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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 23:51
1/ Presque deux semaines sans bloguer ! Une éternité !
Et pourtant, il s'en est passé des choses, côté "régimes spéciaux". Mais voilà, j'étais ailleurs, dans un régime un peu spécial, en Tunisie, pour une rencontre internationale quelque peu surréaliste se préoccupant du développement culturel méditérranéen. Impresion étrange d'inutilité quasi absolue... mais, sait-on jamais, une graine posée quelque part...

2/ La Démocratie contemplative
C'est le titre d'un bel article de Michel Wieviorka, directeur d’études à l’EHESS, président de l’Association internationale de sociologie, dans Libération. Je me suis dit que je le signalerais à ceux à qui il aurait échappé :
"
Le constat est unanime : notre chef d’Etat est omniprésent – hyperactif et agité, disent les plus critiques ; soucieux de s’engager personnellement pour avancer rapidement et efficacement dans les réformes nécessaires à notre pays, disent ses partisans. Mais ne nous contentons pas de l’observation, encore superficielle, qui insiste sur la façon dont il apparaît constamment dans les médias. Examinons plutôt comment il concilie ses projets de changement et l’exigence démocratique..."
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3/ Le bourgeois bonhomme
Retour de voyage, 97 courriels m'attendent. Et cette petite surprise, adaptation contemporaine de Molière.
Le Bourgeois Gentilhomme
Acte II, scène IV
Parodie

