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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 12:39
Les militants pédagogiques, dans et hors l’école, sont aujourd’hui sur la défensive, attaqués de partout sous prétexte de « pédagogisme post soixante-huitard », de « libéralisme libertaire » par les réactionnaires restaurateurs de tout poil qui peuplent désormais nos institutions, nos médias… Comme le dit crânement notre Premier ministre, la grande victoire de la droite est avant tout une victoire idéologique : « nous avons gagné la bataille des idées contre le relativisme culturel de la gauche ! » Il importe donc, dans l’adversité, de réaffirmer quelques valeurs simples. Ce que fait PHILIPPE MEIRIEU dans un beau texte né d’une conférence faite récemment auprès des CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). Analyse et propositions. Extraits :

« Contrairement à ce que pensent certains de nos amis, je ne suis pas de ceux qui pensent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, celui de l’Education nationale par exemple.
Je pense qu’en effet il y a une baisse du niveau et que, à force de nier l’évidence, on se discrédite et l’on se ridiculise. Cette baisse n’est pas globale, ni dans tous les domaines, mais elle existe dans des secteurs où elle a été mise particulièrement en évidence – l’orthographe, la grammaire – mais aussi pour ce qui est des repères historiques et culturels… Continuons à nier cette réalité et nous ne parviendrons pas à ce que les étudiants à l’université soient à même de manipuler correctement le français à l’écrit par exemple.
Je voudrais souligner aussi que « Oui ! » il y a des établissements difficiles où même les militants pédagogiques que nous sommes ne mettraient pas systématiquement leurs enfants. Certains établissements sont de « vrais barils de nitroglycérine », dont on ne sait pas s’ils pourront subsister longtemps et s’il ne faudra pas y faire entrer bientôt des mercenaires pour pouvoir y enseigner.
Je voudrais également dire que « oui ! », il y a eu des caricatures de l’Education nouvelle, caricatures qui nous ont particulièrement desservis. Il y a eu des amalgames entre certaines formes de « libertarisme » et l’Éducation nouvelle. Et je ne vise pas là particulièrement « Mai 68 » qui est un moment historique important d’une extraordinaire richesse et complexité que l’idéologie ambiante a tendance à confondre avec une simple convulsion de l’individualisme libertaire.
L’Éducation nouvelle, contrairement aux lieux communs qui traînent un peu partout, ne s’est jamais reconnue dans Libres enfants de Summerhill, même si certains de ses militants ont été fascinés par cette expérience. De même, l’Éducation nouvelle n’est pas réductible à la non-directivité, apparue bien plus tard et si mal comprise : là où il n’y avait à trouver, selon l’expression de Daniel Hameline qu’une « hygiène mentale » capable de nous dégager de nos velléités d’emprise, on a cherché indûment un système d’enseignement et une théorie de la culture.
De même, l’Éducation nouvelle n’a pas à endosser toutes les dérives d’une didactique technocratique et jargonneuse, qui n’a rien à voir avec ses principes, escamote la question du sujet comme celle de la relation pédagogique, oublie la dimension anthropologique et philosophique de la transmission. Il ne faut pas, par une sorte de solidarité inutile avec des « réformateurs didacticiens » - qui ne nous la rendront pas, d’ailleurs ! – défendre l’indéfendable ou s’excuser de ce que nous n’avons pas fait.
Tout cela, évidemment, n’est pas très « pédagogiquement correct ». Pour autant, je ne suis pas de ceux qui disent que le passé est merveilleux et qu’il faut revenir au temps où les enfants obéissaient « au doigt et à l’œil » (ou « à la loi et à l’œil », selon un célèbre lapsus). Mais je pense que, dans les dix dernières années, nous sommes restés sur une position beaucoup trop défensive. Face à des retours en arrière revendiqués ou à des positions ouvertement réactionnaires, nous avons été acculés à défendre le statu quo… qui nous apparaissait, quand même, moins mauvais que ce qu’on nous proposait. Et, au bout du compte, nous avons même, parfois, été amenés à défendre l’état actuel du système comme si nous en étions responsables et comme si nos idéaux avaient été réalisés.
Ainsi les militants pédagogiques, face aux attaques de ceux qui proposaient le retour aux « bonnes vieilles méthodes » pour lutter contre la baisse de niveau, se sont-ils mis parfois dans une posture de déni, en rupture avec leur « insurrection fondatrice » : « Mais non, tout va bien, le niveau n’est pas si mauvais, les jeunes ne posent pas de problèmes, les classes fonctionnent bien, etc. » La presse, les médias, par les configurations des débats qu’ils ont organisés – un partisan du retour au passé contre un « pédagogue » - nous ont placés en situation de défendre d’hypothétiques acquis sans pouvoir montrer le caractère de rupture de nos propositions. Au point que, pour l’opinion publique, nous sommes devenus les partisans de l’immobilisme contre ceux du mouvement !
Moi-même, alors que je me définissais comme un insurgé, j’ai ainsi été perçu souvent comme un défenseur du statu quo par ceux et celles qui, en réalité, ne voyaient en moi qu’un obstacle à leur désir de revenir en arrière. Il m’est alors arrivé d’être en situation de défendre l’indéfendable, de chercher désespérément des progrès dans un système dont je condamnais complètement le mode de fonctionnement, de prétendre que les choses n’allaient pas si mal, alors que toute mon énergie venait de mon désir de les transformer. »…

