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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /Fév /2007 23:19
Tu as voulu du débat… !

1/ L’anecdote.
Fin janvier, un courriel d’une députée européenne UDF que je ne connais pas, me demande de participer à une rencontre autour de la culture organisée par (pour) François Bayrou. Je réponds : « pourquoi pas ? S’il s’agit de parler de l’éducation artistique et culturelle… Volontiers ! » Après tout, il y a longtemps que j’appelle un débat public sur ces questions. Qu’un candidat s’y colle, la moindre des choses est d’y participer.
Téléphones, avant-programme, confirmation… « On vous laissera trois minutes à la fin de la table-ronde » Soit ! Mon temps de parole habituel sur ce thème est plutôt de 45’ minutes, mais je ferai un effort. Une idée par minute, cela fait trois idées. On peut essayer… Et puis cela se passe au Sénat, je n’y suis jamais entré. Visite touristique en prime…
Jour J. Accueilli comme intervenant. Badge. M’installe dans la salle pour la matinée. J’écoute les deux premières table-rondes. Pause repas. Retour. Troisième table-ronde, la mienne, sur « la transmission de la culture ». « Quelques personnes s’exprimeront depuis la salle » indique l’animateur. C’est moi, je suis sur le programme ! Chacun s’exprime. Je prends des notes. Rédige un plan d’intervention très bref. Trois idées, mais fortes ! Politiques ! Fin des interventions. C’est à moi… Mais non ! L’animateur, qui fut en son temps un excellent animateur de télévision, invite le candidat à s’exprimer. Exit les derniers intervenants. Aucune explication. Aucune excuse. Ainsi va la démocratie participative, version Bayrou… On ne m’y prendra plus !


2/ Le fond du débat
Il s’agissait de faire le point sur la situation des politiques culturelles en France, de nourrir la réflexion et d’entendre le candidat sur ce sujet. Le point sur la situation fut nourri d’interventions construites de Philippe Urfalino, Bernard Latarjet, Jean-Pierre Saez : analyse des évolutions, des enjeux, des perspectives en matière de décentralisation, etc. S’ensuivit une table-ronde sur le statut de l’artiste, puis une autre sur la transmission de la culture, fortement marquée par l’intervention musclée de Robin Renucci en faveur de l’éducation artistique et de la formation des enseignants. Au terme de cette longue journée, synthèse du candidat.

Belle ouverture : « La culture ne parle pas que de culture… Elle travaille sur l’immortel, relie les morts aux vivants et les vivants à l’avenir… La culture ne se réduit pas à sa dimension marchande… Elle est du domaine de l’être, et non de l’avoir… Elle est au cœur de notre projet de civilisation… Il faut maintenant ouvrir une nouvelle étape de la politique culturelle… C’est au Président de la République lui-même de s’y impliquer, par l’organisation « d’Etats généraux de la culture »… On se dit que si la suite est du même niveau, cela risque d’être intéressant. Et non ! Patatras, voilà le réel !

« La nouvelle politique, ce seront trois axes de travail : le patrimoine, la création et la transmission. » C’est-à-dire, très exactement, les axes de travail actuels du ministère, intitulés des trois « programmes » voulus par la LOLF. Rien de neuf !

« Sur les intermittents… Il faudra faire passer la loi qui a été refusée, obliger les partenaires à renégocier, traquer les abus… mais aussi, les artistes devraient pouvoir intervenir en milieu scolaire pendant leurs périodes de chômage artistique » Quid de la volonté, du désir, de la qualification ? Plus tu chômeras, plus tu interviendras !

« L’éducation artistique, ce sera une priorité… mais pas question de promettre un engagement budgétaire conséquent. » On ne fera aucune promesse. Même pas la promesse d’en faire une véritable priorité budgétaire. La dette ! La dette ! La dette ! Mais alors, comment passer « de la parole aux actes », comme cela a été demandé avec force ?

Enfin, belle envolée sur l’importance du numérique, d’Internet et du monde nouveau qui s’ouvre devant nous avec ces petites machines à relier le monde. Juste inquiétude sur le devenir des auteurs et des interprètes, qui ne sauraient résister au « tout gratuit » qui se profile. Une intuition du candidat : « il y aura bientôt deux secteurs distincts : l’un payant, l’autre gratuit », qui s’équilibreront. A voir !

