera pas livré à un promoteur et  sa vocation restera la même » affirme le directeur régional des affaires culturelles. Bizarre, bizarre !

Lire la lettre du directeur : "Requiem pour la Digue"

 

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 21:39

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C'est avec grand plaisir que je peux annoncer ici la sortie, début octobre, du travail que nous menons depuis deux ans, à savoir le recueil filmé de 18 témoignages d'anciens déportés et enfants cachés, rescapés des rafles et des camps de la seconde guerre mondiale.
Rassemblés au sein du "Comité école de la rue Tlemcen", ils travaillent depuis plus de quinze ans à honorer la mémoire des 1100 enfants déportés dans le XXe arrondissement de Paris.
Après avoir retrouvé les noms de chaque enfant déporté, ils ont posé des plaques dans et hors de leurs écoles, réalisé une exposition, un livre, un site internet...
Ils témoignent régulièrement auprès des enfants des écoles, collèges et lycées, avec l'objectif  d'éveiller à la vigilance contre tout antisémitisme,tout  racisme,  toute exclusion .

Nous avons pris le temps de les écouter et de réaliser pour vous un coffret comprenant :

10 DVD
18 témoignages
15 heures d'images
1 film de 52' minutes "Nous étions des enfants"
1 entretien exclusif avec Boris Cyrulnik

Ce travail sera officiellement présenté les 7, 8 et 9 octobre prochains, à la Maison des Métallos à Paris.
Toutefois, vous pouvez dès à présent nous aider à la réalisation de ce coffret et  souscrire à un tarif préférentiel en téléchargeant ici le bon de souscription.
Vous pouvez également voir la bande annonce ici et diffuser cette information auprès de ceux de vos amis qui pourraient être intéressés...
Merci à vous et bel été.

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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 10:30

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Vu hier au Théâtre de la Colline "Que faire ?" (le retour), un spectacle de Benoit Lambert sur des textes de Jean-Charles Massera, etc... Grand moment de théâtre réjouissant pour les yeux et pour l'esprit, à la limite du cabaret dans l'esprit de Karl Valentin. Spectacle drôle, émouvant, politique, généreux, laissant aux acteurs le soin de s'amuser  et de s'émouvoir de quelques références qui ont marqué nos générations : la révolution française, la révolution russe, mai 68, mais également les performances d'art contemporain, quelques chansons émouvantes... Du théâtre comme on l'aime, et deux acteurs impressionnants : Martine Schambacher et François Chattot. Si vous ne savez Que faire d'ici la fin juin, allez donc faire un tour à La Colline.

Et pour en savoir plus, c'est ici.

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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 23:18

Vient de me parvenir cette information concernant un procès d'un autre âge, fait notamment à mon ami Carlos Fragateiro, militant du théâtre et de l'éducation, ex directeur du Théâtre national Dona Maria II de Lisbonne. Information confirmée de vive voix, à faire connaître...Image-5.jpg

 

L’auteur Margarida Santos Fonseca, l’homme de théâtre Carlos Fragateiro et le scénographe José Manuel Castanheira (tous deux anciens directeurs du Théâtre National Dona Maria II à Lisbonne au Portugal)  sont accusés par les neveux de Fernando Silva Pais (1905-1981) de diffamation et d'insulte à la mémoire du défunt. La plainte a été déposée en 2008 par Carlos Alberto Silva qui demeure à Zurich, et Berta Maria Pais Ribeiro da Silva Mano qui vit au Portugal, suite à un spectacle créé au Théâtre National Dona Maria II en 2007, A Filha Rebelde (Une Fille rebelle). Le ministère public ne soutient pas l’accusation. Le procès a débuté le 3 mai 2011 à Lisbonne dans l’indifférence générale. Il a repris le 7 juin.
 