***
… « Certains d’entre eux sont mus par une réelle angoisse et de bonne foi. Il existe des parents qui ont peur devant le comportement de leurs enfants et se sentent complètement perdus. Il existe des enseignants, complètement désarmés face à ce qu’ils rencontrent dans leurs classes. Il existe des acteurs sociaux, dans tous les domaines, qui ne voient d’autre solution à la situation actuelle que la répression.
L’autoritarisme se nourrit de ce phénomène de société, y compris pour enrôler un certain nombre de nos concitoyens qui ne sont a priori ni conservateurs, ni autoritaristes, mais qui, simplement, se disent que, si, dans les années 1950 où la société était très normée, il était nécessaire de développer des enclaves libertaires, aujourd’hui, quand la société est devenue hyper libertaire, il est nécessaire de développer une éducation très normée normées. Et les gens qui développent ce discours ne le font pas toujours dans une perspective réactionnaire, mais quelquefois dans une perspective de simple rétablissement de l’équilibre… Car il faut se souvenir que les intellectuels de la première partie du 20ème siècle considéraient l’école comme un lieu de la « pédagogie noire », très normée – collèges jésuites, internats « terribles »… et que Summerhill, par exemple, était une enclave libertaire qu’il fallait faire exister contre ce système hyper normatif. Aujourd’hui les mêmes intellectuels, parisiens pour la plupart, considèrent que, dans un système très « libéré », tant au plan familial que social, l’école doit fonctionner en instituant des enclaves de normalisation absolument indispensables.
Il nous faut prendre conscience de ce mouvement de balancier qui relève de réflexes sociologiques explicables, mais ne constitue en rien une « théorie de l’éducation » acceptable. Impossible de confondre la pédagogie – en tant que réflexion rigoureuse sur les conditions d’émergence d’un sujet, à la fois intégré dans une histoire et libre de prendre ses distances avec elle – avec des réactions de peur collective, des emballements médiatiques et des calculs politiciens. Notre avenir ne peut dépendre de coups de boutoir d’un côté ou de l’autre. Pas plus que la société répressive du XIXe et du début du XXe siècles n’appelait « automatiquement » une éducation libertaire, la société libérale n’appelle une éducation répressive. Les sociétés, quelles qu’elles soient, appellent une véritable éducation cohérente avec leurs finalités. Et, pour ce qui nous concerne, nous avons besoin, je crois, d’une véritable éducation à la démocratie : une éducation de sujets capables de comprendre le monde dans lequel ils vivent, d’échapper à toutes les formes d’emprise et de s’associer pour chercher ensemble le bien commun."...

Lire l’ensemble du texte ou le télécharger ici.



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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 23:34
1/ Eliane a 17 ans. Elle vit à Ouagadougou, fait des études brillantes. Sa mère est médecin, a été directrice de la santé au Burkina Faso et travaille actuellement à l’OMS. Son père est fonctionnaire au ministère de la culture, conseiller du ministre. Il fit ses études en France à l’époque où existait encore une « formation internationale culture» accueillant des étudiants de diverses nationalités. Il est aujourd’hui en charge du dossier sur la « diversité culturelle » pour son pays et suit, à ce titre, les réunions intergouvernementales à l’UNESCO. Rien d’un futur travailleur clandestin du bâtiment ou de la restauration…
Cette semaine, pour encourager sa fille, il lui offre de venir avec lui à Paris, visiter la ville et rencontrer ses amis français. Il me raconte les démarches, les obstacles, la galère pour obtenir un visa, finalement réduit à … 12 jours maximum ! « Imagine notre volonté de rester quelques jours de plus, ou si nous sommes surpris par une grève quelconque… aussitôt dans l’illégalité. » Le père est écoeuré et la fille, heureuse malgré tout de sa petite semaine à Paris, n’envisage pas du tout d’y revenir pour y faire des études. Elle ira aux USA, apprendra l’anglais… ou peut-être la Chine ! Ainsi va la politique française d’immigration « choisie »…
Pour la première fois depuis fort longtemps, j’ai honte de la politique de mon pays !