Maître de philosophie politique, Monsieur Sarkodain


Maître de philosophie politique. – Venons-en à notre leçon.
Monsieur Sarkodain. – Ah ! Mon Maître, que ne vous fussiez venu plus tôt, afin que vous m’aidassiez à parer les coups qui plurent sur moi.
– Ces coups ne sont rien pour un philosophe. Que voulez-vous apprendre pour tremper votre caractère ?
– Tout ce que je pourrai, car j’ai toutes les envies du monde d’être un grand président ; et j’enrage que mon père et ma mère ne m’aient pas fait bien étudier la science politique quand j’étais jeune.
– Votre sentiment vous honore. Nam sine potentia vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela et vous savez le latin sans doute !
– Oui, mais faites comme si je ne le savais pas : expliquez-moi ce que cela veut dire.
– Cela veut dire que sans le pouvoir, la vie est presque une image de la mort.
– Ce latin-là a raison. Mais qu’avez-vous à me dire de plus ?
– Par où vous plaît-il que nous commencions ? Voulez-vous que je vous apprenne la logique de la politique ?
– J’ai hâte de connaître cet art, Maître.
– Il s’agit en effet d’un art, qui obéit à trois principes.
– Que sont-ils, ces trois principes ?
– Le premier, le deuxième et le troisième. Le premier est de bien diviser. Le deuxième est d’additionner les avantages pour les puissants. Le troisième est de soustraire l’information à la vue des manants. Ce sont là les trois principes de l’art de bien gouverner qui permet de multiplier honneurs et richesses.
– Honneurs et richesses ! Pour les gouvernants ? En êtes-vous certain ?
– Honneurs pour vous et richesses pour vos commanditaires, qui ne manqueront pas, soyez-en sûr, de vous en faire profiter sur leurs yachts et dans leurs châteaux.
– Je vous entends, Maître, mais apprenez-moi la grammaire de cet art.
– Très volontiers. Commençons par diviser.
– Allons vite au dénouement, car j’ai déjà procédé à des expériences, il me semble.
– Vous ne devez rien laisser au hasard. D’abord, dresser le public contre le privé, puis le privé contre le public. Quand il sont neutralisés, les dresser tous les deux contre les spéciaux. Ce n’est qu’alors que vous aurez le champ libre pour les maintenir au travail ad vitam.
– Cher Maître, vous me comblez de joie, car c’est presque fait. Donnez-moi franchement votre sentiment : suis-je sur la voie de la sagesse politique en ayant opposé ceux qui se lèvent tôt et ceux qui paressent, ceux qui travaillent et ceux qui quémandent, ceux qui font grève et leurs otages, ceux de souche et ceux dont l’ADN doit être vérifié ?
– Je suis fier de vous compter parmi mes disciples. C’est un premier pas. Cependant, il ne faut point vous en satisfaire. Vous devez apprendre maintenant à additionner les avantages que pourront collectionner les puissants.
– Certes, mais ils ont déjà beaucoup.
– Le principe de l’addition, c’est accumuler. Donc, beaucoup n’est jamais suffisant puisque beaucoup n’est pas tout. Nous entrons dans la dialectique de l’accumulation : l’enrichissement doit toujours se polariser davantage, sous peine de s’éteindre.
– Maître, j’ai amenuisé les charges sociales, j’ai refusé tout net l’augmentation du SMIC et j’augmente la durée du travail en même temps que j’invente le bouclier fiscal et l’impôt libératoire pour les plus-values et que je supprime l’impôt de bourse. Que puis-je faire de plus ?
– Il convient dorénavant de vous attacher à légitimer, aux yeux de tous, ces mesures propres à faire sortir la France du programme du Conseil national de la résistance et à la faire entrer résolument dans le XXIe siècle.
– Maître, vous me parlez un langage qui est mien. J’excelle en communication.
– Monsieur, je ne vous entretiens pas de communication mais de légitimation.
– Qu’est-ce à dire Maître ? Vous me surprenez.
– Nous pénétrons le troisième principe de l’art de gouverner : soustraire l’information juste à la vue de vos sujets et lui substituer une fabrication de l’opinion.
– Oui, n’est-ce pas le travail que je confie à mes communicants et auquel je m’astreins moi-même en allant jour et nuit sur le terrain ?
– Vous n’y êtes point, je veux dire sur le chemin de la compréhension.
– Maître, vous me peinez, car je suis partout et je donne le ton.
– L’art de la soustraction en politique consiste à fabriquer une opinion de telle sorte qu’elle croie qu’elle est la source d’elle-même.
– Maître, comme vous dites cela ! Concrètement ? J’ai déjà TF1, France Inter, France Info et toutes les radios. J’ai les sondeurs avec Parisot à leur tête.
– Insuffisant.
– J’ai Le Figaro, Le Monde, Libé, toute la presse régionale. Il ne me manque que l’Huma, et encore, elle accompagne les petits pas de Thibault.
– Ce n’est pas assez.
– Je mange avec Bouygues, Lagardère, Arnault et je me détends chez Bolloré. Si je me montre davantage, je crains que le peuple ne finisse par me jalouser.
– Le peuple jalouse celui qui est immédiatement au-dessus de lui, pas celui qui est cent coudées plus haut. Vous avez donc bien fait de tripler votre revenu ; ainsi, le peuple ne pourra vous atteindre de son regard envieux, dès lors que vous aurez multiplié les écarts. N’oubliez jamais cette leçon : la multiplication des pains ou celle des inégalités sont le début de l’ère des miracles.
– Fort bien, mon état de grâce durera autant que ma présidence.
– Ne vous y fiez pas ! La vérification de l’exécution des principes de l’art de la politique est nécessaire à tout moment.
– Comment puis-je être certain que… ?
– Passons aux leçons pratiques, voulez-vous.
– Je vous écoute, Maître.
– Vous projetez de faire travailler les salariés 40 ans, puis 41, 42. Où vous arrêterez-vous ?
– Je ne m’arrêterai pas puisque l’espérance de vie s’allonge.
– Que répondrez-vous s’ils font valoir que la richesse augmente plus vite que l’espérance de vie ?
– Ils ne poseront pas cette question car personne dans les médias ne les aura mis sur la piste.
– Ils ont des syndicats qui le savent et certains économistes sont passés à l’Attac. Vous justifiez la réforme des retraites par les projections démographiques de votre Conseil d’orientation des retraites qui table sur un accroissement de 3/4 en 50 ans du ratio de dépendance des retraités par rapport aux actifs d’ici 2050. Or le même Conseil établit que parallèlement la productivité augmenterait une fois et demie plus vite. Que direz-vous quand on comparera ces deux prévisions effectuées par le même organisme ?