Fernando Silva Pais a été le dernier directeur de la PIDE (Polícia Internacional e de Defesa do Estado) devenue en 1969 avec Marcelo Caetano la DGS (Direcção Geral de Segurança). La PIDE était sous Salazar (1889-1970) puis sous Caetano la police politique qui a persécuté, torturé et tué de nombreux opposants au régime. Lors de la Révolution des Oeillets en 1974, le quartier général de la PIDE-DGS fut l’un des derniers points de résistance de l’ancien régime. Fernando Silva Pais est mort en 1981, 6 mois avant l’achèvement d’un procès devant le Tribunal militaire de Lisbonne, où il a été accusé d’être notamment coresponsable sur le plan moral de l’assassinat prémédité dans un piège monté par la PIDE en Espagne en 1965 du général Humberto Delgado, opposant de Salazar.


José Pedro Castanheira et Valdemar Cruz, journalistes à Expresso, ont écrit en 2002 un ouvrage d’investigation consacré à la fille unique de Fernando Silva Pais, A Filha Rebelde (Une Fille rebelle). Rebelle à l’idéologie de son père, Annie Silva Pais a quitté en 1965 son mari (qui était l’ambassadeur suisse à la Havane), sa famille et ses amis pour devenir un protagoniste de la révolution cubaine dirigée par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara. Notamment l’histoire dit qu’Annie Silva Pais a fait connaissance avec Che Guevara dans un bal, où ils ont dansé ensemble, scène qui a inspiré l’atmosphère générale du spectacle...
C’est l’écrivain Margarida Santos Fonseca (née en 1960) qui a écrit une adaptation de cet ouvrage d’investigation pour le Théâtre national. Le spectacle A Filha Rebelde a été mis en scène en 2007 par la metteuse en scène espagnole Helena Pimenta, avec l'actrice Ana Brandao, dans le rôle d'Annie Silva Pais. Un court passage de ce spectacle évoque la responsabilité de Fernando Silva Pais dans  la mort de Delgado en 1965. C’est ce passage qui est incriminé par la famille qui fait valoir que Silva Pais n’a pas été condamné pour ce crime. La famille veut aussi obtenir une condamnation criminelle de plusieurs passages du texte, celui notamment où Annie en parlant avec ses amies à Cuba dit que son père est le chef d’une police terrible qui peut torturer et tuer les gens seulement en raison de ce qu’ils pensent...
 
Alors que l’ouvrage était sorti en 2002 sans qu’aucune plainte ne soit déposée, le spectacle en 2007 a entraîné la plainte de la famille. Le théâtre est donc visé.
 
Au-delà de l’atteinte à la création artistique et à la liberté d’expression, qui sont mis en cause de façon inacceptable, ce procès relève d'une tentative de blanchir l'image de celui qui fut le chef de la PIDE à une sinistre période de l’histoire portugaise.

 

Le théâtre assis au banc des accusés!
 
