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COUPS DE GUEULE


Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 11:43
Reçu ce matin ce petit texte, que je vous livre aussitôt...
"Le ministère de l'Education Nationale vient de publier un appel d'offre pour une veille d'opinion sur internet.
Sont visés : tous les personnels de l'E.N. tenant un blog et émettant des critiques ou engageant des luttes contre les politiques menées par le gouvernement.
Il faut au plus vite se mobiliser contre ce projet, déjà paru au Journal Officiel. Il s'agit d'un attentat contre la démocratie et la liberté d'opinion.
Il faut au plus vite :
- faire circuler l'info sur vos répertoires d'adresses, pour qu'un maximum de gens soient informés.
- alerter et mobiliser responsables politiques et syndicaux.
- mettre en route une pétition contre cet appel d'offre.
- engager la lutte.
Nous avons su nous mobiliser contre le fichage organisé sous le nom d'EDVIGE. Voici un nouveau recul de la démocratie dans notre pays. Ce gouvernement initie chaque semaine une nouvelle régression.
Il est de notre devoir de l'en empêcher."


Extraits de l'appel d'offre:
Objectifs
Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :
-Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
- Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
- Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
- Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
-Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
-Suivre les informations signifiantes dans le temps
-Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
- Rapprocher ces informations et les interpréter
- Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
- Alerter et préconiser en conséquence
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.
Sources surveillées
La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.
Finalités
L’analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet, l’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.
...
Le texte complet de l'appel d'offre est ici
Je suppose que ce modeste blog donc chacun sait qu'il a une influence considérable sur l'opinion sera donc désormais surveillé activement par l'entreprise qui a remporté le marché.
Bonjour messieurs !
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Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /2008 11:14
Ira, ira pas à Bobigny ? La valse-hésitation concernant le parachutage de la Comédie Française à Bobigny continue. Résumé des épisodes précédents : début octobre une conférence de presse annonce la venue de la Comédie Française à la Maison de la Culture de Bobigny (MC93). Le directeur de la-dite Maison de la culture s’offusque, il n’a même pas été consulté. Pataquès ! La Troupe de la Comédie rédige et signe un texte « Nous n’irons pas à Bobigny », refusant la prise d’assaut autoritaire qu’on leur propose. Le ministère de la culture tente de calmer le jeu, propose un médiateur – Bernard Faivre d’Arcier – pour recoller les morceaux. Il y a quelques jours, Muriel Mayette, administrateur de la Comédie affirme dans le journal Le Monde « Bobigny, c’est fini ! », l’affaire est trop mal embouchée, nous n’irons pas ! Aussitôt, la ministre, qui se souvient qu’elle est ministre, convoque la dite administrateur (trice ?) à son retour de tournée « à sa descente d’avion » pour lui signifier que l’affaire n’est pas close. Hier, dans Le Monde, nouvel article pour confirmer que la Comédie irait bien à Bobigny. Le débat se poursuit… Voilà pour les faits !
Et maintenant, comme cela s’apprend dans toutes les bonnes écoles de journalisme, les commentaires…
1/ Que l’affaire soit menée en dépit du bon sens, dans une communication foireuse au possible, en dit long sur l’état du milieu actuel…
2/ Si on en doutait encore, que la décision finale semble imposée par la ministre elle-même, malgré le refus (apparent) de la troupe et du milieu théâtral, en dit long sur la nature de ce projet, qui n’a rien de théâtral mais tout de politique. C’est bien un « coup » politique et médiatique que l’on tente de mener : imposer, non un élargissement des missions de la Comédie Française – elle pourrait parfaitement travailler en banlieue sans OPA sur ce théâtre - mais bien une image nouvelle de la banlieue que l’on souhaite construire aux forceps, enfin investie par l’Institution théâtrale la plus « noble » et la plus centralisée qui soit !
3/ Ce faisant, c’est l’histoire même de la « décentralisation théâtrale » que l’on enterre (une fois de plus), signifiant que tout le travail mené à Bobigny (et au-delà) – qui n’est pas exempt de critique, bien sur – serait à passer par pertes et profits ! Au fond, c’est le mépris qui domine une fois de plus pour le travail mené en banlieue, articulé sur cette fausse idée qui se répand actuellement comme de la poudre  « la démocratisation culturelle est un échec », il faudrait donc revenir au fondamentaux, et pour le théâtre, ce sera la Comédie Française.
4/ On se met à rêver aussitôt à ce que pourrait être une proposition alternative. Par exemple : tournée obligatoire de la Comédie Française dans toutes les grandes villes de France et en banlieue et, dans le même temps, accueil à la Salle Richelieu (ainsi libérée) de spectacles montés ailleurs… Ouverture de la salle Richelieu aux ex-rencontres de la Villette, tournées vers les arts urbains de la parole et du geste… Rap, slam…
Bref, articuler un véritable brassage des cultures, du centre vers la périphérie, mais aussi de la périphérie vers le centre…
Beau projet, n’est-il pas ?
La suite au prochain épisode !
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 21:13
Ecoutez cette voix. Il n'y a rien à dire de plus !
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 14:22
Il y aurait beaucoup à dire sur ce que l’on nomme dans notre pays « l’éducation populaire ». Vaste secteur d’activité regroupant diverses associations nées dans les combats laïcs du début du XXè siècle, dans l’esprit de 1936, puis nourries de la Résistance et participantes au développement de très nombreuses actions éducatives, culturelles, sociales… Parmi les plus importantes associations dites Complémentaires de l’Enseignement Public : les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active, les Eclaireuses et Eclaireurs de France, les Fédération des Œuvres Educatives et de Vacances de l’Education Nationale, la Jeunesse au Plein Air, les Francas, La Ligue de l’enseignement, l’Office Central de Coopération à l’Ecole, la Fédération Générale des Pupilles de l’Enseignement Public…
Ces associations vivent, pour une grande part, de postes d’enseignants détachés ou mis à disposition par le ministère de l’éducation nationale et/ou de subventions du même ministère pour financer ces postes. Des conventions, souvent triennales, sont signées avec l’Etat sur des objectifs. Or, si mes informations sont bonnes, elles viennent d’apprendre que 25% de ces subventions seraient supprimées sur le budget 2008 en cours, et que 70% le seraient à la rentrée scolaire 2009. On croit rêver !
Qu’il soit souhaitable d’adapter ou de rafraîchir certaines actions, certains fonctionnements, sans aucune doute ! Mais de là à mettre à mort – cela y ressemble fort – tout ce mouvement, semble inouï. N’y aurait-il plus aucun besoin d’activités sportives, éducatives, sociales, culturelles… Tous ces mouvements, qui furent souvent en pointe de combats essentiels pour l’école, l’éducation active, seraient-ils définitivement obsolètes ? Doit-on laisser au « marché », désormais, tout ce champ de travail ?
Et le plus étonnant, c’est le peu de débat qui entoure cette initiative. Au fond, qui défendra aujourd’hui l’éducation populaire, tellement décriée depuis des années ?