– Je dépêcherai Baverez, Marseille, Sylvestre, Le Boucher et bien d’autres qui diront que c’est faux même si c’est vrai.
– Cela ne suffira pas, malgré leur talent, car l’INSEE et le Conseil d’orientation des retraites ont déjà vendu la mèche.
– Alors, c’est fichu ?
– Non, à condition de pratiquer une dérivation.
– Dériver, est-ce une nouvelle opération comme diviser, additionner et soustraire ?
– En quelque sorte. Vous soulevez un autre problème, que vous amalgamez au précédent qui se trouve ainsi noyé. Vous n’en manquez pas, de problèmes.
– J’ai l’assurance maladie en déficit depuis que nous avons diminué les cotisations à la charge des entreprises ; j’ai la dette publique parce que mes amis réclament autant d’intérêts que ne peut en couvrir l’impôt sur le revenu que je suis bien obligé de lever encore un peu ; et j’ai l’Université qui végète en attendant que la loi Pécresse ouvre ses portes aux forces vives de la nation. J’ai ficelé le tout dans un paquet et j’ai informé qu’il fallait réformer. J’ai même inventé un Grenelle de l’environnement au terme duquel on troquera quelques taxes écologiques contre des cotisations sociales en moins.
– Que rétorquez-vous aux rebelles qui vous disent que les privilèges ne sont pas là où vous les signalez ?
– Que le mérite a sa récompense et l’indolence sa sanction. Travaillez plus pour gagner plus, tel est le secret de la réussite.
– Monsieur, gardez-vous d’une certaine rhétorique sur le travail ; elle pourrait se retourner contre vous. Le hold-up sur Marx, Jaurès et Blum pourrait vous coûter en lectures fastidieuses. Tout ne se lit pas aussi facilement que la lettre de Guy Môquet.
– J’ai compris l’essentiel grâce à ce bon Guaino.
– Vérifions s’il vous plaît, pour vous éviter une mise à découvert. Vous prétendez publiquement qu’il faut travailler pour produire de la richesse. Voilà une idée que vos adversaires qui s’affublent de l’étiquette socialiste n’osent plus revendiquer. Comment justifiez-vous alors l’ouverture de la protection sociale aux compagnies d’assurances et aux fonds de pension, lesquels ne produisent rien, sinon de la spéculation ?
– Maître, vous m’embarrassez. J’ai trouvé cette idée au Medef et donc elle doit être bonne. Elle est confortée par le Fonds monétaire international, à la tête duquel j’ai placé quelqu’un de fiable, et par la Commission européenne sur laquelle je pourrai toujours repousser la faute si ça ne marche pas.
– Nous y voilà. Je reconnais en vous une potentialité très grande. Si une mesure réussit, elle est portée à votre crédit ; si elle échoue, elle émane de l’Europe. Cependant, vous devez être à même d’afficher à tout moment votre résolution à respecter la démocratie, car c’est une condition de la légitimité, notre troisième principe de l’art de gouverner. Or les Français ont repoussé par référendum le Traité constitutionnel européen. Vous vous êtes engagé à honorer ce choix et vous projetez de ne pas les consulter pour la ratification du nouveau traité. Ou bien les deux traités sont à ce point différents qu’une nouvelle méthode de ratification peut dans une certaine mesure se justifier ; ou bien ils sont semblables et il faut soumettre le second au même jugement que le premier. Dites-moi comment vous sortez de ce dilemme et je vous dirai si vous êtes à la hauteur que vous ambitionnez d’atteindre.
– Maître, vous me mettez à l’épreuve. Les deux traités sont pareils, mais je ne veux pas de référendum.
– Pourquoi ?
– Des référendums sur le nouveau traité européen seraient dangereux et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements.
– Monsieur, je vous félicite, parce que vous venez d’ajouter la pièce qui manquait à l’édifice de votre art en politique : le cynisme. Vous irez loin.
– Maître, je vous en remercie. Au reste, il faut que je vous fasse une confidence. Je veux léguer à la France une ?uvre littéraire, car je ne veux pas que l’on dise plus tard que j’avais une plume à l’Elysée qui écrivait tout pour moi. Je voudrais que vous m’aidassiez à rédiger le prologue de cette œuvre, que je souhaite grande, et dont le peuple s’enivrera.
– Excellente idée. Est-ce de la philosophie politique que vous voulez écrire ?
– Non, non, point de philosophie.
– Vous ne voulez qu’une œuvre de vulgarisation ?
– Non, je ne veux ni philosophie, ni vulgarité.
– Il faut bien que ce soit l’une, ou l’autre.
– Pourquoi ?
– Pour la raison, Monsieur, qu’il n’y a d’œuvre que philosophique ou vulgaire.
– Il n’y a que la philosophie ou la vulgarité ?
– Monsieur, tout ce qui n’est point philosophique est vulgaire ; et tout ce qui est vulgaire ne peut être philosophique.
– Et notre conversation, qu’était-elle ?
– De la philosophie.
– Quoi ? Quand je dis : "Guaino, écrivez-moi un discours qui dise le contraire de ce qui est vrai", c’est de la philosophie ?
– Oui, Monsieur. De la philosophie politique.
– Par ma foi, il y a plus de cinquante ans que je fais de la philosophie, sans que j’en susse  rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. Je voudrais donc mettre en prologue de mon ouvrage dédié à la France : Belle France, vos richesses me font mourir de désir.
– Il faut bien étendre un peu la chose.
– Non, vous dis-je, je ne veux que ces paroles-là dans le prologue ; mais tournées à la mode, bien arrangées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on peut les mettre.
– On peut les mettre premièrement comme vous avez dit : Belle France, vos richesses me font mourir de désir. Ou bien : De désir mourir me font, Belle France, vos richesses. Ou bien : Vos richesses de désir me font, Belle France, mourir. Ou bien : Mourir vos richesses, Belle France, de désir me font. Ou bien : Me font vos richesses mourir, Belle France, de désir.
– Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?
– Celle que vous avez dite : Belle France, vos richesses me font mourir de désir.
– Cependant, je n’ai point étudié, tellement ma haine des intellectuels est grande, et j’ai fait cela du premier coup. Je vous remercie de tout mon c?ur, et vous prie de venir demain de bonne heure.
– Je n’y manquerai pas, car je fonde de grands espoirs en vous : sous une apparence bonhomme, vous cachez une main déterminée et ferme. Surtout, gardez cette main invisible. Mais ce sera l’objet d’une autre leçon.
– … ?

