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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 23:00

MetallosLa salle était archicomble ce lundi 7 février à la Maison des Métallos pour la troisième rencontre autour de « La Bataille de l’imaginaire », portant sur la question : « La culture pour qui ? Pour tous ? Pour chacun ? » Est-ce à dire que la question démocratique et sociale intéresse plus que les nouvelles technologies ? Sans doute. Mais surtout, les éléments du pugilat étaient réunis : une polémique violente autour du texte sur « La culture pour chacun » diffusé il y a quelques semaines, un « forum national » organisé par le ministère de la culture sur ce thème quelques jours avant, une riposte vigoureuse des syndicats qui appelaient à bloquer le-dit forum… et la présence annoncée du conseiller du ministre, co-auteur de la note en question face à la secrétaire nationale à la culture du Parti Socialiste. Le ministère de la culture était venu en force, j’y ai retrouvé nombre de fonctionnaires connus dans une autre vie. Le Parti socialiste, les syndicats et associations étaient également présents. Il allait y avoir du sang !

C’était mal connaître l’esprit d’ouverture et de sérieux d’Archimède et de ses acolytes des éditions de l’Attribut et de la Maison des Métallos, et la maîtrise tranquille de l’animateur dont j’ai oublié le nom. De sang, il n’y eu pas. Juste un débat démocratique et public sur la question posée, à savoir : quels sont les enjeux qui se cachent derrière cette polémique ? Vrai ou faux débat ? Véritable fracture idéologique ou simples malentendus ?

Après avoir entendu Francis Lacloche, conseiller du ministre, Sylvie Robert, secrétaire nationale du PS, mais également Jean-Claude Wallach, auteur de « La culture pour qui ? » et Daniel Conrod, rédacteur en chef adjoint à Télérama… Je retiens quelques éléments principaux.

 

1/ D’abord la sensation d’un amateurisme confondant du cabinet ministériel et d’une maladresse inouïe dans la rédaction et la formulation de cette « culture pour chacun ». Au fond, à entendre les justifications du conseiller - courageux, notons-le, de se prêter ainsi au débat – on est frappé par la naïveté du propos plus que par sa prétendue dimension idéologique. En vérité, nombre d’idées et de pratiques défendues par lui sont aussi les nôtres, je pense par exemple à la Charte de coopération culturelle de Lyon, que j’ai personnellement souvent citée en exemple, ou encore le travail de Culture Commune dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Mais en voulant rassembler ces expériences dans un concept théorique qui relève plus de l’agence de communication que d’une réflexion sérieuse sur l’action culturelle, l’effet produit est évidemment catastrophique. Ajoutons à cela le contexte politique général et le peu de légitimité accordée à l’engagement culturel de nos dirigeants… et l’on comprendra que le débat engagé soit, pour l’essentiel, stérile. Pire, en s’y prenant aussi mal, le ministère vient d’affaiblir en vérité tout un pan de l’action culturelle qui mérite effectivement soutien et développement. Paradoxal !

 

2/ A la manière d’une campagne électorale ébauchée, Sylvie Robert nous a proposé une analyse critique du texte en question, point par point, récusant à la fois le diagnostic de base, le fameux « échec de la démocratisation » ; l’opposition « pour tous/pour chacun », vision binaire et non dialectique de la réalité ; l’absence de référence aux collectivités territoriales, désormais émancipées de l’Etat en matière culturelle ; le double langage autour de l’éducation artistique, annoncée comme priorité et largement affaiblie sur le terrain ; insistant enfin sur le principe d’opposition des catégories et des acteurs, là où il faudrait rassembler et unir… Rien à sauver, de son point-de-vue, dans la formulation ministérielle, pas même une intention cachée, une ébauche de critique des pratiques dominantes… Rien ! Ce faisant, elle produit également un discours binaire, sans nuances, à mes yeux affaiblit. Dommage ! Pour les propositions et le projet, il faudra attendre encore un peu, que le travail d’élaboration collective du Parti socialiste porte ses fruits. Soit, espérons !

3/ Heureusement, les regards extérieurs, ou moins engagés directement dans l’action politique, nous ont apporté quelques éléments de réflexion utiles.

