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Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /Avr /2007 18:33
Ariane et Robin vont en bateau...
Finies les vacances, les cloches de Pâques, les oeufs en chocolat ! Retour aux affaires !  Artistes et politiques : deux points de vue, en écho...
Ce matin, un très beau texte d'Ariane Mnouchkine dans Libération : «Pour Ségolène Royal». Engagement déterminé, construit, sensible. Extraits.


« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même qu'une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.
Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre. Mieux que d'autres, par leur détermination, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat juste, urgent, possible. (...) contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation, et donc pour la culture, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre.
(...) Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte ».  (Lire tout le texte).

Au même moment, Robin Renucci réagit à son enrôlement de force, via La Tribune et le Figaro, dans les « people » censés soutenir François Bayrou. (cf mon précédent article sur le sujet) par le petit texte ci-dessous, adressé à la presse :

« Politique et « people » : qui soutient qui ?
« La campagne présidentielle s'achève. Chacun aura bientôt, en conscience, à choisir son (sa) candidat(e) dans les urnes. Il en va de la liberté républicaine et du droit de chaque citoyen de faire savoir auparavant, ou pas, s'il entend soutenir publiquement l'un(e) ou l'autre. Artiste de théâtre et de cinéma, à ce titre modestement connu du public, j'ai choisi pour ma part de n'affirmer aucun engagement public.
Pour autant, j'ai accepté de dialoguer avec plusieurs candidat(e)s sur quelques thèmes pour lesquels, avec d'autres, nous militons depuis des années : les questions de l'art et de la culture dans l'éducation, de l'éducation populaire, de la transmission... Pour ce faire, j'ai répondu notamment à l'invitation de François Bayrou lors d'une rencontre publique au Sénat, en présence de nombreux professionnels de l'art, de la culture et des médias, comme j'ai accepté le dialogue avec Marie-George Buffet dans les colonnes de l'Humanité, ou encore avec de nombreux militants socialistes. Le débat fut parfois rugueux et, je l'espère, utile.
Mais voilà...
Trois secondes sur une image télévisée ont suffi pour qu'aussitôt la rumeur enfle à vitesse d'Internet : « Robin Renucci soutient François Bayrou ! » Récemment, plusieurs quotidiens (La Tribune, Le Figaro) ont repris cette information. Il n'y aurait rien de déshonorant à une telle attitude, mais il se trouve qu'elle est inexacte. Me voici enrôlé de force, par des médias peu soucieux de précision, dans la horde des « people », sans autre possibilité que d'essayer, à main nue, de freiner la rumeur. Tâche surhumaine !
En tirer au moins quelques réflexions...
D'abord, le plus grand respect pour ceux qui s'engagent véritablement, telle Ariane Mnouchkine et le très beau texte  qu'elle vient de livrer dans les colonnes de Libération. Cet engagement-là, lucide, construit et déterminé, est le plus noble. Mais hors de ce comportement exemplaire, que faire ? Entre le silence prudent - trop prudent - et la libre parole exposée - trop exposée - quelle peut être la place d'un véritable dialogue républicain entre artistes et politiques ? N'aurions-nous, modestes saltimbanques, que le choix de nous cacher (l'artiste silencieux, mystérieux, hors du temps et du conflit politique, neutre dans l?adversité pour préserver la pureté de son art et -surtout- de son image) ou celui de l'allégeance (poser sur la photo, adhérer au comité, ajouter son nom à la liste...)? Où et comment mener le débat public indispensable entre artistes et politiques, sans aussitôt se trouver enrôlé ? Les politiques ont-ils vraiment besoin de ces « comités » artistiques pour consolider leurs positions électorales ? Est-ce le rôle des artistes de contribuer à la vie politique de cette manière ? Qui soutient qui, en vérité, dans ce jeu de notoriétés supposées ? Les journalistes, enfin, ne trouvent-ils pas là un « angle » facile, amalgamant dans un fourre-tout « people », à la fois des comédiens, des académiciens, des auteurs, des sportifs, des chanteurs, des vedettes de télévision... qu'aucune idée commune sur le monde et sur l'art ne rassemble pourtant ?
Ainsi va notre monde médiatique. Incertain et approximatif. On rêve pourtant d'un vrai débat public, contradictoire, sur le rôle de l'art et de la culture dans notre société bouleversée, sur la place et la responsabilité de chacun. Bref, un débat républicain entre artistes et politiques. Pour la prochaine campagne, peut-être ? En attendant : aux urnes, citoyens ! »

Voir le texte et les réactions sur Libération.fr

Deux approches singulières et complémentaires de la question de l'engagement. A méditer !
Pour les curieux, le Nouvel Obs offre la liste des personnalités qui se sont déclarées pour ou contre l'un des candidats à la présidentielle de 2007. C'est ici.