2/ J’entends ce soir dans le poste que des policiers parisiens ont reçu pour ordre de contrôler particulièrement les personnes venues des pays de l’Est. Ce qui est totalement illégal… Je pense à mon oncle, décédé il y a peu à près de cent ans, qui nous racontait comment il était entré illégalement en France au début du siècle dernier, en provenance de Varsovie, qui fut un résistant très actif pendant l’occupation et ne devint Français que quelques années avant son décès ! Avec une fierté immense et un accent polonais jamais perdu !

3/ Circule sur Internet cette belle Lettre du Président Evo Morales à l’Union Européenne
que je livre à votre réflexion

« Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'Europe partirent aux  Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite  “directive retour”. Ce texte, validé le 5 juin passé par les  ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le  18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans  papiers, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.
Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et  d'Amérique duNord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les  autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre  continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût  très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui  donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème  et le  XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants  européens furent toujours respectés.
Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des  migrants du monde, conséquence de son image positive l'espace de  prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants  viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non  pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics,  dans la  construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne  peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au  dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation  entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.
Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas – vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7% du PIB d'aide au développement. L'Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts  financiers  de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers  dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300  milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars   octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie,  a reçu plus de 10% de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1  milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de  gaz naturel.
Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en  laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont  investi  des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de “directive retour” complique  terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe  d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes  soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino- américains. La " directive retour "  prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants  sans papiers jusqu'à 18 mois avant leur expulsion – ou “éloignement”   selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni justice !

Tel qu'il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :
  “1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
  2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.” Et, pire que tout, il existe la possibilité  d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en   compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de  rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que  soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères  latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaille et s'intègre depuis des années ?
De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la “liberté de circuler”, la protection   contre les emprisonnements arbitraires ?
 Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un  “Accord d'association” qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission  européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle  ou nos  services publics. De plus, au nom de la “protection juridique”, on nous  reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans  ce cas : où est la “sécurité juridique” pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?
Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et desflux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements  sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci  est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.
Dans ces conditions, si cette “directive retour” devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations  avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux   citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous
ont été  imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.
Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources  énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous  les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux,  n'est   en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes   de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des   migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appe à la conscience des dirigeants et députés européens, des  peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte  de la “directive retour”. Telle que nous la connaissons aujourd'hui,   c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à  élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse  des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes   l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays  d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine.
Vous  ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos “politiques d'intégration” comme vous avez échoué avec votre supposée “mission civilisatrice” du temps des colonies.
Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les “clandestins”.

  Evo Morales Ayma
   Président de la République de Bolivie

Appel aux parlementaires européens
à signer sur: http://www.directivedelahonte.org

