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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 13:32
Pour le 104
Lancée il y a une semaine sur ce blog, ma proposition pour faire du "104" à Paris une "Cité des arts et de l'enfance" semble recueillir un écho très favorable. Plus de 200 signatures rapidement. A tous ceux qui le peuvent, je conseille de faire suivre et d'expliquer. Seule une mobilisation conséquente me semble susceptible de pousser à un véritable débat public sur cette question. A vos claviers ! A vos amis...
Un page spécifique est consacrée à l'affaire désormais.

Coup de pub
Ne ratez pas, demain jeudi 26 novembre à 22h45  sur ARTE
Un très beau film consacré à l'aventure du Théâtre du Soleil et au parcours d'Ariane Mnouchkine. Le DVD sort illico !
Et le prochain spectacle en janvier.

Camus au Panthéon ?
C'est la dernière trouvaille de notre Président de la République : faire entrer Albert Camus au Panthéon. Le philosophe Michel Onfray lui adresse une lettre (au Président, pas à Camus!) cinglante que je vous conseille vivement de lire. Cela commence comme ça :
 

"Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ?...

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 22:57
A propos de la Loi HADOPI 2 , validée hier par le Conseil Constitutionnel :
"Cette loi sera sans doute votée, parce qu’elle est le pitoyable résultat d’une connivence passagère entre des hommes politiques, de gauche comme de droite, toujours soucieux de s’attirer les bonnes grâces d’artistes vieillissants et des chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer à leurs habitudes.

Cela échouera, naturellement. Pour le plus grand ridicule de tous. "


La réponse est ici

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 22:43

 

Vient de paraître l’enquête désormais régulière sur « Les pratiques culturelles des Français », version 2008, sous la direction d’Olivier Donnat au ministère de la culture. On y découvre notamment, mais l’on pouvait s’en douter, qu’Internet prend une place toujours plus influente dans les ménages, que la télévision stagne, que la radio régresse, que la lecture souffre et que le spectacle vivant résiste assez bien. On trouvera ici la synthèse de ces travaux.

Je voudrais revenir sur l’argument, désormais incontournable, proposé à la fois par les rédacteurs de l’étude et par de nombreux commentateurs, à savoir « la démocratisation est un échec ; hors de l’éducation, point de salut ». Tous affirment que seule une politique éducative pourrait modifier de manière radicale le déterminisme qui pèse sur les pratiques culturelles et former, dès le plus jeune âge, des « praticiens » (on dira des « consommateurs ») de culture. Soit ! Deux observations.

Je récuse, d’une part, l’idée que la « démocratisation » culturelle serait un échec absolu. Les politiques et les actions menées depuis une cinquantaine d’années ont évidemment atteint une limite, notamment dans le champ des institutions culturelles et de leurs publics, mais prétendre à l’échec absolu est une contre vérité et une injustice. Il faudrait s’attarder longuement, en fait, sur l’adéquation de ces politiques avec la montée des classes moyennes pendant les « 30 glorieuses », et s’interroger sur leurs difficultés à s’adapter aux transformations sociales et culturelles nées des crises économiques, sociales, urbaines et technologiques qui sont advenues depuis.

Par ailleurs, pour ce qui concerne la solution miracle de l’éducation, il faudrait relativiser ces propos car en vérité… personne n’en sait rien. Sans doute, une bonne éducation « culturelle » serait-elle favorable à une approche plus large de certaines pratiques culturelles, de nombreux exemples nous le démontrent, mais qu’en est-il des déterminismes sociaux, des conditions de travail, de logement, de chômage, de l’imaginaire social et familial ? De quelle éducation culturelle parle-t-on ? A-t-on quelques éléments statistiques valables pour affirmer ce qui semble une évidence… mais ne l’est pas forcément ?

Il me semble que les commentateurs se précipitent dans cette affirmation sans en percevoir les contradictions. La réalité est bien plus complexe. De plus, rappelons que le combat que nous avons mené - et que nous poursuivons - pour un développement des pratiques d’éducation artistique et culturelle à l’école, ne saurait se résumer à la formation de consommateurs de culture, mais qu’il s’agit d’un projet éducatif beaucoup plus large et plus profond, de développement et de construction des individus. Gardons nous des slogans trop rapides !

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 10:28
Mon ami Serge me demande de vous faire connaitre le petit texte ci-dessous, extrait de Platon, Gorgias, trad. Victor Cousin.
Toute ressemblance avec des faits récents est évidemment volontaire.

