Mercredi 14 février 2007
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Bien sûr, il y a les élections présidentielles, les enjeux politiques, les questions culturelles, la mondialisation, les nouvelles technologies, les sans papiers, les sans logis, les sans travail… J’en ai parlé et j’en reparlerai. Mais aujourd’hui, petite pose !
Deux mots sur une rencontre extraordinaire organisée en fin de semaine dernière. Imaginez, une colonie de vacances au coeur des Pyrénées, dans les années 50/60, tenu par un couple de pédagogues hors du commun. Le directeur, Michel Grubert, ancien typographe juif et militant communiste autrichien, avait quitté Vienne le jour de l’Anchluss par la montagne, pour arriver en France ne parlant pas un mot de notre langue, accueilli par les Auberges de jeunesse. A la fin de la guerre, ils ouvrent une maison d’enfants pour y recueillir les enfants des parents juifs déportés. Ils s’installent enfin à Argelès-Gazost pour y diriger, jusqu’au début des années 80 « L’Isard Blanc ».
C’est là que je fis mes premiers pas d’animateur, en 1965. 17 ans à peine ! Cette photo en témoigne…
Quarante années plus tard, suite au décès du directeur, l’envie de nous retrouver : anciens animateurs et enfants. Merci Internet, le tamtam électronique. Une réunion s’organise, plus de 70 participants. Grande émotion. Certains n’ont «pas changé», même regard, même rapport au monde… D’autres sont méconnaissables. Parents, grands parents, retraités… Profs, employés, banquiers, Enarques, musiciens… Tous ont en commun un souvenir impérissable de ce petit lieu de montagne. On se souvient des fleurs, de l’arbre, du lit, du dortoir, des odeurs, des jeux, du chauffage, des randonnées en montagne, du gâteau au chocolat, de la piscine, de la cage à singe, des chansons… Nathalie a apporté son carnet avec toutes les chansons que je lui faisais chanter. Elle les apprises à ses propres enfants… Pascale se souvient d’une de mes premières chansons, que j’avais moi-même oubliée… Maud me montre une photo d’enfance avec moi, qu’elle a gardé précieusement…Grande leçon, en vérité, que ces retrouvailles, sur l’importance de l’enfance, de l’éducation, des éducateurs, et sur les traces indélébiles que cela inscrit dans les esprits, dans les corps et dans les mémoires. On se demande parfois à quoi tout cela peut bien servir. Enseigner, éduquer, arroser sans jamais voir la fleur s’épanouir… Et pourtant !Souvenons-nous de nos propres expériences d’enfance ou d’adolescence avant d’aller plus avant dans les théories sur l’éducation artistique et culturelle. N’oublions jamais l’importance structurante de ces « premières fois ». Hors de cette mémoire, tout le reste ne serait que bavardage !
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Publié dans : COUPS DE COEUR
Jeudi 8 février 2007
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Vu samedi dernier « Les Ephémères » du Théâtre du Soleil, entrée à 15h, sortie à 23h. Un spectacle déroutant, attachant, irritant, déprimant et pourtant fascinant… Des « tranches » de vie, souvenirs ravivés par las acteurs de moments traumatisants, émotions à vif. Difficile de parler de ce travail artistique complexe. Je m’interrogeais sur la manière de rassembler quelques arguments, de traiter du sens, du risque, de l’émotion, du jeu, de l’espace, de l’aventure majeure de ce Soleil qui n’en finit pas de briller… quand je suis tombé, ce matin, sur la « critique » du journal le Nouvel Observateur. Affligeante ! Et significative. La journaliste y raconte l’espace, le dispositif, les horaires, les entrées et sorties, la forme, la musique… pour conclure « C’est plus qu’un grand spectacle : un moment de vie, prenant comme le temps qui passe, l’instant qui s’évanouit. » Elle a aimé. Soit ! Mais encore ?Qu’apprend-t-on de ce texte. Rien, en vérité. Une description et un bref jugement, mais encore ? A quoi sert la critique artistique ? Qu’en aurait dit, par exemple, Bernard Dort, qui fut un grand ami du Soleil et fin dramaturge ? Qui nous aidera, par le regard et le commentaire, à nous faire une idée plus claire de ce à quoi nous avons assisté ? Décidément, l’art de la critique artistique, théâtrale en particulier, se perd. Et c’est dommage, pour le théâtre lui-même.