4/ Dernière nouvelle : ABOUBACAR COULIBALY, 34 ans, faisait l'objet d'une interdiction du territoire prononcée à Créteil en octobre 2005 à la suite de condamnations. Après le suicide de son ex-compagne, il s'était vu confier en mars 2006 la garde de son fils dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative, renouvelée à plusieurs reprises par un juge des enfants d'Angers (Maine-et-Loire). Il travaillait depuis plus d'un an et son expulsion samedi dernier vers la Côte d'Ivoire, a laissé Joris, son fils de 10 ans, un peu plus orphelin qu'avant .
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 12:44
Aller, pour en finir définitivement avec 68 et ses anniversaires, et puisque les français, nous disent les sondages, sont particulièrement moroses, essayons de contribuer un peu au bonheur collectif en relayant ce petit dessin qui résume la situation...
Et on n'en parle plus !
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 18:52
"Après deux années de travail, le DVD arrive !
Pour tous ceux qui les ont connus, ce sera sans doute une joie de retrouver « La Bretonne », « la Conférence » « le Téléphone » « Pierrot d’Asnières » et bien d’autres sketchs légendaires de Philippe Avron et Claude Evrard. Pour les plus jeunes, ce pourrait être une découverte de ce duo à la fois comique et poétique, toujours juste, qui aura marqué les années 70. Ils se sont rencontrés à l’école de Jacques Lecoq, firent leurs premiers pas dans les cabarets de la rive gauche (L’Ecluse, la Galerie 55, La Colombe, La Polka des mandibules…), tout en participant à l’aventure du TNP de Jean Vilar. A la demande de Paul Puaux, ils furent parmi les premiers à aller à la rencontre des publics « hors les murs» du festival d’Avignon, animant ensuite de nombreux stages en direction des enseignants, des animateurs, des publics C'est un grand plaisir de parvenir à réaliser ce DVD souvenir et d’offrir à tous une heure quinze d’images très variées qui composent ce programme, monté comme un spectacle en soi, revisitant les étapes et la diversité de leur création. De plus, dans un « bonus » original, Philippe et Claude revoient aujourd’hui, avec émotion, ces sketchs pour la première fois et les commentent, nous faisant voyager dans cette période particulièrement riche de leurs créations. Garder trace de cette démarche, transmettre le sens d’une expression, faire revivre une aventure… tel est le projet, simple, de ce DVD. Pour le seul plaisir de (re)découvrir « Avron et Evrard ».  
 Jean-Gabriel Carasso (Réalisateur)


"Jean-gabriel Carasso a su retrouver, choisir, ordonner les sketches que nous avons créés et joués sur une période d'une quinzaine d'années.  Il a su avec la complicité de Jean-Jacques Lemêtre nous inciter à réagir sur notre travail et à regarder avec les yeux de notre âge, le voyage de notre jeunesse. Nous avons retrouvé avec bonheur les lieux, les rires, les couleurs, l'émotion, le public. Notre aventure n'était pas solitaire, elle était poetique. Et parce qu'elle était poetique elle nous accompagne encore"        Philippe Avron

Présentations au Festival d'Avignon :
en présence de Philippe Avron, Claude Evrard et Jean-Gabriel Carasso
Samedi 12 et Lundi 14 juillet à 17h au cinéma UTOPIA
Dimanche 13 juillet à 17 h à la Maison Jean Vilar


Pour commander : voir
sur le site de Philippe Avron
 
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 15:49
Je n'en crois pas mes yeux ! Aujourd'hui encore, dans Libé, deux pages consacrées au "FORUM SUR LA CULTURE" tenu à Nanterre. On pourrait s'attendre à quelques textes de synthèse, deux ou trois prises de position, un résumé, quelques prespectives... bref, de quoi nourrir un peu la "communauté des lecteurs" dont on nous parle beaucoup mais qui n'était pas présente ces trois jours. Mais non ! A la place de ces éléments, seulement une galerie de photo de tous les intervenants, tenant chacun un "Libé" à la main ! Une fois encore, le journal se regarde le nombril, tout esbaudit d'avoir pu réunir autant de génies de la pensée critique un week-end en banlieue parisienne. A vrai dire, ils auraient dû aller plus loin... Je ne connais pas le nom de ce photographe qui fait poser nus des centaines d'individus pour faire des pubs, mais ça au moins ça aurait eu de la gueule ! Imaginez : Darcos, Lang, Guillaume Durand, BHL, Guiano posant nus avec seulement Libé en guise de cache sexe sur la grande dalle de la Défense ! De cela au moins, la presse se serait emparée et la "communauté des lecteurs" se serait interrogée sur le sens "culturel" de l'affaire ! Pour un prochain "foirum" peut-être ?

Et pendant ce temps-là à Toulouse, les Assises de la culture se poursuivent. Hier une salle pleine pour traiter des rapports entre le centre et la périphérie, une écoute remarquable, des paroles et des témoignages justes et une pensée commune qui se construit progressivement. A suivre !