Pour finir, quatre thèmes effleurés :

- passer de la culture de masse à une culture du peuple. J’avoue ne pas avoir compris ce renouveau du « populaire »… Attendons les précisions.

- défense et illustration de la langue française ( de la francophonie et des langues de France). Mais tout cela n’existe-t-il pas déjà ? Quelles nouveautés  dans ce domaine ?

- réfléchir, dans les futurs Etats Généraux de la culture ( Jack Ralite va demander des droits d’auteur !) à la nouvelle répartition des rôles entre l’Etat, les collectivités territoriales et les associations. Le « service public » appartient à tout le monde. Pourquoi pas. Toute la question est de savoir comment cela se passe ! Quelle décentralisation, quelle coopération, quel partage ? Motus !

-l’Europe, pour finir : « c’est la culture qui fait l’Europe ». Soit, mais comment ? Quoi de neuf? Pour l’instant, rien !

3/ Le commentaire
On est frappé par le fossé qui sépare la réflexion générale du candidat, souvent brillante, et la banalité des propositions détaillées. On reste sur sa faim. Manque de préparation sans doute, des équipes spécialisées.
Décidément, il ne suffit pas de « parler culture » dans la campagne. Encore faut-il avoir quelque chose à dire d’original. Cela ne s’improvise pas !
Suite au prochain colloque ?

En savoir plus
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 23:07
Mon ami ep2c poursuit sur son blog une réflexion intense sur la chose artistique. Un des thèmes de sa réflexion porte sur distinction, à ses yeux discutable, entre art et culture. Je lui avais promis d'y revenir ici. J'y reviens donc !

Plus de 50 ans que l'on parle et que l'on développe en France des actions culturelles, des politiques culturelles, que l'on diffuse des produits culturels, que l'industrie culturelle connaît un essor sans précédent, que les emplois culturels, nous dit-on, seraient plus nombreux que ceux de l'automobile, etc... La culture, sous ces différentes appellations, est ainsi mise à toutes les sauces. Un sociologue aurait, me dit-on, formulé 117 définitions de ce mot !
En vérité, c’est pour échapper à la difficile définition de la chose artistique, que l’on se réfugie de la sorte dans la chose culturelle. Imagine-t-on aujourd’hui un ministre des arts ? Un adjoint au maire chargé des affaires artistiques ? Un directeur régional des arts ? Même Malraux n’a pas osé le faire ! Et pourtant ! J’avance que l’art, c’est la chose. La culture, c’est le rapport à la chose. Je m’explique.

L’art est une activité humaine archaïque, qui consiste à formuler (mettre en formes) un discours symbolique à l’aide de matériaux les plus divers (mots, images, sons, mouvements…) Cette activité est de l’ordre du langage (tous les arts sont des langages, si tous les langages ne sont pas des arts !) Est artiste celui (celle) qui s’adonne à cette activité, un temps, une saison, une vie, selon. Certains peuvent passer des années à la recherche et à la formulation de langages artistiques, dans la littérature, la musique, les arts plastiques… Il s’agit d’une activité verticale, tendue entre l’approfondissement de la recherche et l’élévation de la forme (ce que l’on appelle parfois « la création »). Il est de la plus haute importance que les sociétés favorisent la présence de ces artistes en leur sein, les aident à se former, à chercher, à produire des œuvres (que l’on évitera de confondre avec des produits), à les diffuser, à transmettre leurs savoirs faire… Ils sont à la fois singuliers et universels, en partie portes paroles des populations qui les environnent. En ce sens, une politique artistique est parfaitement légitime. Mieux, elle est indispensable à toute société démocratique.

La culture est autre chose : elle n’est en rien production de langages ou approfondissement des formes, mais indique le rapport que chacun d’entre nous pouvons entretenir (ou non) à ces formes symboliques. La culture n’est pas une échelle à escalader (le fameux « accès à… »), ni une valise à remplir (l’érudit n’est pas forcément cultivé !), c’est une attitude, une aptitude et souvent un travail, une expérience singulière du rapport à la forme. Ce rapport peut être plus ou moins étroit, plus ou moins fréquent, plus ou moins complexe selon le milieu, l’histoire, la géographie, la situation sociale, etc. Il peut être individuel ou collectif, unique ou partagé… En ce sens, la question culturelle est une question horizontale, tendue entre la sensibilisation, l’éducation, la formation, d’une part, et d’autre part la diffusion des œuvres et leurs médiations.

