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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 20:27
Rire
Cette petite compilation circule sur le Net. A partager…
Examen de français en primaire (absolument vrai)!!!
Réponses  d'élèves de primaire à un examen de français

1-Dans  la phrase 'Le voleur a volé les pommes', où est le sujet ?
 Réponse: 'En  prison.'
2-Le futur du verbe ' je baille ' est ?
Réponse: 'je  dors'.
3-Que veux dire l'eau potable ?
Réponse: 'C'est celle que l'on  peut mettre dans un pot'.
4-Qu'est-ce qu'est un oiseau  migrateur ?
Réponse : ' C'est celui qui ne peut que se gratter la moitié du  dos'.
5-Quoi faire la nuit pour éviter les moustiques ?
Réponse: 'Il  faut dormir avec un mousquetaire'.
6-À quoi sert la peau de la  vache ?
Réponse: 'Elle sert à garder la vache ensemble'.
7-Pourquoi  le chat a-t-il quatre pattes ?
Réponse: 'Les 2 de devant sont pour  courir, les 2 de derrière pour freiner'.
8-Quand dit-on 'chevaux' ?
Réponse: 'Quand il y a plusieurs chevals'
9-Qui a été le premier  colon en Amérique ?
Réponse: 'Christophe'.
10-Complétez les phrases  suivantes :
Àla fin les soldats en ont assez...
Réponse: 'd'être  tués'.
Je me réveille et à ma grande surprise...
Réponse: 'je suis encore  vivant'.
La nuit tombée...
Réponse: 'le renard s' approcha à pas de  loup'.
11. Pourquoi les requins  vivent-ils dans l'eau salée?
Réponse:  'Parce que dans l'eau poivrée, ils tousseraient tout  le temps.'  
12 -L'institutrice demande : Quand je dis «je suis belle» quel  temps est-ce ?
Réponse : 'Le passé, madame'.


Pleurer… enfin presque !

Je reviens d’un voyage de quelques jours à Vilnius, Lituanie, actuellement Capitale culturelle de l’Europe. Séminaire sur l’éducation artistique, rencontres sympathiques, échanges, visites, cadeaux… Et au retour, lecture attentive du « guide du visiteur » qui nous a été remis. Surprise. Voici ce qui est écrit à propos de la population de la ville :
"les Lituaniens forment une grande partie de la population de la ville (57,8%), il y a aussi des Polonais (18,7%), des Russes (14%), des Biélorusses (4%), des juifs (0,5%). Les 5% restants sont constitués de représentants d'autres nationalités..."
Qu'en 2009, dans une ville culturelle européenne, il se trouve quelqu’un pour écrire une telle ineptie, classant les « juifs » dans les nationalités, me laisse sans voix ! Et personne pour signaler cet élément… Dans un pays dont le passé antisémite est si  lourd… cela fait désordre !


S’émouvoir
De ces quelques images formidables…
Cliquez ou copier cette adresse dans votre navigateur et... admirez !
http://www.npm.gov.tw/exh96/orientation/flash_4/index.html
Ce tableau a été peint vers 1085-1145, pendant la Dynastie de la Chanson Du nord. Il a été repeint pendant la Dynastie Qing.  Il mesure 5m28 de large et 24,8 cm en hauteur.  Il est considéré comme un des Grands Trésors de Chine et a été exposé dans le Musée d'Art de Hong-Kong l'année dernière.
Il suffit de promener la souris et, si carré blanc (il y en a 3), de cliquer dans le carré après avoir monté le son.



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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 15:34
"Tout le monde peut faire du théâtre, même les acteurs. On peut faire du théâtre partout, même dans les théâtres!"

"Nous devons, très cordialement, rappeler à nos présidents que la politique n’est pas l’art de faire ce qu’il est possible de faire, mais l’art de rendre possible ce qu’il est nécessaire de faire !"


