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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 23:25
"Quant à l'éducation artistique, il me semble essentiel de la réhabiliter à l'école, et ce jusqu'au bac. Je souhaite à cet égard la relancer par un plan cohérent et ambitieux :

- par la création du nombre de postes d'enseignants qui semblera nécessaire après examen de l'étendue de la démission de la Droite en la matière

- par une implication de grande ampleur d'artistes non nécessairement enseignants (musiciens, plasticiens acteurs), en prévoyant une prise en compte systématique des heures passées en établissement d'enseignement pour le calcul de leurs droits dans le régime de l'intermittence du spectacle. Il convient en effet de reconnaître l'acte de transmission comme partie intégrante du métier artistique

- par l'ajout à l'enseignement artistique général, d'une option choisie dans laquelle l'élève s'engage plus personnellement. Avec, à la clé, la présentation d'un projet artistique au baccalauréat dans toutes les sections.

- par le développement systématique d'expériences culturelles dans chaque établissement scolaire (chorales, orchestres, troupes de théâtre).

Si l'éducation artistique possède une place centrale dans mes propositions, c'est également parce que je crois fondamentalement que la Culture n'est pas simplement un domaine d?activité, une discipline, ou un passe-temps. Elle peut être et doit être, dans notre pays, cette valeur essentielle qui soit source d'une laïcité renforcée et revivifiée, une valeur émancipatrice et de cohésion sociale. Placée au centre de nos actions politiques, elle doit avoir pour objectif et pour résultat ce que j'appelle « la démocratie culturelle ». Il n'existe pas de démocratie sans apprentissage critique du sens civique. Sans réflexion, sans questionnement, sans remise en cause des idées reçues, sans désir d'interprétation, on se condamne à l'intolérance et aux fanatismes de tous ordres. Donner à chacun le goût de voir autrement, lui ouvrir les yeux sur une multiplicité de points de vue sur le monde, c'est lui donner les outils qui nourriront son sens civique, qui feront de lui un acteur passionné et exigeant de notre démocratie. "

Le réponse est ICI

A force de pester contre le manque de propositions culturelles dans le débat présidentiel... en voici une ! Si j'en trouve d'autre, je vous fais signe.


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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 22:57
Attention... il arrive !
Après deux années de travail, voici que sort le

DVD Album sur Philippe AVRON,

comportant ses trois derniers spectacles
'"Je suis un saumon, Le Fantôme de Shakespeare, Rire Fragile"
 et un documentaire de 85 minutes
"Philippe Avron, passeur d'humanité",
 réalisé par Jean-Gabriel Carasso et Jac Chambrier

Il n'existait à ce jour aucun document filmé sur le travail
de création de cet exceptionnel auteur/interprête.
Nous sommes heureux et fiers d'être parvenus à réaliser ce document.
Un livret de 32 pages avec photos et citations complète l'album.
Un cadeau original à faire pour les fêtes qui arrivent.
Un film rare sur la création artistique.

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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 21:26
LES ÉDITIONS DE L’ATTRIBUT organisent LUNDI 11 DÉCEMBRE 2006
une journée de réflexion
(en collaboration avec France Culture)


16h30 – 18h : débat
« L’éducation artistique est-elle encore un enjeu majeur en France ? »

Avec
- Muriel Marland-Militello, députée UMP, auteur du Rapport sur la politique des pouvoirs publics dans le domaine de l’éducation et de la formation artistiques
- Christine Juppé-Leblond, présidente de la Maison du Geste et de l’Image, inspectrice générale de l’Education nationale, membre du Haut-conseil de l’éducation artistique et culturelle et membre de la Commission de classification des œuvres cinématographiques
- Catherine Anne, metteuse en scène et directrice du Théâtre de l’Est parisien
- Jean-Claude Pompougnac, Directeur d’ARCADI, établissement public de coopération culturelle pour les arts de la scène et de l'image en Ile-de-France
- Jean-Gabriel Carasso, auteur de "Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?" aux Editions de l’Attribut


18h30 – 20h : débat
« Quelle politique culturelle pour la prochaine mandature ?
Avec ou sans ministère de la Culture ? »

Avec
- François Bayrou (Président de l’UDF) (sous réserves)
- Michel Duffour (ancien Secrétaire d'État au Patrimoine et à la décentralisation culturelle, PC)
- Dominique Paillé (député des Deux-Sèvres, UMP)
- Hervé Pérard (responsable de la Commission Culture des Verts, Maire-adjoint à la Culture d’Évry)
- Sylvie Robert (vice-Présidente de la Région Bretagne et adjointe à la culture de la Ville de Rennes, PS)
- Michel Sapin (Président de la Région Centre, PS)