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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 23:04
L’éducation artistique est-elle encore un enjeu majeur en France ?

Emission diffusée le 04 Mars 2007  sur France Culture  web :
Les belles captives  

Débat enregistré le 11 décembre 2006, organisé par Les Éditions de l’Attribut au Théâtre de l’Est Parisien.

Avec :
- Muriel Marland-Militello, députée UMP, auteur du "Rapport sur la politique des pouvoirs publics dans le domaine de l’éducation et de la formation artistiques"

- Christine Juppé-Leblond, présidente de la Maison du Geste et de l’Image, inspectrice générale de l’Education nationale, membre du Haut-conseil de l’éducation artistique et culturelle et membre de la Commission de classification des oeuvres cinématographiques

- Catherine Anne, metteuse en scène et directrice du Théâtre de l’Est parisien

- Jean-Claude Pompougnac, Directeur d’ARCADI, établissement public de coopération culturelle pour les arts de la scène et de l’image en Ile-de-France

- Jean-Gabriel Carasso, auteur de "Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?" aux Editions de l’Attribut

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Ecoutez l'émission (1h27')

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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 21:44


Cette nuit, on change d’heure. Une heure de sommeil en moins. Une heure de veille en plus. L’été arrive ! Il est temps de mettre les pendules à l’heure.
Y compris dans le domaine politique.
Il est temps d’en finir avec les tergiversations, les hésitations, les argumentations… pour se décider à voter pour… Mais pour qui ?
Le plus compétent ? La plus audacieuse ? La plus médiatique ? Le plus habile ? Le plus rassurant ? La plus Marseillaise ? Le plus Pyrénéen ? La plus rouge ? La plus verte ? Le plus orange ? Le plus beau projet ? Le plus Européen ? Le plus réaliste ? La plus clair ? Le plus flou ? La plus à gauche ? Le plus au centre ? Le plus social ? La plus nationale ? Celle qui peut nous faire gagner ? Celle qui peut nous faire perdre ? Celui qui peut empêcher l’Autre d’arriver à son heure ?
Plusieurs mois déjà que, comme certains d’entre vous, je tergiverse un peu.
Elle ou lui ? Eux ou les autres ?
Le vote de conviction, le vote tactique, le vote utile, le vote inutile ?
Mais voilà, l’échéance approche. Il va falloir choisir.
L’heure n’est plus aux états d’âme. L’heure, c’est l’heure !
Reprenons.
Une quarantaine d’années de vote à gauche, ça marque !
Ça vous fonde une identité et une solidarité. Ça vous oblige. Et pourtant…
J’envie ceux qui m’entourent et semblent ne douter de rien. Pour eux, c’est Elle, sans hésitation. Une femme, pardi ! Et si tu ne la sens pas, c’est que tu es machiste ! Soit !
Mais encore ?
De quelle gauche s’agit-il ? Celle de Fabius le laïc ? Celle de DSK le social-démocrate ? Celle du Che, le national ? Celle de Montebourg et de sa VIè République (il sera un jour ministre de la Justice) ? Celle de Royal, qui mélange tout cela dans une démocratie participative qui semble vouloir réduire les corps intermédiaires ? Populaire ou populiste ? Comme dit Bedos, « elle est parfois maladroite, mais aussi mal à gauche ! »
Pour d’autres, c’est Lui. Décidément.
Enfin du neuf, de l’original, du clair, du pragmatisme… En finir avec la bipolarisation, l’alternance des semblables. Ni  l’un, ni l’autre, le troisième ! Je pense à Jacques Lecoq qui me disait souvent : «Entre deux droites qui s’affrontent, c’est souvent une troisième, oblique, qui l’emporte ! » Il a sa chance. L’homme est honorable.
Tu n’y penses pas ! Le centre, c’est la droite, irrémédiablement.
A l’heure qu’il est, je sens venir la fin de la récré. Il va falloir se décider.
Finalement, ce sera Elle.
Elle à Gauche, malgré ses incertitudes, malgré ses errements passés, malgré son abandon de l’Internationale (j’aime cette chanson !), malgré son autoritarisme participatif.
Elle, la Gauche, parce qu’imaginer une seconde fois son absence au second tour, dont je pourrais être, ne serait-ce que d’une voix, responsable, m’est insupportable.
Elle, la Gauche, parce qu’au-delà même de la Présidentielle, il importe que le camp de la solidarité demeure présent, vivant, en mouvement.
Je voterai pour Elle, sans illusions excessives mais sans états d’âme.
Comme disait le philosophe : "Dans ton combat contre le monde, soit avec le monde!"
A moins que d’ici là, les pendules ne se dérèglent…

Comme l’écrit Pierre Rosenvallon* : «  l’élément le plus décisif pour le choix d’un citoyen n’est pas l’adéquation qu’il ressent avec un candidat, mais la façon dont son vote va permettre de sanctionner tel ou tel autre candidat. Nous sommes clairement passés d’une démocratie d’adhésion à une démocratie de rejet… ».
Et vous ?