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Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 10:51
Ces trois jours au Théâtre des Amandiers à Nanterre, un « forum » du journal Libération intitulé « Vive la culture ». Des semaines déjà que le quotidien fait une pub pour annoncer la chose, puis le programme constitué de nombreux temps d’échanges avec, à chaque fois, deux intervenants « connus ». Toujours friand de débats et d’intelligence du monde, je m’y rends donc avec intérêt. Premier constat : peu de monde, malgré le matraquage publicitaire, avec la ministre de la culture sur le plateau la salle n’est pas pleine, ni aucune des salles suivantes. Quel enseignement : une mauvaise date, un mauvais « casting », un thème dont tout le monde se fout ? Mystère ! Les trois à la fois sans doute !
Second constat, la superficialité profonde (beau collage) des organisateurs et animateurs : des débats bâclés, des introductions faciles, aucune relance ni maîtrise des enjeux et des discussions, bref un amateurisme confondant ! On en sort au mieux en rage, au pire déprimé.
Le débat sur l’éducation artistique entre Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, et Sandrine Mazetier, députée en charge de l’éducation au Parti socialiste est d’une tristesse inouïe, à peine réveillée par quelques enseignants manifestants dans la salle contre les réformes en cours. Aucune analyse véritable des enjeux, aucune relance possible devant les manipulations de chiffres du ministre, lorsqu’il affirme dépenser près de 2 milliards d’euros pour l’éducation artistique (incluant dans ce chiffre les salaires des profs de musique et d’arts plastiques mais sans le dire vraiment ! Pourquoi pas quelques milliards de plus en ajoutant les profs de français qui font de la poésie ou ceux de langue qui travaillent sur le théâtre anglais ou espagnol ?) Rien sur la pédagogie de projet ! Rien sur les diminutions considérables du programme « transmission » du ministère de la culture qui contredit toutes les prétentions de l’éducation nationale. Rien sur la philosophie même de « l’histoire des arts » comme élément principal ! Un débat nullissime, alors qu’il y avait dans la salle une bonne quinzaine de spécialistes qui auraient pu dire quelques mots utiles sur le sujet !
Autre débat, sur « décentralisation, qui détient les clefs du coffre ? » avec Jean-Jacques Queyranne et Patrick Braouzec, personnalités estimables et sympathiques. Vingt cinq participants perdus sous un chapiteau… Une introduction à peine ébauchée par le journaliste de Libé qui se demande s’il existe en région, des gens compétents pour juger de la chose artistique ! Personne ne relève. Et va sur la grande confusion entre l’art et la culture, ne se questionnant que sur la question de la répartition financière, sans s’interroger un instant sur le sens d’une décentralisation possible, sur l’apport d’une véritable politique de proximité… Bref, le vide sidéral de la pensée, le manque de préparation, l’incapacité à mener une problématique… A pleurer ! Et l’on vous dira sans doute que ce fut un grand moment, un succès public et un thème essentiel. N’en croyez rien. J’y étais !

Et pendant ce temps-là, la France prend 4 buts face à la Hollande ! Cela n’a rien à voir.
Et le Ville de Toulouse mène une grande consultation intitulée les « Assises de la culture », mouvement passionnant qui s’engage avec une nouvelle municipalité pleine d’enthousiasme. Une série de rencontres thématiques qui devraient aboutir à une nouvelle politique annoncée d’ici la fin de l’année. A suivre avec intérêt !
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 08:09
Demain, vendredi 13, dans de nombreuses régions, des écoles seront investies pour y passer une nuit conviviale avec les parents d'élèves. Une initiative venue des Pays de la Loire, reprise dans de nombreux coins... Et si ce modèle d'action venait à se multiplier : une nuit des théâtres avec les publics, une nuit des hopitaux avec les usagers, une nuit des métros... Joli moyen pour mobiliser au-delà des "professionnels de la profession". Faites-le savoir...C'est ici .
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 22:36
Je reviens sur la Palme d’or du Festival de Cannes, pour préciser les deux lectures qui ne manqueront sans doute pas d’être faites de ce film (que je n’ai pas vu…)
La première lecture portera probablement sur le contenu du film, les personnages, les situations, le langage, la réalité (ou pas) de la société qui y est décrite… On verra alors se réanimer le débat sur l’école, sa nécessaire réforme, l’indispensable « retour aux fondamentaux » accompagné d’une autorité enfin rétablie… Version réactionnaire de l’opinion fortement répandue aujourd’hui.
La seconde lecture, totalement opposée et sans doute occultée, insistera sur la réalisation du film lui-même, l’engagement de ces jeunes du XXè arrondissement de Paris dans un véritable projet pédagogique et artistique, leur capacité de travail, de mobilisation, d’interprétation et les conséquences formidables sur leur développement, leur image personnelle, l’image symbolique qu’ils représentent dans notre société. « Enfin, on nous verra autrement » disaient certains d’entr’eux au lendemain de leur récompense cannoise. On voudrait qu’ils aient raison !
Je trouve absolument extraordinaire ce double message envoyé par ce film, et suis curieux d’observer la manière dont ces deux débats seront (ou pas) repris au moment de la sortie en salle.