En ce 20 novembre 2007, la clameur de la rue interrompit ce dialogue…
JMH
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Samedi 3 novembre 2007 6 03 /11 /Nov /2007 16:28
anti_bug_f 12-img_alacarte.jpg 1/ La « contrelettre » à la ministre de la culture, que nous avons lancée, commence à faire son chemin. Plus de 300 signatures en quelques jours et des échos divers sur quelques sites et blogs... Signe que le débat sur le sens de l’action culturelle intéresse. Continuez à faire connaître cette initiative, à faire signer la « contrelettre ». Nous imaginerons bientôt les suites possibles à donner à ce texte...

2/ Signalons en écho : l’analyse intéressante produite sur le blog « culture.com », et le beau texte de notre ami Jacques Livchine, en réaction à un article de Télérama (c’est sur le site des éditions de l’attribut).

3/ C'est encore parler culture que de signaler la mobilisation autour de la loi sur l’immigration, qui vient d’être votée et autorise dorénavant, non seulement les fameux tests ADV, mais également les statistiques ethniques. Le ministère de l'identité nationale prend en effet une mesure pour distinguer les individus en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur religion et en fonction de leur origine...
Cette disposition de la loi Hortefeux a fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel.
Une mobilisation massive est nécessaire pour lutter contre ce retour aux fichiers ethnique de sinistre mémoire..
On peut signez la pétition sur www.fichepasmonpote.com

4/ Enfin, pour ceux douteraient de l’utilité de la blogosphère sur laquelle nous naviguons allègrement, un chiffre : 657 883. c’est le nombre de « blogs » créés à ce jour sur la seule plateforme « over-blog » qui abrite notre modeste carnet de notes. Plusieurs centaines de milliers de journaux virtuels de ce type existent donc désormais. Pour le meilleur ou pou le pire ? Vous avez dit « culture » ?

