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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 10:28
Mon ami Serge me demande de vous faire connaitre le petit texte ci-dessous, extrait de Platon, Gorgias, trad. Victor Cousin.
Toute ressemblance avec des faits récents est évidemment volontaire.

SOCRATE.

Si nous nous excitions mutuellement, Calliclès, à nous charger de quelque entreprise publique, par exemple, de la construction des murs, des arsenaux, des temples, des édifices les plus considérables, ne serait-il point à propos de nous sonder nous-mêmes, et d'examiner en premier lieu si nous sommes habiles ou non dans l'architecture, et de qui nous avons appris cet art ? Cela serait-il nécessaire, ou non ?

CALLICLÈS.

Sans contredit.

SOCRATE.

La seconde chose qu'il faudrait examiner, n'est-ce pas si nous avons déjà bâti de nous-mêmes quelque maison pour nous ou pour nos amis, et si cette maison est bien ou mal construite ? Et cet examen fait, si nous trouvions que nous avons eu des maîtres habiles et célèbres, que sous leur direction nous avons bâti un grand nombre de beaux édifices, et beaucoup d'autres aussi de nous-mêmes, depuis que nous avons quitté nos maîtres; les choses étant ainsi, il n'y aurait que de la prudence à nous charger des ouvrages publics; si au contraire nous ne pouvions dire quels ont été nos maîtres, ni montrer aucun bâtiment de notre façon, ou si nous en montrions plusieurs, mais mal entendus, ce serait une folie de notre part d'entreprendre aucun ouvrage public, et de nous y encourager l'un l'autre. Avouerons-nous que cela soit bien dit ?

CALLICLÈS.

Assurément.

SOCRATE.

N'en est-il pas de même de toutes les autres choses ? par exemple, si nous avions dessein de servir le public en qualité de médecins, et que nous nous y exhortassions mutuellement, comme étant suffisamment versés dans cet art; ne nous examinerions-nous point de part et d'autre toi et moi ? Au nom du ciel, voyons d'abord, dirais-tu, comment Socrate lui-même se porte, et si quelque autre homme, libre ou esclave, a été guéri de quelque maladie par les soins de Socrate. Autant en voudrais-je savoir sans doute par rapport à toi. Et s'il se trouvait que nous n'avons rendu la santé à personne, ni étranger, ni concitoyen, ni homme, ni femme, par Jupiter, Calliclès, ne serait-ce pas réellement une chose ridicule que des hommes en vinssent à cet excès d'extravagance, de vouloir, comme on dit, commencer le métier de potier par la cruche d'argile, de se consacrer au service du public et d'exhorter les autres à en faire autant, avant d'avoir fait en particulier plusieurs coups d'essai passables, d'avoir réussi un certain nombre de fois, et d'avoir suffisamment exercé leur art ? Ne penses-tu pas qu'une pareille conduite serait insensée ?

CALLICLÈS.

Oui.

SOCRATE.

Maintenant donc, ô le meilleur des hommes, que tu commences depuis peu à te mêler des affaires publiques, que tu m'engages à t'imiter, et que tu me reproches de n'y prendre aucune part, ne nous examinerons-nous point l'un l'autre ? Voyons un peu : Calliclès a-t-il par le passé rendu quelque citoyen meilleur ? Est-il quelqu'un qui étant auparavant méchant, injuste, libertin, et insensé, soit devenu honnête homme par les soins de Calliclès, étranger ou citoyen, esclave ou libre ? Dis-moi, Calliclès, si on te questionnait là-dessus, que répondrais-tu ? Diras-tu que ton commerce a rendu quelqu'un meilleur ? As-tu honte de me déclarer si, n'étant que simple particulier, et avant de t'immiscer dans le gouvernement de l'état, tu as fait quelque chose de semblable ?

CALLICLÈS.

Tu es bien disputeur, Socrate.

SOCRATE.

Ce n'est point pour disputer que je t'interroge, mais dans le désir sincère d'apprendre comment, selon toi, on doit se conduire chez nous dans l'administration de la chose publique ; et si, en te mêlant des affaires de l'état, tu te proposeras un autre but que de faire de nous des citoyens accomplis. Ne sommes-nous pas convenus plusieurs fois, que tel doit être le but du politique ?