SOCRATE.

Si nous nous excitions mutuellement, Calliclès, à nous charger de quelque entreprise publique, par exemple, de la construction des murs, des arsenaux, des temples, des édifices les plus considérables, ne serait-il point à propos de nous sonder nous-mêmes, et d'examiner en premier lieu si nous sommes habiles ou non dans l'architecture, et de qui nous avons appris cet art ? Cela serait-il nécessaire, ou non ?

CALLICLÈS.

Sans contredit.

SOCRATE.

La seconde chose qu'il faudrait examiner, n'est-ce pas si nous avons déjà bâti de nous-mêmes quelque maison pour nous ou pour nos amis, et si cette maison est bien ou mal construite ? Et cet examen fait, si nous trouvions que nous avons eu des maîtres habiles et célèbres, que sous leur direction nous avons bâti un grand nombre de beaux édifices, et beaucoup d'autres aussi de nous-mêmes, depuis que nous avons quitté nos maîtres; les choses étant ainsi, il n'y aurait que de la prudence à nous charger des ouvrages publics; si au contraire nous ne pouvions dire quels ont été nos maîtres, ni montrer aucun bâtiment de notre façon, ou si nous en montrions plusieurs, mais mal entendus, ce serait une folie de notre part d'entreprendre aucun ouvrage public, et de nous y encourager l'un l'autre. Avouerons-nous que cela soit bien dit ?

CALLICLÈS.

Assurément.

SOCRATE.

N'en est-il pas de même de toutes les autres choses ? par exemple, si nous avions dessein de servir le public en qualité de médecins, et que nous nous y exhortassions mutuellement, comme étant suffisamment versés dans cet art; ne nous examinerions-nous point de part et d'autre toi et moi ? Au nom du ciel, voyons d'abord, dirais-tu, comment Socrate lui-même se porte, et si quelque autre homme, libre ou esclave, a été guéri de quelque maladie par les soins de Socrate. Autant en voudrais-je savoir sans doute par rapport à toi. Et s'il se trouvait que nous n'avons rendu la santé à personne, ni étranger, ni concitoyen, ni homme, ni femme, par Jupiter, Calliclès, ne serait-ce pas réellement une chose ridicule que des hommes en vinssent à cet excès d'extravagance, de vouloir, comme on dit, commencer le métier de potier par la cruche d'argile, de se consacrer au service du public et d'exhorter les autres à en faire autant, avant d'avoir fait en particulier plusieurs coups d'essai passables, d'avoir réussi un certain nombre de fois, et d'avoir suffisamment exercé leur art ? Ne penses-tu pas qu'une pareille conduite serait insensée ?

CALLICLÈS.

Oui.

SOCRATE.

Maintenant donc, ô le meilleur des hommes, que tu commences depuis peu à te mêler des affaires publiques, que tu m'engages à t'imiter, et que tu me reproches de n'y prendre aucune part, ne nous examinerons-nous point l'un l'autre ? Voyons un peu : Calliclès a-t-il par le passé rendu quelque citoyen meilleur ? Est-il quelqu'un qui étant auparavant méchant, injuste, libertin, et insensé, soit devenu honnête homme par les soins de Calliclès, étranger ou citoyen, esclave ou libre ? Dis-moi, Calliclès, si on te questionnait là-dessus, que répondrais-tu ? Diras-tu que ton commerce a rendu quelqu'un meilleur ? As-tu honte de me déclarer si, n'étant que simple particulier, et avant de t'immiscer dans le gouvernement de l'état, tu as fait quelque chose de semblable ?

CALLICLÈS.

Tu es bien disputeur, Socrate.

SOCRATE.

Ce n'est point pour disputer que je t'interroge, mais dans le désir sincère d'apprendre comment, selon toi, on doit se conduire chez nous dans l'administration de la chose publique ; et si, en te mêlant des affaires de l'état, tu te proposeras un autre but que de faire de nous des citoyens accomplis. Ne sommes-nous pas convenus plusieurs fois, que tel doit être le but du politique ?

En sommes-nous tombés d'accord, ou non ? Réponds. Oui, nous en sommes tombés d'accord, puisqu'il faut que je réponde pour toi. Si donc tel est l'avantage que l'homme de bien doit tâcher de procurer à sa patrie, réfléchis un peu, et dis-moi s'il te semble encore que ces personnages dont tu parlais il y a quelque temps, Périclès, et Cimon, et Miltiade, et Thémistocle, ont été de bons citoyens ?


