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Nouveau et exceptionnel :
15 ans de cabaret
22 sketchs et un entretien
Réalisation : Jean-Gabriel Carasso

Vient de paraître :

undefinedJean-Gabriel Carasso
art, culture et éducation
au coeur d'une passion

90 minutes d'entretien
avec Emile Lansman


"Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture?
 
(Manifeste pour une politique de l'éducation artistique et culturelle)
Editions de l'attribut. 2005


"Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat...
peut en cacher deux autres !
Editions Lansman. 2000



"Graines de théâtre"
Dessins de Jean Denys Phillipe
Editions Lansman. 1998



"Philippe Avron, passeur d'humanité"
un documentaire de 85' et trois spectacles
co-réalisation avec Jac Chambrier
Philippe Avron 2007



"Les Deux voyages de Jacques Lecoq"
Trois heures d'images sur l'école internationale Jacques lecoq
co-réalisation avec Jean-Noel Roy
On Line Productions et CNDP/Scéren 2007



"100 ans de laïcité"
Interviews, images d'archives, cabaret...
co-réalisation avec Alain Braun
La Ligue de l'enseignement 2005



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Samedi 24 mars 2007


Cette nuit, on change d’heure. Une heure de sommeil en moins. Une heure de veille en plus. L’été arrive ! Il est temps de mettre les pendules à l’heure.
Y compris dans le domaine politique.
Il est temps d’en finir avec les tergiversations, les hésitations, les argumentations… pour se décider à voter pour… Mais pour qui ?
Le plus compétent ? La plus audacieuse ? La plus médiatique ? Le plus habile ? Le plus rassurant ? La plus Marseillaise ? Le plus Pyrénéen ? La plus rouge ? La plus verte ? Le plus orange ? Le plus beau projet ? Le plus Européen ? Le plus réaliste ? La plus clair ? Le plus flou ? La plus à gauche ? Le plus au centre ? Le plus social ? La plus nationale ? Celle qui peut nous faire gagner ? Celle qui peut nous faire perdre ? Celui qui peut empêcher l’Autre d’arriver à son heure ?
Plusieurs mois déjà que, comme certains d’entre vous, je tergiverse un peu.
Elle ou lui ? Eux ou les autres ?
Le vote de conviction, le vote tactique, le vote utile, le vote inutile ?
Mais voilà, l’échéance approche. Il va falloir choisir.
L’heure n’est plus aux états d’âme. L’heure, c’est l’heure !
Reprenons.
Une quarantaine d’années de vote à gauche, ça marque !
Ça vous fonde une identité et une solidarité. Ça vous oblige. Et pourtant…
J’envie ceux qui m’entourent et semblent ne douter de rien. Pour eux, c’est Elle, sans hésitation. Une femme, pardi ! Et si tu ne la sens pas, c’est que tu es machiste ! Soit !
Mais encore ?
De quelle gauche s’agit-il ? Celle de Fabius le laïc ? Celle de DSK le social-démocrate ? Celle du Che, le national ? Celle de Montebourg et de sa VIè République (il sera un jour ministre de la Justice) ? Celle de Royal, qui mélange tout cela dans une démocratie participative qui semble vouloir réduire les corps intermédiaires ? Populaire ou populiste ? Comme dit Bedos, « elle est parfois maladroite, mais aussi mal à gauche ! »
Pour d’autres, c’est Lui. Décidément.
Enfin du neuf, de l’original, du clair, du pragmatisme… En finir avec la bipolarisation, l’alternance des semblables. Ni  l’un, ni l’autre, le troisième ! Je pense à Jacques Lecoq qui me disait souvent : «Entre deux droites qui s’affrontent, c’est souvent une troisième, oblique, qui l’emporte ! » Il a sa chance. L’homme est honorable.
Tu n’y penses pas ! Le centre, c’est la droite, irrémédiablement.
A l’heure qu’il est, je sens venir la fin de la récré. Il va falloir se décider.
Finalement, ce sera Elle.
Elle à Gauche, malgré ses incertitudes, malgré ses errements passés, malgré son abandon de l’Internationale (j’aime cette chanson !), malgré son autoritarisme participatif.
Elle, la Gauche, parce qu’imaginer une seconde fois son absence au second tour, dont je pourrais être, ne serait-ce que d’une voix, responsable, m’est insupportable.
Elle, la Gauche, parce qu’au-delà même de la Présidentielle, il importe que le camp de la solidarité demeure présent, vivant, en mouvement.
Je voterai pour Elle, sans illusions excessives mais sans états d’âme.
Comme disait le philosophe : "Dans ton combat contre le monde, soit avec le monde!"
A moins que d’ici là, les pendules ne se dérèglent…