"Marcher n’est pas facile ! Les sociétés bougent par le rapport de forces et non par le bon sens et la justice. Nous devons avancer et, à chaque pas, avancer plus dans la tentative d’humaniser l’humanité. Il n’existe pas de port sûr dans ce monde, parce que tous les ports sont en haute mer et notre navire a un gouvernail, mais pas d’ancres. Il faut naviguer, et plus encore il faut vivre, parce que naviguer, c’est vivre, vivre, c’est naviguer !" A.B


Jean-Gabriel Carasso / Augusto Boal Brésil 1980

Augusto Boal, humaniste, militant, homme de théâtre, est mort hier à Rio-de-Janeiro. D’autres diront le parcours exceptionnel de cet ingénieur chimiste devenu homme de théâtre, praticien et théoricien du «Théâtre de l’Opprimé» au Brésil avant d’envahir le monde. On racontera l’influence du Théâtre Arena dans les années 60, avant que la dictature brésilienne et la torture ne le poussent à l’exil en Argentine, puis en Europe, avant son retour à Rio dans les années 80. On analysera l'importance majeure de son "système" (pensée et pratique) théâtral, élément singulier du théâtre de ce dernier demi-siècle, dans sa dimension citoyenne et politique...
Mais à cet instant d’émotion, c’est un témoignage personnel qu’il me faut livrer, en guise d’hommage et d’adieu. J’ai rencontré Augusto Boal au début des années 70 à Paris, lors de la présentation de son livre «Théâtre de l’Opprimé», aujourd’hui traduit dans le monde entier, et de sa décision de former en France un groupe de recherche sur ce que nous nommions alors les «techniques actives d’expression». De 1978 à 1985, avec quelques amis, nous avons fondé à ses côtés à Paris le «groupe Boal, Théâtre de l’Opprimé», réalisé en France de très nombreux stages de formation, des rencontres, des spectacles, mené plusieurs voyages à travers le monde, expérimenté les formes les plus diverses de «théâtre forum», du «théâtre image», du «théâtre invisible»… Dans des salles de classe, des églises désaffectées, des réunions militantes et jusqu’au Théâtre du Soleil, nous avons inventé, expérimenté, osé avec lui des aventures inouïes, aux limites du «théâtre», invitant le spectateur à devenir acteur, brisant le mur traditionnel de la scène et de la salle, mettant en place les cadres d’une parole libérée…
Je me souviens du premier Congrès du Syndicat de la magistrature et de ce «théâtre forum» qui modifia l’élection du Bureau ; je me souviens de ces travailleurs maliens jouant dans une cave de Mantes-la-Jolie ; je me souviens des premiers «spectacles-forums» à la Villette et de notre débat avec Bernard Dort sur les mérites comparés de Boal et de Bertolt Brecht ; je me souviens du «Fools Festival» au Danemark et de ce spectacle en gromelots ; je me souviens de l’accueil par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, des premières rencontres internationales du théâtre de l’opprimé ; je me souviens du «théâtre-image» dans le métro parisien ; je me souviens du stage surréaliste avec les jeunes comédiens à Hammamet en Tunisie ; je me souviens des voyages en Suisse, au Québec, à l’Ile de la Réunion… ; je me souviens de la tournée au Brésil, du retour de Boal au pays après ses années d’exil avec des comédiens français, de ces séances extraordinaires à Rio, à Sao Paolo, à Recife (et de l’appel de Don Helder Camara pour que les gens viennent assister au spectacle dans l’église !) ; je me souviens de l'émotion considérable des "spectacteurs" de Montréal, de l'Ile de la Réunion, de la Chaux de Fonds... ; je me souviens du premier festival francophone de théâtre forum - Francoforum - que nous avions organisé à Ouagadougou, quelques mois à peine après la chute du mur de Berlin, et de sa découverte de la réalité africaine...
Nous avions rêvé alors d’un développement massif de ces pratiques à travers le monde, d’un mouvement théâtral international qui reprendrait, sans que cela ne devienne un dogme, les idées et les propositions de  cette utilisation du théâtre comme outil d’expression, de dialogue et de lutte contre toutes les formes d’oppression. Trente années plus tard, nous y sommes ! Aux quatre coins du monde, sur des territoires et dans des contextes très différents, dans des perspectives d’éducation, de travail social, de travail thérapeutique, d’action politique… le «théâtre de l’opprimé» est désormais utilisé, revendiqué, réinventé par d’innombrables groupes et individus. Je pense à mes amis français d’Entrée de jeu, à mes camarades africains de l’Atelier théâtre Burkinabé de Ouagadougou, je pense à ceux du Québec, aux Belges, aux milliers d'Indiens… et à tous les autres qui travaillent à travers le monde en référence à ces principes.
Pour Augusto Boal, la vie fut un combat sans cesse recommencé, sans cesse enrichi d'innovations et de pistes nouvelles à explorer. Profondément marqué par l'oppression subie à l'époque de la dictature brésilienne, toujours fidèle à ses camarades morts dans les combats de la résistance - il en pleurait encore devant moi il y a quelques semaines, évoquant un ami argentin- il n'a cessé de parcourir le monde, pour former, informer, s'informer, initier et soutenir les luttes contre toutes les oppressions. Par son apport, à la fois pratique et théorique, poétique autant que politique, résolument humaniste et militant, Augusto Boal aura su mobiliser d’innombrables énergies, au service de la libération des hommes (et des femmes).
Il restera comme l'une des figures internationales marquantes du théâtre de notre époque, mais plus largement du combat pour l'humanité du monde. Il avait été proposé l'année dernière pour un prix Nobel. Il venait d'être nommé "Ambasadeur mondial du théâtre" pour l'Amérique latine par l'Institut international du théâtre de l'Unesco et avait rédigé, il y a quelques semaines, le message de l'UNESCO pour la journée mondiale du théâtre qu'il avait lu, lui-même, à Paris. Ce fut donc son dernier voyage. Et notre dernière rencontre, amicale, chaleureuse, émouvante.Il aura changé la vie de nombre d’entre nous. Il aura changé ma vie ! Merci et fraternité !