 

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 13:46

Nous avons appris hier la mort brutale d’Alain Crombecque, directeur du Festival d’Automne, ancien directeur du Festival d’Avignon. Dire ici simplement le respect que je dois à cet homme singulier que j’ai eu la chance de croiser quelques fois. Au Festival d’Avignon, en 1989, c’est lui qui nous avait accueillis avec l’ANRAT pour organiser les premières journées de travail sur le théâtre et l’éducation au Palais des Papes. Plus tard, alors que je tentais de convaincre la ville de Paris de mener une politique en direction des jeunes publics, c’est encore lui qui accepta de venir participer à une rencontre de travail sur ce sujet avec la direction des affaires culturelles, et d’apporter sa caution personnelle dans le seul objectif de faire aboutir le projet proposé. Légendaire par ses silences, il l’était aussi pas sa capacité d’écoute. Le voici désormais totalement silencieux ! Respect !

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 12:43
Dans la curée générale, mon précédent message était un peu léger, j’en conviens ! Sans doute me suis-je laissé prendre, moi aussi, à l’emballement superficiel et à la rumeur générale, et j’avoue que le déferlement d’avis péremptoires sur le net (mais aussi ailleurs) est à l’évidence un grand danger de la blogosphère. Nul n’est à l’abri, la rigueur s’impose donc. Quelques précisions pour mes amis qui m’ont fait part de leurs réactions, notamment après la prestation émouvante du ministre au journal de la première chaîne de télévision.

1/ Je ne partage en rien la charge avancée par l’extrême droite sur la soi-disant « apologie » de Frédéric Mitterrand des pratiques douteuses qu’il évoque dans son livre, et je ne suis pas dupe de la manœuvre nauséabonde qu’elle représente.

2/ Je ne partage pas plus le tir à vue opéré par quelques responsables du PS qui dégainent d’abord, réfléchissent ensuite (quand ils réfléchissent !), je ne suis pas dupe de la manœuvre politique qu’ils tentent d’opérer.

3/ Pour autant, je dois à la vérité de dire que j’avais ressenti un malaise à la nomination de ce ministre, réitéré lors de sa prise de position rapide et émotive sur l’arrestation de Roman Polanski.

Ce malaise venait effectivement de la référence à son livre, que je n’ai pas lu (pas plus que la plupart des gens qui l’évoque aujourd’hui) mais dont j’avais été saturé de communication lors de sa sortie. Je me souviens parfaitement, en effet, avoir été totalement agressé par la présence de l’auteur dans de très (trop) nombreuses émissions de télévision, venu vendre son ouvrage en parlant, forcément, beaucoup de cet épisode de sa vie et de sa sexualité problématique. J’ai le souvenir de m’être dit alors : «  ils veulent tant me le vendre que je ne lirai pas ! » Ce qui fut fait !

On peut s’interroger dans cette affaire sur la nature de la « promo » littéraire dans les émissions grand public, qui font que même mon voisin paysan en Anjou  connaissait l’auteur, non pour ce qu’il avait écrit mais pour ce qu’il en avait retenu de ses passages à la télé. La machine médiatique a ses revers, nombreux et parfois brutaux. La preuve ici !

Pour le reste, on  pourra parler et discuter largement de la politique menée par ce qui reste du ministère de la culture dans notre pays. Mais c’est une autre affaire !

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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 14:44
La semaine prochaine, devrait être votée à l'Assemblée nationale la loi dite HADOPI2, version corrigée de la précédente loi retoquée en grande partie par le Conseil Constitutionnel. Petit rappel amical : la "contribtion créative" qui a été défendue fortement par les opposants à cette loi, a été imaginée et théorisée par mon ami Philippe Aigrain dans son ouvrage



A l'occasion de la présentation de ce livre, j'avais fait une brève intervention que voici :


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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 10:00

C'est la rentrée scolaire. Parlons éducation.

Depuis plusieurs mois, des enseignants refusent de mettre en place la réforme imposée par le précédent ministre Darcos, concernant notamment le soutien scolaire individualisé. Alain Refalo a préféré consacrer les deux heures prévues à une activité de théâtre avec l’ensemble de la classe. Autour de lui, un « mouvement des enseignants du primaire en résistance » s’organise et argumente.