* Cahier du Monde du 22 mars 2007 : "Les intellectuels jugent la présidentielle". A lire.
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Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 21:32
Petite note du dimanche soir.
A force de débattre sur le non-débat culturel dans la campagne présidentielle, il finit par se dire et s’écrire pas mal de choses. Ep2c rend compte de quelques pistes sur son blog.

Hier, nouvelle contribution dans un grand journal du matin : un entretien avec Frédéric Martel, spécialiste des industries culturelles, ancien attaché culturel aux Etats-Unis, sous le titre « Il faudrait créer des milliers de petits ministères de la culture ». Texte décapant, engagé et provocateur, particulièrement critique sur la gestion actuelle du ministère de la culture. Extraits.
« Chez nous, l'Etat, les régions et les villes continueront à jouer un rôle essentiel. Si on ne peut supprimer le ministère, on peut au moins en tracer le bilan, à l'heure où Donnedieu déclare qu'il «souhaite rester ministre de la Culture». Quelle outrecuidance : en c
ommunication, il a réussi – RDDV est un bon attaché de presse de son image –, mais en ministre de la Culture, il a totalement échoué. Son administration est désorganisée et démoralisée, son action clientéliste, ses nominations médiocres, son cabinet calamiteux. On a un ministère asphyxié, à la tête d'un système culturel fossilisé. »…
« …il faut définir un cap : décentraliser, privilégier la fiscalité sur la subvention, casser le catéchisme culturel français reflétant le consensus des élites, permettre une réappropriation citoyenne de la culture, valoriser la diversité réelle des cultures, favoriser toutes les autonomies. En un mot : en finir avec une culture sous tutelle. »
 Lire tout le texte.

Derrière ces propositions, en écho aux interventions très riches tenues au Théâtre des Bouffes du Nord, notamment par Patrick Champagne et Marie-José Mondzain lors de la prise de parole organisée par la revue Cassandre (publication à venir), j’entends en vérité une même question : « Quelle peut-être aujourd’hui une politique artistique et culturelle républicaine, adaptée aux changements du monde, soucieuse de diversité, de lien social, de laïcité, résistante aux forces du marché et à l’impérialisme de l’imaginaire ? »
J’écris « républicaine » pour ne pas écrire « nationale » ou « de l’Etat ». Car à l’évidence, quel que soit le mode d’organisation et de répartition des rôles et des compétences entre les différents ministères, entre l’Etat et les collectivités territoriales, c’est de la République dont il s’agit, à savoir une certaine idée (et une pratique certaine) de quelques valeurs communes et essentielles. Ces valeurs sont largement partagées, par des responsables politiques, des élus territoriaux, des professionnels de l’art, des citoyens, des associations… Encore faut-il trouver les modes de « co-production » des politiques publiques, à peine ébauchées aujourd’hui. Ce pourrait être le grand chantier des années à venir… Faut-il pour cela en finir avec toute idée de "service public" et s'approcher au plus près du modèle américain tel que nous le propose l'auteur de ce texte? Difficle à croire. Et pourtant, un grand courant d'air serait salutaire !
En vérité, le débat sur « l’identité nationale », lorsqu’il n’est pas instrumentalisé au profit d’idéologies nauséabondes, recouvre-t-il autre chose que la nécessité, en cette période de mutation, de formuler le sens-même de la République ? C’est-à-dire ce qui nous rassemble dans une diversité en mouvement ?
Bonne nuit !

PS : voir aussi " pour une nouvelle politique culturelle : 25 propositions " par Frédéric Martel


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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 22:39



Candidat(e)s à l'élection présidentielle, ils (elles) ont répondu au questionnaire adressé par le Forum permanent pour l'éducation artistique.
Ces documents ont été diffusés le 15 mars lors d'une rencontre publique au Théâtre national de la Colline.

Loizo est heureux de vous en offrir un exemplaire. Au choix !

Bonne lecture !
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 18:46
1/ Scoop agricole


Vu hier Robin Renucci au Théâtre des Bouffes du Nord dans « Le Pianiste ». (Il ne vous reste qu’une semaine pour assister à ce spectacle d’une rare finesse et d’une grande émotion.)
Scoop pour les bloggeurs de l’Oizo : son film « Sempre Vivu », dont je vous ai déjà parlé, viens de recevoir le prix spécial du jury du Festival… AGRICINEMA décerné lors du récent salon de l’agriculture.