De Jean-Claude Wallach, on retiendra le détour par la grande question de la définition même de « la culture », sans cesse mouvante, et le rappel de la rupture historique de 1959 qui vit la création d’un ministère des « affaires culturelles » séparé d’une administration en charge de la jeunesse, de la vie associative et de l’éducation populaire. Source de tous nos maux ! On pointera l’affirmation, indispensable, que le projet de « démocratisation » culturelle – jamais formulé par Malraux – consistait au mieux à rendre « disponibles » les œuvres d’art pour « le plus grand nombre », et non à toucher une majorité statistique de citoyens. L’enquête sur les « pratiques culturelles des Français », qui sert désormais de mesure et d’évaluation de la « démocratisation » n’a jamais été conçue pour cela. Nous avons affaire à un détournement d’outil sociologique à des fins politiques. Vaste manipulation, en somme ! Enfin, il soulève avec raison que le débat en cours pose en vérité les questions déjà très anciennes des relations entre l’art et le pouvoir, de la légitimité des politiques publiques de la culture, et plus encore de l’utilité et de la justification même d’un ministère de la culture dans le contexte actuel de décentralisation avancée. Vastes débats !

 

4/ Mais c’est Daniel Conrod qui nous a offert l’analyse la plus touchante, voire la plus pertinente. En tout cas la plus stimulante. Trois questions principales se posent à notre monde, nous dit-il : comment faire société dans une période de développement croissant de l’individualisme de masse ? Comment maîtriser, si cela se peut, la question du numérique, à savoir qui communique avec qui, face à un écran ? Quoi faire face à la financiarisation galopante du monde et du réel ?

A ces questions, fondamentales, la formulation du ministère de la culture sur « la culture pour chacun » ne fait qu’apporter une réponse de peur, évacuant ces problématiques de fonds. L’obsession pour la dimension locale, territoriale, de proximité lui semble exactement inverse à la nécessité d’une prise de distance, d’un décalage avec le monde pour mieux le percevoir et donc le maîtriser. L’idée que l’art actuel participerait de l’intimidation sociale lui semble profondément erronée, lui qui s’est personnellement « désintimidé » de son milieu social populaire précisément par la fréquentation artistique. Par ailleurs, le texte proposé lui paraît être l’illustration du triomphe – regretté – de l’ingénierie culturelle sur la conduite des politiques de la culture. Enfin et surtout, outre le fait que ce type de débat ne rassemble que des personnes d’un certain âge, nous manquons aujourd’hui des outils intellectuels nécessaires pour appréhender une réalité nouvelle qui émerge.

 

De ces réflexions, concluons provisoirement que le débat, même s’il manque d’outils nouveaux et d’une jeunesse engagée, voire contestataire, mérite d’être mené, voire poursuivi. C’est en tout cas ce que nous ferons dès le 28 mars prochain pour la 4è rencontre à la Maison des Métallos, autour notamment de Gérard Noiriel, historien, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. A vos agendas !

 

 

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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 21:56

Le débat s'amplifie sur "la culture pour chacun".

sylvie-robert.jpg

Aujourd'hui, un texte musclé de Sylvie Robert, secrétaire nationale à la culture au PS sur Médiapart :

 

"La culture pour chacun, bonsoir ! Depuis la note rédigée par deux conseillers de Frédéric Mitterrand et sa traduction en directive nationale d'orientation pour 2011, la «Culture pour chacun» était censée être un «axe structurant» de la stratégie du ministère de la Culture et de la Communication. Mais très vite, sous le flot des critiques, le ministre a noyé son slogan dans un gloubi-boulga marketing, et le forum national qui va avoir lieu vendredi 4 février 2011 à la Villette est devenu «Culture pour chacun, culture pour tous et culture partagée». La confusion est désormais totale. Et pour cause !

La citation empruntée à André Malraux, incontournable référence culturelle de la droite française, est particulièrement mal choisie. D'abord, parce que quand il s'adresse à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 1966, Malraux a une grande ambition : traduire budgétairement ses orientations politiques. Or, la «culture pour chacun» sert surtout à justifier la baisse de financements de l'Etat. Ensuite, parce que pour Malraux, la définition de la démocratisation consistait à mettre à disposition des œuvres, c'est-à-dire à développer une politique de l'offre basée entre autres sur des équipements culturels - notamment par les maisons de la culture, les fameuses «cathédrales». Toute sa politique était sous-tendue par l'idée que la transmission culturelle fonctionnait par le seul pouvoir de révélation de chaque œuvre. Un  pouvoir de «révélation» qui a du même coup écarté (à tort) de son champ l'Éducation nationale, l'éducation populaire... et a montré ses limites, comme l'attestent les faits, les enquêtes et les études actuelles sur la diversification de la composition des publics.

Il ne reste donc de la «culture pour chacun» qu'un slogan, dévoyé et décontextualisé, labellisé  «Malraux». Le procédé est récurrent. Le président de la République y a déjà eu recours en citant «la politique de civilisation» d'Edgar Morin et «l'identité n'est pas une pathologie» de Claude Lévi Strauss, auteurs résumés, récupérés et réduits à un simple argument d'autorité ou à ce que les Anglo-Saxons appellent le name dropping....