Me revient ici à l’esprit une histoire que racontait Augusto Boal à propos de la présentation de la télévision à des tribus indiennes d’Amérique. Venus leur montrer comment fonctionnait ce nouvel outil, des techniciens de la télévision décidèrent de passer quelques images à titre d’exemple. Ils avaient sous la main un vieux western… va pour le western. On y voyait des indiens se faire massacrer par des cowboys. Hurlements du public ! Si c’est ça la télévision, jamais ! Nous ne voulons pas de ces histoires… Confusion absolue entre le média et le message. Nous ne sommes pas loin d’un phénomène semblable. Attendons !

En attendant …
Nous apprenons que certains participants au film sont sans papiers !  « En ouvrant la 61e édition du Festival de Cannes, le président du jury, l'acteur et réalisateur Sean Penn, avait promis un palmarès "politique". La Palme d'or décernée à la fiction documentaire Entre les murs, de Laurent Cantet, est sans doute allée au-delà de ses espérances. Un des acteurs primés à Cannes est aujourd'hui sans papiers, tout comme la mère d'un de ses partenaires à l'écran, rapporte France Info. Selon Réseau éducation sans frontière (RESF), en pointe sur le dossier des régularisations, d'autres proches de membres de l'équipe du film pourraient être dans la même situation. »
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Et sur l’école, toujours… 
Je conseille vivement la lecture du coup de gueule d’Antoine Prost dans Le Monde daté du 28/5 : « Un Munich pédagogique » : Une catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle. »


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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 09:17

Quel déferlement ! La Palme d’Or du Festival de Cannes au film tourné avec des élèves du Collège Dolto dans le XXè, à deux pas de chez moi. Et toute la presse qui s’y précipite, retour triomphal des acteurs, journaux télévisés, première page de Libé, on annonce même la venue du Président de la République. Et le Pape, rien ?
Ne boudons pas notre plaisir, partagé avec eux : belle aventure, beau résultat, belle image d’une activité artistique menée avec des adolescents dits « en difficulté ». Belle relation entre les enseignants concernés (ou pas) et l’équipe artistique. Conséquence forte sur tout l’établissement, tout le quartier sans doute, les familles, les voisins… Bravo !

Petit rappel cependant nécessaire :

1/ des aventures de ce type, il en existe des centaines dans de très nombreux établissements. Ce sont les projets artistes et culturels menés en partenariat par des enseignants et des artistes, permettant à leurs élèves de vivre des expériences d’expression très variées. Elles n’aboutissent pas toutes (heureusement) à la dimension professionnelle voulue ici, mais provoquent au plus intime de chacun des évolutions sans doute aussi importantes. Ce sont ces activités qui manquent cruellement de reconnaissance, de temps, d’espace et de crédits pour se poursuivre et se développer. Vous souvenez-vous de la fable de l’arbre qui cache la forêt ?

2/ la surmédiatisation de la Palme d’Or appelle la plus grande vigilance et la plus grande prudence dans la gestion du phénomène. Non, les élèves concernés ne sont pas des stars ; non, ils ne deviendront pas tous comédiens ou vedettes de cinéma ; oui, on verra peut-être grossir les inscriptions dans les ateliers théâtre ou cinéma, et ce peut être une bonne chose, comme la « Star Academie » avait rempli un temps les conservatoires et les cours de chant. Et après ?
La question de l’éducation artistique et culturelle est plus complexe que cela, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler si souvent….

3/ Ne pourrait-on suggérer que dans chaque établissement scolaire, dorénavant, une « Palme » soit remise au plus beau projet artistico/pédagogique par un jury composé d’enseignants, d’élèves, de parents et d’artistes ? La cérémonie filmée par l’atelier vidéo, avec montée des marches (de l’estrade) serait disponible sur le site télévisé internet de l’établissement… Cela remplacerait la traditionnelle fête de fin d’année et se terminerait par une « teuf » géante dans le gymnase ou dans la cour, ouverte à tous les habitants du quartier… Je rêve ?