Bravo à Robin, en attendant la sortie en salle prévue en juin prochain.


2/ L’argent de la culture
Lu dans Le Monde : « environ 78% des Français souhaitent une augmentation du budget de la culture, selon un sondage LH2 pour 20 minutes et RMC. L’argent public de la culture doit, selon les sondés, servir en priorité à organiser des événements à l’école (62%)… »
Quand on vous dit qu’il se passe quelque chose dans la prise de conscience de l’importance de l’éducation artistique et culturelle !


3/ Qui a dit ?
« Pourquoi l'absence de véritable débat, en cette période de campagne électorale, sur la place de l'art et de la culture dans notre société, est-elle un symptôme historique extrêmement inquiétant ? Parce qu'elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d'abandon de ce qui constitue une part fondamentale de l'histoire de notre pays. Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée en France à la pensée, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Une valeur accordée aux choses de l'esprit qui fut longtemps un exemple pour le monde occidental. Cette absence fait planer une menace de défaite devant l'invasion délétère de l'esprit marchand imposé par ce que l'on nomme «globalisation» …

La réponse est ici
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Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 23:12
L’éducation artistique et culturelle
Pourquoi ? Comment ?

La chose est entendue ! La campagne pour l’élection présidentielle 2007  marquera l’histoire de l’éducation artistique et culturelle dans notre pays. De la gauche à la droite, voire à l’extrême droite, tous les programmes des candidats en matière de politique culturelle reprennent peu ou prou cette problématique. Ici, on envisage un regroupement plus ou moins complet entre les deux ministères concernés ; ailleurs, on suggère une demi-journée libérée pour les activités artistiques dans l’éducation. Partout, la perspective d’une généralisation de l’art à l’école est avancée. Pas une réflexion, un colloque, un séminaire, une émission de radio, un programme politique, qui ne fasse de ce thème une priorité nationale. Bravo !
Pour qui milite depuis plusieurs décennies sur ce sujet, c’est notre cas , cette situation est cependant paradoxale. D’un côté, on ne peut que se réjouir de voir enfin pris en compte dans le débat public un thème qui a fait l’objet de tant de combats, d’expériences, de réussites, partout en France, depuis une quarantaine d’années. Que des élus de tous bords conviennent enfin qu’il s’agit-là d’une urgente nécessité, que notre système scolaire est hémiplégique et retardataire par rapport à d’autres pays, que les politiques culturelles ne se développeront plus sans un effort considérable de formation des publics potentiels... tout cela est une satisfaction pour les militants que nous sommes. Ainsi n’aurons-nous pas travaillé, expérimenté, former, écrit et colloqué pour rien. Les mentalités évoluent. Tant mieux !
Mais dans le même temps, un vertige nous saisit. Que cache cette apparente unanimité ? Quels non-dits, malentendus ou contradictions ? Parle-t-on vraiment de la même chose ? Les politiques sont-ils (elles) vraiment convaincu(e)s ou sont-ils seulement sensibles à l’air du temps, aux revendications du moment ? Perçoivent-ils réellement les enjeux et les complexités qui se dissimulent derrière ces propositions ? N’est-il pas temps d’entrer dans le détail des choses et de nous interroger sur la réalité des politiques affirmées ? J’aime cette réflexion d’Umberto Ecco, expliquant le rôle des intellectuels en politique : « Les intellectuels doivent dire aux politiques ce qu’ils doivent faire. Mais quand les politiques font effectivement ce qu’ils ont dit, c’est souvent la catastrophe. Alors les intellectuels doivent revenir pour préciser que ce n’était pas exactement ce qu’ils avaient proposé... » Nous en sommes-là. Voici venu le temps de quelques précisions.

Hasard ou nécessité ?
Mais d’abord, pourquoi une telle unanimité dans la défense et la promotion de l’éducation artistique et culturelle ? Comment se fait-il que ce sujet, autrefois si peu mobilisateur et si peu médiatisé, se trouve porté à ce point sur la place publique ?  Hasard ou nécessité ? Les raisons de cette émergence dessinent, consciemment ou non, les objectifs que l’on assigne à ces propositions. Quatre raisons principales me semblent devoir être évoquées.