 

lire la suite

 

Et un contrôle des connaissance indispensable pour poursuivre le débat sur l'excellent blog de la Cité des sens

en attendant la journée du 4 qui s'annonce chaude à la Villette, et le débat du 7 aux Métallos

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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 11:04

Aujourd'hui dans Libération, se trouve publié le texte ci-dessous, dans le programme des Etats Généreaux du Renouveau auxquels je participerai demain.

Cecil-Guitart.jpg

Acteur engagé, militant déterminé de la cause éducative et culturelle, il aurait voulu participer à ces Etats généraux du renouveau de Marianne/Libération, apporter une fois de plus son concours à la réflexion collective, défendre quelques idées simples sur l’engagement citoyen, la solidarité et la justice sociale, l’importance du livre et de la lecture, l’attention aux autres, notamment à l’Afrique. Il aurait voulu redire sa conviction qu’une autre politique éducative et culturelle était possible, plus ouverte, plus généreuse, plus juste, plus audacieuse. Il aurait voulu être présent, d’autant plus que cette rencontre se tient à Grenoble, sa ville d’adoption « ville ouverte, ville far-west, ville où l'innovation est possible à tous les coins de rue, même si ce dernier point tend à s'estomper… » Dans toutes ses responsabilités, comme bibliothécaire, directeur des bibliothèques puis élu à Grenoble chargé « du développement culturel et solidaire », en passant par ses nombreuses activités associatives (Culture et développement, Peuple et Culture, les Rencontres d’Archimède…) ou institutionnelles (au cabinet de Jack Lang, à la direction de Livre, à la DRAC du Limousin, au Musée des Arts Africains et Océaniens, à l’Université…) Cécil Guitart aura laissé la trace d’un homme de constance et de convictions. Et j’ajoute, de rire et de bonne humeur ! Fils de réfugié politique anarcho-syndicaliste espagnol-catalan, «  j'ai gardé du caractère catalan, une vision baroque du monde et le sens de l'organisation, de l'engagement et le respect de la parole donnée », il puisait dans ces origines une liberté d’esprit, un optimisme réaliste, le refus de la compromission et le sens de la durée. Il savait que le combat pour l’éducation et la culture, dans lequel nous étions engagés ensemble, serait une longue aventure proche du marathon qu’il aimait courir. Il s’inscrivait dans la continuité de l’esprit grenoblois combattant de l’après-guerre - les « équipes volantes » des maquis du Vercors - qui anima notamment Joffre Dumazedier pour la création, dès 1944, de l’association d’éducation populaire Peuple et culture. Il était fier, plusieurs années plus tard, de pouvoir en assurer la présidence. Il poursuivait aussi les combats de Bernard Gilman et de René Rizzardo, ses prédécesseurs adjoints au maire de Grenoble chargés de la culture, avec lesquels ils formaient un trio complice d’activistes et de précurseurs culturels influents. Cécil Guitart nous a quittés brutalement, un soir de décembre dernier. Il aurait voulu être là, pour mener cette «  Bataille de l’imaginaire* » qui lui tenait à coeur. Nous lui dédierons notre intervention, poursuivant l’esprit d’ouverture et de proposition des Rencontres d’Archimède dont il fut le récent président. En vérité, il sera là !

JGC

 

Et pour ceux qui n'y seront pas, le résumé de mon intervention :


   Logo-Archimede.jpg Culture et éducation :

il faut mener la bataille de l’imaginaire.

 

* L’association « Les rencontres d’Archimède » est constituée par un collectif de responsables culturels, soucieux de d’échanger sur leurs pratiques et leurs conceptions de l’action et des politiques culturelles. Depuis de nombreuses années, Archimède travaille à une meilleure compréhension des évolutions du champ culturel et à l’élaboration de propositions diverses dans ce domaine. Le livre publié récemment sous la direction de Cécil Guitart « La Bataille de l’imaginaire » (Editions de l’Attribut 2009) rend-compte d’une part importante de ces travaux. Notre intervention sera dédiée à la mémoire de Cécil Guitart, président des Rencontres d’Archimède, décédé en décembre 2010.

 

La bataille de l’imaginaire

Dans les domaines de la communication, de la production, de la création, de l’espace, du temps, des échanges… notre monde bouge, se transforme, évolue de manière spectaculaire. Avec Internet et la globalisation, les identités mêmes des individus, des structures, des nations et des sociétés sont aujourd’hui en profonde mutation. Ces bouleversements sont porteurs d’innovations et de promesses autant qu’ils ne laissent pas d’inquiéter. Dans ce contexte, « la bataille de l’imaginaire » fait rage ! De quoi s’agit-il ?