PS : Dans le grand chambardement des réflexions et prises de position sur la politique culturelle, je signale l'initiative des Editions de l'attribut qui lancent un Manifeste "Ne laissons pas mourir l’action culturelle et solidaire sous Sarkozy !"
Plusieurs centaines de signatures en quelques heures et une manifestation prévue à l'automne. A vos clavier
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 22:28
1/ Etat d’âme
On ressent comme une baisse de régime. Depuis quelque temps, moins envie d’écrire, d’alimenter ce blog avec constance. Le doute s’installe : à quoi bon ? Passée la période de découverte et d’enthousiasme, passé le temps de coups de gueule et des coups de pub, est-ce bien utile ? Allons plus loin, ces états d’âme ont-ils le moindre intérêt pour un lecteur anonyme de la blogosphère ? On peut en douter ! Et pourtant… Vous êtes une centaine d’inscrits qui recevez automatiquement un petit signe à chaque article. Vous êtes à ce jour 21246 à avoir visité le blog depuis sa création, en lisant 74305 pages. De quoi me remonter un peu le moral ! Alors, je continue, espérant toujours que vous serez, vous aussi, plus vifs dans les commentaires éventuels… En fait, n’est-ce pas le contexte général qui nous rend plus perplexe ?

2/Etat d’esprit
Voici quelques semaines que certaines revues me font signe pour avoir mon avis sur la question de l’éducation artistique et culturelle. Je réponds avec intérêt bien que me sentant un peu isolé dans les prises de paroles. Je vous livre ici en avant-première le texte qui devrait être publié prochainement dans Stradda, la revue des arts de la rue. Il exprime assez clairement mon état d’esprit actuel.

Lettre ouverte aux militants de l’éducation artistique et culturelle
… ou à ceux qui pourraient le devenir.

