COUPS DE GUEULE


Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 21:41

Sans doute faut-il lutter contre l’absentéisme scolaire, trouver les moyens de motiver les élèves pour qu’ils adhèrent au projet pédagogique qui leur est proposé, ne pas se satisfaire d’absences répétées et inexpliquées. C’est le bon sens même ! Faut-il pour autant s’aventurer vers les expériences qui viennent d’être mises en place à l’académie de Créteil, dans trois lycées techniques, à la demande du Haut commissariat à la jeunesse, à savoir proposer une « cagnotte » aux élèves qui serait alimentée par leur seule présence en classe ? On croit rêver !

Ainsi, les élèves seraient donc « payés » pour être là ! Non pour travailler, pour réussir, pour participer à un projet collectif, pour faire preuve d’initiative ou de créativité… Non, simplement pour être présent là où ils doivent être, à l’école ! Dans quel monde veut-on nous entraîner ? A quand le SMIC à l’école maternelle ? La prime de fin d’année pour un examen réussi ? Une échelle des salaires dans une même classe selon le niveau des élèves ? Ce n’est qu’une « expérimentation », nous dit-on, qui pourrait être étendue à 70 classes en cas d’évaluation positive.

Faut-il être perdu, désemparé, sans imagination éducative, pour s’aventurer sur de telles bases, oubliant totalement que le contrat pédagogique n’à rien à voir avec un contrat de travail, que la motivation à apprendre, c’est-à-dire à se développer soi-même (l’élève s’élève !) relève principalement d’une relation complexe qui se nomme « l’éducation » qui n’a rien à voir avec le principe de la carotte (ici la « cagnotte !). Il faut refuser avec force cette aventure douteuse. Avant même qu’elle ne commence. Halte au feu ! Expérimentation, piège à con !

 

En savoir plus ici

 

 

Une information complémentaire qui n'a rien à voir...

Ceux qui s'intéressent au théâtre et la critique théâtrale seront heureux d'apprendre qu'un nouveau site vient d'être créé qui se propose d'éditer des critiques de spectacles en ligne. Il s'intitule "AU POULAILLER". Initiative naissante à soutenir.

C'est ici :

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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 11:25


Eureka ! Le Conseil pour la création artistique, mis en place par le Président de la République en janvier dernier sous la responsabilité de Marin Karmitz, vient de rendre public 10 projets qui visent, en toute modestie, à « mettre en œuvre une politique culturelle d'envergure pour le temps présent et l'avenir". Rien de moins ! Et d’ajouter dans un entretien au Monde « Ce que nous avons fait, le ministère n'aurait pas pu le faire. » Bigre ! La montagne accouche en réalité d’une compilation de souris diverses sans logique aucune, espérant naïvement « passer de l’expérimentation à la généralisation », dont nous savons pertinemment qu’il n’en sera rien ! Reprenons et donnons quelques conseils au Conseil.


1/« A la demande de Martin Hirsch, haut commissaire à la jeunesse, des créateurs de moins de 30 ans issus de toutes disciplines et de métiers d'art auront carte blanche pour intervenir dans des lieux phares (gare, usine, château, parc, monument), afin d'en réécrire l'histoire à leur façon. La manifestation aura lieu au début de l'été 2010 et reposera sur les projets présentés par huit structures : Centre chorégraphique de Toulouse, Maison de la culture d'Amiens, Subsistances à Lyon, Quartz de Brest, Maison de la culture de Grenoble, Théâtre de Chaillot à Paris, Marseille 2013, Centre Pompidou de Metz. »

Conseillons au Conseil de ne pas s’appuyer d’abord sur les structures culturelles dirigées par ses propres membres ou leurs amis proches, ni de chercher à rééditer le coup de la Fête de la Musique, grande manifestation à la gloire du Grand Dirigeant, mais d’établir avec les collectivités territoriales une véritable politique concertée d’aide à la jeunesse : éducation artistique, pratiques amateurs, aides à la création, lieux de création… Une sorte de « charte territoriale culture/éducation/jeunesse » ? Et pourquoi pas un événement spectaculaire, mais en fin de chaîne ! C’est la vieille histoire des bœufs et de la charrue.

2/ « M. Karmitz, amateur d'art et collectionneur réputé, veut faire de Paris la "capitale mondiale de l'art". L'Ouest parisien en sera le symbole. Il s'agit de mettre en synergie toutes les institutions culturelles situées autour de la colline de Chaillot : Quai Branly, Palais de Tokyo, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Musées Guimet et Galliera, etc. 

Il existe déjà un modeste accord tarifaire entre quelques musées. Le Conseil veut aller plus loin et proposer "une offre globale" (transports, billet, parcours numérique, offre culturelle) »

Conseillons au Conseil de lever la tête et de constater qu’au-delà de l’Ouest parisien, la colline de Belleville et de Ménilmontant, loin du XVIe arrondissement, mérite autant d’offrir à ses habitants une vie culturelle active et pertinente, voire une « offre globale » entre les nombreuses structures qui s’y trouvent. Conseillons lui aussi de ne pas trop tenir compte des inclinations personnelles de ses membres : que se serait-il passé si M. Karmitz avait été passionné, par exemple, de sport automobile et collectionneur de vieilles voitures ? Les 24 heures du Mans transportées au centre de la capitale ?