« Les yeux d’Helena Pimenta, aujourd'hui directrice de la Compañía Nacional de Teatro Clásico (CNTC) en Espagne, brillaient d'excitation quand, à Madrid, je lui ai demandé de mettre en scène La Fille Rebelle. Je me souviens de son enthousiasme à l’idée de pouvoir parler des atmosphères de Cuba, du Portugal de Salazar et de la Révolution du 25 avril, pacifique et tolérante.
Nous avons rapidement trouvé ensemble la métaphore d'une ancienne salle de bal, lieu dans lequel Annie Silva Pais a rencontré Che Guevara.
Les 33 scènes qui composent le spectacle ont été faites et scandées dans une chorégraphie permanente accompagnée par un orchestre cubain avec  des acteurs tels que Vitor Norte interprétant le rôle de Silva Pais, Lidia Franco pour celui d’Armanda Silva Pais, Ana Brandão pour celui Annie Silva Pais ou Rui Quintas dans le rôle de Che Guevara, qui ont dansé tous ensemble.
Je croyais à un délire quand m’est parvenue l’annonce d'une procédure criminelle. J'ai appelé le journaliste José Pedro Castanheira qui m’a confirmé cette information. Ainsi depuis le 3 mai 2011 nous nous sommes trouvés  là devant la cour de justice. Le théâtre assis au banc des accusés!
La plainte est fondée sur certains mots et expressions du texte à propos de Ferdinando Silva Pais (directeur de la PIDE), passages qui auraient dû être censurés selon la volonté des plaignants.
Je n’ai pas encore réalisé ce qui doit être jugé, si c’est le texte, le spectacle ou l'histoire.
Ce matin-là du 3 mai 2011, j’avais rêvé qui je trouverai à la porte du tribunal une grand agitation et une grande indignation. Mais non. Seuls certains collègues et amis sont venus. Deux journalistes. Une journée normale, banale! Et l'interrogatoire s’est poursuivi pendant six heures. Le procès a continué le 12 et le 27 mai,  et va se poursuivre le 1er et le 7 Juin. Comme si de rien n’était…
La censure et la peur sont quelques-unes des racines de la longue dictature au Portugal. Tant d'années. Et ce fut ainsi, comme un virus infectant les générations successives, dont on peut toujours sentir la présence.
Mais, comme ce procès, rien de tout cela ne semble susciter un quelconque intérêt. Presque tout le monde est occupé ou diverti par la télévision, les élections, le FMI ...Toutes choses importantes ... cela semble clair.
Et la liberté d'expression?! Qui s'en soucie? »
José-Manuel Castanheira
 
Prière de relayer cette information de manifester votre soutien aux accusés.

 
Pour protester contre ce procès et soutenir Margarida Santos Fonseca, Carlos Fragateiro et José Manuel Castanheira, écrire aux destinataires suivants :
 
1.
Ministra da Cultura de Portugal
Dra Gabriela Canavilhas
Ministério da Cultura
Palácio Nacional da Ajuda
1349-021 Lisboa (Portugal)
Tel.: 213 614 500          
Fax: 213 649 872
gmc@mc.gov.pt
 
2.
Presidente da Repúblia Portuguesa
Dr Anibal Cavaco Silva
Palácio de Belém
Calçada da Ajuda, nº 11
1349-022  Lisboa (Portugal)
mail no site http://www.presidencia.pt/?action=3
 
3.
Presidente da Assembleia da República
Dr Jaime Gama
Palácio de S. Bento
1249-068  LISBOA
 
Telefones : 213919267/8/9
Fax : 213917434/26
Mail no site http://www.parlamento.pt/sites/PAR/PARXLEGA/Contacto/Paginas/default.aspx
 
4.
Bastonario da Ordem dos Advogados
Dr Antonio Marinho e Pinto
Largo de São Domingos, 14 - 1º
1169-60              LISBOA
1169-61             
Telefone:  218823550            
Fax:  218862403
cons.geral@cg.oa.pt
              
5.
Presidente da Sociedade Portuguesa de Autores
Dr Jose Jorge Letria
Avenida Duque de Loulé, 31
1069 - 153  Lisboa
geral@spautores.pt

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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 19:06

 "Chose, à mon âge, sotte et folle, j'en conviens Avec une suivante, une fille de rien ! (...) Mon crédit, mon pouvoir, tout ce que je rêvais, tout ce que je faisais et tout ce que j'avais, charge, emplois, honneurs, tout en un instant s'écroule " ruy-blas.jpg Extrait de Ruy  Blas (Acte I, Scène 1)

Sacré Victor, quel visionnaire !                     

