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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 11:27

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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 10:00

C'est la rentrée scolaire. Parlons éducation.

Depuis plusieurs mois, des enseignants refusent de mettre en place la réforme imposée par le précédent ministre Darcos, concernant notamment le soutien scolaire individualisé. Alain Refalo a préféré consacrer les deux heures prévues à une activité de théâtre avec l’ensemble de la classe. Autour de lui, un « mouvement des enseignants du primaire en résistance » s’organise et argumente.

Hier, dans un excellent journal du matin on pouvait lire sous sa plume :

«La désobéissance n’est pas compatible avec les valeurs de l’éducation, avec l’idée que je me fais du métier d’enseignant», a déclaré récemment Luc Chatel. Cette déclaration, qui a l’apparence de l’évidence, mérite réflexion.

Certes, l’obéissance aux lois et aux règles qui fondent le droit et la justice est nécessaire dans toute société démocratique. Et nous avons à cœur, tout particulièrement à l’école primaire, d’élaborer avec nos élèves des lois et des règles, justes, équitables et utiles au vivre ensemble. Apprendre à nos élèves à les respecter s’inscrit dans un projet éducatif qui prend en compte la dimension relationnelle inhérente à toute situation d’enseignement. Mais vouloir «inculquer» l’obéissance, c’est rendre acceptable la soumission inconditionnelle, c’est inciter à renoncer à tout jugement personnel. Est-ce compatible avec la formation d’individus responsables ? Nous ne le pensons pas.

Comment apprendre aux enfants à dire «non» lors de situations de racket, ou lorsqu’ils font face à des intentions malveillantes d’adultes, s’ils grandissent dans une culture de l’obéissance sans discernement ?

Il semble en réalité que M. Chatel confonde deux notions qu’il convient de distinguer : l’autorité, nécessaire à tout enseignement et l’autoritarisme, abus de pouvoir contraire au principe même de l’éducation. A l’école, l’autorité éducative est fondée sur une parole et une attitude du maître, respectueuses de l’élève, qui doivent notamment lui faire comprendre le bien fondé de l’obéissance aux règles de vie communes. Elle est une alternative à la permissivité et à l’autoritarisme. Cette autorité de l’adulte, nécessaire à la structuration de la personnalité de l’enfant, ne saurait donc résulter d’un rapport de domination-soumission entre l’adulte et l’enfant, qui est la marque de l’autoritarisme. Le maître qui abuse du pouvoir que lui confère son statut utilise la contrainte pour obliger l’élève à obéir. Il fait le choix de la punition (du latin punire, «se venger»), et non de la sanction éducative qui vise à responsabiliser l’enfant et lui permettre d’être accepté par le groupe.

C’est précisément cet abus qui est la marque de notre institution aujourd’hui envers les enseignants du primaire qui contestent des «réformes» élaborées sans concertation et imposées à la hussarde. Cet autoritarisme suscite tantôt la soumission des enseignants, tantôt leur révolte.

Notre résistance à des dispositifs pédagogiques néfastes, parfois inapplicables et qui contribuent à déconstruire l’école publique, est obéissance aux principes d’égalité, de liberté et de fraternité qui fondent la République. Elle s’appuie tout particulièrement sur la liberté pédagogique inscrite dans la loi. «Le professeur des écoles ne saurait être un simple exécutant», est-il énoncé dans les nouveaux programmes. Si ces mots ont un sens, le ministre doit faire respecter la loi et reconnaître que les enseignants qui n’appliquent pas à la lettre certains dispositifs pédagogiques tout en mettant en place des alternatives efficaces et reconnues sont parfaitement dans leur droit.

Nous rappellerons utilement que 70 % des enseignants du primaire ne respectent pas l’interdiction formelle de donner des devoirs écrits à la maison, interdiction martelée par une dizaine de circulaires depuis quarante ans. Désobéissance non revendiquée, mais tolérée par l’institution… Un élève du primaire ne serait-il pas en droit de refuser les devoirs écrits et de désobéir ? Devra-t-il être puni pour son refus d’obéissance ? Des règles justes, de la considération, voilà ce qui suscitera «l’obéissance» des élèves. Les enseignants doivent être exemplaires sur ce point.

Et si M. Chatel souhaite que les enseignants obéissent, il doit signer, en rupture avec son prédécesseur, des décrets et des arrêtés porteurs de progrès pour l’école publique. Car là où règnent la justice et le respect, la désobéissance est sans objet, tant pour les adultes que pour les élèves. »

 

On approuve ! Enseigner et désobéir : beau sujet de philo pour la formation des enseignants !

