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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 11:00

"… le fait de croire que le travail est une vertu est la cause de grands maux dans le monde moderne… la voie du bonheur et de la prospérité passe par une diminution méthodique du travail.

Et d’abord, qu’est-ce que le travail ?

Il existe deux types de travail : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant sur la surface de la terre, ou dans le sol même ; le second, à dire à quelqu’un d’autre de le faire. Le premier type de travail est désagréable et mal payé ; le second est agréable et très bien payé. Le second type de travail peut s’étendre de façon illimitée : il y a non seulement ceux qui donnent des ordres, mais aussi ceux qui donnent des conseils sur le genre d’ordre à donner. Normalement, deux sortes de conseils sont donnés simultanément par deux groupes organisés : c’est ce que l’on appelle la politique. Il n’est pas nécessaire pour accomplir ce type de travail de posséder des connaissances dans le domaine où l’on dispense des conseils : ce qu’il faut, par contre, c’est maîtriser l’art de persuader par la parole et par l’écrit, c’est-à-dire l’art de la publicité..."

 

Celui(celle) qui trouve gagnera le droit de ne rien faire pendant quelques heures !

Ceux qui ne souhaitent pas trop travailler trouveront la réponse ici

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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 21:41

Sans doute faut-il lutter contre l’absentéisme scolaire, trouver les moyens de motiver les élèves pour qu’ils adhèrent au projet pédagogique qui leur est proposé, ne pas se satisfaire d’absences répétées et inexpliquées. C’est le bon sens même ! Faut-il pour autant s’aventurer vers les expériences qui viennent d’être mises en place à l’académie de Créteil, dans trois lycées techniques, à la demande du Haut commissariat à la jeunesse, à savoir proposer une « cagnotte » aux élèves qui serait alimentée par leur seule présence en classe ? On croit rêver !

Ainsi, les élèves seraient donc « payés » pour être là ! Non pour travailler, pour réussir, pour participer à un projet collectif, pour faire preuve d’initiative ou de créativité… Non, simplement pour être présent là où ils doivent être, à l’école ! Dans quel monde veut-on nous entraîner ? A quand le SMIC à l’école maternelle ? La prime de fin d’année pour un examen réussi ? Une échelle des salaires dans une même classe selon le niveau des élèves ? Ce n’est qu’une « expérimentation », nous dit-on, qui pourrait être étendue à 70 classes en cas d’évaluation positive.

Faut-il être perdu, désemparé, sans imagination éducative, pour s’aventurer sur de telles bases, oubliant totalement que le contrat pédagogique n’à rien à voir avec un contrat de travail, que la motivation à apprendre, c’est-à-dire à se développer soi-même (l’élève s’élève !) relève principalement d’une relation complexe qui se nomme « l’éducation » qui n’a rien à voir avec le principe de la carotte (ici la « cagnotte !). Il faut refuser avec force cette aventure douteuse. Avant même qu’elle ne commence. Halte au feu ! Expérimentation, piège à con !

 

En savoir plus ici

 

 

Une information complémentaire qui n'a rien à voir...

Ceux qui s'intéressent au théâtre et la critique théâtrale seront heureux d'apprendre qu'un nouveau site vient d'être créé qui se propose d'éditer des critiques de spectacles en ligne. Il s'intitule "AU POULAILLER". Initiative naissante à soutenir.

C'est ici :

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 09:27
Entre la brutalité de l'arrestation du cinéaste, et le souci d'une justice indépendante, l'humour du dessinateur apporte un regard décalé:
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 14:44
La semaine prochaine, devrait être votée à l'Assemblée nationale la loi dite HADOPI2, version corrigée de la précédente loi retoquée en grande partie par le Conseil Constitutionnel. Petit rappel amical : la "contribtion créative" qui a été défendue fortement par les opposants à cette loi, a été imaginée et théorisée par mon ami Philippe Aigrain dans son ouvrage



A l'occasion de la présentation de ce livre, j'avais fait une brève intervention que voici :


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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 11:25


Eureka ! Le Conseil pour la création artistique, mis en place par le Président de la République en janvier dernier sous la responsabilité de Marin Karmitz, vient de rendre public 10 projets qui visent, en toute modestie, à « mettre en œuvre une politique culturelle d'envergure pour le temps présent et l'avenir". Rien de moins ! Et d’ajouter dans un entretien au Monde « Ce que nous avons fait, le ministère n'aurait pas pu le faire. » Bigre ! La montagne accouche en réalité d’une compilation de souris diverses sans logique aucune, espérant naïvement « passer de l’expérimentation à la généralisation », dont nous savons pertinemment qu’il n’en sera rien ! Reprenons et donnons quelques conseils au Conseil.