En sommes-nous tombés d'accord, ou non ? Réponds. Oui, nous en sommes tombés d'accord, puisqu'il faut que je réponde pour toi. Si donc tel est l'avantage que l'homme de bien doit tâcher de procurer à sa patrie, réfléchis un peu, et dis-moi s'il te semble encore que ces personnages dont tu parlais il y a quelque temps, Périclès, et Cimon, et Miltiade, et Thémistocle, ont été de bons citoyens ?


 

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 14:57
De ces petites choses drôles qui circulent sur le Net
Façon de se détendre un peu !

Examen de français en primaire (absolument vrai)!!!
Réponses  d'élèves de primaire à un examen de français


1-Dans  la phrase 'Le voleur a volé les pommes', où est le sujet ?
 Réponse: 'En  prison.'

2-Le futur du verbe ' je baille ' est ?
Réponse : 'je  dors'.

3-Que veux dire l'eau potable ?
Réponse: 'C'est celle que l'on  peut mettre dans un pot'.

4-Qu'est-ce qu'est un oiseau  migrateur ?
Réponse : ' C'est celui qui ne peut que se gratter la moitié du  dos'.

5-Quoi faire la nuit pour éviter les moustiques ?
Réponse: 'Il  faut dormir avec un mousquetaire'.

6-À quoi sert la peau de la  vache ?
Réponse: 'Elle sert à garder la vache ensemble'.

7-Pourquoi  le chat a-t-il quatre pattes ?
Réponse: 'Les 2 de devant sont pour courir, les 2 de derrière pour freiner'.

8-Quand dit-on 'chevaux' ?
Réponse: 'Quand il y a plusieurs chevals'

9-Qui a été le premier  colon en Amérique ?
Réponse: 'Christophe'.

10-Complétez les phrases  suivantes :
Àla fin les soldats en ont assez...
Réponse: 'd'être  tués'.

Je me réveille et à ma grande surprise...
Réponse: 'je suis encore  vivant'.

La nuit tombée...
Réponse: 'le renard s' approcha à pas de  loup'.

11. Pourquoi les requins  vivent-ils dans l'eau salée?
Réponse:  'Parce que dans l'eau poivrée, ils tousseraient tout  le temps.'  

Ma préférée :
12 -L'institutrice demande : Quand je dis «je suis belle» quel  temps est-ce ?
Réponse : 'Le passé, madame'.
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 13:46

Nous avons appris hier la mort brutale d’Alain Crombecque, directeur du Festival d’Automne, ancien directeur du Festival d’Avignon. Dire ici simplement le respect que je dois à cet homme singulier que j’ai eu la chance de croiser quelques fois. Au Festival d’Avignon, en 1989, c’est lui qui nous avait accueillis avec l’ANRAT pour organiser les premières journées de travail sur le théâtre et l’éducation au Palais des Papes. Plus tard, alors que je tentais de convaincre la ville de Paris de mener une politique en direction des jeunes publics, c’est encore lui qui accepta de venir participer à une rencontre de travail sur ce sujet avec la direction des affaires culturelles, et d’apporter sa caution personnelle dans le seul objectif de faire aboutir le projet proposé. Légendaire par ses silences, il l’était aussi pas sa capacité d’écoute. Le voici désormais totalement silencieux ! Respect !

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 12:43
Dans la curée générale, mon précédent message était un peu léger, j’en conviens ! Sans doute me suis-je laissé prendre, moi aussi, à l’emballement superficiel et à la rumeur générale, et j’avoue que le déferlement d’avis péremptoires sur le net (mais aussi ailleurs) est à l’évidence un grand danger de la blogosphère. Nul n’est à l’abri, la rigueur s’impose donc. Quelques précisions pour mes amis qui m’ont fait part de leurs réactions, notamment après la prestation émouvante du ministre au journal de la première chaîne de télévision.

1/ Je ne partage en rien la charge avancée par l’extrême droite sur la soi-disant « apologie » de Frédéric Mitterrand des pratiques douteuses qu’il évoque dans son livre, et je ne suis pas dupe de la manœuvre nauséabonde qu’elle représente.

2/ Je ne partage pas plus le tir à vue opéré par quelques responsables du PS qui dégainent d’abord, réfléchissent ensuite (quand ils réfléchissent !), je ne suis pas dupe de la manœuvre politique qu’ils tentent d’opérer.

3/ Pour autant, je dois à la vérité de dire que j’avais ressenti un malaise à la nomination de ce ministre, réitéré lors de sa prise de position rapide et émotive sur l’arrestation de Roman Polanski.

