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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 20:15
Nous avons déjà donné ici quelques éléments concernant le développement d’Internet et les enjeux du téléchargement. Très prochainement sera mis en débat au Parlement la loi dite « Création et Internet » qui vise notamment à mettre en œuvre la « riposte graduée » .
Pour en savoir plus, comprendre les enjeux complexes et se faire une idée, je vous conseille une visite sur le site de La Quadrature du Net qui vient de mettre en ligne un dossier à charge contre ce projet de loi. Arguments convaincants qui s’ajoutent au livre de Philippe Aigrain « Internet et création » déjà évoqué. Le débat est complexe et le simplisme des arguments de « piratage » semble tellement en-deça des enjeux… Quelques minutes de lecture attentive de ce document s’imposent pour suivre le débat à venir.


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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 16:31
1/ Qui a dit ?
 « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »
Réponse : N.S. 23 février 2007 à l’UMP

2/ Prochainement
Les étudiants chercheurs de Paris 3 en lutte n’ont rien oublié de cet épisode qui en dit long sur l’amour réel (et non de façade)  que porte Sarkozy aux artistes, aux intellectuels, au savoir et plus généralement à ce que l’on nommait naguère les humanités.
Devant le Panthéon, ils organisent ce lundi 16 à partir de  15h une lecture marathon de « La princesse de Clèves » qui sera ouverte par le sadique Marcel Bozonnet qui, alors qu’il était encore directeur du Conservatoire national d’art dramatique, avait monté un spectacle largement diffusé sur ce texte.
Tous ceux qui veulent participer à cette lecture festive et de soutien  sont les bienvenus. Détails sur le site Fabula .



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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 11:31
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 13:45
Dans le précédent article, je faisais part de la création du Conseil de la création artistique.
Mon ami Kasimir Bizou, plus courageux que moi, a rédigé le petit texte ci-dessous qui dit en grande partie ce que j'en pense. Place à Doc Kazimir


Beaucoup, même à gauche, vont saluer l'apparition du "Conseil de la création artistique" dans le paysage de la politique culturelle,  pour trois raisons sensées faire honneur  à la grandeur de notre république :
 

1 - d'abord parce que l'objet du dit conseil porte sur "l'excellence artistique" ce qui indique un souci de qualité  bienvenu face au déferlement du "tout culturel". Ainsi, le  conseil chassera des terres de la culture française les artistes aux oeuvres médiocres. Et ceci sous l'autorité directe du chef de la république, devenu par le fait,   pourvoyeur de l'excellentissime "qualité" des arts ...Le décret ne triche pas avec ce role du pouvoir :"Le Conseil de la création artistique est présidé par le Président de la République" . Il est composé de personnalités qualifiées, choisies en raison de leurs compétences dans les différents domaines de la création artistique" et sa mission est "d'éclairer les choix des pouvoirs publics en vue d'assurer le développement et l'excellence de la création artistique française".

 2 - Prometteuse aussi, cette initiative de Nicolas Sarkozy  car les avis du dit Conseil guideront le président dans son ambition de stopper le long déclin culturel de la France.
 
On lit sans peine et, à deux reprises, que l'excellence artistique permettra d'améliorer la diffusion de l'art de France à l'étranger. On ne peut s'empêcher d'entendre que l'enjeu est le  "rayonnement" de notre pays dans le monde pour nous permettre de redevenir le phare des arts pour la planète et faire taire les méchantes langues qui doutent de notre capacité à demeurer le coeur des Lumières !
 
On retrouve ici l'ambition que le gouvernement annonçait aux parlementaires dans son PAP (projet annuel de performances)  2009 curieusement ignoré des milieux culturels. On y lisait déjà en clair : " Dans un contexte d’accroissement des échanges et de l’intensification de la compétition internationale, le plan de revalorisation du marché de l’art français sera mis en oeuvre pour renforcer l’attractivité de la France face notamment aux  Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. Ce plan a pour objectifs principaux de valoriser le rôle des collectionneurs etc ...". Applaudissons ! En période de  crise généralisée et de luttes implacables de tous contre tous sur les marchés mondiaux, il était temps que les artistes de notre pays, parce qu'ils sont des français soucieux de défendre leur patrie, contribuent à ce combat collectif de "la diffusion la plus large, notamment à l'étranger". Grace au Conseil de la création et à son excellence, nos artistes patriotes seront les bataillons d'élite d'une renommée mondiale retrouvée. La Nation d'abord, et les artistes au service de sa grandeur... Et pour les les oeuvres capitales de  l'Humanité, chères à Malraux, on verra plus tard, quand la France aura retrouvé sa position artistique dominante !
 