En vérité, on confond allègrement la critique, le jugement et l’évaluation. Le jugement, chacun y est apte, il est de l’ordre de la subjectivité. J’aime, j’aime pas ! Ça me touche, ça me laisse indifférent, ça m’exaspère… La critique est plus difficile, il s’agit d’argumenter, de lire, de saisir, d’analyser, d’aider ceux-là même qui se sont exprimé à saisir ce qu’ils ont produit. Miroir de la pensée, la critique devrait être une véritable réflexion (le miroir aussi, réfléchit !) L’évaluation, enfin, devrait être un processus de co-réflexion entre l’intérieur et l’extérieur, entre les acteurs et ceux qui les entourent, pour tenter d’atteindre, dans un mouvement de débat dialectique, une part de vérité assumée par chacun. Rien à voir, on le comprend, avec les caricatures d’évaluation que l’on nous propose ici et là.
A ce propos, signaler la réflexion fort pertinente sur le sujet de l’évaluation des politiques culturelles, produite et rédigée par le Doc Kasimir Bisou. C’est le texte le plus clair que j’aie lu sur ce sujet et vous le recommande, pour peu que cette question de l’évaluation, (qui ne manquera d’encombrer tous les débats à venir), vous intéresse.
Il est ici.
PS : EP2C me signale le programme de José Bové, pour ceux qui le cherchent.
Il est écrit notamment:
"Changer la donne du partage des connaissances et des cultures. Mettre fin aux inégalités scolaires, ouvrir à toutes et à tous les arts et œuvres de l’esprit ; permettre à chacun-e de maîtriser toutes les technologies de communication ; développer une démocratie culturelle associant citoyens et professionnels ; promouvoir le principe d’exception culturelle pour tous les peuples, afin de protéger la diversité culturelle en la mettant à l’abri des règles du marché."
La suite est ici.
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Mardi 6 février 2007
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19:55
1/ Pour information : un nouveau "blog" culture/présidentiel est proposé, à l'initiative de la lettre d'information artistikrezo.
A peine ouvert, on y trouve déja le programme complet pour la culture... de la LCR.
C'est ici
C'est tout pour aujourd'hui !
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Jeudi 1 février 2007
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22:14
Qui a dit ?"Dans les semaines qui viennent, à l'approche d'échéances décisives pour notre pays, on va beaucoup parler de la France. Dans ce débat qui s'ouvre, il faut parler beaucoup de la culture.
Car la France ne serait sans aucun doute pas la France sans une grande ambition culturelle. Notre pays est riche d'un patrimoine exceptionnel, de grandes institutions artistiques, reconnues partout à l'étranger. Dans tous les domaines, il demeure un foyer vivant de création. Ce sont des atouts de premier ordre dans le monde d'aujourd'hui.
Un monde instable, complexe, où les destins des peuples se mêlent comme jamais. Un monde où le dialogue des cultures est une nécessité vitale, pour que les différences soient un facteur d'enrichissement et de progrès et non d'incompréhension et de conflit. Un dialogue renouvelé qui est indissociable de l'affirmation forte de nos valeurs et de notre culture.
Sachons donc les défendre. Soyons fiers de notre modèle, qui fait de la culture un grand enjeu politique, au sens le plus noble du terme. Sachons le faire vivre. C'est pour cela que la France a fait reconnaître dans l'enceinte de l'UNESCO le droit de chaque Nation à définir ses propres politiques culturelles. Un droit qu'il faut maintenant conforter, consolider, notamment en relevant tous les défis du numérique. Les enjeux sont immenses, et le combat toujours à livrer, pour que la culture ne soit pas abandonnée sans frein aux forces du marché..."