Si cette hypothèse est fondée, alors, effectivement, il importe de distinguer de manière radicale ce qui relève d’une politique artistique (on dirait aujourd’hui « aide à la création »), de ce qui relève d’une politique culturelle (sensibilisation, diffusion, médiation). Tout l’enjeu des politiques nouvelles est de trouver l’équilibre le plus pertinent entre ces deux dimensions, dialectiquement liées. A les séparer artificiellement, on creuse bien entendu un fossé imaginaire, mais à ne pas voir la distinction, on entretient la confusion la plus vive. A mes yeux dommageable.
Si les choses étaient plus claires, les artistes ne sentiraient pas menacés par le développement culturel, on cesserait de prétendre que c’est le glissement de l’art à la culture, puis de la culture au culturel, qui serait la cause de tous nos maux… Le champ de la réflexion (et de l’action) serait ouvert à la mise en place de projets «artistiques et culturels» les plus divers, notamment dans les domaines de l’éducation, des pratiques amateurs, de l’éducation populaire… Les responsabilité culturelle du politique (des politiques) et des médias de masse, ne se confondrait plus avec la seule quantité de l’offre présentée (d’institutions, de programmes…) mais insisterait sur la qualité du développement culturel véritable des populations… Les critère d’évaluation porteraient aussi sur ces deux dimensions…

Conclusion pratique : je plaide pour une véritable politique artistique et culturelle, pour un ministère des arts et de la culture, pour une éducation artistique et culturelle, pour une responsabilité artistique des artistes, pour une responsabilité culturelle des médiateurs, des enseignants, des élus… Pour un développement artistique et culturel durable… Vaste chantier ! Cela vaut bien quelques programmes en cours, n’est-ce pas ?



PS /Sur l'éducation artistique et culturelle, le Forum permanent organise le jeudi 15 mars au Théâtre de la Colline une interpellation collective des candidats aux élections présidentielle. L'information est ici.


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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 21:31


Vu samedi dernier « Les Ephémères » du Théâtre du Soleil, entrée à 15h, sortie à 23h. Un spectacle déroutant, attachant, irritant, déprimant et pourtant fascinant… Des « tranches » de vie, souvenirs ravivés par las acteurs de moments traumatisants, émotions à vif. Difficile de parler de ce travail artistique complexe. Je m’interrogeais sur la manière de rassembler quelques arguments, de traiter du sens, du risque, de l’émotion, du jeu, de l’espace, de l’aventure majeure de ce Soleil qui n’en finit pas de briller… quand je suis tombé, ce matin, sur la « critique » du journal le Nouvel Observateur. Affligeante ! Et significative. La journaliste y raconte l’espace, le dispositif, les horaires, les entrées et sorties, la forme, la musique… pour conclure « C’est plus qu’un grand spectacle : un moment de vie, prenant comme le temps qui passe, l’instant qui s’évanouit. » Elle a aimé. Soit ! Mais encore ?

Qu’apprend-t-on de ce texte. Rien, en vérité. Une description et un bref jugement, mais encore ? A quoi sert la critique artistique ? Qu’en aurait dit, par exemple, Bernard Dort, qui fut un grand ami du Soleil et fin dramaturge ? Qui nous aidera, par le regard et le commentaire, à nous faire une idée plus claire de ce à quoi nous avons assisté ? Décidément, l’art de la critique artistique, théâtrale en particulier, se perd. Et c’est dommage, pour le théâtre lui-même.


En vérité, on confond allègrement la critique, le jugement et l’évaluation. Le jugement, chacun y est apte, il est de l’ordre de la subjectivité. J’aime, j’aime pas ! Ça me touche, ça me laisse indifférent, ça m’exaspère… La critique est plus difficile, il s’agit d’argumenter, de lire, de saisir, d’analyser, d’aider ceux-là même qui se sont exprimé à saisir ce qu’ils ont produit. Miroir de la pensée, la critique devrait être une véritable réflexion (le miroir aussi, réfléchit !) L’évaluation, enfin, devrait être un processus de co-réflexion entre l’intérieur et l’extérieur, entre les acteurs et ceux qui les entourent, pour tenter d’atteindre, dans un mouvement de débat dialectique, une part de vérité assumée par chacun. Rien à voir, on le comprend, avec les caricatures d’évaluation que l’on nous propose ici et là.