Avec pour discutant : Jean-Claude Wallach, auteur de  "La culture, pour qui ?"  aux Editions de l’Attribut, et pour animateur : Arnaud Laporte, de France Culture


20h30 – 21h30 : présentation du projet et projection du documentaire
« Les Oiseaux de Marseille »

Présentation du livre Utopibonbila, coédité entre le Théâtre Massalia et les Editions de l’Attribut, sur les Oiseaux de Marseille (enfants des quartiers nord). Projection du film de Stéphane Gatti réalisé sur ce projet.


21h30 – 23h : intervention scénique
« Jaulin, Bonnaffé, Renucci font leur scène »

Les trois artistes à qui les éditions ont consacré un livre, Yannick Jaulin, Jacques Bonnaffé et Robin Renucci, nous réservent une surprise sur scène.

Entrée libre
TEP : 159 av. Gambetta. 75020 Paris
Métro : Pelleport ou St Fargeau

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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /Nov /2006 23:53

La revue Cassandre a pris l'initiative d'un Appel pour une présence de la culture dans le débat politique. Voici le texte.

Pour en savoir plus, c'est ici

NOUS INTERPELLONS AUJOURD’HUI CHAQUE CANDIDAT POTENTIEL AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES SUR SA TRÈS GRANDE RESPONSABILITÉ EN CE MOMENT HISTORIQUE.

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Nous sommes particulièrement inquiets de l’absence de véritable projet culturel dans les différents programmes des candidats aux élections françaises. La France est le pays du monde occidental où, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un certain nombre de combats menés par des acteurs de toutes obédiences politiques, ont permis à un service public de la culture assez exemplaire de se développer.

Ces outils culturels construits de haute lutte dans notre pays ne doivent pas être abandonnés. Ils doivent au contraire servir de courroie d’entraînement à une Europe qui ne se contente pas d’adopter une attitude suiviste vis-à-vis des États-unis d’Amérique. Dans le domaine de la démocratie culturelle et artistique, l’Europe porte des valeurs fondamentales qu’elle doit plus que jamais mettre en avant et notre pays doit être en première ligne. Jean Monnet le disait déjà, rapporte-t-on : « si c’était à refaire, je commencerais par la culture ».

Il est essentiel aujourd’hui, face à une représentation européenne principalement soumise aux exigences de la rentabilité et au démantèlement programmé de nos services publics, de défendre avec force des valeurs, des méthodes et des institutions, qui protègent la culture et la circulation de l’art de l’emprise des critères marchands de l’actuelle « mondialisation ».

La question de l’intermittence est essentielle - et il reviendra au prochain gouvernement d’imposer une loi face au « contrat » cher à Mme Parisot - mais aussi celle de la responsabilité de l’État central en termes de politiques culturelles publiques, indépendamment de toute ouverture à un secteur privé qui n’offre aucune garantie pour ce qui est de l’intérêt général.

Si, dans cette période de transition périlleuse, nous ne manifestons pas, au plus haut niveau de l’État, la volonté politique de prendre en compte l’importance de l’art et de la culture comme outil de civilisation, notre avenir commun est prévisible. Les valeurs immatérielles portées par l’art et par la pensée, pivot de notre identité historique commune, n’auront plus leur place dans une société entièrement soumise au néolibéralisme. Il suffit d’analyser la place des arts et de leur circulation dans l’Amérique de Georges Bush, la Grande-Bretagne de Tony Blair ou l’Italie de Sylvio Berlusconi, pour en être convaincu.

Il faut aujourd’hui que les hommes et les femmes politiques qui prétendent aux plus hautes charges de l’État sachent que dans ce domaine leur responsabilité est immense et que nous attendons d’eux non seulement des paroles, mais des actes.

C’est autant du rôle européen et mondial de la France que du problème crucial de la circulation culturelle et artistique dans les lieux de relégation de notre société qu’il est ici question.

L’absence de prise en compte de cette question majeure de civilisation nous mènerait à une perte de valeurs et à un affaiblissement irrémédiable. Cette démission suicidaire nous rendrait incapables à l’avenir de défendre un point de vue non-marchand dans le domaine de la création et de l’esprit. Il est temps de prendre la mesure de cet enjeu.