1/« A la demande de Martin Hirsch, haut commissaire à la jeunesse, des créateurs de moins de 30 ans issus de toutes disciplines et de métiers d'art auront carte blanche pour intervenir dans des lieux phares (gare, usine, château, parc, monument), afin d'en réécrire l'histoire à leur façon. La manifestation aura lieu au début de l'été 2010 et reposera sur les projets présentés par huit structures : Centre chorégraphique de Toulouse, Maison de la culture d'Amiens, Subsistances à Lyon, Quartz de Brest, Maison de la culture de Grenoble, Théâtre de Chaillot à Paris, Marseille 2013, Centre Pompidou de Metz. »

Conseillons au Conseil de ne pas s’appuyer d’abord sur les structures culturelles dirigées par ses propres membres ou leurs amis proches, ni de chercher à rééditer le coup de la Fête de la Musique, grande manifestation à la gloire du Grand Dirigeant, mais d’établir avec les collectivités territoriales une véritable politique concertée d’aide à la jeunesse : éducation artistique, pratiques amateurs, aides à la création, lieux de création… Une sorte de « charte territoriale culture/éducation/jeunesse » ? Et pourquoi pas un événement spectaculaire, mais en fin de chaîne ! C’est la vieille histoire des bœufs et de la charrue.

2/ « M. Karmitz, amateur d'art et collectionneur réputé, veut faire de Paris la "capitale mondiale de l'art". L'Ouest parisien en sera le symbole. Il s'agit de mettre en synergie toutes les institutions culturelles situées autour de la colline de Chaillot : Quai Branly, Palais de Tokyo, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Musées Guimet et Galliera, etc. 

Il existe déjà un modeste accord tarifaire entre quelques musées. Le Conseil veut aller plus loin et proposer "une offre globale" (transports, billet, parcours numérique, offre culturelle) »

Conseillons au Conseil de lever la tête et de constater qu’au-delà de l’Ouest parisien, la colline de Belleville et de Ménilmontant, loin du XVIe arrondissement, mérite autant d’offrir à ses habitants une vie culturelle active et pertinente, voire une « offre globale » entre les nombreuses structures qui s’y trouvent. Conseillons lui aussi de ne pas trop tenir compte des inclinations personnelles de ses membres : que se serait-il passé si M. Karmitz avait été passionné, par exemple, de sport automobile et collectionneur de vieilles voitures ? Les 24 heures du Mans transportées au centre de la capitale ?

3/ « Culture en commun en Seine-Saint-Denis. Le projet est ambitieux, mais il est aléatoire. Mettre en réseau les établissements culturels de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), y intégrer l'habitat et le loisir, expérimenter des "formes précaires, éventuellement foraines, de présence culturelle". Pour ces dernières, un appel d'offres a été lancé auprès d'architectes pour qu'ils transforment des friches du département et imaginent des nouvelles structures nomades. Le dispositif demande toutefois à être précisé, au risque de capoter. »

Conseillons au Conseil de préciser sa pensée avant de communiquer sur une telle proposition : s’agit-il de permettre à des cirques ambulants de stationner au pied des tours de nos banlieues ? De n’offrir aux habitants, eux-mêmes si souvent « précaires » que des « formes précaires » ? D’éviter les occupations illégales et autres squats artistiques, en aménageant par avance des lieux à cet effet, friches industrielles ou structures nomades ?

Il y eut un temps des « milles clubs », structures légères installées dans les quartiers par le ministère de la Jeunesse et des sports. Y aura-t-il désormais les « 1000 friches »  ? Est-ce aux architectes qu’il faut lancer un appel d’offre, ou aux artistes et porteurs de projets culturels de quartier qui pourraient avoir quelques idées sur le sujet ?

