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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 11:02
Les artistes, les responsables culturels, se trouvent en permanence sommés de justifier leur existence, plus encore lorsqu’ils revendiquent quelques deniers publics pour mener leurs actions. Cette injonction est particulièrement vive aujourd’hui, dans notre pays. Le hasard fait que nous parvient à cet instant une « Charte des responsabilités des artistes » éditée au Brésil. Texte latino-américain à valeur universelle, contribution au débat. Il commence ainsi :
charte.jpg
“Le vrai devoir de l’artiste c’est celui de sauvegarder le rêve”, nous dit Modigliani. Et le rêve, dans un monde devenu marchandise, se rend lui-même mercantile. Rêve de consommation, d’un avoir en tant
que synonyme de bonheur. Bien loin du rêve préconisé par Modigliani. Rêve d’artiste, d’un art qui entraîne le dévoilement d’un monde et la création d’un autre, comme le souhaitait Octavio Paz. C’est bien dans ce monde de plus en plus disproportionné, rempli d’inégalités et dépourvu de charmes, que l’artiste se doit de relever le défi de son réenchantement. Ce qui veut dire tout mettre en oeuvre afin de transformer la société par le truchement de l’art, en cherchant à faire marcher ensemble Don Quichotte et Sancho Pança: un rêve bien ancré sur le réel. L’art c’est le lieu par excellence de la subjectivité et de la création, en procurant la possibilité à tous ceux qui s’en approchent de changer leur vision du monde.
Serait-il possible de rêver d’un monde poétiquement habitable? Un monde qui ne serait plus aride? Un monde dégagé de la violence et des fondamentalismes, où les hommes s’entre-tuent? Un monde qui ne se laisse pas faire par l’âpreté du gain, du profit, et où la liberté et la paix soient le patrimoine le plus prisé de la vie? Un monde qui ne rende pas le prochain, ni soi-même, une “chose”? Nous indiquons les chemins,  mais nous n’avons pas de réponses toutes faites…."


Télécharger la Charte
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Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 09:43
Il y a quelques jours, un courriel : "nous avons lu votre blog, voulez-vous participer à une émission sur la culture sur la chaine parlementaire?"... Le lendemain, me voilà dans un bureau, face à un ordinateur et une web cam, un micro et des écouteurs sur le crâne. C'est parti pour une heure de débats en direct. Pour intervenir, il faut faire signe à la caméra, puis annoncer à une médiatrice ce dont on veut parler, qui transmet à l'animateur... bref, un peu compliqué ce qui oblige à la précision. Ce qui donne finalement ceci...


Sur le fond, il reste beaucoup à faire pour sortir de l'idée simpliste qui prétend que "la démocratisation culturelle serait un échec", et préciser que "l'histoire des arts... " et la pratique artistique, ce sont des choses différentes.
On continue !

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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 09:02
resf_nhabite_plus_ladresse_balez_1_4.thumbnail.jpg Une contre-proposition circule sur le Net que je ne peux résister à vous faire connaître :
 
" Désormais chaque année, à partir de  la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se verront confier  la mémoire d'un des 11 000 enfants victimes des lois  Sarkozy-Hortefeux contre l'immigration. Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant renvoyé par avion dans son pays. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui."

 Je vous invite recopier le texte ci-dessus sur 2 cartes postales, une pour chacun, et à les envoyer aux 2 éminents personnages ci-dessous :

  Monsieur le Président de la République
55 rue Faubourg St Honoré
75008 PARIS
 
 Monsieur le Ministre de l'Immigration
101 rue deGrenelle
75700 PARIS

 N'hésitez pas à diffuser largement cet appel autour de vous !