3/ « Culture en commun en Seine-Saint-Denis. Le projet est ambitieux, mais il est aléatoire. Mettre en réseau les établissements culturels de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), y intégrer l'habitat et le loisir, expérimenter des "formes précaires, éventuellement foraines, de présence culturelle". Pour ces dernières, un appel d'offres a été lancé auprès d'architectes pour qu'ils transforment des friches du département et imaginent des nouvelles structures nomades. Le dispositif demande toutefois à être précisé, au risque de capoter. »

Conseillons au Conseil de préciser sa pensée avant de communiquer sur une telle proposition : s’agit-il de permettre à des cirques ambulants de stationner au pied des tours de nos banlieues ? De n’offrir aux habitants, eux-mêmes si souvent « précaires » que des « formes précaires » ? D’éviter les occupations illégales et autres squats artistiques, en aménageant par avance des lieux à cet effet, friches industrielles ou structures nomades ?

Il y eut un temps des « milles clubs », structures légères installées dans les quartiers par le ministère de la Jeunesse et des sports. Y aura-t-il désormais les « 1000 friches »  ? Est-ce aux architectes qu’il faut lancer un appel d’offre, ou aux artistes et porteurs de projets culturels de quartier qui pourraient avoir quelques idées sur le sujet ?

4/ « Orchestres de jeunes en quartier sensible. Dès 2010, 500 jeunes, de 7 ans à 15 ans, issus de quartiers sensibles, seront intégrés dans une quarantaine d'ensembles musicaux créés pour l'occasion et seront intensivement formés à la musique classique. Ce projet est calqué sur un modèle au Venezuela, qui a fait ses preuves. L'Orchestre de Paris et la Cité de la musique l'animeront. »

Conseillons au Conseil une ambition plus vaste et moins idéologiquement sélective. Permettre à d’autres disciplines artistiques, transversalité des arts oblige, de s’inscrire dans ce type de projet : 40 troupes de théâtre de jeunes, 40 compagnies chorégraphiques, 40 orchestres de Jazz ou de musique Orientale (il paraît que le ministre en est fan !) ? Bien des compagnies et des formations musicales seraient sans doute intéressées par une telle proposition. Mais il est vrai que les crédits d’animation sont souvent difficiles à obtenir, et que le temps passé par les artistes intermittents à ce type d’activité leur est discuté au prétexte que ce ne serait pas un temps « artistique ».

5/ « Ecole de cinéma nomade. Une école de cinéma, installée sur une péniche ancrée au pied de cités, ouvrira en janvier 2010. Visant à créer "un cinéma de rue", elle s'adresse à une vingtaine de jeunes de 18 à 25 ans, qui, pendant un an et demi, feront un premier film. Elle sera dirigée par le cinéaste Abdellatif Kechiche et sera installée dans la péniche de son film La Graine et le mulet (2007). Les films seront proposés en salles, à la télévision, sur Internet et édités en DVD. »

Conseillons au Conseil de préciser les critères de sélection pour ceux qui pourront participer à cette aventure. Habiter près de la péniche ? Avoir un projet de « cinéma de rue » ? Et pourquoi ne pas conforter dans le même temps toutes les initiatives « d’éducation à l’image » qui sont aujourd’hui tellement fragilisées ?

6/ « Soutien au Centre Pompidou mobile. Le conseil soutient le projet du Centre Pompidou de créer un musée mobile de 1 000 m2, présentant des œuvres importantes du XXe siècle, qui sillonnera la France. L'architecte sera connu en juin 2010 et la structure ouvrirait en septembre de la même année. »

Conseillons au Conseil de préciser s’il s’agit de rééditer Les Tréteaux de France, version arts plastiques et de s’interroger sur la nature des relations que cette structure pourrait établir avec ces « nouveaux publics » espérés. Rappelons que ce n’est pas un « dispositif » de plus  qui importe, mais bien les « dispositions » de ceux auxquels on veut s’adresser !

7/ « Diffusion d'opéras dans les théâtres publics. A partir de 2010, six ou sept opéras donnés en France, mais aussi à l'étranger, seront retransmis en direct dans des théâtres publics, un peu partout en France. Le but est d'élargir les publics et "de rendre encore plus profitable l'argent des citoyens investi dans la production des spectacles ».

Conseillons au Conseil de pousser la logique de cette proposition, et de retransmettre à l’Opéra Bastille des spectacles de rue du Festival d’Aurillac ou du rap des Banlieues. Etc…

8/ « Visites virtuelles de musées. M. Karmitz pense que les institutions culturelles utilisent mal les "outils numériques" susceptibles d'attirer un public qui ne se déplace pas. Aussi une "clause numérique" va-t-elle être ajoutée au cahier des charges des lieux subventionnés. Deux sites pilotes vont donner l'exemple: la Comédie-Française va refondre son site Web et la Réunion des musées nationaux va créer un parcours virtuel à l'occasion de l'exposition Claude Monet au Grand Palais, à l'automne 2010. »

Conseillons au Conseil de distribuer gratuitement dans les quartiers défavorisés des ordinateurs et des abonnements à Internet. Il est certain que les nouveaux internautes se précipiteront en priorité sur le site de la Comédie française et de la RMN, surtout s’ils sont rénovés !