Hier, dans un excellent journal du matin on pouvait lire sous sa plume :

«La désobéissance n’est pas compatible avec les valeurs de l’éducation, avec l’idée que je me fais du métier d’enseignant», a déclaré récemment Luc Chatel. Cette déclaration, qui a l’apparence de l’évidence, mérite réflexion.

Certes, l’obéissance aux lois et aux règles qui fondent le droit et la justice est nécessaire dans toute société démocratique. Et nous avons à cœur, tout particulièrement à l’école primaire, d’élaborer avec nos élèves des lois et des règles, justes, équitables et utiles au vivre ensemble. Apprendre à nos élèves à les respecter s’inscrit dans un projet éducatif qui prend en compte la dimension relationnelle inhérente à toute situation d’enseignement. Mais vouloir «inculquer» l’obéissance, c’est rendre acceptable la soumission inconditionnelle, c’est inciter à renoncer à tout jugement personnel. Est-ce compatible avec la formation d’individus responsables ? Nous ne le pensons pas.

Comment apprendre aux enfants à dire «non» lors de situations de racket, ou lorsqu’ils font face à des intentions malveillantes d’adultes, s’ils grandissent dans une culture de l’obéissance sans discernement ?

Il semble en réalité que M. Chatel confonde deux notions qu’il convient de distinguer : l’autorité, nécessaire à tout enseignement et l’autoritarisme, abus de pouvoir contraire au principe même de l’éducation. A l’école, l’autorité éducative est fondée sur une parole et une attitude du maître, respectueuses de l’élève, qui doivent notamment lui faire comprendre le bien fondé de l’obéissance aux règles de vie communes. Elle est une alternative à la permissivité et à l’autoritarisme. Cette autorité de l’adulte, nécessaire à la structuration de la personnalité de l’enfant, ne saurait donc résulter d’un rapport de domination-soumission entre l’adulte et l’enfant, qui est la marque de l’autoritarisme. Le maître qui abuse du pouvoir que lui confère son statut utilise la contrainte pour obliger l’élève à obéir. Il fait le choix de la punition (du latin punire, «se venger»), et non de la sanction éducative qui vise à responsabiliser l’enfant et lui permettre d’être accepté par le groupe.

C’est précisément cet abus qui est la marque de notre institution aujourd’hui envers les enseignants du primaire qui contestent des «réformes» élaborées sans concertation et imposées à la hussarde. Cet autoritarisme suscite tantôt la soumission des enseignants, tantôt leur révolte.

Notre résistance à des dispositifs pédagogiques néfastes, parfois inapplicables et qui contribuent à déconstruire l’école publique, est obéissance aux principes d’égalité, de liberté et de fraternité qui fondent la République. Elle s’appuie tout particulièrement sur la liberté pédagogique inscrite dans la loi. «Le professeur des écoles ne saurait être un simple exécutant», est-il énoncé dans les nouveaux programmes. Si ces mots ont un sens, le ministre doit faire respecter la loi et reconnaître que les enseignants qui n’appliquent pas à la lettre certains dispositifs pédagogiques tout en mettant en place des alternatives efficaces et reconnues sont parfaitement dans leur droit.

Nous rappellerons utilement que 70 % des enseignants du primaire ne respectent pas l’interdiction formelle de donner des devoirs écrits à la maison, interdiction martelée par une dizaine de circulaires depuis quarante ans. Désobéissance non revendiquée, mais tolérée par l’institution… Un élève du primaire ne serait-il pas en droit de refuser les devoirs écrits et de désobéir ? Devra-t-il être puni pour son refus d’obéissance ? Des règles justes, de la considération, voilà ce qui suscitera «l’obéissance» des élèves. Les enseignants doivent être exemplaires sur ce point.

Et si M. Chatel souhaite que les enseignants obéissent, il doit signer, en rupture avec son prédécesseur, des décrets et des arrêtés porteurs de progrès pour l’école publique. Car là où règnent la justice et le respect, la désobéissance est sans objet, tant pour les adultes que pour les élèves. »

 

On approuve ! Enseigner et désobéir : beau sujet de philo pour la formation des enseignants !