Il fut un temps où les hommes et les tribus se battaient pour l’acquisition de territoires. Combien de guerres et de massacres ont été perpétrés dans le monde, dans le seul objectif de la conquête territoriale ! Vinrent ensuite les guerres pour les matières premières, l’or, le cuivre, l’uranium, le pétrole... Si ces guerres-là se sont un peu calmées – si peu ! – elles ont été remplacées désormais par le combat global pour la possession des marchés. Le pouvoir et la richesse viendront à qui pourra vendre sa production, le plus loin et le plus largement possible. Pour cela, il importe non seulement d’être « compétitif », c’est-à-dire de produire à moindre coût que son concurrent, mais encore de créer et de stimuler la demande par des efforts considérables de « marketing ». C’est l’image du produit qu’il faut imposer avant le produit lui-même. Plus profondément c’est le désir qu’il faut détourner au profit de la consommation (cf. les travaux de Bernard Steigler). C’est « le temps de cerveau disponible » qu’il faut vendre aux annonceurs. Ainsi se mène la bataille de l’imaginaire commercial ! Parallèlement, se déroule la bataille de l’imaginaire religieux : mises en causes ou régression de la pensée laïque, communautarismes et fondamentalismes de tout poil ! Et celle de l’imaginaire politique : hors du libéralisme marchand, de la libre concurrence, de la liberté absolue de circulation des marchandises et des capitaux (liberté du renard dans le poulailler !), point d’alternative ! Le monde est ainsi fait, circulez, il n’y a rien d’autre à voir ! Et tant pis pour la casse !

 

La jeunesse comme cible

Le principal champ de bataille de cette conquête mondiale de l’imaginaire, ce sont évidemment les plus faibles, les plus vulnérables, les plus malléables d’entre nous, les enfants et les jeunes. Tous les moyens sont bons pour tenter, dès le plus jeune âge, le formatage des esprits, la transformation de la personne en producteur, de l’individu en client, du citoyen en consommateur. Le matraquage publicitaire les concerne en premier, de l’habillement à la musique en passant par les cartes bancaires pour enfants voire les sites pornographiques sur  Internet, j’en passe !

Face à cette situation, toujours plus violente, deux attitudes s’offrent à nous : la capitulation ou la résistance. La capitulation serait de laisser faire, de se soumettre au rapport de forces, d’affirmer que tout cela n’a guère d’importance, que le monde est ainsi fait et que finalement, « ils s’en sortiront » forcément, du moins les « meilleurs d’entr’eux »… Dans cette perspective, l’enfance, comme le reste, ne serait qu’un marché ! La résistance, ici comme ailleurs, c’est le refus du fatalisme, l’affirmation de valeurs essentielles, le combat pour un monde  plus juste, plus équitable, plus solidaire. L’enfance est alors un temps essentiel de construction de l’individu libre, du citoyen critique. Un trésor à préserver ! « La question n’est plus de savoir quel monde nous laisserons à nos enfants, mais quels enfants nous laisserons au monde » écrit Philippe Meirieu. Vous l’aurez compris, c’est dans ce sens que nous proposons de nous engager. Il faut mener la bataille de l’imaginaire ! Mais comment ?

 

Education et culture : mêmes combats.

La mutation anthropologique que nous traversons porte en elle deux angoisses principales : l’éducation et la culture. L’éducation, c’est le lieu de la transmission, des savoirs, des savoir-faire, des techniques et des valeurs. Qu’allons-nous transmettre à nos enfants aujourd’hui, alors que les informations leur arrivent de toutes parts ? Et comment, selon quelles démarches pédagogiques ? La culture, c’est l’espace de la création et du partage, des valeurs symboliques, des émotions, du sens… Dans un monde de fragmentation progressive de la pensée et d’individualisme exacerbé, quelle culture peut-on partager ? Et de quelle manière ? La bataille de l’imaginaire porte principalement sur ces deux dimensions : l’éducation et la culture, c’est-à-dire ce qui fonde précisément la construction des individus et plus largement ce qui fait « société » entr’eux.

Au carrefour de ces préoccupations se trouve posée, dans notre pays, la question lancinante de « l’éducation artistique et culturelle », de sa place dans le système éducatif et plus largement dans toutes les situations d’éducation, dans et hors de l’école. Depuis plus de quarante ans, bien des expériences individuelles, des dispositifs institutionnels, des aventures collectives, des combats divers ont été menés sur ce thème, à la fois par des enseignants progressistes, des artistes volontaires, des structures culturelles, des associations, des élus… Ces aventures portaient en elles une perspective de renouveau profond, à la fois de l’action et des politiques éducatives comme des politiques culturelles. Une autre éducation, une autre culture, et un rapport étroit entre ces deux aspects étaient annoncés dans ces expériences à la fois artistiques, culturelles et éducatives, plus ouvertes, plus actives, plus démocratiques. Or, qu’en est-il aujourd’hui ?