9/ « Cinémathèque de l'étudiant. 2,2 millions d'étudiants en France auront accès à une plate-forme de vidéo à la demande leur permettant de voir "des films de référence". Ni date ni coût ne sont donnés. »

Conseillons au Conseil de préciser jusqu’à quel âge nous aurons le droit d’être considérés comme étudiants ?

10/ «  Mieux diffuser la création et la pensée française à l'étranger. Le conseil prône la promotion de la pensée française via le numérique. Il financera la traduction de textes scientifiques français ».

Conseillons au Conseil de préciser ce que serait « la pensée française » aujourd’hui ! 

Et comment s’articule cette proposition avec les baisses drastiques de crédits de nombreux centres culturels français à l’étranger ?

Trêve de conseils ! Ces propositions sont affligeantes, en ce qu’elles démontrent le peu de cas fait par les membres de cette instance aux analyses, pourtant nombreuses, de la situation de la vie culturelle en France et la nécessité de faire évoluer l’action et les politiques dans ce domaine. Rien sur l’éducation, rien sur la décentralisation, rien sur la coproduction des politiques publiques, rien sur l’implication des populations aux projets culturels… J’en passe ! Un débat public sur les enjeux de l’art et de la culture dans notre pays demeure urgent. Il se passera des avis du Conseil. Il faut en finir au plus vite avec ce type de démarche « groupusculaire » !

 

Voir aussi sur ce sujet la position de Doc Kasimir Bisou reproduite ici.

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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 10:05
La laïcité (fut-elle "positive") a du mal a tenir son rang dans cette période de religiosité exacerbée, partout à travers le monde. A propos de la disparition récente d'un Airbus d'Air France et de "l'hommage" rendu à Notre Dame, Danielle Sallenave a écrit dans Le Monde tout ce que je pense du sujet. A savoir...

"L'extrême émotion que suscite légitimement l'accident du Rio de Janeiro-Paris ne doit pas nous interdire de réfléchir sur quelques-unes des manifestations auxquelles il vient de donner lieu. L'"hommage" public rendu le 3 juin aux 228 victimes, en présence du chef de l'Etat, sous forme d'une messe à Notre-Dame, nous permet en effet de mesurer à quel degré de confusion nos sociétés développées sont parvenues dans un domaine d'une grande importance pour la démocratie : la distinction de la sphère publique et de la sphère privée. Le relever n'est pas manquer de compassion envers les victimes et leurs familles, ou de considération pour leur deuil. Au contraire. Rappeler qu'une frontière doit séparer le public du privé, c'est rappeler tout à la fois la dignité de la sphère publique et celle de la sphère privée.
Rendre hommage, c'est manifester à quelqu'un son respect, sa déférence, pour son mérite, son esprit de sacrifice, les qualités éminentes qu'il a montrées, par exemple, dans l'accomplissement d'une action en vue du bien public. Mais si douloureuses que soient les circonstances de leur mort, pour quelle action les victimes d'un accident de l'aviation civile mériteraient-elles cet "hommage" public de la nation, de l'Etat ?
Quelque chose encore s'y ajoute, qui en fait un hommage au sens propre déplacé. C'est qu'il a été rendu au cours d'une cérémonie religieuse, célébrée à Notre-Dame, en présence du chef de l'Etat, entorse caractérisée à la laïcité.

L'aurait-on une fois encore oublié ? La France est un Etat laïque, et son président, le président de tous les Français, quelle que soit leur confession.

Il ne peut donc assister à une cérémonie religieuse ès qualités - il ne peut y assister qu'à titre privé... "
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Voir aussi le blog de Caroline Fourest qui mène un combat régulier sur ces sujets.