3 - Troisième puissante raison : si le conseil donne de bons avis,  l'art de France sera espéré et attendu des acheteurs, toujours à l'affût d'acquérir des oeuvres dont le prix de marché révèle leur valeur artistique singulière. Succès pour le Conseil s'il nous débusque un Damien Hirst en veau d'or spéculatif vendant, le même jour,  54 de ses oeuvres pour un total de 88,94 millions d'euros  ! La  balance des paiements sera sauvée par l'art français enfin devenu compétitif, sur le marché des échanges symboliques comme des échanges spéculatifs en équivalent universel.
 
Devant tant de glorioles, sans doute bien partagées par les républicains des arts, on ne peut qu'ironiser en silence et espérer un peu de lucidité de la part de la démocratie !
 
Disons ainsi aux concitoyens qui le savent depuis longtemps que "l'excellence artistique" est une blague de potache pour président de la république, un colifichet pour lui faire croire qu'il détient aussi un pouvoir sur les arts. Chacun sait que nul ne peut prétendre détenir les clés des valeurs esthétiques qui s'imposeraient à la nation, au nom de l'intérêt général. Comme le rappelait il y a déjà longtemps Yves Michaud "les valeurs esthétiques me paraissent des leurres parfaits : la forme dans laquelle se drape l'ignorance". C'est presque déshonorant pour le président de devoir lui rappeler ce principe élémentaire qui régit le monde de l'art, dans une société de liberté.

Si on voulait pardonner au président,  on pourrait lui rappeler que depuis Louis le treizième, l'Académie française est déjà là pour dire "l'excellence". Pourquoi alors chercher ailleurs ? On pourrait ajouter que le ministère de la culture le fait  aussi, par sa nature même puisque son décret constitutif lui donne mission depuis Malraux de sélectionner les "oeuvres capitales de l'Humanité"? Pourquoi rajouter  une nouvelle couche de sélectionneurs ? Tout simplement parce que l'excellence des uns ne sera jamais l'excellence des autres et qu'en matière d'art, la qualification de la valeur artistique est une affaire de luttes de positions  pour imposer un point de vue sur le sensible. L'excellence pour le baroque ne sera jamais l'excellence pour le TRIP-HOP,  même s'il y a toujours de grands naïfs pour croire que la musique est comme  la République, «  une » et » indivisible ».

On devrait tous tenir au principe élémentaire  que, dans une société de liberté, l'évaluation du « sensible », en général, et des pratiques artistiques, en particulier, ne peut jamais être réglée par l'autorité publique  avec neutralité ou avec  impartialité et encore moins avec transparence.  D'ailleurs, l'Etat le sait bien puisque disent les arrêtés officiels, les experts qui sélectionnent "l'excellence"  "sont tenus au strict secret de leurs délibérations" ! Est ce que, seul, Nicolas Sarkozy l'ignore ?
 
La première conséquence désastreuse de cette approche politique des arts se laisse voir aisément. Comme il lui est demandé par décret,  le Conseil devra dire les "bonnes pratiques" de la création. Qu'arrivera -t- il aux artistes qui auront d'autres pratiques que celles de l'excellence  ? L'écho administratif ne tardera pas : "puisque vous n'êtes pas dans les bonnes pratiques de l'art, vous ne pouvez plus bénéficier du régime spécial de l'intermittence "! Les artistes rejetés dans les wagonnets de la médiocrité seront remis au régime des travailleurs ordinaires ! CQFD
 
Une autre conséquence est tout aussi lourde pour l'avenir de notre situation dans le monde : Monsieur Sarkozy a oublié les devoirs culturels internationaux qui s'imposent au Président de la République française. En effet, notre pays  ne peut pas chercher  à la fois à "rayonner" c'est à dire à imposer sa puissance artistique au monde et, en même temps, à honorer sa signature des accords internationaux sur la "diversité culturelle". Pour ceux qui l'auraient oublié, donc pour le président , nous avons solennellement promis de favoriser le développement d'industries culturelles autonomes dans les pays en voie de développement . Devant toutes  les parties signataires de la convention UNESCO sur la diversité culturelle, la France a affirmé la nécessité de la "coopération et la solidarité internationales dans un esprit de partenariat afin, notamment, d’accroître les capacités des pays en développement de protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles". Avec le nouveau "struggle for arts" du Conseil de la création, cet article 1 de la convention de 2005 n'a plus de sens pour nous .