La première nous sera la plus favorable : ils ont enfin compris ! Grâce à la mobilisation ardente et durable de plusieurs générations d’enseignants, d’artistes et de médiateurs, de responsables éducatifs et culturels, d’élus ; grâce à l’opiniâtreté des pionniers, défricheurs de pratiques nouvelles, militants associatifs et mouvements pédagogiques, ces idées ont fini par s’imposer dans les esprits. Rendons hommage à tous ceux qui, depuis le colloque d’Amiens en 1968 consacré à « L’école nouvelle » jusqu’aux plus récentes manifestations, colloques, séminaires et publications sur ce thème, en passant par les multiples plans nationaux, plans locaux et autres conventions interministérielles, ont su tracer sans relâche une route nouvelle dans la jungle des pratiques artistiques et pédagogiques dominantes. La vie culturelle et pédagogique est un combat. Il arrive que l’on gagne quelques batailles. Celle-ci semble pourrait en être une.
De plus, nombre de ceux qui se trouvent aujourd’hui au cœur de ce débat public, responsables institutionnels de toutes sortes, font partie d’une génération qui a souvent connu la réalité de ces aventures, dans une classe artistique, un atelier de pratique, un jumelage... Il ne s’agit pas pour eux de défendre une simple idée, fut-elle juste, ils défendent aussi une expérience partagée, ce qui est autrement mobilisateur. Enfin, que l’on apprécie ou non ce que fut le plan « Lang Tasca » de développement des arts à l’école, dans les années 200-2002, convenons que ce programme a mis en lumière l’importance d’une volonté politique dans ce domaine. La suppression brutale de ce projet et des moyens qui l’accompagnaient, par les ministres suivants, est apparue comme une faute à de très nombreux partenaires. « Une connerie » précisera même un député UMP  peu suspect de complaisance avec le gouvernement de gauche de l’époque. Paradoxalement, ce recul institutionnel pourrait avoir favorisé la prise de conscience collective, faisant apparaître l’absurdité de ce retour en arrière.

La seconde raison est liée à l’état des politiques culturelles dans notre pays et au « malaise de la culture  » si souvent évoqué. Depuis le milieu des années 80, date des premières études sur les « pratiques culturelles des Français » réalisées par le Département des études et de la prospective du ministère de la culture qui démontraient que seule une part minoritaire de la population (environ 20%) fréquentait les institutions culturelles, jusqu’à la crise des intermittents du spectacle, déclenchée en 2003, les signes n’ont pas manqué d’un bouleversement important dans ce secteur. Stagnation des publics, difficultés d’élargissement social, explosion de l’offre artistique, diversité des formes, métissages des arts, nouvelles technologies, multiplication des festivals, développement du numérique... mais aussi décentralisation, prise en charge croissante des questions culturelles par les collectivités territoriales, nécessité d’évaluation toujours repoussées, incertitudes sur le rôle de l’Etat... Le champ culturel, ses élus et ses professionnels s’interrogent : comment sortir de cette période critique autrement que par un libéralisme exacerbé qui confierait au seul marché le soin de réguler ces évolutions ? La réponse la plus simple à cette interrogation est, presque toujours, celle de l’éducation artistique et culturelle. Il faut former, sensibiliser les publics, dès leur plus jeune âge. C’est à l’école qu’il faut confier cette mission. De la maternelle à l’université, si l’éducation artistique et culturelle était vraiment généralisée, ce seraient des milliers d’enfants, puis d’adolescents et d’adultes, qui se sentiraient concernés par les innombrables propositions artistiques mises en place sur les territoires. Musées, concerts, spectacles vivants, bibliothèques, cinémas, cirques... seraient assaillis par des hordes de jeunes affamés d’art et de culture, généreusement accompagnés par des enseignants enthousiastes, compétents et pertinents, à la fois passeurs et médiateurs, eux-mêmes parfaitement formés à cette fonction nouvelle. Je force à peine le trait sur le rêve partagé. La réalité risque d’être plus complexe.

La troisième raison est éducative. Ce n’est plus pour justifier une politique culturelle mais pour faire évoluer, profondément, le système éducatif lui-même, que l’éducation artistique et culturelle est aujourd’hui invoquée. C’est que l’école, convenons-en, ne laisse pas d’inquiéter et d’interroger tous ceux qui l’observent avec objectivité. Loin de moi l’idée qu’il s’agirait d’une « fabrique de crétins » ou que Mai 68 et son supposé « laxisme » serait la cause de toutes les dérives et les difficultés d’un système éducatif en faillite. Ces accusations caricaturales sont entachées de relents idéologiques réactionnaires que je ne partage pas. Pour autant, il est évident que le système scolaire français peine à s’adapter aux évolutions du monde, aux nouvelles technologies, aux diversités culturelles des populations, à l’influence croissante de la télévision sur les imaginaires, à la massification, à la paupérisation de certaines catégories sociales, au marché roi et aux luttes d’influences religieuses... Dans ce contexte mouvementé, la place de l’art et de la culture, les pratiques artistiques individuelles et collectives, peuvent apparaître comme des éléments structurants permettant à nos enfants de vivre et de découvrir ensemble d’autres formes d’expression que celles auxquelles ils sont souvent réduits. La pédagogie de projet, l’ouverture sur le monde de la création contemporaine, la rencontre des artistes, les partenariats divers avec des institutions et des structures artistiques et culturelles... sont autant d’occasions offertes pour une réappropriation de l’école elle-même par les enfants et les enseignants. Que la dimension artistique et culturelle ait été intégrée (après une âpre bataille) dans le « socle commun des connaissances » adopté par le ministère de l’éducation nationale, est un signe positif de cette évolution. On notera que la préoccupation de l’éducation artistique et culturelle est aujourd’hui internationale. L’UNESCO s’en est emparée lors d’une récente rencontre à Lisbonne, un symposium international s’est tenu à Paris sur les questions d’évaluation, l’Observatoire des politiques culturelles à rendu compte de certaines expériences internationales dans un récent numéro de sa revue. La liste n’est pas exhaustive.