4/ « Orchestres de jeunes en quartier sensible. Dès 2010, 500 jeunes, de 7 ans à 15 ans, issus de quartiers sensibles, seront intégrés dans une quarantaine d'ensembles musicaux créés pour l'occasion et seront intensivement formés à la musique classique. Ce projet est calqué sur un modèle au Venezuela, qui a fait ses preuves. L'Orchestre de Paris et la Cité de la musique l'animeront. »

Conseillons au Conseil une ambition plus vaste et moins idéologiquement sélective. Permettre à d’autres disciplines artistiques, transversalité des arts oblige, de s’inscrire dans ce type de projet : 40 troupes de théâtre de jeunes, 40 compagnies chorégraphiques, 40 orchestres de Jazz ou de musique Orientale (il paraît que le ministre en est fan !) ? Bien des compagnies et des formations musicales seraient sans doute intéressées par une telle proposition. Mais il est vrai que les crédits d’animation sont souvent difficiles à obtenir, et que le temps passé par les artistes intermittents à ce type d’activité leur est discuté au prétexte que ce ne serait pas un temps « artistique ».

5/ « Ecole de cinéma nomade. Une école de cinéma, installée sur une péniche ancrée au pied de cités, ouvrira en janvier 2010. Visant à créer "un cinéma de rue", elle s'adresse à une vingtaine de jeunes de 18 à 25 ans, qui, pendant un an et demi, feront un premier film. Elle sera dirigée par le cinéaste Abdellatif Kechiche et sera installée dans la péniche de son film La Graine et le mulet (2007). Les films seront proposés en salles, à la télévision, sur Internet et édités en DVD. »

Conseillons au Conseil de préciser les critères de sélection pour ceux qui pourront participer à cette aventure. Habiter près de la péniche ? Avoir un projet de « cinéma de rue » ? Et pourquoi ne pas conforter dans le même temps toutes les initiatives « d’éducation à l’image » qui sont aujourd’hui tellement fragilisées ?

6/ « Soutien au Centre Pompidou mobile. Le conseil soutient le projet du Centre Pompidou de créer un musée mobile de 1 000 m2, présentant des œuvres importantes du XXe siècle, qui sillonnera la France. L'architecte sera connu en juin 2010 et la structure ouvrirait en septembre de la même année. »

Conseillons au Conseil de préciser s’il s’agit de rééditer Les Tréteaux de France, version arts plastiques et de s’interroger sur la nature des relations que cette structure pourrait établir avec ces « nouveaux publics » espérés. Rappelons que ce n’est pas un « dispositif » de plus  qui importe, mais bien les « dispositions » de ceux auxquels on veut s’adresser !

7/ « Diffusion d'opéras dans les théâtres publics. A partir de 2010, six ou sept opéras donnés en France, mais aussi à l'étranger, seront retransmis en direct dans des théâtres publics, un peu partout en France. Le but est d'élargir les publics et "de rendre encore plus profitable l'argent des citoyens investi dans la production des spectacles ».

Conseillons au Conseil de pousser la logique de cette proposition, et de retransmettre à l’Opéra Bastille des spectacles de rue du Festival d’Aurillac ou du rap des Banlieues. Etc…

8/ « Visites virtuelles de musées. M. Karmitz pense que les institutions culturelles utilisent mal les "outils numériques" susceptibles d'attirer un public qui ne se déplace pas. Aussi une "clause numérique" va-t-elle être ajoutée au cahier des charges des lieux subventionnés. Deux sites pilotes vont donner l'exemple: la Comédie-Française va refondre son site Web et la Réunion des musées nationaux va créer un parcours virtuel à l'occasion de l'exposition Claude Monet au Grand Palais, à l'automne 2010. »

Conseillons au Conseil de distribuer gratuitement dans les quartiers défavorisés des ordinateurs et des abonnements à Internet. Il est certain que les nouveaux internautes se précipiteront en priorité sur le site de la Comédie française et de la RMN, surtout s’ils sont rénovés !

9/ « Cinémathèque de l'étudiant. 2,2 millions d'étudiants en France auront accès à une plate-forme de vidéo à la demande leur permettant de voir "des films de référence". Ni date ni coût ne sont donnés. »

Conseillons au Conseil de préciser jusqu’à quel âge nous aurons le droit d’être considérés comme étudiants ?

10/ «  Mieux diffuser la création et la pensée française à l'étranger. Le conseil prône la promotion de la pensée française via le numérique. Il financera la traduction de textes scientifiques français ».

Conseillons au Conseil de préciser ce que serait « la pensée française » aujourd’hui ! 