Le président étant pragmatique et réaliste, il préfère promouvoir la réussite de nos combattants de l'art français à l'étranger que ces valeurs idéales de solidarité et de respect culturel mutuel. Il ne lui reste donc plus qu'à dénoncer notre signature des accords de l'Unesco sur la diversité culturelle.
 
Finalement on peut prévoir, sans trop de risque, que par sa naïveté à vouloir maîtriser   l'excellence artistique  et par sa volonté nationaliste de soumettre les autres à l'art français, alors que l'enjeu est dans la construction de rapports solidaires entre les artistes du monde entier, cette machine de guerre qu'est le conseil de la création se  fracassera d'ici peu sur les principes qui l'ont institués.
 
Il aurait mieux valu réfléchir un peu plus, en commençant par renoncer au  mythe de l'art qui dit son nom, ses valeurs et, en plus, son identité française.( la création artistique française" dit sans ambages  le décret). Il aurait mieux valu considérer que cet univers de l'art est  fait de mouvements, d'inventions, d'expérimentations et que sa vertu première est de nourrir le parcours de chacun d'entre nous de références nouvelles qui construisent notre représentation autonome du monde, sans subir la tutelle personnelle du président guidant nos choix !!! Et si « l'excellence artistique » devait exister, nul ne sait pour autant quels réseaux la feront naître d'ici ou d'ailleurs, mais à coup sûr, dans le dos des procédures rigides qui voudraient en unifier la source !

Le président aurait dû,  simplement, affirmer  qu'investir dans les arts signifie diversifier  au maximum les opportunités d'expérimentations artistiques dans tous les domaines  de notre vie collective,  mais aussi organiser leurs interactions, dans le respect de la dignité culturelle de chacun. Au lieu de désigner des fantomatique "arts excellents", il fallait plutôt encourager, partout les débats sur ce qui fait art et culture pour les uns pour les autres, dans la ville, au travail, dans la rue et ailleurs, dans tous nos territoires de vie.

Au fond, s'il avait vraiment voulu  "taper dans la fourmilière", au lieu simplement d'en reconstruire une au plus près de l'Elysée, il lui suffisait de relire Filliou et de faire du principe de la "création permanente - bien fait, mal fait, pas fait", le credo de sa politique, en affirmant que "l'art, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art". Plutôt que l'art national rayonnant sur les autres, le Président aurait dû défendre l'expérimentation artistique comme condition d'émancipation,  reprendre à son compte les principes des  "droits culturels dans une société de liberté" et étendre cette belle ambition aux décideurs publics  locaux, dans le droit fil de l'Agenda 21 de la culture.
  
Reste à penser que l'excès de naïveté du président Sarkozy dans cette affaire  de l'art conquérant fera prendre conscience aux politiques et aux acteurs culturels de bonne volonté qu'il est temps de reconstruire la politique culturelle sur les valeurs humanistes universelles négociées à l'Unesco, non sur des calculs nationaux. Il n'est en tout cas jamais trop tard pour réagir.
 