Augusto Boal. UNESCO Paris Mars 2009

Quelques références :
« Texte pour la journée mondiale du théâtre 2009 »
« Discours d’Augusto Boal au Forum social mondial 2009 »
« Site officiel du Théâtre de l’Opprimé »


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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 19:55
 " Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".

La réponse est ici
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 00:54
Les "Molières" ont été remis dimanche dernier.
Signaler ici que notre ami David Lescot a obtenu le Molière de la révélation théâtrale pour son spectacle "La Commission centrale de l'enfance", dont nous avons récemment réalisé le DVD.
Informations ci-contre...
Félicitations

Le spectacle sera repris à la rentrée au Théâtre de la Ville.
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 20:50


Depuis Magritte, (« Ceci n’est pas une pipe ») la pipe n’avait connu un tel honneur ! Elle retrouve aujourd’hui le devant de l’actualité, grâce au zèle des services de pub de la RATP, qui viennent de refuser d’afficher Jacques Tati muni de sa célèbre bouffarde (qu’il n’allume jamais, dans aucun de ses films !) sur les murs du métropolitain, dans une affiche consacrée à l'expo de la Cinémathèque.
Les responsables de la Cinémathèque ont donc transigé : un petit moulin à la place de l’engin sur les affiches du métro et des bus. Petite concession lourde de conséquences. Pas forcément celles que l’on imagine. Certes, on pourrait s’offusquer de cette reculade, crier au scandale, protester contre l’absurdité de cet acte, hurler à la braderie de notre patrimoine cinématographique… Tout cela serait parfaitement justifié. Mais enfin…
Qui aurait pu espérer une telle publicité donnée à cette exposition (que je vais m’empresser d’aller voir) ? Le « buzz » énorme provoqué par l’affaire : tous les journaux, toutes les télévisions, d’innombrables sites, blogs et autres… en parlent désormais. Bingo ! On aurait voulu faire un beau coup de pub que l’on ne s’y serait pas pris autrement. Bravo les gars de la RATP. Continuez comme cela. Et bravo à la Cinémathèque pour l’initiative Tati, un grand homme. Nom d’une pipe !

En savoir plus sur l'expo


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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 15:29
Cette scène a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et  Londres.
Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un noir.
Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air.
L'hôtesse : « Quel est votre problème, Madame ? »  
La femme blanche : « Mais vous ne le voyez donc pas ? Vous m'avez placé à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège, s'il vous plait ! »  
L'hôtesse : « Calmez-vous, presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible. »
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard.......  

L'hôtesse : « Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe. »
Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue :  
L'hôtesse : « Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne  de classe économique de s'asseoir en première classe.
Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante. »
L'hôtesse se tourne vers le noir et lui dit : 
L'hôtesse : « Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège vous attend en première classe. »  
Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent... 

Joyeuses Pâques !