Voici venu le temps du grand paradoxe. Tout en affirmant perpétuellement la priorité de ce domaine, on assiste en vérité à la diminution du temps et des moyens consacrés à ces activités, à l’effondrement des formations (initiales et continues), au démantèlement des lieux de ressources (le département « art et culture » du CNDP est en voie de disparition). Mais on observe surtout un détournement du sens-même de ce travail par la mise en oeuvre d’une conception très académique du savoir préalable (« l’histoire des arts ») à la place de l’activité et de l’expression personnelles des jeunes.­

 

Pour une politique de l’éducation artistique et culturelle

C’est en précisant les termes mêmes d’art, d’éducation et de culture, que nous proposerons de clarifier ce que devrait être, à nos yeux, une véritable politique de l’éducation artistique et culturelle, alliant la recherche, la formation, l’expérimentation et le développement, inscrit dans la diversité des territoires et dans la durée. Nous rappellerons quelques éléments de base : l’importance de l’activité personnelle, la nécessité du rapport aux œuvres, l’exigence éducative de l’appropriation et de la réflexion. Nous insisterons sur la formation des adultes, enseignants, artistes intervenants, responsables éducatifs et culturels, sur la mutualisation des expériences comme sur l’évaluation des pratiques. Et nous dirons quelques mots de l’environnement médiatique, observant au passage que la publicité sur les chaînes publiques a été supprimée au-delà de 20 heures, mais pas au moment où les enfants sont devant les postes !

Organiser le temps, l’espace et les structures pour permettre de véritables projets artistiques et culturels dès l’enfance, notamment en milieu scolaire ; former les formateurs, dans la formation initiale et continue des enseignants et des artistes ; favoriser les partenariats avec des artistes ; développer la recherche, l’évaluation et la mutualisation par la mise en place d’un Institut national de l’éducation artistique et culturelle ; multiplier les conventions « art, culture et éducation » avec les collectivités territoriales ; ouvrir ce domaine aux échanges internationaux de jeunes ; soutenir les associations et réseaux militants dans ce secteur… les pistes concrètes de développement ne manquent pas. La liste n’est pas exhaustive.

Le thème de « l’éducation artistique et culturelle » a mis plusieurs décennies pour s’inscrire dans le débat public. Il importe désormais de faire vivre ces idées comme éléments essentiels de la « bataille de l’imaginaire », de proposer la mise en place d’une véritable politique déterminée, cohérente, mobilisatrice, concertée avec les acteurs et les collectivités territoriales.

Vaste chantier. Urgent et incontournable en cas de Renouveau !­

 


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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 21:14

JP-Guingane.JPGEncore un ami qui nous quitte ! Violence et rapidité d’Internet et du SMS…

Je viens d’apprendre  avec grande tristesse que notre ami Jean-Pierre Guingané n’est plus. Il s’est éteint ce dimanche 23 janvier 2011 à Ouagadougou. Il venait de souffler sa 63e bougie le 31 décembre dernier.

 

Nous nous étions rencontrés il y a plus de 20 ans, au Festival de Limoges puis à Ouagadougou. Jean-Pierre dirigeait là-bas une des deux troupes principales : le Théâtre de la Fraternité en même temps qu’il enseignait à l’Université. Figure majeure du théâtre francophone, il s’était beaucoup engagé dans l’action internationale, notamment auprès de l’UNESCO et de l’Institut international du Théâtre. Il ne manquait jamais de faire signe lors de ses passages en France, m’interpellant comme son « grand frère », toujours rieur et capable des récits les plus fantastiques sur le rite « Bobo » et les traditions africaines… Je me souviendrai de son accueil à Ouagadougou, de la rencontre avec ses étudiants à l’Université avec Augusto Boal qu’il admirait, de son exposé magistral en tenue traditionnelle au Théâtre de la Colline à Paris, lors des premières Assises nationales théâtre et éducation… Et de nos rencontres nombreuses et toujours chaleureuses à Paris, Ouaga, Limoges…

Sa verve, son intelligence, son humour et sa ténacité vont nous manquer !

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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 19:58

Sur le site Médiapart, Stéphane Hessel, auteur du best seller "Indignez-vous!" nous offre ses voeux de résistance.

Faites passer!

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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 22:44

Nous avons évoqué ici le débat lancé par le ministre de la Culture visant à opposer désormais la "culture pour tous" à "la culture pour chacun". Jean-Pierre Vincent revient sur ce sujet dans un billet posté sur le Monde.fr.