Comme l’écrit Pierre Rosenvallon* : «  l’élément le plus décisif pour le choix d’un citoyen n’est pas l’adéquation qu’il ressent avec un candidat, mais la façon dont son vote va permettre de sanctionner tel ou tel autre candidat. Nous sommes clairement passés d’une démocratie d’adhésion à une démocratie de rejet… ».
Et vous ?

* Cahier du Monde du 22 mars 2007 : "Les intellectuels jugent la présidentielle". A lire.
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Jeudi 22 mars 2007
Bien sur, je pourrais parler de ce recteur « karchérisé » à Lyon pour s’être opposé à la création du lycée musulman qu’il considère comme un cheval de Troie intégriste… Il s’était déjà fait remarqué par sa fermeté en prenant une part active  dans les poursuites disciplinaires contre Bruno Gollnisch, suite à ses propos sur les chambres à gaz en 2004. Au placard ! Il est remplacé par Roland Debasch, actuel Directeur des enseignements scolaires que j’ai eu l’occasion d’entendre deux fois ces derniers mois sur la question de l’éducation artistique. Plus langue de bois, impossible. A pleurer !

J’aurais pu parler aussi de cette très belle lettre de François Léotard publiée dans Le Monde sur «maurice, jean et raymond » (Papon, Moulin et Barre) à propos des élucubrations de ce dernier sur le « lobby juif » et la défense du « fonctionnaire qui fonctionne ». Beau papier !

J’aurais pu parler également, en écho à ces précédentes informations, de cette exemplaire mobilisation des habitants de Monfort-sur-Meu (Ille et Vilaine) qui se battent pour que leur soient rendus les 28 maliens sans-papiers qui travaillaient et vivaient avec eux depuis cinq ans, sans que leur identité nationale ne se trouve en rien menacée… Bravo !

J’aurais pu parler, plus légèrement, de ma conférence hier à Bordeaux devant des enseignants et des professionnels du cinéma, sur « les enjeux politiques de l’éducation artistique ». Dernière intervention du public, une enseignante se lève : « Pour une fois, j’ai tout compris. On devrait vous nommer ministre de l’éducation artistique et culturelle ». Ça fait toujours plaisir !







Mais je préfère vous signaler ce très bel article de Philippe Meirieu dans Le Monde de ce soir :  «L'école face à la barbarie consommatrice »  Extraits.