Chers amis,
depuis une quarantaine d’années, artistes, enseignants, responsables culturels et éducatifs, élus… nous avons participé à un mouvement important de la vie éducative et culturelle de notre pays. Dans des lieux divers (écoles, structures culturelles, associations…), nous avons travaillé à l’émergence de pratiques nouvelles de l’art dans l’éducation, à une pédagogie de projets, à l’invention de formes et de dispositifs pour que les enfants et les jeunes qui nous étaient confiés puissent, le temps d’un projet ou plus longuement, se frotter à la création artistique et, par là, se construire de manière harmonieuse. Pour cela, nous avons multiplié les initiatives, les expériences, les réflexions, les formations et les combats, notamment sur le thème du « partenariat » entre artistes et enseignants. Nous avons tenu des séminaires, des colloques, des formations, nous avons écrit des articles, des livres, des rapports, nous avons milité dans des associations, dans les administrations, nous nous sommes réunis dans des mouvements internationaux… Bon an mal an, notre projet s’est développé, prenant progressivement une place centrale dans le débat public sur la culture et sur l’éducation. Une de nos revendications principales était de voir ce thème enfin repris dans le débat politique général, afin qu’il parvienne à influencer véritablement les politiques publiques de la culture et de l’éducation. Nous sommes servis !
Lors de la récente campagne présidentielle, tous les candidats firent de ce sujet une idée-force, convenant que les politiques de la culture avaient atteint une limite que seule l’éducation pourrait permettre de dépasser désormais. Le Président élu en fit une priorité, inscrite dans les décrets d’attribution aux ministres concernés. Ceux-ci s’empressèrent de commander un rapport (le 27è, me semble-t-il) sur le sujet. Une intervention en Conseil des ministres venait confirmer cet empressement. Enfin, puisqu’il n’existe pas de politique sans circulaire, un document vient de paraître au Bulletin officiel de l’éducation nationale du 8 mai 2008 qui précise les orientations : « L’éducation artistique et culturelle doit être développée dans un objectif de généralisation à tous les élèves et à l’ensemble des cycles de formation, dans le domaine des connaissances et de la pratique artistiques. Elle doit permettre l’éveil des talents particuliers et conduire les élèves qui le souhaitent vers des pratiques artistiques d’excellence. » Ce texte décline les grands axes d’une politique à venir : « enseignement obligatoire de l’histoire des arts, évaluation au Brevet, pratiques artistiques dans l’accompagnement éducatif et hors l’école, classes à horaires aménagés, fréquentation des structures culturelles, partenariats entre établissements scolaires et culturels, ateliers de pratique, résidences d’artistes, volets artistiques et culturels des projets d’établissement, formation initiale, formation continue, convention triennale avec les collectivités territoriales… » Avouons-le, la lecture de cette circulaire laisse perplexe.
Reconnaissons aux auteurs une tentative de synthèse générale sur le sujet (tout y est et son contraire !), un engagement réel à vouloir faire évoluer ce domaine au-delà du cercle des convaincus, cependant dans une hiérarchie des priorités et dans un contexte qui ne laissent pas d’inquiéter. Pour faire court : la place principale et préalable donnée à « l’histoire des arts » apparaît comme un contresens majeur de ce que nous avons tenté de faire depuis des années. Comme s’il importait de connaître d’abord l’histoire des sports avant d’apprendre à courir, à sauter ou à nager ! Cette manière, très classique et académique (« bourgeoise » aurait-on dit, il y a quelques années !), de concevoir l’éducation artistique et culturelle correspond bien sûr à l’air du temps, au « retour aux fondamentaux », à la volonté espérée d’un « socle commun » des connaissances artistiques, au primat du savoir sur l’expérience, balayant du même coup toute approche jugée trop « pédagogique » de l’activité artistique et culturelle. Pas un mot, ici, sur la « pédagogie de projet » qui fut, pour nombre d’entre nous, aussi importante que la dimension artistique elle-même. Pas un mot, sur la dimension collective, l’apprentissage de groupe, l’entrée par l’expression et la sensibilité avant la conceptualisation. Bref, nous ne parlons pas de la même « éducation artistique et culturelle » ! De plus, le contexte général, les crédits en baisse, la réduction des horaires de l’Ecole, la restriction des financements de nombreuses activités culturelles, les difficultés des artistes intermittents, les résistances pédagogiques qui visent une éducation principalement « utilitariste »… ajoutent à notre inquiétude.
En vérité, c’est une nouvelle étape d’un combat déjà ancien qui s’ouvre désormais. Il ne s’agit plus d’imposer notre thème dans le débat public, mais d’affirmer, plus que jamais, le sens de ce que l’on nomme « éducation artistique et culturelle ». A l’heure de la grande bataille mondiale de l’imaginaire, à l’heure du consumérisme-roi, de la grande peur généralisée de l’avenir et de l’autre, à l’heure où le « principe de précaution » voudrait être appliqué partout, y compris à l’éducation… nous devons réaffirmer l’importance de la pédagogie active, de l’expression personnelle, de la solidarité dans l’aventure artistique et pédagogique, notamment pour les enfants issus des milieux les plus éloignés de la chose culturelle ; rappeler la complexité des œuvres, comme l’incertitude du travail artistique et le tâtonnement comme principe d’apprentissage. Redire l’indispensable approche sensible dans la formation des générations futures, mais aussi l’acceptation et la maîtrise de l’incertitude qui régit la création artistique. Ces ambitions ne peuvent se réduire à un enseignement, aussi utile soit-il, de l’histoire des arts. Elles appellent des initiatives, des engagements, des évolutions dans les pratiques pédagogiques comme dans les actions culturelles. Elles appellent du temps, des espaces et, bien entendu, moyens financiers et humains. Elles appellent enfin, et peut être surtout, une formation constante de tous les acteurs concernés.
Soyons francs et peut-être un peu malins : la circulaire en question pourrait être un outil efficace à qui sait s’en servir. Pas d’histoire des arts sans rapport aux œuvres, développement de la pratique et des sorties, création de postes de médiateurs, formations initiales et continues, projets d’établissement, partenariats, conventions avec les collectivités territoriales… Soit ! Il serait bon de prendre ce texte aux mots, du moins ceux qui nous conviennent, et de faire de ces éléments le cœur de nos combats à venir. Comme il était dit dans une époque désormais « liquidée » : le combat continue !

3/Etat des lieux
Avez-vous lu… ? Que désormais il sera possible de séparer les garçons et les filles dans les établissements scolaires ? Le Monde du 23 avril : « Extrait : Le Parlement vient d'adopter, subrepticement, une disposition dangereuse pour le modèle républicain. Une fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive européenne, le gouvernement français vient de faire adopter par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité à l'école. Aucun ministre de l'éducation, aussi réactionnaire fût-il, n'aurait eu « l'audace » d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce que par voie de circulaire, la possibilité d'organiser « des enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe » sans s'exposer à la foudre des organisations laïques et des syndicats de l'enseignement »

4/ Et un coup de chapeau
A mon ami Robin Renucci. Président du jury de l’éducation nationale au Festival de Cannes, il rappelle avec calme et simplicité la dimension politique de toute œuvre d’art. On écoute ici.

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