Voir ici la réponse de Darcos à la députée Laurence Dumont : en cliquant sur ce lien , puis sur accès vidéo, le mardi 4 novembre et en positionnant le curseur à 46 minutes

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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /2008 23:50
Dans le prolongement du film sur les coupures budgétaires au Québec, EP2C nous signale une lettre percutante de Wajdi Mouawad à son collègue fonctionnaire Premier ministre.
Il se trouve que je pars demain pour la Belle Province. Une quinzaine de jours dans les théâtres québécois avec mon ami Philippe Avron. Je vous raconterai au retour…




Lettre à Stephen Harper - La rive miroir


Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien


Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.
Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.

La symbolique
Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.
Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.

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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 22:05
Les artistes dans les casernes.

L’art et la guerre ne font pas bon ménage. Et pourtant… Voici quelques semaines, le gouvernement annonçait une réforme d’ampleur des armées françaises : réduction considérable des sites militaires, fermetures de nombreuses casernes, au grand dam de certaines villes pour lesquelles l’armée représentait une part importante de la vie locale. Aujourd’hui même, le ministère de la Défense nationale et celui de Universités viennent de s’accorder pour que les lieux ainsi libérés puissent servir au logement d’étudiants. Bravo ! Mais pourquoi seulement eux ? N’y aurait pas mieux à faire encore de ces nombreux espaces désormais libres et non affectés, en les confiant par exemple aux innombrables artistes de ce pays qui cherchent des espaces de travail, de répétition, de création ? Combien sont-ils ces musiciens, ces plasticiens, ces compagnies théâtrales ou chorégraphiques qui ne trouvent pas d’espaces suffisamment adaptés à leurs recherches, à leurs créations ? Et les publics, ne trouveraient-ils pas là des lieux nouveaux, vivants, inventifs, qu’ils pourraient eux aussi, à l’occasion, investir. Il y eut un précédent célèbre : la Cartoucherie de Vincennes investie par le Théâtre du Soleil, L’Aquarium, la Tempête, Caroline Carlson… est devenue en quelques années un lieu marquant de la vie artistique. Et combien de friches industrielles, partout en Europe, ont permis des aventures originales, créatives, innovantes, telle cette « Belle de Mai » à Marseille, phare des « Nouveaux territoires de l’art ». Il ne s’agit pas d’investissements extraordinaires, mais d’ouvrir des espaces de liberté et de création. Une chance rare ! A l’heure ou l’on s’interroge sur l’évolution de la vie et des politiques culturelles dans notre pays, ou tant d’artistes travaillent dans des conditions souvent misérables, Madame la ministre de la culture, ne ratez pas cette occasion exceptionnelle. Ce que vient de faire votre collègue des Universités, la Culture doit pouvoir le faire. Aux armes !


PS : Ce texte a été publié dans le journal Libération du 17 septembre 2008, pages Rebonds. Merci Libé !
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