A ce propos, signaler la réflexion fort pertinente sur le sujet de l’évaluation des politiques culturelles, produite et rédigée par le Doc Kasimir Bisou. C’est le texte le plus clair que j’aie lu sur ce sujet et vous le recommande, pour peu que cette question de l’évaluation, (qui ne manquera d’encombrer tous les débats à venir), vous intéresse.
Il est ici.

PS : EP2C me signale le programme de José Bové, pour ceux qui le cherchent.
Il est écrit notamment:

"Changer la donne du partage des connaissances et des cultures. Mettre fin aux inégalités scolaires, ouvrir à toutes et à tous les arts et œuvres de l’esprit ; permettre à chacun-e de maîtriser toutes les technologies de communication ; développer une démocratie culturelle associant citoyens et professionnels ; promouvoir le principe d’exception culturelle pour tous les peuples, afin de protéger la diversité culturelle en la mettant à l’abri des règles du marché."

La suite est ici.


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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 19:55
1/ Pour information : un nouveau "blog" culture/présidentiel est proposé, à l'initiative de la lettre d'information artistikrezo.
A peine ouvert, on y trouve déja le programme complet pour la culture... de la LCR.
C'est ici

C'est tout pour aujourd'hui !
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 22:14
Qui a dit ?

"Dans les semaines qui viennent, à l'approche d'échéances décisives pour notre pays, on va beaucoup parler de la France. Dans ce débat qui s'ouvre, il faut parler beaucoup de la culture.

Car la France ne serait sans aucun doute pas la France sans une grande ambition culturelle. Notre pays est riche d'un patrimoine exceptionnel, de grandes institutions artistiques, reconnues partout à l'étranger. Dans tous les domaines, il demeure un foyer vivant de création. Ce sont des atouts de premier ordre dans le monde d'aujourd'hui.

Un monde instable, complexe, où les destins des peuples se mêlent comme jamais. Un monde où le dialogue des cultures est une nécessité vitale, pour que les différences soient un facteur d'enrichissement et de progrès et non d'incompréhension et de conflit. Un dialogue renouvelé qui est indissociable de l'affirmation forte de nos valeurs et de notre culture.

Sachons donc les défendre. Soyons fiers de notre modèle, qui fait de la culture un grand enjeu politique, au sens le plus noble du terme. Sachons le faire vivre. C'est pour cela que la France a fait reconnaître dans l'enceinte de l'UNESCO le droit de chaque Nation à définir ses propres politiques culturelles. Un droit qu'il faut maintenant conforter, consolider, notamment en relevant tous les défis du numérique. Les enjeux sont immenses, et le combat toujours à livrer, pour que la culture ne soit pas abandonnée sans frein aux forces du marché..."

La réponse et la suite ici
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 11:05







Sur la question culturelle, Ségolène Royal
est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance .
Ils sont 30% à lui faire confiance, bien plus que pour Nicolas Sarkozy (16%) et François Bayrou (15%). Les autres candidats recueillent 2 ou 3 % de citations chacun. Le score de Nicolas Sarkozy sur cette question révèle un hiatus entre sa popularité politique et sa crédibilité en matière de politique culturelle, bien moindre.
La gauche bénéficie d'un avantage relatif par rapport à la droite sur la politique culturelle .
Cette confiance accordée à la candidate socialiste ne tient pas seulement à son appartenance politique puisque 57% des Français estiment que si la gauche était au pouvoir elle mènerait une politique culturelle ni meilleure ni moins bonne que celle de la droite, tout particulièrement les ouvriers (63%) et les plus jeunes (61% des 18-24 ans). Ils sont 29% à penser que la gauche ferait mieux que la droite (dont près d4un sympathisant socialiste sur deux, 47%) et 10% à juger qu'à l?inverse elle mènerait une politique culturelle moins bonne que celle de la droite.
Une majorité des Français (56%) estiment qu'à l'avenir le financement des activités culturelles et artistiques devrait êtrre développé sur fonds publics .
Plus précisément, ils sont 31% à souhaiter le développement du financement public par les collectivités locales et 25% du financement public par l'Etat. Le financement par le privé de l'art et de la culture n'est pas très populaire. Cependant cette opinion est très clivée politiquement. Si les Français dans leur ensemble sont 18% à estimer que c'est le moyen de financement à développer en priorité, les sympathisants de droite sont 25% de cet avis, plaçant ainsi les mécènes comme premier mode de financement à développer à l'avenir, devant les financements publics par l?Etat (23%) et par les collectivités locales (22%). L'autofinancement est quant à lui considéré comme le mode de financement d?avenir de la
culture pour 16% des Français.