Nous tenons à votre disposition un certain nombre de documents de travail élaborés par des acteurs de différents domaines et nous attendons de vous une réaction significative.

Dans cette attente, très cordialement à vous,

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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 14:26


Vient de paraître :
"LES JEUNES AU PAYS DU THEATRE"


Cet ouvrage de Roger Deldime, directeur fondateur de La montagne magique à Bruxelles, théâtre permanent pour l'enfance et la jeunesse, est une réfléxion globale sur l'action qu'il mène depuis de nombreuses années pour donner sens à la relation du théâtre à l'enfance.
Riche d'une vaste expérience de sociologue et de pédagogue, Roger Deldime s'est investi dans l'analyse approfondie de la création artistique et dans l'élaboration de comportements d'appropriation du théâtre par les jeunes, en y impliquant les enseignants qui les encadrent. Il fait ici un fervent plaidoyer pour la promotion d'un théâtre jeunes publics de qualité et pour la nécessaire extension de l'éducation artistique de la jeunesse. Avec réflexion critique à l'égard de certaines dérives. Dessins en couleurs de Patrice Junius.
Sortie de presse en octobre (10 € ).


C'est aux éditions Lansman.
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 13:47
C'est dans Libé, nouvelles du jour :


"Si vous placez de la viande dans la rue et que les chats viennent la manger... qui doit-on blâmer? Les chats ou la viande?"
C'est la pensée profonde du mufti australien Taj ALdin al-Hilali évoquant le sort des femmes violées (non voilées).
Si vous le croisez, donnez lui la patée de ma part !


" Une femme congolaise cueillie à l'hopital et expulsée" C'est un agent de l'hopital  de Nantes qui a informé la police avant sa sortie. Cela n'a évidemment rien à voir, mais décidément, l'esprit de Vichy rôde... Cela me rappelle l'histoire de ma grand'mère, dénoncée par la concierge de son immeuble avant de finir dans les camps. Mais non... cela n'a rien à voir !



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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /Oct /2006 12:00
Pleurer sur un âge d'or perdu empêche les politiques de voir le foisonnement créatif actuel.
Théâtre, quelle crise ?
Tel est le titre d'un article récemment publié par Jacques BLANC, directeur du Quartz, scène nationale de Brest, dans Libération du Vendredi 20 octobre 2006

Extraits et commentaires :
 
Le Festival d'Avignon a célébré en juillet Jean Vilar et «soixante années de décentralisation théâtrale» . Ces commémorations peuvent être vivifiantes quand elles nous aident à reconstituer notre généalogie faite de maîtres et de disciples reconnus, à condition qu'elles ne relèguent pas les dissidents aux poubelles de l'histoire. Or il est dans l'air du temps de condamner les contestataires de Mai 68, ceux qui criaient à Avignon : «Vilar Béjart Salazar» . L'imbécillité de ce slogan ne doit pas occulter ce qui portait ce mouvement : la dénonciation de la marchandisation de la culture et d'un festival accusé de devenir un supermarché de la consommation culturelle. ...
Lors du Festival d'Avignon 1968, Julian Beck ne fit rien d'autre que de revendiquer l'accès gratuit aux spectacles pour tous, la liberté et le droit à la transgression sur scène. Nous sourions aujourd'hui de certaines de ses naïvetés, mais ces faiseurs d'utopie sont la part maudite de notre histoire. Et il y avait déjà dans l'affrontement Jean Vilar-Julian Beck en 68, les turbulences de cette pseudo-guerre entre le texte et le corps qui ne cessera d'agiter les arts de la scène et qui sera au coeur de la polémique du Festival d'Avignon 2005. Cela fera bientôt quarante ans que toutes ces interrogations sur la participation du public et la place de l'artiste dans la société hantent le théâtre français. Ces «déviants» ont toujours été nécessaires pour repousser les limites d'un certain académisme théâtral, pour le mettre en crise, au point que, depuis une trentaine d'années, la crise est devenue l'état naturel du théâtre et sa dynamique propre...

Et je repense à cette phrase de Ionesco : "Il n'y a de crise au théâtre, que lorsque le théâtre n'exprime pas la crise !"
 On ne peut prôner la diversité culturelle sans en reconnaître la polyphonie et les errances qui nous sauvent du monolithisme. ..