 Doc Kasimir BISOU
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 21:36
Près de deux ans après son intronisation, le Président de la République s’intéresse (enfin) à la culture. Vœux au monde de la culture à Nîmes, installation d’un «Conseil de la création artistique», dirigé par Marin Karmitz, qu’il présidera lui-même. Faut-il en s’en réjouir… ou s’en plaindre ? Au fond, il était légitime de se plaindre du peu d’intérêt manifesté par le chef de l’Etat pour un domaine qu’il ne fréquente guère. Il est plus légitime encore de s’effrayer désormais du fait qu’il s’en occupe! Il est des périodes durant lesquelles la discrétion est un moindre mal. « Oubliez-nous », avait-on envie de lui dire ! Mais non ! Placée comme élément majeur du développement économique, la question culturelle risque aujourd’hui d’être broyée dans la grande machine à communication et à résultats que l’on nous impose dans tous les domaine. Gare ! Il fallait entendre le discours d’introduction au Conseil de la création artistique, texte manifestement découvert par le lecteur au moment même de sa lecture. Ainsi donc, il conviendrait de mettre un « coup de pied dans la fourmilière » et seul le Président en personne serait libre de le faire, puisque tous les autres – militants, responsables culturels, artistes, médiateurs…- sont inévitablement muselés par leur dépendance à la subvention publique ! Quel mépris ! A la poubelle, donc, toutes les réflexions sérieuses sur les politiques culturelles, dont « les rapports s’alignent sur les étagères du ministère»… A la poubelle, cinquante année de travail, d’engagement, de créations… A la poubelle, les projets des collectivités territoriales qui développent sur le terrain des actions innovantes… A la poubelle, par exemple, les Assises de la culture menées récemment à Toulouse, et toutes les propositions élaborées avec les acteurs de terrain. Et vive « l’enseignement artistique », solution miracle à tous nos maux, que les ministres s’empressent de traduire en enseignement de «l’histoire des arts », trahison totale des toutes les expériences pratiques menées depuis des décennies. Tout cela sera désormais rénové grâce aux lumières d’un petit groupe auto-désigné «conseil ». Attention, route glissante ! En vérité, le champ culturel doit s’inquiéter de l’intérêt soudain qu’il suscite plus encore que de l’ignorance dans lequel il se trouvait jusque-là. Le monde politique a longtemps confondu culture et communication, multipliant les événements de toute nature pour espérer un « retour d’image ». Il s’engage aujourd’hui sur le chemin économique de la « sortie de crise » par la création artistique. Ces deux voies sont des impasses. Le réveil risque d’être brutal.
Entendons-nous : bien des choses sont à changer dans l’action et les politiques culturelles, mais elles n’ont rien à voir avec la méthode et les orientations proposées par notre Grand Timonier devenu soudain « ministre de sa culture ! » Il peut être utile de relire aujourd’hui la « lettre de mission» rédigée lors de son élection, et les modifications proposées alors dans la « contre-lettre» que nous avions initié avec quelques amis. Au fait, il m’en reste quelques unes. Je m’en vais les adresser aux membres du-dit « Conseil de la création artistique », dès que l’adresse sera connue. Je vous raconterai la suite… si suite il y a !


PS : Deux mots pour signaler notre découverte récente d’un artiste exceptionnel dont nous avions entendu parler lors de notre récent séjour au Québec. Retenez son nom : Fred Pellerin, conteur québécois de la trempe de Dario Fo, créateur de langage et d’imaginaire formidables. Il reviendra l’année prochaine au Théâtre du Rond-Point. Ne le ratez pas ! J’essaierai de vous en reparler à l’occasion.

PS2 : Je n’ai aucune tendresse particulière pour le travail médiatique et artistique du dénommé « Arthur ». Mais voilà, ce garçon s’est lancé dans le spectacle, et ses spectacles sont perturbés par de basses attaques antisémites. Il a écrit un texte touchant dans le Monde, qui mérite d’être lu. C’est ici.

PS3 : Avez-vous remarqué le gros mensonge proféré par notre Grand Timonier lors de son émission de télévision, à propos de la nomination du Président des chaînes publiques ? Confirmation ici. On se demande comment des journalistes professionnels peuvent laisser passer cela sans répliquer !

PS4 : Pour rire un peu… Entendu sur Canal + : « il paraît qu’ils ont remis la pub sur le service public. Sarkozy y était pendant plus d’une heure la semaine dernière ! »
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 14:20
Nous vivons, c'est le moins que l'on puisse dire, une drôle d'époque ! L'autoritarisme remplace l'autorité, le populisme tient lieu de populaire, et les voix cherchent leurs voies... Internet permet d'entendre, ici et là, ce qui ne se dit pas ailleurs. Dernière livraison, les lettres ci-dessous qui circulent aujourd'hui. Témoignages d'une enseignante de Saint-Lô, l'autre d'Angers. A diffuser sans modération.