Ce sont les premières conclusions du sondage BVA/Orange qui vient d'être publié sur la culture et les présidentielles.

Télécharger le sondage ici.

Enfin une base scientifique pour savoir de quoi nous parlons ! Prudence cependant : je pense souvent à ce statisticien qui, dit-on, s'est noyé dans une rivière qui faisait en moyenne... 10 cm de profondeur !

Pour ceux qui veulent en savoir plus : on annonce une rencontre parisienne sur le sujet avec Jean-Marie Cavada (écurie Bayrou), une autre avec la Ségolène... On se tient au courant !





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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 19:36
Dans un précédent article, j'évoquais la question du débat sur le non-débat concernant la place de la culture dans la campagne présidentielle. Depuis, le sujet fait l'objet de nombreuses tentatives pour ouvrir queques brèches et imposer cette thématique dans le débat public.
Notre ami EP2C suit l'affaire avec vigilance.
Il nous signale le site de "Culture critique 2007"qui traite de ce même sujet.











Aujourd'hui, nouvelle piste : le site proposé par la SACD "2007. Culture.org qui s'ouvre sur un entretien avec Jean-Claude Carrière et se propose de rassembler les propos et propositions des candidats sur le thème de la culture. Certains fiches demeurent désespérément vides...
"Qu'est-ce que la culture ? « L'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement » dit le petit Robert. Ce site permet de confronter les idées des différents candidats, de débattre du programme culturel, de s'exprimer sur ce sujet essentiel.  Il n'y a pas de démocratie sans culture. Il n'y a pas de culture démocratique sans une véritable volonté politique au plus haut niveau." (Sophie Deschamps - Présidente de la SACD)







L'image qui me vient est celle des dauphins qui suivent parfois les gros bateaux en sautant alentours, question de se signaler à l'équipage pour espérer quelques miettes du festin...
Nous sommes des dauphins !
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 11:25


A l’initiative des ministères de la culture et de l’éducation nationale se tenait au Centre Pompidou, du 10 au 12 janvier, un symposium européen et international sur le thème : «Evaluer les effets de l'éducation artistique et culturelle».

Plusieurs centaines de participants, chercheurs et acteurs de l’éducation artistique et culturelle, venus de 13 pays, étaient rassemblés à cette occasion.
Les traces ne manqueront pas pour ceux qui veulent en savoir plus…
Quelques impressions à chaud, non exhaustives.


1/ Une telle manifestation est un signe. 
Signe de l’avancée progressive de la prise de conscience que ce domaine mérite d’être développé. Signe que la question de l’évaluation (que l’on ne cesse de confondre avec la justification) est importante à la fois pour le domaine lui-même, et pour ceux qui en attendent toujours des preuves d’efficacité et d’efficience.
Signe aussi que le combat est (et restera) difficile pour faire admettre que la dimension sensible de l’éducation à l’art (et par l’art) devrait être un élément essentiel de notre système éducatif.

2/ Intrinsèque et/ou extrinsèque ?
Ce fut l’un des grands slogans de ces trois jours : l’éducation artistique et culturelle se suffit-elle à elle-même et/ou faut-il chercher sa justification dans d’autres effets sur les apprentissages, la vie en société, le civisme, etc ? Vieux débat qui appelle le recours urgent à la dialectique. Réponse : les deux mon capitaine ! Justifier l’éducation artistique et culturelle par ses seuls effets supposés sur l’apprentissage des mathématiques ou de l’histoire est aussi absurde que de ne pas observer l’évidente influence de ces pratiques (lorsqu’elles sont menées avec qualité !) sur le développement personnel et la relation générale au monde, donc aussi aux apprentissages…