Certes, mais alors, comment débattre de la question centrale du sens et de la qualité en art ?
La décentralisation comme projet commun référentiel à une vision humaniste et universelle de la culture a pris fin avec l'épuisement des grands récits de l'émancipation et l'émergence de la «post-modernité»,...
La décentralisation va se fragmenter et trouver son accomplissement dans la multiplication des pôles, chacun se revendiquant comme singulier et autoréférentiel. Le réseau des scènes et des festivals de toute sorte s'ouvre alors progressivement à l'hétérogénéité des styles contemporains. Cette ouverture s'est faite simultanément avec l'ouverture au monde, et ces deux effets conjugués ont suscité de nouveaux désirs d'un public avide de découvertes et d'inventions...

Mais quel public ? Lui aussi fragmenté, singulier...
Il ne s'agit plus aujourd'hui de perpétuer les vieux concepts opposant l'action culturelle et la création artistique, mais de mettre en tension l'art et la vie, de mettre l'art à l'épreuve de la vie, et la vie à l'épreuve de l'art.

Soit, mais comment? Tout est dans la manière de faire... Quel art ? Quelle vie ?
Comme les inégalités culturelles subsistent gravement, on fait peser sur nos esprits le remords d'une espérance égalitaire que nous aurions trahie, nous les héritiers de cet âge d'or. Le ressassement permanent de ce qui aurait été perdu fait du présent un âge négatif tant la cécité de certains «observateurs» des politiques culturelles est grande...

De quels "observateurs" s'agit-il? L'allusion intrigue pour qui, comme moi, collabore régulièrement avec l'Observatoire national des politiques culturelles !

On comprend bien alors que ce qui est en déclin, ce n'est pas la création artistique, ni le public, mais les présupposés idéologiques des politiques culturelles. Ce qui nous inquiète, c'est que nombre de responsables politiques reprennent en toute bonne foi ces clichés pseudo-sociologiques qui risquent de les conduire à une politique d'assujettissement de l'art et de la culture à un marketing social new-look.

L'art et la culture, au fond, échappent-ils vraiment à toutes sortes de marketings, le plus souvent inavoués ?
Or l'effondrement de ces idéologies ouvre la voie à une pensée et à une créativité à l'oeuvre tout particulièrement dans ces nouvelles expériences de l'art qui se jouent entre l'être soi et l'être ensemble. Ainsi sans reniement ni complaisance, ce qui s'est mis en route, c'est une post-décentralisation qui, tout comme la première décentralisation des pionniers du théâtre, se pose en héritière du futur et pas seulement du passé.

C'est joliment dit... cela mériterait cependant d'approfondir le débat.

En vérité, la lecture de ce texte m'a intéressé par sa publication même, tant le couvercle semble si fortement posé sur la marmite du débat artistique et culturel. Avez-vous entendu la moindre allusion sérieuse à ces questions dans la campagne pré-électorale que nous traversons? Les médias s'emparent-ils de ce débat ? Les professionnels de la profession participent-ils vraiment à une réflexion collective et publique ? Pourquoi si peu de débat public sur ce domaine ?
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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 13:20
L'Institut International de la Marionnette,
excellement dirigé par Lucile Bodson,
vient de publier :



"La marionnette n'est pas seulement une forme et un mangage théâtral, un objet d'art : elle est aussi la chose qui, dans toutes les cultures, a condensé les interrogations sur l'origine de la vie et de la mort, sur les rapports qu'entretiennent le visible et l'invisible, l'esprit et la matière..."

Editions de l'Entremps

Institut international de la marionnette
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /Oct /2006 23:48
Naviguant sur le site de l'UNSA Education, membre du Forum permanent pour l'éducation artistique, je découvre un entretien avec Jean-Pierre Changeux *

Extrait :

Quelle est pour vous la question centrale de l'éducation?
L’égalité des chances est centrale : donner à chaque enfant les moyens de participer à un apprentissage, celui qui convient à ses dispositions cérébrales, à un moment précis de son évolution. La difficulté est de trouver une éducation commune mais ouverte qui utilise au mieux les dispositions cérébrales de chacun. Expérimenter, voir, s’ouvrir au monde sont essentiels. Les enfants sont avides de connaître, il faut leur offrir une nouveauté de qualité. L’éducation artistique de la sensibilité et de la rigueur est essentielle. Le cerveau crée spontanément. L’enfant dans ses dessins rend visible ce qui l’occupe à l’intérieur de lui-même. C’est l’opposé de l’autisme. Cette ouverture au monde, aux autres est un enrichissement individuel mais également une formation à la vie sociale. Il faudrait que les éducateurs essayent de faire une synthèse harmonieuse entre les sciences de l’homme et la neurobiologie. Il existe un lien de causalité profond entre l’organisation biologique et la fonction. C’est le programme de la neuroscience, c’est ce que nous avons à comprendre.