1/ A Saint Lô
"Bonjour, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, notre cher président est venu nous rendre visite à Saint-Lô. Je faisais parti des enseignants qui ont profité de sa venue pour lui signifier notre désaccord quant à la suppression des RASED. Les intentions des manifestants étaient pour le moins pacifiques mais celles de M. Sarkosy un peu moins. Ce qui s'est passé ce lundi est tout simplement scandaleux . Je vous transmet une lettre écrite par une collègue également présente lundi et qui résume bien la situation. Libre à vous de la lire ou non. Je confirme que tout ce qui est dit dans ce courrier est vrai, j'y ai moi-même assisté, et je peux vous dire que la lacrymo, ça pique!!! Petit détail manquant dans la lettre: les médias accusent les manifestants d'avoir cassé une vitrine, ce sont en fait les CRS qui l' ont cassée en voulant frapper un jeune lycéen. Voilà, bonne lecture. "
 Julien
 
"Bonjour à tous.   Je tenais à vous signaler plusieurs faits alarmants dont vous devez déjà être au courant. J'ai bien reçu la lettre de l'enseignante de l'école Calmette et Guérin.....Et beaucoup d'autres personnes aussi, car elle a déjà eu des soucis suite à ses écrits !!! Il serait bon de s'assurer que ces suites ne la desservent pas !!!! si cela n'est pas déjà fait !   D'autre part, les enfants de la classe "choisie" pour recevoir la visite de M. Sarkozy a reçu depuis une semaine les visites du préfet, de la police, etc. On leur a demandé d'apprendre à se lever convenablement en posant la main droite sur leur bureau... Et en disant « Bonjour M. le Président » !!!! Un membre de ma famille fait partie de cette classe... De plus, comme vous le stipulait la lettre de l'enseignante, des travaux demandés depuis des mois, ont été réalisés très rapidement en une semaine... Mais uniquement sur le « chemin » très balisé de M. le Président !!!!! Ma soeur, dont l'enfant était scolarisé dans cette école, n'a pas pu se mettre derrière la barrière de l'école pour l'arrivée du président. Elle a été bloquée en bas de l'immeuble attenant à l'école et n'a pas pu faire trois pas vers l'école. Elle a aussi voulu faire descendre une banderole, avec les habitants du quartier et parents d'élèves  le long de l'immeuble ; et les CRS ont demandé à une voisine quelques étages plus bas de la couper !  De plus, la commissaire de police est venue saisir violemment ma soeur par le bras, pour l'empêcher de siffler ! Ce dernier avait ordonné de ne pas voir de manifestants sur son chemin !   Arrivés à 8 h 30... nous nous sommes dirigés vers le boulevard de la Marne où nous attendaient CRS, gendarmes mobiles bottés et casqués et camion anti émeutes ! Impossibilité de passer alors que des accords avaient été conclus avec la préfecture sur le déroulement de la journée, et tout a été systématiquement bafoué !!!!!!!!! 500 CRS !!!! A défaut de nous voir, il nous a entendus !!!!!! Je tenais à signaler l'aspect très violent des forces de l'ordre, qui affichent partout au sein de leurs locaux qu'ils sont présents afin d'assurer notre sécurité avant tout ! En effet, place de la Licorne, une personne âgée a été bousculée par les CRS sous les yeux de lycéens qui se sont empressés de la secourir !!! Les CRS sont passés en bousculant tout le monde, y compris femmes et enfants, alors qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter et aucune manifestation de violence, sauf la leur ! Un enseignant qui parlait avec les lycéens afin de les calmer face à l'agressivité des CRS s'est fait matraquer en se retournant... Tout mouvement d'une personne étant considéré comme dan gereux ?????????!!!!!!!!   Je suis sidérée, choquée ! Jamais auparavant, je n'ai assisté à une telle vague d'extrémisme ! C'est très important que nos jeunes, qui sont restés calmes et respectueux, aient été présents ! Témoins ! Vous rendez vous compte que deux d'entre eux se sont faits mettre à terre, puis embarquer au commissariat de police alors qu'ils n'avaient rien fait !!!! Tout cela est très inquiétant et nous constatons, encore une fois, que M. le président fait ce qu'il veut ! La mobilisation doit être très importante, et au sein de tous les corps de métiers ! Nous nous devons de protéger nos enfants de cette montée en puissance de la dictature sarkozienne !!!! Et lorsque le peuple est dans la rue, M. le Président peut mettre 500 CRS pour l'empêcher de manifester, il est là et manifeste !!!! C'est un de nos droits qui a été bafoué hier ! Comme beaucoup d'autres actuellement ! Y compris le droit à l'éducation pour nos enfants ! Je signale, pour en terminer avec ce courrier, que des groupes ont été constitués sur le net, afin de repérer les personnes « dérangeantes »pour le gouvernement ,et surveiller leurs conversations et mails. Les derniers mots du président lors de son discours à Saint-Lô : « N'ayez pas peur du changement, n'ayez pas peur de la crise, n'ayez pas peur de l'avenir » !!!!! Commentaires de M. Digard dan s le Ouest-France du13 janvier : « C'était un honneur pour la ville d'accueillir le premier personnage de l'état. Mais c'est de la très haute tension... Quant aux manifestations, je reconnais que l'on puisse ne pas être d'accord et l'exprimer, mais dan s le respect de la fonction incarnée par le président de la république ». Nous sommes restés respectueux, mais notre droit à la manifestation n'a pas été respecté ! Nous voulons une égalité dans l'enseignement et les moyens nécessaires afin d'atteindre les objectifs espérés.   Combien a coûté ce déplacement de M. Sarkozy ? Quant au déploiement des forces de l'ordre... Cet argent dépensé pourrait aider tant d'écoles, de collèges et lycées !!!   Voilà ce que je tenais à écrire après être allée manifester hier ! Nous sommes beaucoup à être en état de choc...   Je diffuse ce mail à tout mon carnet d'adresses, Faites pareil avec les vôtres car tous ces faits sont des atteintes à la liberté et aux droits de l'homme !"   Isabelle L.