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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 10:54
« Tous au théâtre » proposée vendredi soir sur France 2 . Affligeant ! Et malheureusement, significatif ! De l’époque, du « service public » de la télévision, et peut-être même du théâtre ! Résumé de la chose : deux heures durant, « les amateurs de spectacle vivant et férus de théâtre sont servis : Laurent Ruquier et Jean-Luc Moreau proposent de rendre hommage aux comédiens et aux pièces phares de la saison. Sur la scène du théâtre des Variétés, les animateurs ont réuni les acteurs actuellement à l'affiche, notamment Pierre Arditi, parrain de cette deuxième édition et présent sur scène aux côtés de Clotilde Courau et Bernard Murat dans «Faisons un rêve» de Sacha Guitry. Line Renaud, Michel Sardou, Patrick Chesnais, Mélanie Thierry, Philippe Torreton et de nombreux autres artistes participent à différents sketchs et chansons qui évoquent la passion des planches… » Voilà pour la présentation. Dans les faits, se succèdent de brefs entretiens, quelques extraits et quelques gags supposés drôles dans la salle… A pleurer !
Affligeant de bonne volonté – faire aimer le théâtre, quel qu’il soit, au plus grand nombre – mélanger pour cela les genres, les styles, les qualités – on parlera de Claudel autant que de spectacles solos les plus commerciaux – est  la fausse bonne idée même qui prétend, comme dans les Molières, que «la grande famille du théâtre» serait unie dans sa diversité, mériterait d’être mieux connue (ou reconnue) et que le «service public» de la télévision se doit de lui «rendre hommage»… Foutaise ! Ce genre d’émission ne fait que développer une image superficielle et complaisante du travail théâtral, de son exigence, de son éthique et de sa nécessité, pour n’en faire qu’un catalogue de plaisirs faciles, parfois franchement indigents.
Mais l’époque est ainsi. Qui ne valorise que les parcours individuels, les têtes d’affiches, les « pièces phares » au détriment des aventures d’équipes, du sens, du travail avec les publics, de la recherche artistique… Le résultat, la notoriété, le rire gras avant le parcours artistique, l’authenticité, la démarche… Et l’on s’interroge sur la présence, par exemple, d’Olivier Py, venu présenter en trois minutes «Le Soulier de satin» de l’Odéon, pour affirmer en plus que le spectacle est complet. Pure promotion individuelle et institutionnelle en somme. Gagnera-t-il un spectateur de plus, qui passerait d’Agnès Soral bêtifiante à Jeanne Balibar ? Foutaise, vous dis-je ! Mais peut-être le théâtre lui-même (une part du moins) en est-il là ? A chercher (vainement) à élargir son public par les moyens les plus éculés du racolage télévisé ? Parions qu’il n’y gagnera rien. Au contraire, son « image » en sera plus affaiblie que jamais, toujours à la traîne d’un humour forcé et d’une efficacité facile imposée par ce genre d’émission (et tant d’autres). Quant au « service public » de la télévision, il se caricature lui-même ici, alors que l’on pourrait attendre qu’il accompagne les efforts des artistes, des enseignants, des médiateurs pour permettre l’accès à la plus grande qualité artistique. Nous en sommes loin, ce genre d’émission contredit, en vérité, l’essentiel du travail éducatif mené tout au long de l’année par tant d’énergies véritables. Que faire ?
Mes amis, restez cachés ! Metteurs en scène, comédiens, équipes théâtrales authentiques, gardez-vous de cette tentation illusoire. Réfugiez-vous dans le secret des salles de spectacles, sous vos chapiteaux ou sur vos tréteaux. Ne vous montrez jamais dans ce genre d’émission. Vous y gagnerez, à tous les coups, de la morale, de l’estime, de la justesse. Et même du public !


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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 14:18
Dans quelques jours sortira un film "Welcome", qui évoque la question des clandestins qui tentent de gagner l'Angleterre. La rumeur en dit beaucoup de bien. A voir... Dans le même temps, me parvient l'information ci-dessous, publiée dans Libération Lille. Choc des infos !

SOCIETE - Monique Pouille, 59 ans, épouse d'artisan peintre, parle très vite au téléphone, comme essoufflée par ce qui vient de lui arriver.  Elle a fait neuf heures de garde à vue, hier. Cette mère au foyer, membre de la paroisse de  Norrent-Fontes, près de Béthune, bénévole aux restos du coeur et bénévole de l'association Terre d'errance, organise les dons de nourriture, d'habits pour les migrants sans-abri depuis deux ans et demi. C'est elle aussi qui recharge les portables de ces errants qui tentent de gagner l'Angleterre en grimpant sur les camions de l'aire de repos de l'autoroute voisine. Hier, à 7h45 du matin, on sonne à sa porte. La Police de l'air et des frontières.

Pigeonnier. Elle raconte : «Ils m'ont dit "on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour flagrant délit d'aide aux personnes en situation irrégulière"». Elle ajoute : «Quand j'ai ouvert la porte ils sont tout suite entrés dans le couloir. Je pense qu'ils croyaient trouver des réfugiés chez moi». Les policiers tombent sur trois portables, en charge sur la table du salon. Ils prennent les portables, fouillent la maison, le garage, la voiture, «et même le pigeonnier de mon mari, il est colombophile». Ils autorisent Monique Pouille à faire «un petit brin de toilette» avant de partir, «une femme policier m'attendait derrière la porte de la salle de bains». Elle ressort avec un pull à capuche. «Ils m'ont dit que ça ne serait pas accepté en garde à vue, à cause du cordon.»

Fan-club. A Coquelles, la garde à vue commence. «Ils ont dit que j'avais eu de la chance de ne pas être menottée». La police aurait ajouté qu'elle devait  «coopérer». «Ils m'ont dit qu'ils étaient courant de toutUne femme policier m'a demandé "Alors, ça s'est bien passé le concours de colombophilie de votre mari?" C'était une conversation que j'avais eu avec des bénévoles de l'association quelques jours plus tôt au téléphone. Je suis tombée des nues».

 Ils posent des questions sur les migrants, un par un. Comment s'appelle-t-il? Depuis combien de temps est-il là? «Ils m'ont dit "vous faites ça pour la bonne cause, mais il faut faire attention à ne pas aider les passeurs". Il m'ont dit que je pouvais continuer à recharger les portables, mais pas ceux des passeurs, ceux qui sont bien habillés, et qui sont là depuis longtemps. Moi je ne m'occupe pas de ça? J'aide les gens sans poser de questions». Vers 14h30, les policiers lui annoncent que son «fan-club» est dehors. «C'était une cinquantaine de personnes qui étaient venues me soutenir». Elle est libre vers 17h. Sans charges, ni mise en examen, pour l'instant. 