JP-Vincent.jpg

"Nous savons tous que l'on pourrait faire mieux et plus en matière artistique et culturelle. On s'en soucie tous les jours, avec des moyens toujours précarisés, sous l'intérêt distrait ou la méfiance affichée des autorités. Fantasme d'exploitant : il faut faire plus avec moins. En ce domaine, nous ne sommes certes pas les seuls. Pour réaliser cette chimérique et douteuse "culture pour chacun", à supposer qu'elle fût possible, il faudrait 10 % du budget de l'Etat et non 0,80 % comme actuellement. Car ne pensez pas que la culture ou l'art puissent surgir spontanément, et en plus "créer du lien social" dans tous les lieux délaissés du pays.

L'effet réel de ce micmac pour chacun serait de créer une culture à deux vitesses : que les riches retrouvent leurs aises à l'Opéra et dans les lieux privilégiés, et qu'on organise partout des stages et des festivals de hip-hop et de slam et des défilés de géants. Les artistes eux, créateurs ou interprètes, et leurs amis animateurs, techniciens, sont bons pour la poubelle de l'Histoire, avec André Malraux par-dessus, malgré l'hommage hypocrite à lui rendu. C'est plus facile au supermarché, d'autant qu'on peut le valoriser comme hyperdémocratique ! La "culture pour chacun" doit être le "ferment" du "lien social", c'est-à-dire un élément qui doit réunir tout le monde, un élément de la paix sociale, du maintien de l'ordre. Avec évidemment pour correctif que tous les pauvres ont le droit de pratiquer librement leur culture.

Liberté chérie ! Chers esclaves de la globalisation, nous vous l'apportons enfin ! La culture pour chacun sera obligatoire pour tous ! Et pour pas cher ! Parlons donc réformes. Car beaucoup est à réformer dans nos arts et nos métiers, à dynamiter peut-être, mais avec une passion de l'avenir, une confiance dans l'intelligence, un désir que cette "politique culturelle que le monde entier nous envie" conserve ou retrouve son niveau le plus haut, qu'elle continue à diversifier sans cesse ses moyens de diffusion et ses moyens d'écoute et de partage. Le poète Francis Ponge écrivait que "la science, l'éducation, la culture créent beaucoup de besoins, et davantage sans doute qu'elles n'en peuvent, à leur niveau même, assouvir. Les intérêts mercantiles s'insèrent ici. Tout, bientôt, n'est plus qu'un bazar".

Après les sirènes de l'Audimat et du quantitatif dans la lettre de cadrage du président de la République à Christine Albanel en 2007, après les diversions somptuaires et vaines du Conseil pour la création artistique de Marin Karmitz, nous refusons de laisser se dissoudre la réalité de tout ce qui se passe aujourd'hui dans nos institutions culturelles dans cette bouillasse pseudo-libératoire qui n'apportera rien à personne.


Ancien directeur du Théâtre national de Strasbourg (1975-1983), de la Comédie-Française (1983-1986) et du Théâtre des Amandiers à Nanterre (1990-2001), Jean-Pierre Vincent travaille désormais dans sa compagnie, Studio libre. Sa tribune a été écrite pour le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

 

Lire l'original ici

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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 00:01

Nous avons appris ce matin le décès de notre ami Cécil Guitart, président en titre des rencontres d'Archimède, coordinateur de l'ouvrage "la Bataille de l'imaginaire", ancien adjoint au maire de Grenoble, ancien Président de "Peuple et culture", ancien DRAC du Limousin... Quoi de plus injuste et de plus cruel que la disparition inattendue d'un ami, fauché en pleine activité et porteur de très nombreux projets... Salut, et fraternité !

Nous serons mercredi à Grenoble pour l'accompagner... Image-1-copie-5.jpg

 

Nous connaissions moins directement Gabriel Monnet, haute figure de la décentralisation théâtrale qui de Grenoble à Bourges et à Nice fut de la grande aventure du développement culturel et théâtral de notre pays. Lui aussi nous a quittés hier. Respect !

Image-3-copie-4.jpg

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Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 21:47

Outil démocratique d'information, notre modeste blog vous propose aujourd'hui de prendre connaissance de la discusssion budgétaire pour 2011 concernant le Ministère de la culture, ouverte par un rapport de Mme Marie-Odile Bouillé, députée et rapporteure pour avis de la Commission des affaires culturelles... Document utile !

Où l'on découvre notamment que l'éducation artistique et culturelle ne mobilise que 2,8% du budget de la culture, et sera en baisse de 7% environ... Où l'on apprend également - mais nous l'avions déjà dénoncé si souvent - que "l'histoire des arts" masque un désengagement considérable de l'Etat sur d'autres pratiques artistiques et culturelles. Où l'on apprend encore.... etc.