5/ Et pour ceux qui le souhaitent, il parait qu'une intervention de "Loizeau rare" sur l'éducation artistique se trouve à  cette adresse. En image et avec du son. Je n'ai pas encore vu, mais je me souviens y avoir participé ! On vous invite dans une petite réunion, vous exposez quelques idées... et vous voici propulsé dans le vaste monde de la blogosphère... Ainsi va la modernité !












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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 23:24
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Dans un précédent article, je faisais état de la lettre de mission adressée à la ministre de la culture et de la communication par le Président de la République.
Au terme de quelques semaines de travail et d’échanges, il nous a semblé utile de proposer à la réflexion une « contre-lettre » citoyenne, reprenant l’organisation générale de la lettre officielle, assortie de corrections, de coupes ou d’ajouts qui nous semblent indispensables.
La voici publiée sur un bog spécifique :
http://lacontrelettre.over-blog.com
A chacun d’y apporter ses commentaires ou corrections éventuelles.
Merci de faire connaître largement cette initiative.
Comme dit mon ami Kasimir : "on ne peut pas regarder cette lettre comme les vaches regardent passer les trains" ! Et que vive le débat démocratique !
A vos claviers

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 15:28
Kouchner.jpg
pétition à signer sur
www.touchepasamonadn.com

L'avis du comité d'éthique :

"...Malgré toutes les modifications de rédaction, le CCNE craint que l'esprit de ce texte ne mette en cause la représentation par la société d'un certain nombre de principes fondamentaux que le CCNE entend réaffirmer avec force, déjà rappelé dans son avis n° 90 : "avis sur l'accès aux origines, anonymat et secret de la filiation, 24 novembre 2005". L'erreur est de laisser penser qu'en retrouvant le gène, la filiation serait atteinte. La filiation passe par un récit, une parole, pas par la science. L'identité d'une personne et la nature de ses liens familiaux ne peuvent se réduire à leur dimension biologique. La protection et l'intérêt de l'enfant doivent être une priorité quand il s'agit de décisions concernant la famille. Le doute devrait jouer a priori au bénéfice de l'enfant..."

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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 16:50
1/ "Drôles de temps pour la culture"
C’est le titre d’une conférence qui m’avait été commandée en 2006 par le Bureau des temps de la Ville de Rennes. Ce texte vient d’être publié dans un ouvrage intitulé «Repenser le temps», disponible auprès de la municipalité (bdc@ville-rennes.fr)

  Rennes.jpg

Le texte de mon intervention est disponible ici en téléchargement libre.
Il faut vivre… avec son temps !
Bonne lecture.

2/ ADN  : Ah, des haines !

Débat brûlant sur « l’amendement Mariani » proposant aux candidats au regroupement familial de satisfaire à un test ADN pour prouver la filiation véritable de leurs enfants.
Je connais l’histoire d’un homme dont toute le village sait qu’il n’est pas le fils de son père… sauf lui ! J’imagine la séquence du test appliquée dans cette famille ! Un désastre ! Ou encore, l’obligation faite aux femmes suspectes d’adultère de pratiquer le test par leurs maris…
Quelqu’un a proposé que tous les députés qui voteraient ce texte s’obligent à un test ADN qui prouve qu’ils sont bien l’enfant de leurs deux parents. Surprises… surprises!
Enfin, à la manière de… « Ah, des haines ! »
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 14:36
imha-strategic-initiative2-f.jpg

[mathématique] Dans l'expression « priorité des opérateurs ». Ordre dans lequel les opérations correspondant aux opérateurs opéreront sur les opérandes. Par exemple, pour que 7 + 8 * 5 donne 47, il faut que la multiplication soit prioritaire sur l'addition (sinon on obtiendrait 75).


Vous suivez ?
Hier, la ministre de la culture et de la communication a communiqué son budget 2008. Exercice rituel de haut vol qui consiste à indiquer que tout va pour le mieux dans un monde plein de contraintes…
Sur le sujet qui nous occupe ici souvent, « l’éducation artistique et culturelle » de nos enfants, il se confirme qu’il s’agit d’une « priorité » gouvernementale, puisqu’elle se traduit par une augmentation du budget de… 6,1%

Détail :
« L’éducation artistique et culturelle bénéficiera de 31,5 M€, en hausse de 1,8 M€, soit 6,1 %.
Les moyens seront prioritairement consacrés au développement des services éducatifs en partenariat avec le ministère de l'Education nationale et les collectivités territoriales, ainsi qu’à la mise en place de liens privilégiés entre chaque établissement d'enseignement scolaire et une institution culturelle. Les relations étroites entre les établissements et le monde et les activités culturels seront également renforcés par le développement des résidences d'artistes.