Pour en savoir plus : RESF
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 23:07
Paris. Porte de Versailles. Salon du livre. Quelques centaines d’exposants, quelques milliers d’ouvrages… Les éditions Lansman me demandent de participer aux « dédicaces » : passer une heure pour signer mon dernier ouvrage aux lecteurs qui le souhaitent. Que ne ferait-on pas pour satisfaire nos lecteurs, et nos éditeurs. J’entre par la porte spéciale réservée aux VIP. Comme car « dédicaceur » me voilà very important ! Je traverse le salon, passe devant Amelie Nothomb en grand chapeau noir, des barrières de sécurité l’entourent, une file de lecteurs attendent… Un peu plus loin, d’autres files devant Jean-François Kahn, devant les auteurs de bandes dessinées… Voilà, c’est ici : Wallonie Bruxelles, les éditeurs belges. Sur l’ardoise du jour, à 16 h, mon nom ! Une petite table. Je m’installe. Ça y est : je suis un auteur au Salon. Enfin, un auteur à la hauteur ! Allons-y ! Echauffement du poignet pour les signatures… Je les attends !
Une heure après, je les attends toujours ! Certes, mon ami Jean-Claude est passé par hasard avec ses petites filles. Il a déjà lu le livre, je le lui ai offert, il y a quelques jours. Mon ami Pierre est passé également, il savait que je traînais par là. Il est venu m’offrir son propre bouquin car le mien, il l’a déjà lu… Et puis… plus rien ! Personne! Pas une signature. Pas le moindre autographe. Pas besoin de barrières de sécurité… La solitude l’auteur au moment de la dédicace est absolue. Belle expérience de modestie, s’il le fallait !
Heureusement, pour marquer l’importance de ma présence, Sa Majesté la Princesse Léa de Belgique se trouvait à mes côtés, elle aussi chargée de dédicacer un ouvrage sur le Prince Alexandre de Belgique. Nous avons devisé quelques instants sur la situation politique belge. Elle n’a pas d’avis sur la question et d’ailleurs n’a pas le droit d’en avoir. Quelques photographes sont passés, pour elle. J’ai fait quelques efforts pour me glisser sur la photo. Question de marquer pour la postérité, ce moment inoubliable. La preuve :

Jean-Ga-salon-livre-1.JPG
Heureusement, Radio France m’avait invité à passer chez eux, dédicacer mes ouvrages, mais cette fois  de manière sonore et à disposition de tous les internautes de la planète.

Jean-Ga-salon-livre-2.JPG
Deux minutes trente pour chaque bouquin.
Expérience amusante que vous pouvez retrouver ici :
« Jean-Gabriel Carasso : Art, culture et éducation au cœur d’une passion » entretien avec Emile Lansman.

« Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture » Editions de l’attribut.

A vos souris !

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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 10:07
Comment comprendre le monde dans lequel nous sommes entrés ? Qu’en est-il de la culture, de son action et de ses politiques dans ce contexte ? Comment réagir aux attaques contre Mai 68, la laïcité, l’expulsion des étrangers, le travail culturel véritable… Chacun cherche à comprendre, pour se situer, pour agir. Le travail intellectuel et artistique, plus que jamais, peut contribuer à offrir quelques éléments de réponse à ces questions. La preuve… Je viens de lire trois livres que je vous conseille :

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1/ Culture & Société : une nouvelle parution aux éditions de l’Attribut
Sous la direction de Jean-Pierre Saez, 216 pages, 20 euros. Février 2008

Quelle est la place de la culture dans la vie sociale aujourd’hui ? De quelle manière la diversité culturelle s’inscrit dans la sphère intime et l’espace public, du local à l’international ? À quelles résistances est-elle opposée ? Comment les pratiques culturelles évoluent-elles et comment comprendre les changements dont elles témoignent? Comment les politiques culturelles les ont-elles accompagnées des années 1960 à aujourd’hui, de l’échelle nationale à l’échelle territoriale ? Quel rôle jouent les industries culturelles face à ces enjeux ? En quoi la culture peut-elle contribuer à renforcer le lien social ? Comment en définitive articuler enjeux culturels, enjeux de société et politiques publiques aujourd’hui ? 
Tels sont les principaux questionnements de cet ouvrage, prolongement d’un cycle de conférences qui s’est tenu en 2007 à Nantes, à l’initiative du Conseil général de Loire-Atlantique, en partenariat avec l’Observatoire des politiques culturelles.
Textes d’Edgar Morin, Alain Touraine, Michel Wieviorka, Bernard Stiegler, Jean Viard, Françoise Benhamou, Serge Regourd, Bernard Maarek, Xavier Dupuis, Emmanuel Négrier, Philippe Teillet, Jean-Paul Bozonnet, Olivier Donnat, Abraham Bengio, Jean-Marie Pontier, René Rizzardo et Jean-Pierre Saez. 
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2/ Ça va mal finir. François Léotard . Grasset
Il y a quelques années, ils jouaient au tennis ensemble, fréquentaient les mêmes lieux politiques, Léotard, alors ministre de la culture et de la communication avec son compère de Villiers, vendait la première chaîne de télévision au « mieux disant culturel » papa Bouygues, dont le fils est le meilleur ami de notre Grand Timonier… Et puis voilà ! Notre Léo s’est retiré du marigot pour « raisons personnelles », parmi lesquelles la mort de son frère Philippe, grand anard devant l’Eternel qui semble lui avoir fait comprendre que la vraie vie est ailleurs que sous les caméras de télé et les palais ministériels… Voici donc que notre Léo se réveille, et nous réveille par la même occasion, par un coup de gueule salutaire et bienvenu contre le show Sarkozyste qui nous est imposé depuis plusieurs mois. Beau livre, bien vu, bien écrit… Comme quoi il n’y a jamais à désespérer de l’évolution d’un homme !