 

Pour en savoir plus : Le site des enseignants du primaire en résistance

 

Voir aussi "En conscience, je refuse d'obéir", entretien avec Alain Refalo

 

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Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /Juil /2009 22:48
Comme les agriculteurs vont au Salon de l'Agriculture, je vais au Festival d'Avignon chaqué été, depuis de nombreuses années. J'y suis souvent décu par des spectacles trop frais, difficiles, parfois insupportables,  décu aussi sans doute par ma propre fatigue qui trahi ma disponibilité à recevoir, jamais décu par la ville, ses festivaliers, ses rencontres, ses débats, ses événements... Un petit signe au retour pour dire les deux moments émouvants consacrés aux disparitions récentes : hommage à André Benedetto, devant son théâtre de la Place des Carmes, et à Pina Bausch au pied des murs du Palais des Papes. Deux moments simples, qui nous rappellent que tout cela ne sont que des aventures humaines...
Parlant d'André Benedetto, un intervenant raconta l'histoire de cet homme qui continue à parler alors que plus personne ne l'écoute :  "avant, je parlais pour changer le monde ; maintenant je parle pour que le monde ne me change pas !" dit-il ! Et pour Pina Bausch, on se souveindra longtemps de l'intervention de BOBO, acteur muet de Pipo del Bono rendant hommage à la chorégraphe disparue. Intraduisible, bien entendu ! Mais quelle émotion !
Enfin, deux mots pour signaler l'installation spectacle de Jean-Michel Bruyère, "Le Préau d'un seul" et ses journaux rédigés chaque jours à propos des camps d'internement. Sans doute l'une des aventures les plus fortes, sinon les plus médiatiques, de ce festival. On en trouve des traces ici.
Notamment cette image saisissante de notre nouveau ministre s'exprimant à propos de Mickael Jackson.
Ce sera ma dernière carte postale avant quelques vacances méritées.
On se rtetrouve en septembre.
Bel été à tous.
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 09:17

L'affaire HADOPI se poursuit, malgré les chaleurs de l'été. Signalons l'initiative commune de quatre organisations qui réfléchissent ensemble aux alternatives indispensables.

 


Dans la perspective des Assises de la création numérique qui se tiendront avant la fin de l’année, la plateforme Création Public Internet * soumet une première proposition, respectueuse du [droit d'auteur, pour régulariser les échanges des œuvres numériques entre individus. Elle appelle également l’ensemble des acteurs de la création mais également de l’internet et des télécoms à se joindre au débat, pour aboutir à l'élaboration de modèles concrets et opérationnels.

AVec HADOPI 2, le gouvernement s’obstine et s’acharne à vouloir contrôler internet. Ce nouveau texte organise une surenchère répressive dangereuse et stérile qui ne rapportera pas un sous de plus à la création, voir même lui en fera perdre tant il apparaît évident qu’il est de nature à accroitre le malaise qui s’est déjà installé entre les artistes et leur public.

Il est urgent de changer de voie et de parvenir, par le dialogue et la concertation, à l'élaboration d'un modèle de diffusion des œuvres qui assure à la fois un accès pour tous à une culture diverse et un financement équitable pour les artistes/créateurs. Organiser cet espace de discussion est la raison d’être de notre plateforme et nous espérons que chacun saura y trouver sa place.

lire la suite

*

Les membres fondateurs sont :

  • Pour le Cinéma : plateforme fondée par le rédacteur de la Lettre aux spectateurs citoyens, signée par près de 40 réalisateurs, producteurs et acteurs qui se sont élevés contre l'Hadopi.
  • SAMUP : Union de Syndicats des Artistes Interprètes Créateurs et Enseignants de la Musique, de la Danse et de l' Art Dramatique de France
  • UFC Que Choisir : L'UFC Que Choisir, est une association « loi 1901 », créée en 1951, elle est la plus ancienne association de consommateurs en France et en Europe.
  • La Quadrature du Net : La Quadrature du Net est un collectif de citoyens français qui informe sur des projets législatifs menaçant les libertés et le développement économique et social à l'ère du numérique.
  • ISOC France : L'ISOC France est le chapitre francais de l’Internet Society créée par les pionniers de l’Internet pour promouvoir et coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde.

Il y a quelques mois était publié le livre de Philippe AIgrain "Internet création", dont est issu la notion de "contribution créative" largement diffusée depuis dans le débat sur la loi HADOPI.
Invité à la présentation de cet ouvrage, j'étais intervenu sur le contexte général.
 Voir la vidéo


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