Et comment s’articule cette proposition avec les baisses drastiques de crédits de nombreux centres culturels français à l’étranger ?

Trêve de conseils ! Ces propositions sont affligeantes, en ce qu’elles démontrent le peu de cas fait par les membres de cette instance aux analyses, pourtant nombreuses, de la situation de la vie culturelle en France et la nécessité de faire évoluer l’action et les politiques dans ce domaine. Rien sur l’éducation, rien sur la décentralisation, rien sur la coproduction des politiques publiques, rien sur l’implication des populations aux projets culturels… J’en passe ! Un débat public sur les enjeux de l’art et de la culture dans notre pays demeure urgent. Il se passera des avis du Conseil. Il faut en finir au plus vite avec ce type de démarche « groupusculaire » !

 

Voir aussi sur ce sujet la position de Doc Kasimir Bisou reproduite ici.

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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 10:23
Parmi les innombrables spectacles de la rentrée, deux propositions à signaler :

1/ LA COMMISSION CENTRALE DE L'ENFANCE de et par David Lescot
est repris pour une semaine au Théâtre des Abesses (Théâtre de la Ville)
du 25 septembre au 2 octobre


"Nonchalant, tout souriant, David Lescot arrive avec sa guitare tchèque, qui, nous prévient-il, date de1964. Un souvenir de jeunesse, du temps où ses parents l’envoyaient dans l’une de ces colonies de vacances organisées par le parti communiste pour les enfants juifs. Avant lui, son père y était allé. Là bas David Lescot écoutait Joan Baez et les contest songs du temps. On lui apprenait des chansons dans le droit fil de la bonne pensée. Un peu comme chez les scouts, mais franchement plus à gauche. De toute façon, ayant réalisé dès son plus jeune âge qu’il est essentiel de ne jamais rien prendre pour argent comptant, de toujours chercher l’autre côté des choses, ses chances de se laisser embrigader étaient minimes. D’autre part, c’est sans doute là qu’est née sa passion pour la musique : il ne peut s’en passer, elle habite entièrement son œuvre. Il se souvient, il raconte, se confie, gratte tendrement sa vieille guitare rouge, chante, installe une ambiance de cabaret rêveur, attire la complicité tout autant que le rire. Défilent les airs et les chansons que l’on croyait oubliés, les histoires de balades, de soirées rigolardes, avec les copains, les surveillants. Et lui au milieu, le regard déjà bien acéré, qui observait, examinait, saisissait l’instant, en pointait les failles. Alors aujourd’hui dans son récit (Molière 2009 de la révélation) se rejoignent une forme de nostalgie souriante et d’humour mélancolique, se mêlent finesse et tendresse. Un rare enchantement."

 Colette Godard

Le DVD du spectacle avec quelques entretiens en bonus est disponible ici

2/ L'Arracheuse de temps de et par Fred Pellerin   est au Théâtre du Rond Point,
du 29 septembre au 31 octobre (18h30)

"Tout ce que je raconte a une origine réelle. Je viens d’un village où les gens parlent beaucoup.
Saint-Élie-de-Caxton n’est pas une invention de Fred Pellerin. Ce serait même plutôt le contraire. Car si cette charmante contrée québécoise n’existait pas, cet enfant du pays à la langue bien pendue qu’est l’ami Pellerin n’existerait pas non plus. Alors, bien sûr, un gars qui vous parle comme ça avec le plus grand sérieux d’un éleveur de mouches de sa connaissance qui utilise des insectes pour concocter de la bière de bibittes, et que cette boisson aurait même remplacé un temps le vin de messe à Saint-Élie, sur le moment ça laisse un peu coi. Et pourtant la bière de bibitte existe pour de vrai, c’est de l’alcool à base de fèves, une boisson locale. Les lutins aussi existent. Fred Pellerin les a vus. Il faut le croire car c’est un conteur à l’imagination formidable. Il n’invente rien, assure-t-il. C’est sa grand-mère qui lui a tout raconté. Mais à l’entendre on soupçonne qu’il ne craint pas de « brodeuriser » ses histoires désopilantes entre deux morceaux de guitare. De bien belles histoires qu’on ne se lassera jamais d’écouter. "

Pour ceux qui aiment rire, découvrir un artiste conteur exceptionnel et prolonger un voyage au Québec, à ne pas rater !
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