Badiou.jpeg 3/ De quoi Sarkozy est-il le nom ? Alain Badiou . Lignes éditeur. 2007
Le jour de mon anniversaire, mon amie Catherine Bosko bien intentionnée m’indique qu’elle m’offre un livre, mais qu’elle n’a pas eu le temps de l’acheter. Je suis donc prié de me le payer tout seul… Voilà, c’est fait ! Merci Catherine, ce Badiou est effectivement un bouquin passionnant et fort utile pour la compréhension de la période. Analyse pertinente de la peur de droite, de la peur de la peur de gauche, du pétainisme transcendental français et de sa version actuelle, de la Restauration comme figure imposée de la politique française, des « rats » toujours prêts à quitter les navires en perdition… C’est de la philo, de l'histoire et de la politique, il faut parfois s’accrocher mais c’est formidable !

Bonne lecture(s).

Women.jpg 4/ A j’oubliais…
Vu aussi à Clermont-Ferrand un spectacle formidable sur Mai 68 : « WOMEN » une production de Brut de béton (Bruno Boussagol) qui, je l’espère, tournera un peu partout. Une jeune auteur Nadège Prugnard a recueilli des témoignages de femmes sur mai 68, dont elle à fait un texte superbe, joué avec gourmandise par trois acteurs mâles quoi ont manifestement quelques souvenirs personnels de la période. Cela donne un spectacle drôle, émouvant et intelligent… Bref, assez rare.

5/ Enfin, si vous voulez en savoir plus sur votre serviteur et vous faire dédicacer mon dernier ouvrage, rendez-vous au
SALON DU LIVRE à Paris
Hall 1 / stand W.83
Samedi 15 Mars
de 16h à 17h. undefined
Au plaisir de vous rencontrer !
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 19:50
1/ Allez ! On se lâche ! On parle populaire, comme notre Grand Timonier. C’est la mode « Radio Bistrot ». Même Libération s’y met. En première page, notre journal officiel des soixante-huitards – dont nous sommes - titre « Péril en la culture », pour évoquer le modeste malaise qui vibrionne dans nos milieux. Qu’on en juge : depuis octobre dernier, quelques olibrius – dont votre serviteur – se croient investis de la responsabilité citoyenne d’adresser à la ministre de la culture (du moins, ce qu’il en reste !) une «contrelettre de mission» républicaine qui ne cesse d’additionner les signatures (plus de 1200 à ce jour). A Nantes, les BIS (Biennales internationales du spectacle) ont rassemblé plus de 8000 personnes, on ne me fera pas croire qu’elle venaient là uniquement pour un verre de Gros Plan et quelques huîtres offertes par le Conseil général de Loire-Atlantique. Cette affluence était, aussi, le signe d’une inquiétude profonde. Il y a peu, les milieux du cinéma se rassemblaient pour alerter le monde sur les coupes sombres opérées partout en France, sur les Festivals et les actions culturelles d’éducation à l’image. Plus récemment, les metteurs en scène du théâtre public français – ceux-là mêmes qui, pour une grande part, se tirent dans les pattes à longueur d’année – s’offraient un remake de l’Odéon et de Villeurbanne 68 réunis : une grande photo de famille sur les marches du théâtre de France et un coup de gueule généralisé sur la baisse des crédits, la torture du garrot et l’enterrement de la politique culturelle de l’Etat. Hier encore, aux marches du Palais (Royal), quelques centaines d’artistes et groupements professionnels tentaient de manifester leur colère et leur indignation sous forme d’un «culturethon» qui fit dix secondes au journal télévisé de 23 heures ! Il est vrai qu’un 29 février, en pleines vacances scolaires et avec seulement quelques jours de préparation, la puissance de l’événement ne risquait pas d’ébranler le Château ! La ministre de la culture, toujours aussi à l’aise devant les caméras, convoque quelques journalistes pour réaffirmer que « l’Etat ne se désengage pas ». Le Premier ministre – souvenez-vous, celui qui habite à Matignon... mais oui, avec une mèche de cheveux, vous voyez qui je veux dire ? – rappelle que tout le monde, même les cultureux, doit participer à la réduction de la dette publique. Fermez le ban ! Circulez, il n’y a plus rien à voir ! Les municipales, c’est dans huit jours.