 

Pour en savoir plus : Le site des enseignants du primaire en résistance

 

Voir aussi "En conscience, je refuse d'obéir", entretien avec Alain Refalo

 

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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 20:42
"Dans le délire médiatico-politique autour du virus H1N1, seul l'humour nous permettra de nous sauver". Cette citation philosophique n'est pas de moi mais de mon... médecin ! Voilà qui nous rassure. Et puisque c'est la rentrée, commençons donc l'année par quelques éclats de rire autour de cette affaire, par l'image et par le son.
Pour l'image, au cas où viendrait à manquer le masque adéquat, on est prié de faire avec les moyens du bord ! :


Et pour le son, il suffit de cliquer sur la photo.
Demain, on redevient sérieux !
Bonne rentrée à tous !
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 10:55

J'épargnerai eu lecteur mes souvenirs de vacances et la soirée diapos... Mais... Une bonne nouvelle se partage.
L’aventure s’est passée en plein mois d’août, à Fontaine Guérin, petit village d’Anjou, en face du jeu de boules et de la Superette, juste derrière l’église. Une bande de comédiens et comédiennes, jeunes, dynamiques, intelligents, généreux, déjà lassés sans doute de la course au cacheton individuel, se sont mis en tête de monter le premier Festival Nouveau Théâtre Populaire. L’un d’entr’eux avait une grand mère installée dans ce village, un grand champ derrière la maison, juste à côté du cimetière (le bruit ne dérangera personne !) Ils ont planté les tentes, monté un beau plateau en bois (ce sera le Plateau Jean Vilar), répété pendant quinze jours trois spectacles : Le Misanthrope de Molière, Roméo et Juliette de Shakespeare et Petit et Grand d’Andersen pour les enfants. Un petit tract de pub, une table à l’entrée, sous les arbres, quelques chaises, des billets d’entrée rédigés à la main, deux quartz en guise de projecteurs… Et voilà ! Cela suffit pour provoquer un moment de grâce théâtrale comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps.
De l’humour, du souffle, une manière attentive de faire entendre les textes dans leurs moindres détails, des corps en jeu sur un plateau nu, de l’invention, et manifestement un grand bonheur d’être ensemble qui se communique au public, venu chaque jour plus nombreux. Dans la grande parade des festivals d’été, rivalisant si souvent de publicité et de communication, voici une aventure naissante saisissante, émouvante et juste. Ils prévoient de revenir l’an prochain avec Le Cid et Le Songe d’une nuit d’été. Ne changez pas. On vous attend ! A suivre !
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Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /2009 22:48
Comme les agriculteurs vont au Salon de l'Agriculture, je vais au Festival d'Avignon chaqué été, depuis de nombreuses années. J'y suis souvent décu par des spectacles trop frais, difficiles, parfois insupportables,  décu aussi sans doute par ma propre fatigue qui trahi ma disponibilité à recevoir, jamais décu par la ville, ses festivaliers, ses rencontres, ses débats, ses événements... Un petit signe au retour pour dire les deux moments émouvants consacrés aux disparitions récentes : hommage à André Benedetto, devant son théâtre de la Place des Carmes, et à Pina Bausch au pied des murs du Palais des Papes. Deux moments simples, qui nous rappellent que tout cela ne sont que des aventures humaines...
Parlant d'André Benedetto, un intervenant raconta l'histoire de cet homme qui continue à parler alors que plus personne ne l'écoute :  "avant, je parlais pour changer le monde ; maintenant je parle pour que le monde ne me change pas !" dit-il ! Et pour Pina Bausch, on se souveindra longtemps de l'intervention de BOBO, acteur muet de Pipo del Bono rendant hommage à la chorégraphe disparue. Intraduisible, bien entendu ! Mais quelle émotion !
Enfin, deux mots pour signaler l'installation spectacle de Jean-Michel Bruyère, "Le Préau d'un seul" et ses journaux rédigés chaque jours à propos des camps d'internement. Sans doute l'une des aventures les plus fortes, sinon les plus médiatiques, de ce festival. On en trouve des traces ici.
Notamment cette image saisissante de notre nouveau ministre s'exprimant à propos de Mickael Jackson.
Ce sera ma dernière carte postale avant quelques vacances méritées.
On se rtetrouve en septembre.
Bel été à tous.
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 16:50
un livre de Bernard Grosjean

Voici un livre utile, concret, bienvenu qui apportera bien des éclaircissements à tous ceux qui entendent mener, ici ou là, un « atelier théâtre » avec des publics divers (enseignants, élèves, travailleurs sociaux..) Fort de ses nombreuses années d’expérience, à la fois d’intervenant, de metteur en scène et de formateur, Bernard Grosjean nous offre dans cet ouvrage de quoi comprendre avec précision les enjeux, les écueils et les pistes souhaitables pour la conduite d’une activité théâtrale dans une perspective éducative, ou plus largement émancipatrice.
Au-delà des éléments très concrets qu’il nous propose, sur la manière de négocier, de mener et de conclure un projet, c’est l’esprit même du projet éducatif qu’il défend qu’il faut aujourd’hui rappeler avec force : l’éducation artistique, c’est d’abord un projet d’éducation, donc d’attention aux personnes concernées, à leur développement et aux conditions de ce processus. L’analyse proposée ici est limpide, dans la ligne du travail (souvent cité), de Charles Dullin, de Léon Chancerel, de Miguel Demuynck… Dans une période où l’éducation artistique est tiraillée dans tous les sens, soumise à la tentation du « résultat » et de « l’excellence » à tout crin, la dialectique art/éducation est traitée ici avec finesse, sans complaisance. A lire d’urgence, même sur la plage, pour ceux qui entendent conduire prochainement un atelier théâtre.

Une rencontre est prévue avec Bernard Grosjean, le Mercredi 15 juillet à 18h au Théâtre de Doms en Avignon
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