    ... Réjouissons-nous que la campagne électorale fasse une place aux problèmes scolaires.
Pour autant, nous n'en sommes pas quittes. Le symptôme est là qui insiste et bégaye : inquiétudes sur la baisse de niveau, interrogations sur l'autorité, polémiques sur les responsabilités réciproques des professeurs et des parents, épouvante devant des actes de violence qui échappent à l'entendement. C'est que la question scolaire ne peut être pensée indépendamment de l'organisation même de notre société et, plus précisément, du statut que cette société donne à l'enfance.
Nous sommes face à un phénomène complètement inédit : le caprice, qui n'était qu'une étape du développement individuel de l'enfant, est devenu le principe organisateur de notre développement collectif. (…)
On ne sort pas de l'infantile tout seul : on a besoin de s'inscrire dans des configurations sociales qui donnent sens à l'attente et permettent d'entrevoir, dans les frustrations inévitables, des promesses de satisfactions futures. Affaire jamais bouclée : l'infantile nous talonne dans la maturité et la tentation reste grande, à tous les âges de la vie, d'abolir l'altérité pour se réinstaller, ne serait-ce qu'un moment, sur le trône du tyran.
Aujourd'hui, la machinerie sociale tout entière, loin de fournir des points d'appui à l'enfant pour se dégager de l'infantile, répercute à l'infini le principe dont l'éducation doit justement lui apprendre à se dégager : "Tes pulsions sont des ordres."  (…)
Il ne faut pas s'étonner, dans ces conditions, qu'il soit devenu plus difficile d'éduquer aujourd'hui : (…) les professeurs constatent, au quotidien, la difficulté de construire des espaces de travail effectif, de permettre la concentration, de former à la maîtrise de soi et à l'investissement dans une tâche. (…) La préoccupation principale des enseignants - ce qui les épuise aujourd'hui - est de faire baisser la tension pour favoriser l'attention. Et le malaise est là : moins dans le niveau qui baisse que dans la tension qui monte.
(…) parce que la crise de l'école renvoie à des enjeux fondamentaux, on n'y mettra pas un terme par des mesures techniques circonscrites. C'est la crise de l'éducation qu'il faut traiter, en posant des questions qui restent encore très largement occultées : peut-on continuer à considérer l'enfant comme un prescripteur d'achat, un public captif pour la publicité ? Ne faut-il pas prendre au sérieux, enfin, la question des médias - et, en particulier, de l'audiovisuel - en faisant valoir que leur liberté d'expression s'exerce dans une démocratie et doit s'accompagner d'un devoir d'éducation ? Ne faut-il pas repenser la gestion du temps de l'enfance en relâchant, au moins partiellement, la pression évaluative ? Ne faut-il mettre en place une relance de l'éducation populaire pour faire pièce à la frénésie consommatrice en matière de loisirs et de culture ? Ne faut-il pas, enfin, faire du soutien à la parentalité une priorité politique, en cessant de considérer les parents en difficulté comme des délinquants ou des malades mentaux ?
Bien sûr, l'école devra prendre sa place dans ces dispositifs : en s'interrogeant sur la manière de lutter contre les coagulations d'élèves qui tiennent aujourd'hui lieu de "classes"..., en structurant des groupes de travail exigeants où chacun ait une place et ne soit pas tenté de prendre toute la place..., en articulant une pédagogie de la découverte, qui donne sens aux savoirs, et une pédagogie de la formalisation rigoureuse, qui permette de se les approprier..., en développant une véritable éducation artistique, physique et sportive qui aide chacun à passer de la gesticulation au geste..., en vectorisant le temps scolaire par une "pédagogie du chef-d'oeuvre", pour que chacun puisse s'inscrire dans un projet et cesse d'exiger tout, tout de suite, tout le temps. (…)

Je ne peux m’empêcher d’entendre derrière ces propos pédagogiques, l'écho de certains débats actuels du champ (chant) politique, qui font de la somme des demandes immédiates de toutes catégories et de la sommation à répondre dans le détail et l’immédiateté à chacune, un modèle largement infantile de notre sphère médiatico-politique !

Retrouvez Philippe Meirieu, sur son site.


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Dimanche 18 mars 2007
Petite note du dimanche soir.
A force de débattre sur le non-débat culturel dans la campagne présidentielle, il finit par se dire et s’écrire pas mal de choses. Ep2c rend compte de quelques pistes sur son blog.

Hier, nouvelle contribution dans un grand journal du matin : un entretien avec Frédéric Martel, spécialiste des industries culturelles, ancien attaché culturel aux Etats-Unis, sous le titre « Il faudrait créer des milliers de petits ministères de la culture ». Texte décapant, engagé et provocateur, particulièrement critique sur la gestion actuelle du ministère de la culture. Extraits.
« Chez nous, l'Etat, les régions et les villes continueront à jouer un rôle essentiel. Si on ne peut supprimer le ministère, on peut au moins en tracer le bilan, à l'heure où Donnedieu déclare qu'il «souhaite rester ministre de la Culture». Quelle outrecuidance : en c
ommunication, il a réussi – RDDV est un bon attaché de presse de son image –, mais en ministre de la Culture, il a totalement échoué. Son administration est désorganisée et démoralisée, son action clientéliste, ses nominations médiocres, son cabinet calamiteux. On a un ministère asphyxié, à la tête d'un système culturel fossilisé. »…
« …il faut définir un cap : décentraliser, privilégier la fiscalité sur la subvention, casser le catéchisme culturel français reflétant le consensus des élites, permettre une réappropriation citoyenne de la culture, valoriser la diversité réelle des cultures, favoriser toutes les autonomies. En un mot : en finir avec une culture sous tutelle. »
 Lire tout le texte.