3/ De quoi parle-t-on ?
Si j’en crois la diversité des situations exposées, les mêmes termes d’art et de culture  recouvrent une diversité considérable de pratiques et de conceptions. Je retiens cependant la convergence de plusieurs intervenants (américains, espagnol…) sur le principe de la trilogie : « percevoir, produire, réfléchir », ce que j’appelle « marcher sur les trois pieds ».
Mais de quel «art» parle-t-on ? De quelle «culture» ? Et de quelle «éducation» ? Ce débat reste à préciser, sans cesse…

4/ Un espace intermédiaire
J’ai été frappé par la réflexion sur l’Education artistique et culturelle comme «espace intermédiaire» entre le monde artistique et le monde éducatif. C’est en effet la seule manière, me semble-t-il, de comprendre ce que nous essayons de promouvoir, les uns et les autres, depuis tant d’années. Ni une discipline scolaire de plus, ni un travail de création véritable… Ni un enseignement, ni une production… mais un entre deux original et spécifique, qui seul permet à chacun de changer de posture (de rôle, de masque) pour se découvrir (au deux sens du terme).
On pense ici au travail de Winnicott sur le jeu (in Jeu et réalité / NRF ) et son concept d’«espace transitionnel» essentiel au développement de l’individu. L’éducation artistique et culturelle, en ce qu’elle implique de croisements entre art et éducation, enseignant et artiste, institution scolaire et structure culturelle, projet et programme, jeu et travail, sensibilité et raison… est fondamentalement un «espace intermédiaire», qui lui donne force et originalité.

5/ Qu’est-ce que la qualité ?
Autre débat essentiel, mais peu abordé : qu’est-ce que la qualité ? En art ? En éducation ? Donc en éducation artistique et culturelle ? S’agit-il de la qualité des œuvres (rencontrées ou produites) ? Qui en décide ? Sur quels critères ? Et/ou de la qualité des démarches éducatives, des processus de travail ? On pense ici à la question essentielle du « jugement » en art (Kant) et la fonction critique, si difficile à définir et à exercer.

6/ Le jugement et l’évaluation
En conséquence, la distinction entre art et culture devient plus nécessaire encore, s’agissant de l’évaluation. On pourrait avancer qu’au « jugement » en art, répond « l’évaluation » en matière culturelle. Qui peut prétendre évaluer Picasso, Mozart ou Kantor ? Qui peut juger d’une démarche éducative sans l’avoir vécue ?

7/ Et la politique dans tout ça ?
Il est intéressant d’observer comment les politiques, en France du moins, s’emparent progressivement de cette thématique, de manière parfois schizophrénique.
D’un côté, la langue de bois absolue, le discours sur la « relance » en même temps que le désintérêt et le désengagement manifeste… De l’autre, des signes divers de la prise en compte de la problématique : le décret sur le «socle commun des connaissances » a finalement retenu plusieurs réflexions sur ce thème ; un prochain séminaire interne aux deux ministères se chargera de mobiliser les cadres. La plupart des candidats évoquent, avec plus ou moins de précision, cette question… La vigilance s’impose, le pire n’est pas certain !

8/ Science et communication
Deux mots enfin sur le symposium lui-même : à la fois moment de recherche scientifique internationale et grand coup médiatique sur le sujet qui nous occupe. La encore, c’est « l’espace intermédiaire » qui est à la fois est frustrant et, dans le même temps, fait la force de l’entreprise.

Et le combat continue !
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 11:11
Voici plusieurs semaines que l’absence de débat sur les questions culturelles dans le débat politique… fait débat !
Ici et là, quelques bouées ont été lancées : La revue Cassandre, est à l’origine d’un Appel public qui rassemble plusieurs centaines de signatures. Arte et France culture ont récemment organisé un colloque intéressant sur le sujet. Les éditions de l’attribut suivirent au TEP, le 11 décembre dernier, après les publications de "Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?" de votre serviteur, et de "La culture pour qui ?" de Jean-Claude Wallach. Télérama, sous la plume de Daniel Conrod, se fait écho de la problématique et la Lettre du spectacle recense quelques positions politiques. La liste n’est pas exhaustive. Les initiatives ne manquent pas pour tenter d’agiter le bocal. Et pourtant…

Pourquoi est-ce si difficile d’enclencher un débat public véritable sur ce sujet ? Quelles sont les raisons qui rendent ce thème aussi peu porteur du point de vue politique (il faudrait dire «électoral»), alors même que la question générale de la culture, au sens des valeurs partagées d’une société, n’a jamais été aussi urgente dans la période de bouleversement anthropologique qui est la nôtre ? Pourquoi la culture demeure-t-elle "l’impensé politique de nos sociétés", selon la formule de Catherine Trauman rapportée par Jean-Claude Pompougnac ?