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 21:59

Rejet du projet de loi sur la création sur Internet

Un député raconte :
"...Alors que j'étais ce matin dans mon bureau ou en réunion à l'Assemblée pour préparer une proposition de loi que nous devons déposer la semaine prochaine, une collaboratrice de notre groupe m'a appelé pour me signaler que le vote allait bientôt intervenir sur ce texte et que, compte-tenu du rapport de force, il y avait une chance qu'il ne soit pas adopté.
Lorsque j'ai accouru à l'hémicycle, j'ai constaté que plusieurs députés socialistes restaient groupés derrière la porte de l'hémicycle ou plus exactement derrière le rideau qui sépare le sas d'entrée du bas de l'hémicycle. J'ai évidemment compris qu'il s'agissait d'attendre là, la fin de l'intervention de la ministre pour faire une entrée groupée. Ainsi le groupe UMP se croyant majoritaire, sur la foi du décompte des députés effectivement installés à leur siège, n'allait pas tenter d'ultimes manoeuvres de procédures pour retarder le vote et «rameuter» à leur tour des députés UMP dispersés dans leur bureau...
A notre grande surprise, cette petite précaution de dernière minute a marché. Comme quoi le vote d'un texte tient parfois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !

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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 21:47

Dans le cadre du grand débat sur la loi Création et Internet, le ministère de la la culture tente d'affirmer que "tous les artistes" sont pour la loi qui vient d'être votée au Parlement. Et pourtant...

D'autres s'expriment, et non des moindres:

 

Chantal Akerman, Christophe Honoré, Jean-Pierre Limosin, Zina Modiano, Gaël Morel réalisateurs, Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Yann Gonzalez, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni acteurs, Agathe Berman et Paulo Branco producteurs écrivent dans Libération 

"Artistes et producteurs engagés, nous nous sommes dévoués tout au long de notre carrière à la promotion d’un cinéma différent, un cinéma ouvert et exigeant.

Vous avez fait vivre nos œuvres, les portant, les reconnaissant ou les rejetant. Tout au long de notre carrière, nous avons poursuivi la même ambition : diffuser notre travail et le partager avec vous. Tout au long de notre carrière, mille obstacles se sont présentés à nous, qu’ils aient été techniques, matériels ou économiques.

Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre une révolution numérique qui nous permettra, dans un futur très proche, de lever nombre de ces obstacles et d’ouvrir notre cinéma à toutes et à tous.

Aujourd’hui, certains craignent cette révolution et craignent pour leur monopole. La loi Création et Internet répond à une angoisse légitime, que nous partageons : celle de voir les œuvres dévalorisées et dégradées par leur diffusion piratée sur Internet.

Pourtant, cette loi, qui prétend se poser en défenseur de la création, ne fait qu’instaurer un mécanisme de sanctions à la constitutionnalité douteuse et au fonctionnement fumeux...

 

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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 14:10
C’est au détour d’une conversation presque anodine avec Mathieu Maisonneuve, directeur de l’Usine, centre de création des arts de la rue à Tournefeuille, qu’il m’a fait part de sa préoccupation concernant «l’infusion culturelle», terme qu’il oppose à la « diffusion culturelle » si souvent évoquée dans les milieux autorisés, comme l’on dit. Que n’avons-nous adopté plus tôt ce concept lumineux !
Bon sang, mais c’est bien sûr !
A l’idée de la diffusion, qui semble à beaucoup la question centrale de l’économie artistique et culturelle du moment, il préfère ce terme « d’infusion » qui signifie clairement qu’un projet artistique et culturel, quel qu’il soit, se doit d’être imbibé du milieu dans lequel il se trouve pour parvenir à la plus grande pertinence. Ce qui n’a rien à voir avec le nombre de lieux où il peut faire escale ! Quelque chose qui ressemble à la différence entre le simple touriste et l’authentique voyageur !
Je suggère que tous ceux qui se sentent attachés à cette conception de la vie artistique et culturelle, à la dialectique profonde à établir avec les populations concernées, s’emparent désormais de ce terme, pour lui donner la plus large popularité. La diffusion culturelle est morte. Vive l’infusion culturelle !