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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 18:30

Le Théâtre du Soleil lance un appel que l'Oizeau se fait un plaisir de relayer...

affiche-Soleil.jpg

"...La Grande Nouvelle, joyeuse, monumentale, cinématographique :

Le Temps se venge toujours de ce qu’on fait sans lui.
(Un de nos proverbes favoris)

Oui, vous avez bien lu, nous faisons un film avec Bel Air Media, d’après notre spectacle. Ce film se veut non seulement un hommage aux pionniers du cinéma, mais un salut à tous les pionniers futurs de notre société. Le tournage a commencé en mars, mais pour des tas de raisons techniques et d’organisation, c’est cet été qu’il se poursuivra. En effet, bien que nous ayons obtenu un budget déjà conséquent, nous avons pris conscience que nous avions besoin de plus de temps pour faire "le film que nous voulons faire", celui de nos rêves. Et pour cela, il fallait que le Théâtre du Soleil augmente sa part dans la coproduction déjà en place. Il nous fallait acquérir du temps. Comment ? Inutile de tourner autour du pot. Grâce à vous. Voilà l’idée : nous lançons une Grande Souscription, en vous proposant d’acheter, à l’avance, un DVD-Mécène du film, un DVD très spécial, très beau, numéroté, assorti de nombreux suppléments (interviews, scènes de fabrication, documents d’époque, dossiers, etc). Un DVD qui fera de vous les mécènes du film, les indispensables complices du tournage. * Et si vous voulez aider plus encore, eh bien, achetez des DVD à vos amis et faites cette propagande active que demandait Jacques Copeau à ses spectateurs, il y a cent ans déjà. Nous aurons pour cette nouvelle aventure le soutien aussi inattendu que bienvenu de la Fnac, qui nous aidera pour la diffusion, la vente, ainsi que pour l’expédition de ce bel objet à ses "acheteurs précurseurs".

 

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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 15:22

Philippe Avron, auteur interprète, nous a quittés le 31 juillet 2010, après avoir participé, comme chaque année depuis 1960, au Festival d'Avignon. L'association des amis de Philippe Avron, le Festival d'Avignon, la Maison Jean Vilar, France Culture, le cinéma Utopia, la Sacd, les Ceméa/centres de jeunes et de séjour, le théâtre des Halles... s'associent pour l'organisation d'une journée complète d'hommage  le mardi 19 juillet 2011.

A vos agendas !

En savoir plus sur le blog  des amis de Philippe Avron


 

recto.jpg

 

 

Au programme :
10h30     Cinéma Utopia
    «Philippe Avron, passeur d’humanité»
    Un film portrait de Jean-Gabriel Carasso et Jac Chambrier   

17h     Maison Jean Vilar
    Rencontre autour de Philippe Avron
    Lecture de textes et témoignages

20h     Musée Calvet - France Culture
    «Montaigne, Shakespeare, mon père et moi»
        par Philippe Avron
    Enregistrement réalisé en mai 2010 par Catherine Lemire   
   
    Remise du Prix Philippe Avron
          
22h     Musée Calvet
    Hommage en images
    Projections photos et archives

 

 

Egalement le vendredi 1er juillet, à Brioux-sur-Boutonne, dans le cadre du  Festival au Village.                        

 

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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 16:40

Avis de deces : le Conseil de la creation artistique est mort aujourdhui.Le communiqué de l'Elysee est un chef d'oeuvre de "faucuisme". Le voici integral. On attend avec impatience celui qui sera rédigé pour Hadopi!

 

"Le président de la République a reçu M. Marin KARMITZ et les membres du Conseil de la création artistique, afin de dresser le bilan des projets expérimentaux auxquels le Conseil a prêté son concours.  A cette occasion, le chef de l'État a rendu un vif hommage au travail accompli. Il a en effet constaté que les projets en question répondaient très concrètement aux objectifs qui avaient été assignés au Conseil de la création artistique : encourager le développement et l'excellence de la création artistique française et promouvoir sa diffusion la plus large. Le riche bilan du Conseil de la création artistique démontre donc par l'exemple que, grâce à la mobilisation de tous les acteurs de la création autour de projets novateurs, une modernisation en profondeur de l'action publique en ce domaine est à la fois possible et nécessaire. Le président de la République a chaleureusement remercié M. Marin KARMITZ et tous les membres du Conseil de leur engagement personnel et bénévole dans cette expérience et souhaité, au terme de celle-ci, que les pistes ainsi défrichées soient désormais poursuivies et approfondies par le ministère de la Culture et de la Communication."