Je note que Marie-Odile Bouillé fait preuve, dans ce travail, d'une belle constance. Elle fut il y a quelques années vice-president chargée de la culture dans le département de Loire Atlantique, pour lequel il m'avait été demandé une mission sur le développement de l'éducation artistique et culturelle. Son action militante se poursuit au Parlement. Bravo !

 

Le mieux, c'est de le lire vous-mêmes !

Pour télécharger le document, cliquez sur l'image

Assemblée

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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 22:35

Internet, c'est formidable ! Plusieurs milliers de messages confidentiels volés sont distillés progressivement dans la presse... mettant en émois toutes les diplomaties du monde. De quoi s'interroger sur l'indispensable secret qui est une liberté fondamentale autant qu'un moyen utile de dissimulation...

Alors, voilà, l'Oizeau lui aussi se lance dans la divulgation de documents qui ne lui sont pas destinés, avec d'autant plus de plaisir qu'ils viennent enrichir le débat public souhaité sur la désormais fameuse "culture pour chacun", axe majeur du Ministre de la culture qu'il impose maintenant à son administration. Pour ne pas en rester aux rumeurs et aux humeurs, voici donc le texte très récent envoyé par le ministre à ses Directeurs régionaux (via les Préfets), mis en ligne par l'excellent blogueur "La cité des sens".

Il s'agit de la note aux préfets de région, direction des affaires culturelles du 2 novembre 2010.

De quoi comprendre dans le détail les orientations en cours...

Pour le débat, voir mon article précédent, qui reste pertinent...

A suivre...

 

Et deux coups de coeur :

  Je profite de ce petit message, qui se fait rare je l'avoue, pour signaler au passage un livre et un film.

Le livre d'abord, de Robert Bober, lu récemment avec un très grand plaisir, tissage subtil et drôle entre la fiction et la réalité de la seconde guerre mondiale. Un beau cadeau pour Noël. Image 5-copie-1

Et un film aussi intelligent que drôle et émouvant, qui nous parle avec subtilité et tendresse de notre monde actuel...

Les acteurs y sont formidables :

le nom des gens

 

Enfin un rappel d'information :

Dans le cadre du cycle de réflexion " La Bataille de l'imaginaire" mené par les Rencontres d'Archimède, les éditions de l'Attribut et la Maison des Métallos à Paris, la seconde rencontre sera "Culture et la internet : où est le problème ?" Ce sera le lundi 13 décembre à 19H On vous attend ! Image 4

Télécharger le programme ici

 

 

Et pour Noël, n'oubliez pas...

  L'Oizeau rare diffuse les DVD sur Philippe Avron et sur Jacques Lecoq, autres beaux cadeaux...

Les informations pour commander sont sur ma page d'accueil ou en cliquant sur l'image

 

  couv_dvd_mini.jpg

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Couv Avron Qbk

 

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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 15:44

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Le ministre de la culture a donc fini par sortir du bois affublé d’un slogan efficace : « à la culture pour tous, substituons la culture pour chacun ». Et de multiplier les allusions à ce sujet, jusqu’à fournir récemment un texte d’orientation qui sert de base, semble-t-il, à la préparation des « forums régionaux » sur ce thème avant qu’une manifestation nationale ne vienne conclure ce processus. Enfin un débat sur la culture et sa politique ! Bravo !

Et puisque débat il y a désormais, apportons notre modeste pierre…

 

1/ Ce texte s’appuie principalement sur une idée fausse et simpliste (fausse parce que simpliste !), cliché qui se ballade depuis des mois et fournissait déjà la justification de base à la célèbre « lettre de mission » à Christine Albanel : « la démocratisation culturelle est un échec ». Pour qui participe et observe la vie culturelle de notre pays depuis plus de 40 ans, cette affirmation, sous couvert d’objectivité statistique, est à l’évidence caricaturale, arrogante et prétentieuse. Le développement considérable des structures, équipements, projets, manifestations, événements de toute nature… avec le soutien de l’Etat et des collectivités territoriales toujours plus impliquées, dessine un paysage considérablement transformé, enrichi, diversifié, et même « démocratique » que bien des pays nous envient. Des publics nombreux participent à ces propositions. Le verre n’est pas à moitié vide, il est à moitié plein.

 

2/ S’il n’y a pas « échec » de la démocratisation culturelle telle qu’elle fut envisagée tout au long du XXe siècle, il y a évidemment « limite » de son efficacité sociale prétendue ou espérée, pour des raisons multiples. Certes, la conception strictement verticale du fait culturel (« avoir accès à »), l’élitisme et l’excellence auto-proclamée, le déficit d’éducation, contribuent à cette situation, mais plus encore la stagnation des classes moyennes, la crise économique et les années de chômage, la mondialisation et les immigrations, le développement du fait identitaire autant que de l’individualisme triomphant, les nouvelles technologies de la communication… posent la question du sens-même de ce travail.