«Bande organisée». «Nous l'avons récupérée en larmes» raconte Me Bruno Dubout, avocat de l'association Terre d'errance. «Monique Pouille en garde à vue, c'est une aberration. Elle n'est pas armée pour ça. Elle fait partie de ces gens qui aident les migrants parce qu'ils font de l'humanitaire. Parce qu'ils se disent "On ne peut pas laisser crever les gens au bout de notre jardin"». Monique Pouille ajoute :  «Je suis la seule bénévole qui habite Norrent Fontes. Une garde à vue, ce n'est pas rien. Je me demande comment les gens vont réagir. Ce n'est pas facile à vivre»

A la Police de l'air et des frontières de Coquelles, on indique que la garde à vue a eu lieu dans le cadre d'une commission rogatoire ordonnée par le juge d'instruction Vignau à Béthune, «pour aide au séjour irrégulier en bande organisée». Au cabinet de l'instruction, on n'a «aucune information à donner à ce sujet». On risque en théorie jusqu'à 10 ans de prison pour aide au séjour irrégulier en bande organisée.

Dans un communiqué, le curé de la paroisse, le père Delannoy s'indigne : «C’est la politique du chiffre qui prime , M. Besson a demandé qu’on intensifie la lutte contre les réseaux mafieux, qui arrête t-on?  Une simple habitante qui a un cœur d’or et qui n'en peut plus de voir des jeunes qui ont l’âge de ses fils passer devant sa maison bravant le froid. Il est certainement plus facile de rester au chaud dans sa maison bien installé devant son écran que d’agir. Heureusement que dans notre monde il y a encore des Monique.»

Alors, elle continue? Elle pense que oui. Puis elle ajoute : «Mon mari m'a dit "tu ne fais rien de mal, tu continues" Mais si je suis enfermée, y'a personne qui y va à ma place...».

26/02/2009 LIBE LILLE

Haydée Sabéran

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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 10:13
Le projet de loi "Création et Internet" ou "HADOPI" a été voté au Sénat le 30 octobre 2008 et sera bientôt examiné à l'Assemblée nationale. Elle a pour objet de mettre en oeuvre la « riposte graduée » visant à couper l'accès aux internautes suspectés de partage d'oeuvres sans autorisation.

Une autorité (l'HADOPI), instaurée par le texte, agira sur dénonciation d'acteurs privés travaillant pour les industries du divertissement (syndicats professionnels, enquêteurs privés). L'HADOPI sera chargée, en se basant sur ces preuves sans valeur, d'envoyer des courriers d'accusation menaçant les utilisateurs de sanctions. En cas de récidive, leur déconnexion d'Internet est ordonnée sans possibilité de se reconnecter pour une durée allant jusque 12 mois. Il n'est possible de contester ces accusations qu'une fois la sanction prononcée.

HADOPI - Le Net en France : black-out
Ce dispositif pose de nombreuses questions d'ordre économique, technique et juridique, mais également des questions relatives au respect des droits et libertés fondamentales des citoyens.

La Quadrature du net propose une campagne de "black out" que nous vous invitons à relayer.
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 16:30
En diminuant de 42 % dans la Loi de Finances 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial, l’Etat programme à très court terme la suppression totale des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple et affective.

Par cette décision, l’Etat montre sa volonté d’abandonner les missions qui sont les siennes quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité, la sexualité. Il se désengage, par là, de la préparation des jeunes à la sexualité, à leur vie de couple et à la fonction parentale. Il marque son désintérêt pour les pratiques d’accueil et de conseil, qu’elles soient mises en oeuvre lors d’activités collectives ou d’entretiens individuels.

Ces missions d’utilité publique sont donc très clairement menacées par la baisse des financements, déjà largement insuffisants, alors que la Loi Neuwirth a clairement affirmé le rôle essentiel joué par les associations aux côtés de l’Etat.

Pourtant, dans une société où les relations filles-garçons sont de plus en plus marquées par la violence, où les campagnes nationales de prévention et d’information ont besoin des relais de terrain pour être efficaces, ces missions définies par la loi, plus que jamais, sont primordiales !

450.000 personnes bénéficient chaque année des actions du Planning Familial dans ses 70 associations départementales de Métropole et des DOM. La conséquence de cette brutale démission de l’Etat est la fermeture programmée d’un grand nombre de ces lieux d’accueil individuels et collectifs.


L’Etat doit assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité, et la prévention pour toutes et tous conformément à l’article 1 de la Loi 73-639 du 11 juillet 73.

L’Etat ne doit pas supprimer les lieux d’écoute et de parole, mais les développer.

L’Etat ne doit pas supprimer les interventions collectives, mais les développer.

L’Etat doit donner aux associations qui assurent ces missions, les moyens aujourd’hui nécessaires, pour le développement de leurs activités et de leurs interventions.

Tous ces acquis sont récents, ces droits sont fragiles,
Nous avons lutté pour les obtenir,
luttons ensemble pour les défendre !

Vous souhaitez soutenir Le Planning Familial,

signez la pétition.