Note : Le préfet et le directeur de la police ont été sancionnés. Sans doute pour excès de zèle !

2/ A Angers
Bonjour,
je vous transmets ce courriel d'une de mes amies, enseignante au lycée J.Moulin, et dont le mari a été victime hier d'agression policière injustifiée à Angers, pendant la manifestation.
Vous verrez, on avance, on avance ...    Sylvie

"Le 29 janvier 2009.
 Ce jour décidé jour de grève nationale est aussi le jour où notre famille a pris conscience que la violence policière peut concerner chacun d’entre nous.
 Ce jour là j’ai rendez vous à dix heures trente avec mon cher et tendre place Leclerc à Angers pour manifester. Je l’attends avec nos trois enfants. Il ne nous a jamais rejoints.
Nos appels sur son téléphone portable restent vains. Je m’inquiète, mon homme est  quelqu’un de fiable sur qui je peux toujours compter et il a très envie de manifester.  A 12h45 j’apprends par un coup de téléphone de ma mère que Bernard est placé en garde à vue. Le motif « refus d’obtempérer, rébellion et incitation à l’émeute ».
Je n’ai pas le droit d’en savoir plus, je n’ai pas le droit de le voir ni de lui parler. Je ne connais pas non plus les circonstances de son arrestation. Je suis atterrée. Pour moi, la garde vue  renvoie à une situation criminelle tout au moins à une mise en danger d’autrui.
Je cherche  ce qu’il a pu faire. J’imagine alors qu’il a refusé de montrer ses papiers, comme il l’a fait une fois, en soutien aux sans papiers. Ce geste m’étonne car il savait que nous l’attendions mais je me raccroche à cela.
 A 17h00. Bernard est libéré, sonné par le six heures passées dans une cellule, il se rend avec deux heures de retard sur son lieu de travail. C’est donc à 22h00 que j’apprends la vérité vraie. Et elle fait froid dans le dos.
 Les faits
 A dix heures 40 Bernard cherche toujours une place pour garer sa 405. Les manifestants sont très nombreux et empiètent sur la chaussée. Est-ce ce nombre qui effraie les gendarmes ? Bernard dans une file de voitures  commence à s’engager rue du Mail. Il est arrêté par un policier qui tapant sur sa vitre lui demande à quelle vitesse il roule. « Je suis en première, donc à 20 km/h » répond le futur criminel. « C’est trop, vous ne devez pas dépasser 10 Km/ heure. » Bernard répond alors qu’il ne lui semble pas aller trop vite, qu’il cherche une place pour se garer et rejoindre à la manifestation sa femme et ses enfants. Le policier demande à voir les papiers du véhicule. Bernard présente la carte verte et explique qu’il a oublié la carte grise chez lui. Le policier annonce alors un contrôle approfondi du véhicule et lui désigne une place à l’opposé de l’endroit où il se tient. C’est en braquant les roues et en repassant la première que tout dérape. Notre voiture, une antiquité imprévisible, émet un hoquet qui projette le véhicule en avant. Personne n’est blessé ni même touché. Il s’agit juste d’une évidente erreur de manœuvre ( ce que reconnaîtra ultérieurement le policier le plus proche )
 Ce hoquet provoque alors des faits incroyables. Un policier se rue sur la voiture, ouvre violemment la portière et entreprend avec six autres  comparses d’extraire manu militari Bernard de la voiture. Celui-ci paniqué s’accroche à son volant. Il est sorti de la voiture, jeté à terre, maintenu sur le bitume un genou dans les côtes, pendant qu’un autre policier lui tire le bras vers l’arrière et le menotte. Bernard essaie d’appeler à l’aide en disant «  Ne les laissez pas faire cela ». Un policier pour le faire taire, lui enfonce deux doigts dans la bouche. Une jeune fille ose intervenir. Elle est immédiatement appelée à circuler. Bernard est placé dans un fourgon. Quand il demande s’il était besoin de se mettre à sept pour le faire sortir de la voiture, s’il était besoin de le jeter à terre, on lui répond qu’il est grand et fort ( cela fait-il de lui un animal ? ) Quand il demande à ce qu’on lui desserre les menottes qui le blessent, on lui dit qu’il n’a qu’à le demander gentiment. Bernard refuse de supplier, il se fait traiter d’imbécile et garde ses menottes qui lui cisaillent le poignet et entrave sa circulation. Après un alcootest et test de présence de cannabis ( négatifs évidemment ) il est emmené au poste et mis en garde à vue.