2/ Et pendant ce temps-là, on apprend que DGS – non, ce n’est pas une marque de voiture mais le diminutif de Denis Gauthier Sauvagnac du MEDEF – s’est fait mettre à la retraite avec seulement 1,5 millions d’euros d’indemnité de départ (non imposable ?) mais reste délégué de son syndicat avec le modeste salaire de 20 000 euros par mois ! Une misère ! Rappelons que ce monsieur est bien connu des milieux du spectacle vivant, c’est lui qui a conduit pour le MEDEF toutes les négociations concernant les intermittents du spectacle. Merci DGS, si vous avez vos 507 heures en 10 mois, vous pourrez toujours pointer à la caisse des artistes !

3 / On apprend aussi, c’est sans doute un symbole, la disparition d’Hubert Gignoux, qui fut marionnettiste, comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre national de Strasbourg, grande figure de la décentralisation théâtrale française. Il a publié en 1984 une autobiographie magistrale : « Histoire d’une famille théâtrale » (L’Aire éditeur) qui reste, pour moi, le livre le plus intéressant sur l’histoire de la décentralisation dans notre pays, remarquablement écrit ce qui ne gâche rien. Quelques années plus tard, nous avions réussi à republier cet ouvrage alors que j’étais directeur de l’ANRAT. Je ne sais s’il en reste en circulation. Hubert Gignoux m’avait écrit sa reconnaissance profonde pour ce geste qui me semblait indispensable. Il doit m’en rester quelques exemplaires. Je vais en envoyer un à la ministre de la culture !

4/ A propos... les gazettes bruissent de remaniement ministériels. Bien entendu, Mme Albanel se trouve sur un siège éjectable (comme d’autres sans doute), faute d’une présence suffisamment convaincante dans les médias, accusée d’incompétence, d’illégitimité, de manque de souffle, de poids politique insuffisant pour défendre un budget acceptable par les « professionnels de la profession » Soit ! Mais gare à la suite ! Imagine-t-on un instant que sa (son) remplaçante pourrait être pire ? Chargé(e) de mettre au pas, définitivement, un milieu jamais satisfait du sort qui lui est fait ? Je crois cette hypothèse très probable. Cela dépendra, un peu, du résultat des municipales mais surtout de la nature du rapport de forces qui pourrait s’établir entre l’Etat et les milieux culturels. Que celui-ci ne porte que sur les moyens financiers, à dimension fortement corporatiste (« à la manière des chauffeurs de taxis » dirait Ariane Mnouchkine), sans débat véritable sur le fond, alors le risque sera grand d’une tension plus vive et d’une incompréhension de « l’opinion ». Un boulevard pour que se poursuive la politique mise en œuvre. A suivre !
arton93-20524.jpg
5/ En vérité, comment ne pas voir que le « milieu » s’est lui-même, pour une grande part, affaiblit au fil des années en refusant une réflexion profonde sur l’adaptation indispensable de son discours, de ses pratiques, de son évaluation (que l’on ne confondra pas avec le simplisme du « résultat ») ? Le chaos qui s’annonce – et qui se poursuivra, j’en fais le pari – est d’abord dû à l’inexistence d’un diagnostic partagé sur l’évolution de notre société, la balkanisation du champ artistique et culturel, le relativisme induit par le développement considérable de l’offre – tout est égal à tout, donc rien ne vaut plus rien ! – et le peu de travail sur la distinction, l’éducation et la médiation (que l’on nous déverse aujourd’hui sous forme « d’histoire des arts » de la maternelle à l’université, de quoi écoeurer des générations entières si cela demeure une pédagogie magistrale et théorique, ce qui est à craindre !) Bref, la « refondation » reste à imaginer et à mettre en œuvre. Un livre peut aider à comprendre quelques éléments : « Culture et société : un lien à recomposer » sous la direction de Jean-Pierre Saez (Editions de l’Attribut). Il prolonge une série de rencontres organisées par le Conseil général de Loire-Atlantique, le même qui offrait des huîtres et du Gros Plan à Nantes ! Bonne lecture !