La réponse et la suite ici
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Jeudi 1 février 2007
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11:05
Sur la question culturelle, Ségolène Royal est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance .Ils sont 30% à lui faire confiance, bien plus que pour Nicolas Sarkozy (16%) et François Bayrou (15%). Les autres candidats recueillent 2 ou 3 % de citations chacun. Le score de Nicolas Sarkozy sur cette question révèle un hiatus entre sa popularité politique et sa crédibilité en matière de politique culturelle, bien moindre.
La gauche bénéficie d'un avantage relatif par rapport à la droite sur la politique culturelle .Cette confiance accordée à la candidate socialiste ne tient pas seulement à son appartenance politique puisque 57% des Français estiment que si la gauche était au pouvoir elle mènerait une politique culturelle ni meilleure ni moins bonne que celle de la droite, tout particulièrement les ouvriers (63%) et les plus jeunes (61% des 18-24 ans). Ils sont 29% à penser que la gauche ferait mieux que la droite (dont près d4un sympathisant socialiste sur deux, 47%) et 10% à juger qu'à l?inverse elle mènerait une politique culturelle moins bonne que celle de la droite.
Une majorité des Français (56%) estiment qu'à l'avenir le financement des activités culturelles et artistiques devrait êtrre développé sur fonds publics .Plus précisément, ils sont 31% à souhaiter le développement du financement public par les collectivités locales et 25% du financement public par l'Etat. Le financement par le privé de l'art et de la culture n'est pas très populaire. Cependant cette opinion est très clivée politiquement. Si les Français dans leur ensemble sont 18% à estimer que c'est le moyen de financement à développer en priorité, les sympathisants de droite sont 25% de cet avis, plaçant ainsi les mécènes comme premier mode de financement à développer à l'avenir, devant les financements publics par l?Etat (23%) et par les collectivités locales (22%). L'autofinancement est quant à lui considéré comme le mode de financement d?avenir de la
culture pour 16% des Français.
Ce sont les premières conclusions du sondage BVA/Orange qui vient d'être publié sur la culture et les présidentielles.
Télécharger le sondage ici.
Enfin une base scientifique pour savoir de quoi nous parlons ! Prudence cependant : je pense souvent à ce statisticien qui, dit-on, s'est noyé dans une rivière qui faisait en moyenne... 10 cm de profondeur !
Pour ceux qui veulent en savoir plus : on annonce une rencontre parisienne sur le sujet avec Jean-Marie Cavada (écurie Bayrou), une autre avec la Ségolène... On se tient au courant !
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Mercredi 31 janvier 2007
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19:36
Dans un précédent article, j'évoquais la question du débat sur le non-débat concernant la place de la culture dans la campagne présidentielle. Depuis, le sujet fait l'objet de nombreuses tentatives pour ouvrir queques brèches et imposer cette thématique dans le débat public.
Notre ami EP2C suit l'affaire avec vigilance.
Il nous signale le site de "Culture critique 2007"qui traite de ce même sujet.
Aujourd'hui, nouvelle piste : le site proposé par la SACD "2007. Culture.org qui s'ouvre sur un entretien avec Jean-Claude Carrière et se propose de rassembler les propos et propositions des candidats sur le thème de la culture. Certains fiches demeurent désespérément vides...
"Qu'est-ce que la culture ? « L'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement » dit le petit Robert. Ce site permet de confronter les idées des différents candidats, de débattre du programme culturel, de s'exprimer sur ce sujet essentiel. Il n'y a pas de démocratie sans culture. Il n'y a pas de culture démocratique sans une véritable volonté politique au plus haut niveau." (Sophie Deschamps - Présidente de la SACD)
L'image qui me vient est celle des dauphins qui suivent parfois les gros bateaux en sautant alentours, question de se signaler à l'équipage pour espérer quelques miettes du festin...
Nous sommes des dauphins !
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