Il passe six heures dans une cellule. Il est fouillé, on lui prend ses effets personnels, on relève ses empreintes, on le photographie. Il voit un médecin et un avocat. Ceux-ci l’écoutent et lui disent qu’il est victime de ce qu’ils appellent dans leur jargon  « susceptibilités policières ». Apparemment, c’est de plus en plus fréquent. A 15h45, il est auditionné par un officier de police judiciaire qui en réfère ensuite au procureur qui lui-même décide de la remise en liberté de Bernard et d’une convocation judiciaire pour le 13 avril. Vraisemblablement pour un rappel à la loi.
  Nous sommes très choqués par ce qui vient de se passer. Bernard peut toujours à peine bouger les doigts de la main droite. Il a mal aux côtes. Il fera constater ses douleurs par un médecin tout à l’heure. Mais surtout il estime qu’il a été victime d’un abus de pouvoir. Il compte porter plainte pour cela et aussi pour préjudice moral.
Comme beaucoup d’entre vous on tire souvent le diable par la queue en fin de mois, alors si vous connaissez un avocat, altruiste aux honoraires peu élevés, faites-le nous connaître…on va avoir besoin d’un coup de main !
Surtout, n’hésitez pas à faire passer ce texte à vos connaissances. Il faut que l’on sache que de telles situations se multiplient aujourd’hui. Pour vous en convaincre, lisez sur Wikipédia le dernier paragraphe de l’article sur la garde à vue. C’est édifiant.
J’aurais adoré épouser Robin des Bois, Jesse James, Che Guevara. Peut-être d’ailleurs que Bernard a un peu de tous ces personnages en lui… mais en attendant, ce jour-là il était surtout un simple citoyen conducteur d’une vieille voiture, ayant oublié sa carte grise.
Vous admettrez en lisant ces faits qu’on se demande d’où vient le chef d’accusation que je rappelle pour conclure ce billet «  Refus d’obtempérer, rébellion, incitation à l’émeute ».
 Bien à vous "                         Estelle.
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 09:32
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 14:34
Plusieurs mois déjà que les pétitions se multiplient sur Internet. Rien de plus facile de que de cliquer ici et là pour manifester son hostiité ou sa solidarité, selon...
On se demande parfois à quoi cela peut bien servir, la surdité politique étant ce qu'elle est. Et pourtant...
Ce matin dans Libération, plein feu sur une initiative plus intéressante : "L'appel des appels", qui rassemble au-delà des corporations et des corporatismes de nombreux acteurs de la vie sociale troublés par l'atmosphère ambiante et les régressions multiples auxquelles nous assistons.
Voilà le sens de cet "Appel des appels" ainsi rédigé :
"Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des réformes hâtivement mises en place ces derniers temps. A l’Université, à l’école, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions. Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue. Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture. Nous appelons à une Coordination nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris."
Pour en savoir plus, signer, participer : c'est ici

PS : Si cela vous a échappé... Alain Refalo, premier enseignant à s'être engagé dans la "désobéissance pédagogique" vient d'apprendre qu'il était sanctionné d'un retrait de salaire de deux jours par semaine à compter du 5 janvier. Il a remplacé les deux heures d'aide individualisée par une activité théâtre pour toute la classe.
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 18:22
Dans un précédent article, je faisait part de la diversité des voeux reçus à l'occasion de la nouvelle année. Je ne résiste pas à y ajouter la dernière réception, version chinoise !