Puisque je vous tiens, une info complémentaire en bonus:
J’avais déjà parlé ici du spectacle WOMEN, 68 même pas mort ! vu à Clermont Ferrand dont je disais le plus grand bien. Ils reviennent prochainement à Paris, aux rencontres de la Villette, du 15 au 19 avril.
«Quarante années plus tard nous n’en avons pas fini avec la recherche de sens de cette période. Sur l’écriture explosive de Nadège Prugnard et les hymnes de Brassens, Cohen, Joplin ou encore Zappa, trois comédiens-musiciens hommes interprètent trois femmes et rendent hommage à celles qui ayant entre 25 et 30 ans en 68 ont vécu les révolutions sociale, sexuelle et politique en opposition avec les valeurs de l’époque. Dans Women, 68 même pas mort, les « mémés rouges » remontent sur scène et la compagnie Brut de Béton Production nous livre une comédie engagée, drôle et intelligente qui étonnera les jeunes générations. »
Beau moment !
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 11:51
Dans un précédent article, je faisait part de quelques réflexions à propos d'un entretien donné à la revue La Scène par Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, concernant la question du "jeune public" dans la capitale. La même revue publie aujourd'hui la réponse approfondie que j'ai rédigée : "Pour le jeune public à Paris". Fidèles (et infidèles) lecteurs de ce blog, voici la primeur de ce texte, largement ouvert au débat public.

Monsieur Christophe Girard, adjoint au maire de Paris,
j’ai souhaité réagir à l’entretien que vous avez donné au magazine La Scène (numéro 51 – décembre 2008) et dans lequel vous évoquez la question du spectacle vivant jeune public à Paris. En 2003, alors que nous avions longuement tenté de convaincre la Ville de Paris et l’Etat de réaliser à Paris un lieu majeur en direction de l’enfance, vous m’aviez confié une mission d’étude concernant le spectacle vivant jeunes publics dans la capitale. Huit mois de travail enthousiaste, de rencontres, de mobilisations, de réflexions avec les responsables des affaires culturelles, avec des artistes, des responsables éducatifs… Au terme de ce processus, je vous remettais un texte intitulé Scènes d’enfances à Paris, indiquant les principaux enjeux de ce domaine et vous suggérant quelques pistes de développement. A la remise de ce document, nous nous étions quittés sur des mots qui résonnent encore à mes oreilles : « l’année prochaine (2004) sera une année de mobilisation. Nous travaillerons avec l’élu à la jeunesse et l’élu à l’éducation… » Depuis, plus rien. Six années de silence, ou presque ! Triste destinée, bien connue des consultants ! Une éphémère Mission jeunes publics fut bien créée mais aussitôt ensablée, faute sans doute d’une volonté politique affirmée. Je me suis abstenu, depuis, de tout commentaire.
Dans le dernier numéro de La Scène, vous revenez sur ce thème du jeune public en affirmant notamment : « Chacun des théâtres municipaux mène une action, comme le Châtelet, le dimanche matin. Je trouve que le public y est plutôt très blanc, venant sans doute des quartiers favorisés. J’ai un projet de «salle immatérielle» pour diffuser sur Internet des spectacles pour ceux qui ne peuvent se payer un billet dans une salle et qui pourront ainsi accéder à cette production…
Je suis d’accord sur le fait que Paris peut mieux faire. Mais l’offre de Paris n’a rien à voir avec celle d’une ville de banlieue qui n’a qu’un théâtre, un musée… Jean-Claude Camus (Théâtre de la Porte Saint Martin) propose des tarifs à 15 euros pour le jeune public. Pour un privé, qui l’assume, c’est un très beau geste. Cela reste 15 euros. C’est impossible pour une famille modeste. Mais ne comparons pas, s’il vous plaît, en termes d’offre, ce dont Paris regorge, comparé à toutes les villes de province ou de banlieue. »
Pour le dire simplement, ces quelques phrases ont heurté profondément le militant de l’éducation artistique et culturelle, mais plus simplement le citoyen, l’éducateur, le parent que je suis, accablé par une telle faiblesse d’analyse et de compréhension de ce qui se joue autour de la question du jeune public. Puisque l’occasion m’en est donnée, je voudrais apporter ici quelques éléments de réflexion que je livre au débat public !