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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 11:31
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 14:20
Nous vivons, c'est le moins que l'on puisse dire, une drôle d'époque ! L'autoritarisme remplace l'autorité, le populisme tient lieu de populaire, et les voix cherchent leurs voies... Internet permet d'entendre, ici et là, ce qui ne se dit pas ailleurs. Dernière livraison, les lettres ci-dessous qui circulent aujourd'hui. Témoignages d'une enseignante de Saint-Lô, l'autre d'Angers. A diffuser sans modération.



1/ A Saint Lô
"Bonjour, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, notre cher président est venu nous rendre visite à Saint-Lô. Je faisais parti des enseignants qui ont profité de sa venue pour lui signifier notre désaccord quant à la suppression des RASED. Les intentions des manifestants étaient pour le moins pacifiques mais celles de M. Sarkosy un peu moins. Ce qui s'est passé ce lundi est tout simplement scandaleux . Je vous transmet une lettre écrite par une collègue également présente lundi et qui résume bien la situation. Libre à vous de la lire ou non. Je confirme que tout ce qui est dit dans ce courrier est vrai, j'y ai moi-même assisté, et je peux vous dire que la lacrymo, ça pique!!! Petit détail manquant dans la lettre: les médias accusent les manifestants d'avoir cassé une vitrine, ce sont en fait les CRS qui l' ont cassée en voulant frapper un jeune lycéen. Voilà, bonne lecture. "
 Julien
 
"Bonjour à tous.   Je tenais à vous signaler plusieurs faits alarmants dont vous devez déjà être au courant. J'ai bien reçu la lettre de l'enseignante de l'école Calmette et Guérin.....Et beaucoup d'autres personnes aussi, car elle a déjà eu des soucis suite à ses écrits !!! Il serait bon de s'assurer que ces suites ne la desservent pas !!!! si cela n'est pas déjà fait !   D'autre part, les enfants de la classe "choisie" pour recevoir la visite de M. Sarkozy a reçu depuis une semaine les visites du préfet, de la police, etc. On leur a demandé d'apprendre à se lever convenablement en posant la main droite sur leur bureau... Et en disant « Bonjour M. le Président » !!!! Un membre de ma famille fait partie de cette classe... De plus, comme vous le stipulait la lettre de l'enseignante, des travaux demandés depuis des mois, ont été réalisés très rapidement en une semaine... Mais uniquement sur le « chemin » très balisé de M. le Président !!!!! Ma soeur, dont l'enfant était scolarisé dans cette école, n'a pas pu se mettre derrière la barrière de l'école pour l'arrivée du président. Elle a été bloquée en bas de l'immeuble attenant à l'école et n'a pas pu faire trois pas vers l'école. Elle a aussi voulu faire descendre une banderole, avec les habitants du quartier et parents d'élèves  le long de l'immeuble ; et les CRS ont demandé à une voisine quelques étages plus bas de la couper !  De plus, la commissaire de police est venue saisir violemment ma soeur par le bras, pour l'empêcher de siffler ! Ce dernier avait ordonné de ne pas voir de manifestants sur son chemin !   Arrivés à 8 h 30... nous nous sommes dirigés vers le boulevard de la Marne où nous attendaient CRS, gendarmes mobiles bottés et casqués et camion anti émeutes ! Impossibilité de passer alors que des accords avaient été conclus avec la préfecture sur le déroulement de la journée, et tout a été systématiquement bafoué !!!!!!!!! 500 CRS !!!! A défaut de nous voir, il nous a entendus !!!!!! Je tenais à signaler l'aspect très violent des forces de l'ordre, qui affichent partout au sein de leurs locaux qu'ils sont présents afin d'assurer notre sécurité avant tout ! En effet, place de la Licorne, une personne âgée a été bousculée par les CRS sous les yeux de lycéens qui se sont empressés de la secourir !!! Les CRS sont passés en bousculant tout le monde, y compris femmes et enfants, alors qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter et aucune manifestation de violence, sauf la leur ! Un enseignant qui parlait avec les lycéens afin de les calmer face à l'agressivité des CRS s'est fait matraquer en se retournant... Tout mouvement d'une personne étant considéré comme dan gereux ?????????!!!!!!!!   Je suis sidérée, choquée ! Jamais auparavant, je n'ai assisté à une telle vague d'extrémisme ! C'est très important que nos jeunes, qui sont restés calmes et respectueux, aient été présents ! Témoins ! Vous rendez vous compte que deux d'entre eux se sont faits mettre à terre, puis embarquer au commissariat de police alors qu'ils n'avaient rien fait !!!! Tout cela est très inquiétant et nous constatons, encore une fois, que M. le président fait ce qu'il veut ! La mobilisation doit être très importante, et au sein de tous les corps de métiers ! Nous nous devons de protéger nos enfants de cette montée en puissance de la dictature sarkozienne !!!! Et lorsque le peuple est dans la rue, M. le Président peut mettre 500 CRS pour l'empêcher de manifester, il est là et manifeste !!!! C'est un de nos droits qui a été bafoué hier ! Comme beaucoup d'autres actuellement ! Y compris le droit à l'éducation pour nos enfants ! Je signale, pour en terminer avec ce courrier, que des groupes ont été constitués sur le net, afin de repérer les personnes « dérangeantes »pour le gouvernement ,et surveiller leurs conversations et mails. Les derniers mots du président lors de son discours à Saint-Lô : « N'ayez pas peur du changement, n'ayez pas peur de la crise, n'ayez pas peur de l'avenir » !!!!! Commentaires de M. Digard dan s le Ouest-France du13 janvier : « C'était un honneur pour la ville d'accueillir le premier personnage de l'état. Mais c'est de la très haute tension... Quant aux manifestations, je reconnais que l'on puisse ne pas être d'accord et l'exprimer, mais dan s le respect de la fonction incarnée par le président de la république ». Nous sommes restés respectueux, mais notre droit à la manifestation n'a pas été respecté ! Nous voulons une égalité dans l'enseignement et les moyens nécessaires afin d'atteindre les objectifs espérés.   Combien a coûté ce déplacement de M. Sarkozy ? Quant au déploiement des forces de l'ordre... Cet argent dépensé pourrait aider tant d'écoles, de collèges et lycées !!!   Voilà ce que je tenais à écrire après être allée manifester hier ! Nous sommes beaucoup à être en état de choc...   Je diffuse ce mail à tout mon carnet d'adresses, Faites pareil avec les vôtres car tous ces faits sont des atteintes à la liberté et aux droits de l'homme !"   Isabelle L.