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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 18:57
Vous ne verrez plus la video du Président de la République au Salon de l'agriculture, sur le Youtube.
Elle a été retirée du serveur "à la demande d'une tierce personne pour atteinte au droit d'auteur".
Il y avait donc un auteur ? Pour ceux qui ont raté l'épisode, cela ressemblait un peu à ça : OscarCotillard.jpg
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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 10:28
Il rêvait, pour l'éternité, d'être celui qui a réformé la fonction présidentielle.
Il restera le grand artisan d'une rupture mal maîtrisée.
Il rêvait d'une totale "proximité" avec le peuple qui l'a élu.
Cette "proximité" est totalement approximative.
Il est maintenant prisonnier de lui-même.
SarkoAgricole.jpg
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /Fév /2008 10:48
Difficile, en ces temps troublés, de critiquer la politique culturelle de notre pays, puisqu'elle est déjà attaquée de  partout.. Et pourtant, le débat public est indispensable. Je vous livre donc ces quelques réflexions de "Doc. Kasimir Bisou,", Jean-Michel Lucas, maître de conférence à l'Université de Rennes, ancien directeur régional des affaires culturelles, grand spécialistes des musiques actuelles.
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 21:51
SHOAH-jewish_family.GIF Depuis quelques jours, le débat fait rage autour de l'initiative douteuse du Président décidant de faire porter à chaque enfant de CM2 la mémoire d'un enfant juif déporté. Au coeur de ce débat, me parvient ce texte d'Anne-Marie Garat que je propose à votre réflexion.