Ajoutons, enfin, une quatrième raison de nature plus sociale. Les émeutes de décembre 2005 dans les banlieues de nos villes ont montré combien les questions du lien social et de l’intégration se trouvaient, chez nous, particulièrement vives. Une part importante de la jeunesse se trouve (se situe) en marge d’une vie sociale « normale », aux prises avec les difficultés cumulées, de l’urbanisme, de la précarité, de la langue, de l’échec scolaire, du consumérisme exacerbé, du chômage, de la violence... La voiture qui brûle remplace le poème ! La course-poursuite avec les CRS tient lieu de jeu de piste ! La délinquance rajeunit chaque jour. Hier, c’est un enfant de onze ans qui se faisait arrêté au volant d’une voiture « empruntée » ! Face a cette situation explosive, la tentation est grande de rechercher tous les moyens d’un retour au calme, à la concorde, au dialogue, à la civilité (j’allais dire civilitude !) Les sports et les arts sont alors convoqués pour la paix sociale. Qu’ils courent, qu’ils sautent, qu’ils se dépensent physiquement, qu’ils tapent dans un ballon ou qu’ils dansent, qu’ils « rapp », qu’ils « slam », qu’ils s’essayent à Marivaux, Molière ou à quelques improvisations théâtrales personnelles et ce sera toujours ça de pris. Pendant ce temps-là, les voitures ne brûleront pas ! L’éducation artistique et culturelle, à l’école mais également dans les quartiers, les associations, les centres de vacances, est un aussi un outil majeur d’expression de la jeunesse et d’intégration sociale. Du moins l’espère-t-on.

Chacune de ces explications est, en partie, parfaitement fondée. L’éducation aux arts et à la culture (par les arts et la culture) peut effectivement répondre à la fois aux enjeux culturels, éducatifs et sociaux qui lui sont assignés. Elle peut contribuer à la formation des publics et à leur élargissement, au développement des individus et à leur émancipation individuelle comme à l’apaisement de comportements violents ou incivils de certains. Nombre d’expériences menées ces dernières décennies ont démontré leur efficacité dans ces différents domaines. Et pourtant... A vouloir instrumentaliser cette question, à trop attendre de ce travail, la déception sera inévitable. Croire que l’éducation artistique et culturelle serait une solution miracle aux maux qui nous assaillent ne peut être qu’un leurre. Au mieux, et c’est déjà beaucoup, elle peut constituer une nouvelle utopie collective qui remplacerait la « démocratisation culturelle » du siècle dernier. Tout dépend, en vérité, de la nature des projets mis en œuvre, des conditions de leur réalisation, de la pérennité des actions et de l’appropriation effective par les enfants et les jeunes concernés. Tout est dans la manière. Dans le sens. Sans garantie pour autant !

J'essaierai de préciser, dans des interventions prochaines, les enjeux réels et les conditions indispensables, à mes yeux, pour la cohérence et lé réussite de ce travaiL
Merci de vos commentaires éventuels.
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 23:38
La campagne offre diverses occasions de débat sur les questions culturelles. Enfin...

- le jeudi 1er mars à 19h , Rencontre-débat Marie-George Buffet ,Candidate de la gauche populaire et antilibérale à l’élection présidentielle au Cabaret Sauvage... (Parc de La Villette M° Porte de La Villette ou Porte de Pantin) avec des interpellations artistiques, d’artistes et de personnalités (Jean VOIRIN - CGT spectacle, Francis PEDUZZI - Syndeac, Nicolas KLOTZ - cinéaste, William PETIT - Chorégraphe, ...)
rencontres avec les membres du Conseil de Campagne de la gauche populaire et antilibérale.