Note : Le préfet et le directeur de la police ont été sancionnés. Sans doute pour excès de zèle !

2/ A Angers
Bonjour,
je vous transmets ce courriel d'une de mes amies, enseignante au lycée J.Moulin, et dont le mari a été victime hier d'agression policière injustifiée à Angers, pendant la manifestation.
Vous verrez, on avance, on avance ...    Sylvie

"Le 29 janvier 2009.
 Ce jour décidé jour de grève nationale est aussi le jour où notre famille a pris conscience que la violence policière peut concerner chacun d’entre nous.
 Ce jour là j’ai rendez vous à dix heures trente avec mon cher et tendre place Leclerc à Angers pour manifester. Je l’attends avec nos trois enfants. Il ne nous a jamais rejoints.
Nos appels sur son téléphone portable restent vains. Je m’inquiète, mon homme est  quelqu’un de fiable sur qui je peux toujours compter et il a très envie de manifester.  A 12h45 j’apprends par un coup de téléphone de ma mère que Bernard est placé en garde à vue. Le motif « refus d’obtempérer, rébellion et incitation à l’émeute ».
Je n’ai pas le droit d’en savoir plus, je n’ai pas le droit de le voir ni de lui parler. Je ne connais pas non plus les circonstances de son arrestation. Je suis atterrée. Pour moi, la garde vue  renvoie à une situation criminelle tout au moins à une mise en danger d’autrui.
Je cherche  ce qu’il a pu faire. J’imagine alors qu’il a refusé de montrer ses papiers, comme il l’a fait une fois, en soutien aux sans papiers. Ce geste m’étonne car il savait que nous l’attendions mais je me raccroche à cela.
 A 17h00. Bernard est libéré, sonné par le six heures passées dans une cellule, il se rend avec deux heures de retard sur son lieu de travail. C’est donc à 22h00 que j’apprends la vérité vraie. Et elle fait froid dans le dos.
 Les faits
 A dix heures 40 Bernard cherche toujours une place pour garer sa 405. Les manifestants sont très nombreux et empiètent sur la chaussée. Est-ce ce nombre qui effraie les gendarmes ? Bernard dans une file de voitures  commence à s’engager rue du Mail. Il est arrêté par un policier qui tapant sur sa vitre lui demande à quelle vitesse il roule. « Je suis en première, donc à 20 km/h » répond le futur criminel. « C’est trop, vous ne devez pas dépasser 10 Km/ heure. » Bernard répond alors qu’il ne lui semble pas aller trop vite, qu’il cherche une place pour se garer et rejoindre à la manifestation sa femme et ses enfants. Le policier demande à voir les papiers du véhicule. Bernard présente la carte verte et explique qu’il a oublié la carte grise chez lui. Le policier annonce alors un contrôle approfondi du véhicule et lui désigne une place à l’opposé de l’endroit où il se tient. C’est en braquant les roues et en repassant la première que tout dérape. Notre voiture, une antiquité imprévisible, émet un hoquet qui projette le véhicule en avant. Personne n’est blessé ni même touché. Il s’agit juste d’une évidente erreur de manœuvre ( ce que reconnaîtra ultérieurement le policier le plus proche )
 Ce hoquet provoque alors des faits incroyables. Un policier se rue sur la voiture, ouvre violemment la portière et entreprend avec six autres  comparses d’extraire manu militari Bernard de la voiture. Celui-ci paniqué s’accroche à son volant. Il est sorti de la voiture, jeté à terre, maintenu sur le bitume un genou dans les côtes, pendant qu’un autre policier lui tire le bras vers l’arrière et le menotte. Bernard essaie d’appeler à l’aide en disant «  Ne les laissez pas faire cela ». Un policier pour le faire taire, lui enfonce deux doigts dans la bouche. Une jeune fille ose intervenir. Elle est immédiatement appelée à circuler. Bernard est placé dans un fourgon. Quand il demande s’il était besoin de se mettre à sept pour le faire sortir de la voiture, s’il était besoin de le jeter à terre, on lui répond qu’il est grand et fort ( cela fait-il de lui un animal ? ) Quand il demande à ce qu’on lui desserre les menottes qui le blessent, on lui dit qu’il n’a qu’à le demander gentiment. Bernard refuse de supplier, il se fait traiter d’imbécile et garde ses menottes qui lui cisaillent le poignet et entrave sa circulation. Après un alcootest et test de présence de cannabis ( négatifs évidemment ) il est emmené au poste et mis en garde à vue.