Ces éléments, et quelques autres sans doute, conditionnent largement les comportements et les attitudes culturelles de tous, et de chacun. Il n’est donc pas absurde de s’interroger – nous sommes nombreux à la faire depuis longtemps – sur la conception même des politiques culturelles et sur leur nécessaire adaptation au monde qui change.

 

3/ La « culture pour tous » dénoncée par notre ministre existe effectivement, et avec quelle puissance ! Mais on ne la trouve guère dans les actions artistiques et culturelles portées par les artistes et les acteurs culturels de terrain. C’est avant tout la télévision qui en est le principal vecteur, talonné désormais par Internet. C’est le grand courant marchand « Main stream » de l’imaginaire grand public, la télé-réalité et autres poepelries qui travaillent en permanence à la captation des esprits. (Lire à ce sujet les excellentes analyses de Bernard Stiegler, notamment.) Le principal obstacle au développement culturel, ce n’est donc pas « la culture elle-même », mais bien l’entreprise considérable d’affaiblissement culturel d’une certaine télévision, d’une certaine presse et de tous ceux qui font dans ce domaine des profits (réels et symboliques) considérables. Souvenons-nous du « temps de cerveau disponible à vendre à Coca-Cola »). Il est paradoxal que ce soit un ministre venu de la télévision (pas la pire, reconnaissons-le) qui fasse l’impasse sur ce thème !

 

4/ Au crédit des actions positives qui ont été menées récemment, le texte indique « le développement significatif de l’éducation artistique », « la gratuité pour les jeunes dans les musées », « bientôt la carte musique pour les jeunes » qui leur permettra de télécharger à moindre coût de la musique sur Internet. Passons sur la gratuité des musées et l’aide aux industries musicales via la carte jeune, aides à la consommation qui ne disent rien, et pour cause, sur l’élargissement social souhaité et sur la nature de la relation culturelle envisagée. Arrêtons-nous sur le prétendu « développement significatif de l’éducation artistique » : en vérité, vaste « hold-up » intellectuel sur un thème détourné de son objet depuis quelques mois par l’instauration obligatoire d’un enseignement de « l’histoire des arts ». Ici, précisément, on substitue un enseignement « pour tous » (!) à la multiplicité des projets (« pour chacun ! »), on diminue le temps et l’espace des pratiques collectives, on réduit la formation des enseignants, on dénonce le « pédagogisme » de ceux qui construisent simplement des parcours pédagogiques cohérents et vivants en relation avec des pratiques artistiques… bref, on fait le contraire de ce que l’on annonce !

 

5/ Enfin, le principal objectif annoncé est de « substituer à l’intimidation sociale la construction d’un lien social ». Mais de quoi s’agit-il ? Si « l’intimidation sociale » de nombreux lieux artistiques et culturels est bien connue (« le désir de culture est un désir cultivé » disait Pierre Bourdieu) et nécessite un travail permanent d’accompagnement, de médiation, d’ouverture… de quel « lien social » parle-t-on ? Qui veut construire quoi ? Où ? Avec qui ?

« La culture doit pouvoir investir les lieux où elle peut jouer un rôle essentiel d’information et d’éveil ou d’ouverture sur le monde, comme dans les hôpitaux et les prisons… » Pourquoi pas ! Voici bien des années que des actions pertinentes sont menées dans ces milieux, qui ne changent pas fondamentalement la problématique générale. Dans les années 80, la notion de « développement culturel » (une célèbre DDC – direction du développement culturel – fut créée au sein du ministère) avait ouvert tous ces chantiers…

Et j’avoue me souvenir avec amusement de l’état dans lequel j’étais moi-même lors d’une hospitalisation, intubé de partout, et bien heureux de n’avoir pas eu en plus affaire à la moindre prétention culturelle…

 

6/ Au fond, et pour faire court, « la culture pour chacun », telle qu’exprimée dans ce texte, s’appuie sur une idée fausse, en tire quelques arguments légitimes, et n’offre guère de solution réellement pertinente, faute notamment de poser, une fois de plus, la question essentielle des artistes et de leur place dans ce processus, la question du contexte et de la « bataille de l’imaginaire » dans laquelle nous nous débattons, comme la question de la formation et de l’éducation.

En vérité, ce slogan sonne comme une volonté d’adaptation du champ culturel à l’individualisme ambiant, excluant toute prétention à la mise en commun, au partage véritable et à la solidarité au profit de la fragmentation sociale. Version culturelle de ce que l’on nommait jadis « l’idéologie dominante ».

Et demain sans doute, « l’école pour chacun », « la santé pour chacun » etc.. ???

Continuons le débat !

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