* Jean-Pierre Changeux est chef de l’unité de neurobiologie moléculaire et de l’unité de récepteurs et cognition septembre. Il consacre ses travaux à la biologie du système nerveux. Professeur au Collège de France, il développe la « neuroesthétique » s’interrogeant sur les relations entre l’activité artistique, la conscience et l’organisation cérébrale. Il est membre de l’Académie des sciences. Il est l’auteur de nombreux ouvrages scientifiques destinés au grand public dont « L’Homme neuronal » (1983), « Raison et Plaisir » (1994), « L’Homme de Vérité » (2002). Passionné par l’Art, il est commissaire général de l’exposition de Nancy « La lumière au siècle des Lumières et aujourd’hui  ».
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Jeudi 14 septembre 2006 4 14 /09 /Sep /2006 10:37
Pièce en un acte


L’Ignare :
Je ne sais rien. Rien de rien. Rien du tout.
Dites-moi, messieurs, lequel d’entre vous pourrait m’expliquer ce qu’est la culture ?

L’Instruit :
Moi ! Je sais. Puisque je suis instruit. J’ai de l’instruction, du savoir.
Donc, je sais. La Culture, c’est…

Le Cultivé :
Non ! Tu ne peux pas savoir. Tu n’est qu’instruit et non cultivé.
Comment peux-tu parler de culture, toi qui n’as que de l’instruction ?

L’Instruit :    
Mais, je sais, puisque j’ai appris. La Culture, c’est…

Le Cultivé :    
Tu pourrais accumuler tous les savoirs du monde, devenir une encyclopédie ambulante, rien n’y ferait. Et quand bien même pourrais-tu nous expliquer magistralement ce qu’est
la Culture, tu n’en serais pas, pour autant, cultivé. Il existe une différence fondamentale entre l’instruction et la culture. N’est-ce pas ?

L’Ignare :
Je ne sais pas. Qu’en penses-tu, l’Erudit ?

L’Erudit :    
Je pense qu’il a raison.
Moi qui suis à la fois instruit et cultivé, je crois pouvoir discerner la différence.

L’Ignare :
Je ne sais pas moi, mais si tu peux discerner… tu dois pouvoir expliquer. Pas vrai ?

L’Erudit :
Je peux essayer ! Disons que l’instruction, c’est l’accumulation d’une masse de connaissances, de savoirs, pratiques ou théoriques, plutôt objectifs ; on peut décrire, expliquer, traduire ce savoir.

L’Ignare :
Par exemple : il y a des gens qui savent qui fut Chopin, ce qu’est la mine, l’Armagnac, le Vercors… Ceux-là sont-ils instruits ou cultivés ?

L’Erudit :
Ça dépend ! S’ils n’ont qu’une connaissance limitée de ces éléments, superficielle, livresque, on pourrait dire effectivement qu’ils ne sont qu’instruits.

L’Instruit :
C’est vrai ! Moi je sais, j’ai appris ça…
 
L’Erudit :
Par contre, s’ils entretiennent avec ces éléments un rapport de connaissance très intime, à la fois objectif et subjectif, alors cela fera partie de leur culture. Comme l’eau et la terre servent à faire pousser la plante, Chopin pour monsieur Arnaud, la mine pour monsieur Hurstel, l’Armagnac pour monsieur Tiry ou le Vercors pour monsieur Gilman auront servi à les faire pousser, eux.
Ce sont des éléments constitutifs de leur personnalité. Ils entretiennent avec eux une relation culturelle.

Le Cultivé :
C’est vrai ! La Culture ce n’est pas la connaissance, c’est le rapport que l’on a à cette connaissance. Considère, par exemple, la Tour Eiffel. Tout le monde (ou presque) la connaît. Mais le rapport culturel que l’on entretient avec elle est très différent selon que l’on est un enfant parisien, un Emir Saoudien, un Maire de Paris, un paysan africain… ou Gustave Eiffel.

L’Ignare  :
Ça me paraît censé ! Mais alors, moi qui ne sais rien, qui ne suis pas instruit, j’ai quand même une culture ? Ne serait-ce qu’avec la Tour Eiffel ?