Derrière ces propositions, en écho aux interventions très riches tenues au Théâtre des Bouffes du Nord, notamment par Patrick Champagne et Marie-José Mondzain lors de la prise de parole organisée par la revue Cassandre (publication à venir), j’entends en vérité une même question : « Quelle peut-être aujourd’hui une politique artistique et culturelle républicaine, adaptée aux changements du monde, soucieuse de diversité, de lien social, de laïcité, résistante aux forces du marché et à l’impérialisme de l’imaginaire ? »
J’écris « républicaine » pour ne pas écrire « nationale » ou « de l’Etat ». Car à l’évidence, quel que soit le mode d’organisation et de répartition des rôles et des compétences entre les différents ministères, entre l’Etat et les collectivités territoriales, c’est de la République dont il s’agit, à savoir une certaine idée (et une pratique certaine) de quelques valeurs communes et essentielles. Ces valeurs sont largement partagées, par des responsables politiques, des élus territoriaux, des professionnels de l’art, des citoyens, des associations… Encore faut-il trouver les modes de « co-production » des politiques publiques, à peine ébauchées aujourd’hui. Ce pourrait être le grand chantier des années à venir… Faut-il pour cela en finir avec toute idée de "service public" et s'approcher au plus près du modèle américain tel que nous le propose l'auteur de ce texte? Difficle à croire. Et pourtant, un grand courant d'air serait salutaire !
En vérité, le débat sur « l’identité nationale », lorsqu’il n’est pas instrumentalisé au profit d’idéologies nauséabondes, recouvre-t-il autre chose que la nécessité, en cette période de mutation, de formuler le sens-même de la République ? C’est-à-dire ce qui nous rassemble dans une diversité en mouvement ?
Bonne nuit !

PS : voir aussi " pour une nouvelle politique culturelle : 25 propositions " par Frédéric Martel


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Vendredi 16 mars 2007



Candidat(e)s à l'élection présidentielle, ils (elles) ont répondu au questionnaire adressé par le Forum permanent pour l'éducation artistique.
Ces documents ont été diffusés le 15 mars lors d'une rencontre publique au Théâtre national de la Colline.

Loizo est heureux de vous en offrir un exemplaire. Au choix !

Bonne lecture !
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Jeudi 15 mars 2007
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Lundi 12 mars 2007
1/ Scoop agricole


Vu hier Robin Renucci au Théâtre des Bouffes du Nord dans « Le Pianiste ». (Il ne vous reste qu’une semaine pour assister à ce spectacle d’une rare finesse et d’une grande émotion.)
Scoop pour les bloggeurs de l’Oizo : son film « Sempre Vivu », dont je vous ai déjà parlé, viens de recevoir le prix spécial du jury du Festival… AGRICINEMA décerné lors du récent salon de l’agriculture.

Bravo à Robin, en attendant la sortie en salle prévue en juin prochain.


2/ L’argent de la culture
Lu dans Le Monde : « environ 78% des Français souhaitent une augmentation du budget de la culture, selon un sondage LH2 pour 20 minutes et RMC. L’argent public de la culture doit, selon les sondés, servir en priorité à organiser des événements à l’école (62%)… »
Quand on vous dit qu’il se passe quelque chose dans la prise de conscience de l’importance de l’éducation artistique et culturelle !


3/ Qui a dit ?
« Pourquoi l'absence de véritable débat, en cette période de campagne électorale, sur la place de l'art et de la culture dans notre société, est-elle un symptôme historique extrêmement inquiétant ? Parce qu'elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d'abandon de ce qui constitue une part fondamentale de l'histoire de notre pays. Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée en France à la pensée, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Une valeur accordée aux choses de l'esprit qui fut longtemps un exemple pour le monde occidental. Cette absence fait planer une menace de défaite devant l'invasion délétère de l'esprit marchand imposé par ce que l'on nomme «globalisation» …

La réponse est ici
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