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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 19:24

Lettre ouverte au (toujours) directeur du Théâtre de l’Odéon

avignon.jpg

Cher Olivier Py,

nous n’avons pas le plaisir de nous connaître. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Nous n’avons échangé aucune conversation. Je ne vous ai jamais écrit. Si je souhaite aujourd’hui vous adresser ces quelques mots publiquement, c’est pour prendre ma part au débat qui s’est engagé autour de votre éviction brutale du Théâtre de l’Odéon et l’annonce de votre nomination à la direction du Festival d’Avignon. Comme beaucoup, j’ai été choqué par la manière agressive et brutale utilisée par le ministre de la culture pour vous annoncer votre éviction de l’Odéon, manière profondément méprisante pour vous mais surtout pour le public, pour l’histoire même du théâtre de l’Odéon et pour l’ensemble de ceux qui se sont battus (et se battent encore) pour une certaine éthique du théâtre public dans notre pays. J’avais donc rédigé un premier texte sur ce modeste blog… Quand j’apprends que le même ministre, constatant le grabuge déclenché dans « la profession » et au-delà, vous propose aussitôt la direction du Festival d’Avignon dès… 2014 ! Entre le rire et l’écoeurement, mon cœur balance ! Non que vous soyez indigne de prendre la direction de ce Festival, en vérité je ne veux avoir aucun avis sur cette question, mais encore une fois pour le mépris démontré par le ministre, cette fois pour le festival lui-même, (pour lequel j’ai le plus grand attachement, pour ce qu’il est et ce qu’il représente) et aussi pour l’équipe qui en assure actuellement la direction. Une évaluation ? Une réflexion ? Un débat ? Des projets ? Des propositions ? Des alternatives ? Une rupture ? Une continuité ? Que faut-il faire d’Avignon dans la décennie qui s’annonce ? De toute cela il ne sera donc jamais question : trois ans avant l’échéance, comme on offre un sucre d’orge à un enfant pour qu’il se calme, voilà que l’on vous propose la direction d’un beau jouet. Mais le pire, c’est la suite : vous acceptez !

J’avoue que les bras m’en sont tombés ! J’imagine les discussions nocturnes, les messages, les textos échangés : « vas y ! » « l’occasion ne se représentera pas » et autres suggestions de même nature. Mais enfin ! Si, comme je le pense, l’éthique du théâtre public et son devenir vous importent, alors la réponse est simple : il faut refuser d’être ainsi désigné à la direction d’Avignon ! Non pour s’opposer de manière suicidaire à un ministre et un pouvoir auxquels il ne reste que quelques coups de communication pour faire croire qu’ils réfléchissent, mais pour l’honneur du théâtre public que nous défendons ensemble. Refusez cette manière de faire, proposez un véritable appel à projet (dont le vôtre, bien entendu), rendez public vos propositions, incitez au débat et à la réflexion… Vous y gagnerez en crédibilité, et surtout en honneur. Et je pense même qu’au terme de cette attitude, vous serez désigné à Avignon, largement soutenu par ceux-là même qui se sont indignés de votre éviction de l’Odéon.

Je suis, bien entendu, à votre disposition pour tenir un débat public sur cette proposition. Peut-être même en Avignon, dès l’été prochain…

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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 21:34

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]

Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

[applaudissements]

Muti
 : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti
 : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

 

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le 16 février à 19h, à la Librairie du "104" à Paris

le 3 mars à 11h, Foire du Livre de Bruxelles

le 8 mars à 17h30, librairie "Contact" à Angers

le 15 mars à 19h, Librairie "Les Orgues" à Paris

le 4 avril à 17h30, à la FNAC Etoile (Ternes)

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