LA BATAILLE DE L’IMAGINAIRE
Dans le monde en bouleversement qui nous entoure, marqué par la marchandisation généralisée des idées, des images et des émotions, exacerbée par la multiplication des représentations de toute nature et par le développement des technologies nouvelles, nous sommes au cœur d’une bataille de l’imaginaire, d’un combat sans merci entre l’œuvre et le produit, entre la complexité artistique et le simplisme du divertissement marchand. Le « temps de cerveau disponible » est désormais la denrée la plus recherchée, sur les chaînes de télévision comme sur d’innombrables sites Internet, pour être vendue aux plus offrants des annonceurs sans vergogne. Bernard Stiegler le rappelle souvent, avec pertinence : « On avilit les gens pour vendre et que tombent toutes barrières à la consommation. Ce système produit ainsi un populisme économique qui est la véritable origine du populisme politique parce qu’il engendre une grande misère symbolique.  » Voilà pour le contexte général.
Les plus jeunes d’entre nous, enfants et adolescents, sont les cibles principales de ce matraquage publicitaire (et idéologique), à qui l’on tente d’inculquer dès le plus jeune âge le réflexe du consommateur, sans le moindre souci éducatif. Les éducateurs ont le plus grand mal  fixer l’attention des plus jeunes sur les savoirs ou les activités éducatives qu’ils leur proposent de partager. Observons, au passage, que si la publicité est désormais limitée sur les chaînes publiques de télévision, elle demeure avant vingt heures et en matinée, c’est-à-dire aux heures principalement consacrées aux programmes pour la jeunesse. Disposition hautement signifiante, récemment dénoncée par mon ami Philippe Meirieu . Chacun sait, d’expérience, combien les enfants sont sensibles, de plus en plus jeunes, aux sollicitations commerciales comme aux violences diverses, réelles ou symboliques, qui leur sont proposées : images de guerre, de mort, de pornographie… En vérité, c’est leur enfance même qu’on leur vole, sans état d’âme ! Voilà pour l’enjeu principal.

UN MOUVEMENT INTERNATIONAL
En France, comme dans de nombreux pays du monde, des artistes (de théâtre mais également de la chanson, de la danse, de la littérature, du cinéma…) associés à des éducateurs, enseignants ou militants éducatifs progressistes, comme à des responsables culturels engagés, ont développé depuis des années un mouvement artistique original qui s’adresse en priorité à l’enfance. Recherches, créations, structures, compagnies, réflexions, colloques, publications, festivals, formations… Les initiatives n’ont pas manqué pour faire de ce que l’on nomme le jeune public, un secteur majeur du travail culturel, au carrefour de l’art et de l’éducation. Des réalisations significatives ont vu le jour : à Lyon, à Lille, à Marseille, à Reims, à Quimper, à Strasbourg, des structures spécialisées travaillent sur ces questions. A Sevran, à Montreuil, à Sartrouville, à Nanterre, à Saint-Denis des municipalités de banlieues s’engagent sur ce secteur. Au Québec (la Maison Théâtre de Montréal), en Belgique (la Montagne magique à Bruxelles), en Italie, en Suède, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark… ont émergé des projets significatifs de très grande qualité. Bref, il existe aujourd’hui un véritable mouvement international, à la fois artistique et éducatif, qui se tourne vers l’enfance. Voilà pour les faits.
Au-delà des milieux spécialisés, de plus en plus de responsables culturels, éducatifs et politiques prennent conscience de l’importance de ce domaine. Un grand nombre de structures culturelles s’attachent aujourd’hui à inscrire tout ou partie de leur action en direction de l’enfance. Les politiques eux-mêmes s’intéressent à la chose. La dernière campagne présidentielle a montré combien l’ensemble des courants politiques de notre pays inscrivait l’éducation artistique comme une priorité - parfois la seule idée ! - d’une politique culturelle à venir. Les ministères de la culture et de l’éducation nationale affichent désormais (au moins dans les mots, car l’action est plus douteuse) cette priorité. Nombre de collectivités territoriales ont également pris la mesure de ces enjeux, qui se mobilisent autour de ce thème. Les villes d’Annecy et de Nanterre proposent depuis longtemps des parcours culturels aux enfants des écoles ; celle Toulouse reprend aujourd’hui une proposition similaire dans son nouveau projet culturel ; la ville de Lyon s’attache plus particulièrement à la petite enfance ; le département de Loire-Atlantique a mis en place un programme d’éducation artistique volontariste dans l’ensemble des collèges… J’en passe ! Voilà pour l’évolution.