Le Cultivé :
Bien sûr ! Même si tu ne le voulais pas, tu serais obligé d’être cultivé.
Tout le monde entretient avec ce qu’il connaît une relation culturelle.

L’Instruit :
J’ai appris ! On appelle ça une sub-culture.

Le Cultivé :
Ah bon ! C’est nouveau ?

L’Ignare  :
Mais alors, à quoi sert de s’instruire ? de se cultiver ?
Et qu’est-ce que ça veut dire, au juste ?

L’Erudit :
S’instruire, c’est élargir le champ de ses connaissances.
Ça peut servir pour comprendre le monde… et pour le transformer.
Se cultiver, c’est élargir le champ de sa propre culture.
Ça peut toujours servir pour se comprendre soi-même… et pour se transformer.

Le Cultivé :
Mais il ne faut pas confondre, comme cela arrive souvent.

L’Ignare  :
Et toi, l’Erudit, pourquoi t’appelle-t-on comme cela ?
Parce que tu es à la fois instruit et cultivé ? C’est cela ?

L’Erudit :
Oui… et non !
Regarde le paysan africain. Il a sa propre culture, sa relation au monde, aux objets, aux symboles, à la musique… De même, l’intelligensia parisienne possède son champ culturel particulier et sa relation spécifique à ce champ. Dans le village africain comme dans la jungle de Paris, il y a des gens cultivés.

Le Cultivé :
Moi, par exemple !

L’Erudit :
Mais à Paris, il y a aussi quelques personnes qui, en plus de connaître leur propre culture, connaissent également celle de l’Afrique. Ce sont les érudits. L’Erudit est celui qui connaît la culture des autres, d’autres pays, d’autres peuples, d’autres temps. Il faut bien sûr des moyens d’information (ça coûte cher !) pour cela. Le paysan africain pourrait aussi bien être Erudit s’il en avait les moyens. Tous les individus, tous les groupes, tous les peuples sont cultivés, mais certains individus, certains groupes, certains peuples seulement sont érudits, parce qu’ils ont plus de moyens.

L’Ignare  :
Moi, je regarde plein de feuilletons américains à la télé, j’écoute plein de musique anglaise… Alors je suis érudit également ? Je connais la culture des autres…

L’Erudit :
L’Instruit :
Le Cultivé :
 (ensemble)      Non ! ! !

L’Ignare :
Je ne comprends plus rien !

L’Erudit :
On a eu tort de hurler. Ça dépend !
Connaître la production artistique d’autres peuples, ce peut être une très bonne chose… à condition que cette connaissance soit authentique, approfondie, critique. En ce sens, la musique ou le cinéma américain peuvent être très enrichissants (Le Ministre de la Culture l’a dit, alors !)
Par contre si l’on t’impose à haute dose, comme cela se fait parfois, une grande quantité de produits étrangers médiocres pour te faire croire qu’il s’agit-là de ta propre culture, alors tu ne seras pas érudit, seulement abruti. Tu vois la différence ?

L’Ignare  :
Je ne suis pas abruti . Je sais très bien que ces feuilletons sont débiles… n’empêche qu’ils m’intéressent et parfois me passionnent. Alors, que faire ?

Le Cultivé :
Le savoir !

L’Instruit :
Comme disait monsieur Belleville « le mode d’appropriation de la culture, ou de la sub-culture… » Je ne sais plus très bien. Je vais relire mes notes !

L’Erudit :
Que faire ? Agir peut-être ? Demande aux spécialistes de l’Action culturelle.
Ils doivent savoir, eux !

(Silence lourd. Brume)
Rideau

J G C
Avignon Paris 1985
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Actualité

Vient de paraître : 

couv ministre mini2

rencontrez l'auteur :

le 16 février à 19h, à la Librairie du "104" à Paris

le 3 mars à 11h, Foire du Livre de Bruxelles

le 8 mars à 17h30, librairie "Contact" à Angers

le 15 mars à 19h, Librairie "Les Orgues" à Paris

le 4 avril à 17h30, à la FNAC Etoile (Ternes)

  en savoir plus 

 

et toujours...

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Un coffret de 10 DVD

18 rescapés des rafles et des camps

de la seconde guerre mondiale racontent...

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1 introduction exclusive de Boris Cyrulnik


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Un livre polyphonique et décapant
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Un entretien de Jean-Gabriel Carasso
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Le manifeste pour une politique
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Recueil de textes sur le théâtre
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