Les raisons sont évidemment multiples. J’oserai cependant une hypothèse principale : c’est en vérité le mot même de "culture" qui n’a plus aucun sens pour notre société. Nous passons allègrement de l’art à la culture, au culturel, à la diversité et à l’exception… De l’industrie à l’anarchie la plus vive, de la démocratisation à la démocratie, de l’institution à la friche, de la consommation à l’éducation… J’en passe ! Le terme est d’une telle polysémie, les pratiques et les conceptions si différentes, que quiconque tente de s’en emparer se trouve aussitôt pris au piège du langage. Le choix est alors tragiquement limité, pour le politique, entre le silence absolu et la généralité la plus banale.
Je me dis parfois qu’il vaut mieux qu’ils se taisent…

Sur ce thème, un livre de Marc Bélit "Le Malaise de la culture / Essais sur la crise du modèle culturel français" vient à point. Cet ouvrage, très nourri, nous offre quelques réflexions utiles, rappelant notamment l'évolution des concepts au fil de ces cinquante dernières années et les conséquences de ces glissements progressifs de la "culture" au "culturel" sur les politiques et les actions elles-mêmes. Sources du "Malaise" évoqué... (A propos, Freud publiait en 1930 un ouvrage intitulé "Le malaise dans la culture". Aucun rapport ?)

Je partage l’idée que ce n’est pas "la culture" qui est en cause, ni en malaise, mais bien le discours que l’on porte sur elle. C’est la manière de concevoir (collectivement) le processus indispensable de production et d’appropriation des langages symboliques, qui doit être revisité, reformulé, revivifié au regard de nos cinquante années de politiques publiques et des bouleversements du monde et des techniques.
Cela ne pourra se faire que sur des bases clarifiées de langage, avec la participation la plus large des artistes, des médiateurs, mais également des acteurs sociaux, éducatifs, économiques, politiques...
« Il reste à penser le monde qui apparaît sous nos yeux. Il reste à faire en sorte que se fabrique, jour après jour, le partage du sensible. » note Daniel Conrod. J’ajoute : il reste à trouver l’espace, le temps et les conditions d’un débat véritable sur la « bataille de l’imaginaire » dans laquelle nous sommes plongés. La méthode me semble plus importante que les contenus, au stade où nous en sommes.

Si ce petit bout de blog peut y contribuer !


PS : Deux information du jour en écho.

1/ L’émirat d’Abou Dhabi se paye Le Louvre. Un musée du même nom sera prochainement créé là-bas pour la modeste somme de "plus de 500 millions d’euros". Après tout, Disneyland se trouve bien sur tous les continents ! A quand une Tour Eiffel au Burkina Faso, un Château de Versailles en Somalie, un Festival d’Avignon dans le grand nord québécois ? Allez… je plaisante ! (Je suis passé une fois en escale à l’aéroport d’Abou Dhabi, ouvert 24h/24h. Il est d’une architecture surprenante et significative : c’est une gerbe de pétrole en béton !)

 2/ Pour ceux qui militent en faveur d’une urgente "éducation à l’image" : un garçon de 10 ans s’est pendu accidentellement aux Etats-Unis, le soir du nouvel an, en voulant imiter la pendaison de Saddam Hussein qu’il venait de voir à la télévision. Au Pakistan, un enfant de 9 ans s’était déjà suicidé dans les mêmes conditions. Et tous ceux qui ne sont pas morts ? C’est ce que l’on appelle des "jeux dramatiques" !

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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /Déc /2006 21:45


Terminer l'année 2006 en musique :
c'est possible, en écoutant le clip proposé par EP2C, ou encore, celui qui nous vient de Ouagadougou par ZEDESS.

Pour ceux qui préfèrent la méditation politique, je vous invite à la lecture de l'éditorial du Monde daté du samedi 30 décembre. Un texte intelligent qui nous rappelle que : "Avant donc que le duel "Sarko-Ségo" ne capte toute l'attention, et ne recentre celle-ci sur le bon vieux village gaulois, n'oublions pas que la Terre tourne !"
BONNES FETES à tous
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