UN ENJEU POUR PARIS

Or, dans ce contexte général, la Ville de Paris est restée quasiment sourde et aveugle à ces préoccupations. La majorité municipale à laquelle vous appartenez n’a pas été à ce jour, plus que la précédente, à la hauteur des enjeux évoqués. Le mouvement artistique tourné vers les jeunes publics est resté bloqué aux portes de la ville et les murs des boulevards périphériques paraissent infranchissables. Aucune politique ambitieuse, à la mesure d’une ville capitale, n’a été envisagée. Aucune structure, aucun dispositif, aucun budget significatif, aucune aide véritable à la création, aucun temps fort d’envergure, aucun travail de formation des accompagnateurs… Et ce n’est pas le soutien modeste apporté à quelques aventures méritoires (Théâtre Dunois, Théâtre de l’Est Parisien, Festival Escapades…), moins encore, vous en convenez, l’expérience que vous citez (le théâtre de la Porte Saint-Martin à 15€ la place !) qui masqueront une situation quasi désertique. Voilà pour le constat !
J’ajoute, puisque vous y faites allusion, deux mots sur votre projet de « salle immatérielle » qui devrait permettre aux enfants pauvres de voir sur Internet les spectacles que les enfants riches verraient dans les salles. Outre que je n’imagine pas une seconde les enfants de mon quartier, Belleville ou Ménilmontant, se précipitant sur les ordinateurs - qu’ils n’ont pas - pour assister à des spectacles… qu’ils ignorent, avez-vous réellement mesuré le sens de cette proposition ? On pourrait suggérer aussi un « restaurant immatériel » qui permettrait à ceux qui ont faim de voir, en direct sur Internet, ce que d’autres ont dans leurs assiettes ? Trêve d’ironie, allons à l’essentiel !
Vos priorités depuis 2002 ont été, comme le font d’ailleurs la plupart des responsables depuis des décennies, à la consolidation de l’offre artistique, à la mise en œuvre de nouvelles structures (le 104, Trois Baudets, Métallos, Gaîté Lyrique…), à une meilleure répartition territoriale. Soit ! Ces éléments sont sans doute justifiés et probablement utiles, l’avenir le dira. Ils ne font cependant qu’ajouter des dispositifs aux dispositifs, des structures aux structures, sans se préoccuper véritablement des dispositions des gens à se les approprier, notamment les plus éloignés pour des raisons sociales, culturelles ou générationnelles. Or, sans initiation, sans sensibilisation, sans formation des nouveaux publics, et avant tout des plus jeunes, les mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets. A savoir, une démocratisation toujours limitée et une reproduction sociologique permanente des publics concernés.
Pour toutes ces raisons, et quelques autres, c’est une véritable « politique de l’enfant spectateur » que je vous invitais à réaliser dès 2003, et que je réitère ici, pour faire de Paris une capitale de l’enfance et de la culture. Les idées ne manquent pas, elles ont été maintes fois formulées : aider résolument la recherche et la création, soutenir véritablement un réseau de lieux et d’actions de qualité, mobiliser les théâtres municipaux, former les animateurs de centres de loisir, mobiliser les enseignants et les parents, accueillir les aventures les plus significatives du monde, organiser un temps fort pertinent, faire de ce thème un élément majeur du « Grand Paris »… Bref, mener une politique du jeune public ambitieuse, innovante et volontariste, à la mesure de la capitale et des enjeux évoqués. Il y a urgence !
Suite à la publication de votre entretien, j’avais rédigé sur mon blog  un billet d’humeur auquel vous avez bien voulu répondre, m’informant de quelques projets en cours : « faire du jeune public un axe central de la réforme des théâtres municipaux… lancer une étude sur l’opportunité et les modalités de création d’un Théâtre européen pour le jeune public à Paris… développer le schéma «école et culture» notamment pas le biais de jumelages entre établissements scolaires et établissements culturels… ». Dont acte ! Je note cependant que ces propositions n’apparaissaient nullement dans votre entretien à la Scène et qu’elle ne modifient en rien, sur le fond, les réflexions ci-dessus. Si ces quelques arguments peuvent inciter à poursuivre l’effort et aider à convaincre vos collègues d’y accorder les moyens nécessaires, ce petit texte ne sera peut-être pas inutile.

Jean-Gabriel Carasso
(dans la revue La Scène n°52, Printemps 2009)

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