"Tout enfant de CM2 adoptera un enfant juif sacrifié par la folie humaine. Pédagogues, psychologues, historiens, les experts s’alarment à juste titre de la dernière trouvaille présidentielle. C’est en tant qu’écrivain que cette initiative me choque : elle fait froid dans le dos. De l’Histoire, et de l’imaginaire.
Dans cette affaire, c’est toute la question de la réalité du Mal et de sa transmission à l’enfant qui est posée. Question politique et morale. Je ne crois aucun sujet inaccessible à l’enfant. Le tenir à l’écart du monde, lui éviter horreurs et souffrances relève d’un projet apparemment louable, pourtant une utopie sentimentale qui le condamne à l’infantilisation permanente, lui interdit accès à l’expérience sensible et à la connaissance tragique. Je pose que l’instrument qui élève l’enfant à la connaissance des réalités, toutes, est l’art. Le détour de l’art est la voie majeure par laquelle le monde se représente à nous, se présente une nouvelle fois sous les espèces de sa répétition sublime. Il offre la scène sur laquelle le monde dénonce sa réalité et, pour ce qui est de celle du Mal, y renverse en appropriation positive son pouvoir anéantissant. J’ai tenté de le montrer par la lecture du Petit Chaperon rouge, le plus abominable, le plus atroce des contes, et comme le prototype des récits du Mal. La fiction de l’horreur ne la domestique pas, ne l’exorcise ni ne la nie, mais la transcende en langage. Par les oeuvres de la littérature, du cinéma ou du théâtre, l’enfant –l’homme – établit la distance de contemplation et d’appréhension qui lui donne espace et temps pour construire du sens, en délibérer et armer sa conscience.
Par le pouvoir magique du langage, sous les aspects de la feinte (même étymologie que fiction) le lecteur entre en une région où les personnages sont foule à configurer en lui des solidarités imaginaires, non assignées au réel mais rapportables à lui. Ulysse et Hamlet, Don Quichotte, Jean Valjean, Frankenstein, Cosette ou Lord Jim s’érigent en nous, fantômes substitués au réel et opérateurs de notre rapport au monde. Loin de nous en écarter, ils nous y ramènent et le réfléchissent. Tout enfant incline à la compagnie mentale d’un autre que lui, facteur fabuleux de son identité problématique, et de sa jeune humanité en devenir. Il s’y emploie, dès la toute enfance visité par les images et les contes, les récits de famille, et ceux de la littérature, dont la foule structure son imaginaire, sa pensée. C’est une des hautes fonctions de l’¦uvre d’art que de produire ces êtres immatériels, d’en faire les instances invisibles de l’intelligence collective. Toute une vie ensuite, nous fréquentons ces singulières et universelles créatures qui, par l’artifice de l’art, doublent le monde de présences amies ou adverses, qui tourmentent et enchantent, proprement bouleversent le sujet en l’expatriant vers l’Autre, multiplient son aptitude à migrer vers des virtualités humaines et à s’adopter en elles.
Y compris à leur horreur. Et cela inclut le récit de vie, ou l’autobiographie dont, par pacte avec le lecteur, l’écrivain s’institue le témoin et garant d’une expérience existentielle. Si Primo Levi, Antelme ou Anne Franck instruisent une connaissance, c’est que leur acte de langage les autorise, à tous les sens du terme. Leur récit porte voix, unique, individuée, il articule le sens et l’approprie
Par quelle bouche d’ombre parlera l’enfant juif assassiné à la conscience de l’enfant de CM2 ?
Faire adopter un enfant mort par un autre enfant, lui en faire devoir, c’est le rendre comptable d’une charge immense, accablante ; d’autant que ce fantôme a son âge, qu’il est son semblable en petitesse et impouvoir ; imprégnation victimaire terrifiante et à quelle fin, sinon l’assujettir à sa perte, irréparable. Entreprise négative et destructrice, désespérante. Aucun personnage de fiction n’engage une telle colonisation de l’imaginaire, n’assigne à telles responsabilité et culpabilité. Qui ne rachètent ni n’exonèrent de rien, l’historien le sait. L’écrivain le sait. La fiction délivre, elle déploie ses virtualités ; avec elle, contre elle, s’invente une liberté. Greffer à une conscience enfantine cette figure de martyr que sa mort sanctifie, que l’ignominie des hommes sacralise pour mémoire, y annexer cet agneau sacrificiel par décret d’Etat et autorité d’école publique, cela relève du crime intellectuel et moral. Comment accueillir en soi la présence tutélaire d’un être qui existe en Histoire, et non en fiction, sans voix ni parole propre ? Dans cette région intime où s’ébauche la personne enfantine, ce dictat d’identification a quelque chose de totalitaire.
Tout est possible, promettait le candidat. Tout est impossible. Tout est d’un tel absolu qu’il enferme en soi son contraire et s’anéantit. Dans cette pensée totalisatrice, il ne reste aucune place pour enfoncer le coin de la spéculation théorique, du doute critique, ni celui de la pratique empirique. Tout absolutise le réel pour mieux le révoquer, convoque la totalité pour mieux l’absenter. Que la réalité soit partielle, contingente, accidentelle et lacunaire, qu’elle advienne en des formes interrogatives soumises sans cesse à l’exception et à la révision, cette formule terrible l’exclut, dans un déni redoutable.
Donnerons-nous quitus à Nicolas Sarkosy pour éduquer nos enfants ?"
Anne-Marie Garat
Ecrivain
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le 15 mars à 19h, Librairie "Les Orgues" à Paris

le 4 avril à 17h30, à la FNAC Etoile (Ternes)

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