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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 20:46
Le monde va vite et les initiatives sur le Net se multiplient... Exemple vertigineux en train de se mettre en place, le portail culturel Européana qui regroupe déjà 2 millions de données européenne et qui en proposera dans quelques mois plus de 6 millions, venues de tous les pays d'Europe. Allez voir, c'est impressionnant ! Cliquez sur l'image.

Europeana: pensez culture

Europeana.eu vous propose des idées et des sources d’inspiration. Le site vous relie à 2 millions d’objets numériques.

  • Images – tableaux, estampes, cartes, photographies et dessins appartenant aux musées
  • Textes – livres, journaux, lettres, carnets intimes et papiers d’archives
  • Sons – musique et collections sonores de phonogrammes, bandes, disques et émissions de radio
  • Vidéos – films, actualités et émissions de télévision

Certains documents sont mondialement connus, d’autres sont de véritables trésors cachés de notre patrimoine européen et proviennent de

  • musées et galeries
  • centres d’archives
  • bibliothèques
  • collections audiovisuelles

Vous pouvez afficher la liste des institutions qui alimentent Europeana.eu, dont le Rijksmuseum d’Amsterdam, la British Library à Londres ou le Louvre à Paris.

Vous pouvez utiliser le panier Mon Europeana pour sauvegarder vos recherches et vos favoris. Vous pouvez également sélectionner des éléments et les ajouter à vos propres dossiers. 

Ce site est un prototype. La version Europeana V1.0, en cours de développement, sera lancée en 2010 avec un volume de plus de 6 millions d’objets numériques.

Europeana est financé par la Commission européenne et les Etats membres.

L'idée de construire Europeana remonte à la lettre adressée à la présidence du Conseil et à la Commission le 28 avril 2000 par six chefs d’Etat et de gouvernement qui demandait la création d’une bibliothèque virtuelle visant à mettre en ligne le patrimoine culturel européen pour le rendre accessible à tous.

Le 30 septembre 2005, la Commission européenne publiait la communication i2010 sur les bibliothèques numériques, où elle annonçait son intention de favoriser et soutenir la création d’une bibliothèque numérique européenne, qui constituait ainsi le projet phare de l’initiative européenne i2010: pour une société de l’information et des médias. Cette initiative européenne vise à stimuler la croissance et l’emploi dans une société de l’information et des médias.

L’objectif de la Commission européenne, via Europeana est de rendre plus accessible les ressources d’information en Europe et de les mettre en ligne, d’une part dans un environnement multiculturel et multilingue et, d’autre part, en s’inscrivant dans l’évolution des technologies et des nouveaux modèles économiques. 

Europeana est le résultat d’un projet qui a débuté il y a deux ans, en juillet 2007. Le site Europeana.eu sera lancé le 20 novembre 2008 par Viviane Reding, Commissaire européen à la Direction pour la Société de l’information et des médias.

Europeana est un réseau thématique financé par l’initiative européenne dans le programme eContentplus, programme de l’initiative i2010. Connu initialement sous le nom de «EDLnet», Europeana.eu est un partenariat entre 100 institutions renommées et représentatives du patrimoine européen et des groupes d’experts en technologie de l’information de toute l’Europe travaillant sur les questions techniques et d’accessibilité. 

Le projet est coordonné par une équipe hébergée à la Bibliothèque nationale des Pays Bas, Koninklijke Bibliotheek. L’expertise technique est fournie par TEL/The European Library qui est un service de la CENL.

La Fondation EDL, composée des quatre grands types d’institutions que sont les musées, les bibliothèques, les archives et les archives audiovisuelles, supervise le projet. Les statuts de la Fondation EDL engagent ses membres à :

  • Fournir un accès à l’héritage scientifique et culturel de l’Europe à travers un portail unique,
  • Coopérer à la réalisation d’un portail commun pérenne,
  • Stimuler les initiatives pour accroître le contenu numérique,
  • Encourager la numérisation du patrimoine culturel européen.
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