- le jeudi 15 mars à 17h au théâtre de la Colline à Paris, le Forum permanent pour l'éducation artistique interpelle les candidats

- le vendredi 16 mars, 14h30-17h, Cassandre/Horschamp propose :
ACTES PUBLICS, QUESTIONS D'ART ET DE CULTURE
Prise de parole autour de l'Appel lancé par la revue Cassandre.
AU THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD

Un temps de parole animé par Emmanuel Laurentin, historien et producteur à
France Culture.

Seront présents à la tribune quelques-uns des signataires de l'Appel,
représentatifs, dans différents secteurs, du monde de l'art et de la
culture :

Patrick Bouchain (Architecte, responsable du pavillon français de la
Biennale d'architecture de Venise 2006),
Francis Peduzzi (Le Channel, Scène nationale de Calais, président du
Syndeac),
Patrick Champagne (Sociologue),
Robin Renucci (Comédien et président de l'ARIA),
Jean-Gabriel Carasso (Association Loizorare, fondateur de l'ANRAT)
Jean-Jacques Hocquard (Directeur de la Parole errante - Armand Gatti)
Valérie de Saint-Do et Nicolas Roméas (Cassandre/Horschamp)
Katerine Louineau (FRAAP : Fédération des associations et réseaux
d'artistes plasticiens - CAAP : Comité des artistes-auteurs plasticiens)

Un peu plus de deux heures pour affirmer l'enjeu crucial que représentent
les politiques publiques de l'art et de la culture.
RÉSERVATION INDISPENSABLE AU 01 40 35 00 98

A vos agendas !
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 10:50
Au coin du feu, perdu dans ma  campagne, j’apprends :

1/ Karine Delorme, adjointe UMP au maire de Chalon-sur-Saône, vient d’être démise de ses fonctions d’adjointe à la culture par le maire et le conseil municipal pour avoir choisi de défendre le monde culturel de sa ville contre les restrictions budgétaires. S’étant abstenue lors du vote de ce budget, considérant qu’il mettait en péril une part de la vie artistique de la ville, une procédure a aussitôt été engagée contre elle, qui vient d’aboutir. Elle était très engagée à la FNCC, présente dans de nombreux séminaires et colloques, notamment à l’Observatoire des politiques culturelles, représentant souvent les « élus de base ». On râle quand des élus font des erreurs. On les félicite quand ils (elles) tiennent bon ! Et on fait savoir les pratiques douteuses de ce Conseil municipal. A vos blogs... En savoir plus

2/ Le décès de Jean Duvignaud. Je ne lai croisé qu’une seule fois mais je connais l’importance qu’il eut sur la sociologie du théâtre, notamment sur le travail de mon ami Roger Deldime, qui créa à Bruxelles le premier (et seul) « Centre de sociologie du théâtre » aujourd’hui fermé. Indirectement, ce travail a amené aux nombreux ouvrages de Roger sur le théâtre et l’enfance puis à l’ouverture de La montagne magique, théâtre permanent (et exemplaire) pour l’enfance à Bruxelles.

3/ Vu à la télé : Dominique Voynet interrogée par un « vrai gens » sur TF1 à propos de la politique culturelle des Verts. Réponse : « la démocratisation culturelle est un échec. Avec nous, ce sera la culture de tous, pour tous ! » Soit ! Mais encore ?

4/ Sur la culture et la présidentielle, lu avec intérêt le dernier numéro de l’Observatoire, revue de l’Observatoire des politiques culturelles. Deux articles de fond sur le sujet sont signés Emmanuel Wallon et Philippe Teillet.
Dans le même numéro, un intéressant dossier sur la dimension internationale de l’éducation artistique et culturelle. Où l’on découvre que nous ne sommes pas seuls au monde et que d’autres se posent, depuis longtemps, les mêmes questions que nous. Et parfois y répondent avec pertinence !



5/ Enfin, lu  Télérama consacré aux entretiens sur la culture avec les principaux candidats. Rien de neuf dans les propositions, on commence à les connaître, mais quel régal que de suivre le récit de ces rencontres, les postures de chacun, leur rapport à la question... et au journaliste qui la pose. Décidemment, les hommes (les femmes) sont toujours plus intéressants que ce qu’ils nous racontent !
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 10:57

Monsieur (madame) le(la) Candidat(e),
Nous ne nous connaissons pas, ne nous sommes jamais rencontrés et ne nous rencontrerons probablement jamais. Cependant, vous sollicitez mon suffrage pour la plus haute charge de l’Etat et m’avez, pour cela, invité à participer au débat démocratique sur la culture.
Si j’avais  trois minutes la parole sur ce sujet, voici en résumé ce que je vous aurais dit.