Il passe six heures dans une cellule. Il est fouillé, on lui prend ses effets personnels, on relève ses empreintes, on le photographie. Il voit un médecin et un avocat. Ceux-ci l’écoutent et lui disent qu’il est victime de ce qu’ils appellent dans leur jargon  « susceptibilités policières ». Apparemment, c’est de plus en plus fréquent. A 15h45, il est auditionné par un officier de police judiciaire qui en réfère ensuite au procureur qui lui-même décide de la remise en liberté de Bernard et d’une convocation judiciaire pour le 13 avril. Vraisemblablement pour un rappel à la loi.
  Nous sommes très choqués par ce qui vient de se passer. Bernard peut toujours à peine bouger les doigts de la main droite. Il a mal aux côtes. Il fera constater ses douleurs par un médecin tout à l’heure. Mais surtout il estime qu’il a été victime d’un abus de pouvoir. Il compte porter plainte pour cela et aussi pour préjudice moral.
Comme beaucoup d’entre vous on tire souvent le diable par la queue en fin de mois, alors si vous connaissez un avocat, altruiste aux honoraires peu élevés, faites-le nous connaître…on va avoir besoin d’un coup de main !
Surtout, n’hésitez pas à faire passer ce texte à vos connaissances. Il faut que l’on sache que de telles situations se multiplient aujourd’hui. Pour vous en convaincre, lisez sur Wikipédia le dernier paragraphe de l’article sur la garde à vue. C’est édifiant.
J’aurais adoré épouser Robin des Bois, Jesse James, Che Guevara. Peut-être d’ailleurs que Bernard a un peu de tous ces personnages en lui… mais en attendant, ce jour-là il était surtout un simple citoyen conducteur d’une vieille voiture, ayant oublié sa carte grise.
Vous admettrez en lisant ces faits qu’on se demande d’où vient le chef d’accusation que je rappelle pour conclure ce billet «  Refus d’obtempérer, rébellion, incitation à l’émeute ».
 Bien à vous "                         Estelle.
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 22:31
Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, n’a rien compris – ou ne veut rien comprendre – à la problématique et aux enjeux de l’éducation artistique et du spectacle jeunes publics. Il y a sept ans, déjà, la direction des affaires culturelles de la vile de Paris me commandait une étude/proposition sur le théâtre du spectacle jeunes public dans la capitale. Après huit mois de travail, un texte était remis qui définissait les enjeux généraux et traçait quelques pistes de développement sur ce sujet. L’adjoint au maire chargé de la culture me recevait alors – un quart d’heure, pas plus !- n’ayant manifestement même pas jeté un œil sur le document ni sur la version synthétique de quelques pages pourtant rédigée à son intention. Depuis, silence ! Rien ne bouge.
Dans un entretien à la Scène (n°51), il affirme aujourd’hui que l’offre artistique en direction des jeunes publics serait largement suffisante dans la capitale – voyez le Châtelet le dimanche matin ou tel théâtre privé qui « offre » des places à 15 euros pour les enfants ! Diable !
La réalité est autrement désastreuse. A l’exception de quelques efforts isolés, au Dunois, au TEP, dans quelques autres espaces, la vérité est que le mouvement artistique international du spectacle en direction de l’enfance n’a aucune place dans Paris. Ni aide à la création, ni lieu de recherche, ni lieux de diffusion, ni travail de formation des accompagnateurs, ni événement public sur le thème digne d’une capitale. Rien ! Le désert, malgré quelques oasis méritants. A Montréal, à Bruxelles, des aventures significatives se mènent depuis des années. A Paris, le néant ! Pire, si l’on en croit notre adjoint, il aurait désormais un projet de « salle immatérielle » pour permettre aux enfants d’assister – sur ordinateur – aux spectacles auxquels ils ne peuvent prétendre en direct. Voilà une bonne idée : puisque les enfants ne peuvent aller au théâtre, ouvrons une « salle immatérielle ». Et pour ceux qui n’ont pas de quoi manger, un « restaurant immatériel » fera l’affaire : ils verront de loin ce que d’autres ont dans leurs assiettes ! Pourquoi pas aussi des « vacances immatérielles » – on passera des films sur la mer pendant que d’autres se baignent ! A pleurer !
Seul espoir, cet autre argument avancé par notre élu concernant la direction des théâtres : au bout de dix ans, les responsables des théâtres devraient passer la main, dit-il. Nul n’est propriétaire de sa charge. On ne doute pas qu’il s’appliquera à lui-même cette vérité, peut-être même plus vite et que d’autres approcheront bientôt ces questions avec une réflexion nouvelle.
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