Ce malaise venait effectivement de la référence à son livre, que je n’ai pas lu (pas plus que la plupart des gens qui l’évoque aujourd’hui) mais dont j’avais été saturé de communication lors de sa sortie. Je me souviens parfaitement, en effet, avoir été totalement agressé par la présence de l’auteur dans de très (trop) nombreuses émissions de télévision, venu vendre son ouvrage en parlant, forcément, beaucoup de cet épisode de sa vie et de sa sexualité problématique. J’ai le souvenir de m’être dit alors : «  ils veulent tant me le vendre que je ne lirai pas ! » Ce qui fut fait !

On peut s’interroger dans cette affaire sur la nature de la « promo » littéraire dans les émissions grand public, qui font que même mon voisin paysan en Anjou  connaissait l’auteur, non pour ce qu’il avait écrit mais pour ce qu’il en avait retenu de ses passages à la télé. La machine médiatique a ses revers, nombreux et parfois brutaux. La preuve ici !

Pour le reste, on  pourra parler et discuter largement de la politique menée par ce qui reste du ministère de la culture dans notre pays. Mais c’est une autre affaire !

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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 16:32

Ça tire de partout. Ça flingue ! Ça dézingue de toute part ! S’il croyait avoir une « belle vie » de ministre de la culture, voici que Frédéric Mitterrand reçoit sa « mauvaise vie » en boomerang, telle qu’il l’avait étalée dans un livre et dans de nombreuses émissions de télévision au moment de sa sortie. Malaise ! Pour tout avouer, je m’étais étonné dès sa nomination que cet épisode ne retienne pas l’attention de ceux – de celui - qui venaient de le nommer ministre de la République. Qu’un animateur de télévision courre les plateaux pour vendre son histoire et son livre en partie sulfureux, passe encore. Que le même soit nommé ministre, de la culture qui plus est, pose évidemment question. L’extrême droite fut la première à sauter sur l’aubaine… Quand on donne des bâtons pour se faire battre, ne pas s’étonner que cela advienne !

Le ministre lui-même indiquait lors de sa nomination qu’il avait affaire avec un ministère symbolique. Il avait raison ! Nous sommes dans le symbolique et l’on ne plaisante pas avec les symboles ! De deux choses l’une : soit le Président savait en le nommant et cela ressemble à de la provocation. Soit il ne savait pas, et l’on pourrait s’inquiéter de l’incompétence de ses conseillers. Et maintenant ? On nous annonce une intervention télévisée à haut risque… Attendons de voir et gageons que l’affaire n’en restera pas là ! Que époque !

L’humour, peut-être, nous aidera à en sortir ?

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 20:57
Au début de l'été, la revue Mouvement m'a demandé un texte sur la transmission pour un prochain numéro. Voilà qui est fait, la revue vient de paraître avec un dossier spécial sur le sujet.
Ci-dessous, mon texte en partage. Pour ensavoir plus, cliquer sur l'image



Transmettre, dans quel but ?

sur l’art, la culture, l’éducation


Nous sommes entrés dans la bataille de l’imaginaire, le grand chambardement, temps troublés où le monde se transforme sous nos yeux, sans que personne ne puisse prédire des lendemains qui chantent, ni même qui fredonnent. Tout change, tout évolue, tout se transforme. Avec les technologies de la communication, le temps et l’espace ne cessent de se réduire ; avec la mondialisation des échanges, le travail se fait rare ; avec les flux migratoires et les métissages, les identités sont incertaines ; avec l’Europe élargie, les frontières se dissolvent ; avec la crise du capitalisme, le réchauffement de la planète, les délocalisations, la démographie, l’individualisme triomphant, Internet, les intégrismes religieux... j’en passe ! Le monde accélère. Rien ne sera plus jamais comme avant ! Une telle mutation anthropologique constitue, pour le champ de l’art et de la culture, comme pour celui de l’éducation, à la fois une chance et une crainte. C’est une chance pour l’émergence d’un monde nouveau, ouvert à toutes les créations et aux inventions du possible, à tous les métissages de formes, à la diversité culturelle si longtemps revendiquée. Mais c’est aussi la crainte de ne rien maîtriser de l’avenir, de voir exploser les valeurs et les codes sociaux qui fondent notre vivre ensemble, de constater le retour des pires régressions, de laisser se diluer le sens même du travail accompli depuis plusieurs décennies, notamment depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le relativisme menace aujourd’hui autant que l’académisme le faisait hier. Dans ce contexte général, deux questions centrales nous sont posées. Quelle éducation ? Quelle culture ?

 

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