1/ « La culture, c’est plus que la culture… » Dans un monde en proie aux mutations anthropologiques phénoménales que nous connaissons, aux doutes sur les identités individuelles et collectives, aux révolutions technologiques, aux bouleversements idéologiques, à la mondialisation des échanges et à la bataille féroce pour la conquête de l’imaginaire qui l’accompagne, la question culturelle va bien au-delà d’un simple « domaine » de l’action publique. C’est une question essentielle de civilisation, c’est-à-dire du mode de vie que nous entendons conserver, adopter et léguer aux générations futures.

2/En ce sens, la question culturelle est intimement liée à celle de l’éducation. La question culturelle, c’est : « qu’est-ce qu’on partage ? » La question éducative c’est : « qu’est-ce qu’on transmet ». Ces deux questions fondent l’urgente nécessité, à mes yeux, de formuler ce que devait être aujourd’hui une République culturelle laïque. Cette République, ce n’est pas seulement l’Etat, mais l’ensemble des acteurs républicains qui doivent la porter : Etat, collectivités territoriales, associations, mouvements, professionnels de la culture et de l’éducation, médias, citoyens…

3/ Dans ce contexte, que peut-on attendre d’un Président de la République ?

    a/ Qu’il soit le premier porte-parole de cette République culturelle laïque. Qu’il en formule le sens pour nos concitoyens. Qu’il en rappelle sans cesse la nécessité, contre les forces du marché ou les intégrismes divers qui ne manquent pas de s’y opposer. Qu’il réaffirme, pour cela, la dimension de « service public » de la culture comme constitutive de ce projet. De Gaulle avec Malraux, Mitterrand avec Lang ont tenu ce rôle essentiel …

    b/ Qu’il engage la République (et pas seulement l'Etat ni le ministère de la culture) à la mise en œuvre de ce projet, par une mobilisation coordonnée des différents ministères concernés (Culture, communication, éducation, jeunesse, ville, action sociale, santé, justice, urbanisme…) en relation constante et concertée avec l’ensemble des acteurs de terrain, au premier rang desquels les collectivités territoriales et les structures professionnelles et associatives.

Vous avez signé le « pacte écologique » proposé par Nicolas Hulot qui envisage la création d’un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable. Je vous suggère d’intégrer à ses missions la dimension culturelle : il est question aussi de « développement culturel durable »  et de transversalité.

    c/ Qu’il assure la pérennité de cette action, par une double priorité : un « plan Marshall » de la formation, une institutionnalisation définitive de cette dimension dans les structures éducatives, culturelles et médiatiques.

Un plan Marshall de la formation, c’est comprendre qu’il ne sert à rien d’ajouter des dispositifs à d’autres dispositifs, s’il n’existe pas sur le terrain des gens qui auraient de véritables dispositions pour les faire vivre.  Il faut former, former, former… les enseignants, les chefs d’établissements, les artistes intervenants, les médiateurs, les responsables culturels, les élus... D’innombrables expériences ont été menées dans ce pays, qui ne sont jamais capitalisées ni transmises. Je vous suggère la création d’un Institut supérieur de l’éducation artistique et culturelle (à l’image de l’INJEP -Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire- à Marly-le-roi) qui pourrait être le moteur et le coordinateur de cette politique.

L’institutionnalisation, c’est l’inscription de la dimension artistique et culturelle dans toutes les structures, notamment éducatives. C’est principalement la question du temps et de l’espace qui peuvent être consacrés à ces activités. Certains proposent la libération d’une demi-journée par semaine, de la maternelle à l’université, consacrée aux arts et à la culture. Je vous invite à partager cette proposition.

4/ Tout ceci n’aurait aucun sens si la République culturelle laïque ne se saisissait fortement du problème de la télévision et de son rapport à l’enfance, à la jeunesse et à l’éducation.  Les incantations ne sont plus de mise : il importe de s’assurer que le service public de télévision ne travaille pas, sans cesse, à saper la volonté éducative et culturelle proposée ci-dessus.

5/ Enfin, je vous aurais mis en garde contre la tentation de croire que l’éducation artistique et culturelle, pour laquelle je milite activement, serait une panacée. Je vous aurais rappelé que les plus grands dignitaires nazis avaient tous reçu une excellente éducation artistique et que bien des barbares de ce monde se délectent parfois de musique ou de peinture. Ceci pour dire que tout est dans la manière, dans le « comment », dans le sens que l’on accorde à ces activités.

Le président de la République a la responsabilité, dans ce domaine comme dans bien d’autres, d’indiquer clairement le chemin !

Croyez, monsieur (madame) le(la) Candidat(e), en l’expression de mes sentiments distingués.

Loizorare

PS/ Copie de ce texte est déposé sur les sites de F. Bayrou et Ségolène Royal.
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