Le ministère mettra en œuvre cet engagement par le biais d’aides aux associations chargées d’animer des réseaux et de dispenser des formations, et aux intervenants dans le domaine de l’éducation artistique, grâce au soutien apporté aux structures artistiques et culturelles pour leur action éducative, aux programmes de sensibilisation à la culture cinématographique, aux actions menées en dehors du cadre scolaire, etc. Ainsi, entre autres, 9,2 M€ seront consacrés aux « projets fédérateurs » (missions d’actions éducatives, conventions avec les collectivités territoriales, résidences, etc.), 8,2 M€ aux dispositifs partenariaux (classes culturelles, ateliers, etc.), 6 M€ aux actions de formation et de documentation. »

Alléchant, n’est-il pas ? Et pourtant…
Nombre de ces éléments existent depuis fort longtemps et devraient donc se poursuivre, sans qu’aucune « priorité véritable » ne s’établisse entre eux. Nous sommes évidemment fort loin d’une stratégie cohérente de développement, donnant priorité à la formation des formateurs et des artistes, à la mise en place de projets culturels d’établissement, etc. Plus loin encore de la "généralisation" annoncée de l'histoire des arts et des pratiques artistiques de tous les élèves... Paroles, paroles...

Petit calcul :
31,5M€, cela correspond à 2,625€ par élève (sur une base 12 millions d’enfants scolarisés)
1,8M€ supplémentaire, cela signifie…0,15€ par élève.
Une priorité ?

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Mardi 18 septembre 2007 2 18 /09 /Sep /2007 15:50
Peu de goût pour le blog nécrologique, en vérité. Et pourtant.
Signaler ici simplement que notre ami Jean nous a quittés brutalement.
Il venait de fêter sa retraite, en juillet dernier, longuement attendue, longuement espérée...
Ces dernières années de travail fûrent particulièrement difficiles, "placardisé" comme savent les faire les institutions et particulièrement le "mamouth" au sein duquel il ne cessait de se battre sur les questions d'éducation artistique et d'action culturelle. Viendront-ils, demain, dire tout le bien qu'ils pensaient de lui..?
Une petite photo sur le net, en guise d'hommage amical simple. Je crois qu'il aurait aimé.
JB-2.jpg
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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 21:34
Lu dans la presse :

Une association nouvellement créée, "Rassemblement pour la démocratie à la télévision" (RDT), lance un appel pour une "journée nationale sans Sarkozy dans les médias" le 30 novembre, jour anniversaire de l'annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, dans un communiqué lundi.
Selon cette association présidée par un sociologue de 52 ans, Pierre Biloun, et qui compte une centaine de membres dont 64 membres fondateurs, "pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s'il vous plaît".
L'association, lancée en juillet dernier et dont le siège est à Tours (Indre-et-Loire), appelle les simples citoyens à diffuser cet appel, pour que la journée du 30 novembre devienne "une grande journée de la démocratie et de la liberté de la presse".
Le RDT, qui se présente comme "indépendant de toute organisation politique", "propose une action novatrice, ambitieuse, qui touche au coeur même du système d'influence: les sondages (interdire leur réalisation dans les trois mois précédents un scrutin électoral) et les journaux télévisés (démocratiser les journaux de TF1 et France 2)".
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Chiche ! Mais pourquoi si peux d'ambition ? Pourquoi pas une fois par mois, une fois par semaine? ... Une fois par jour ?
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 11:04
Heureux de vous retrouver, chers bloglecteurs, connus ou anonymes ! Pour cette deuxième année, j’essayerai de poursuivre mon modeste travail d’écriture aussi régulièrement que possible. Faire part d’informations diverses, coups de cœur et coups de gueule… (Grande probabilité que les coups de gueules l’emportent largement, vu la situation qui nous est offerte depuis quelques semaines…) Est-ce trop vous demander de ne pas hésiter à réagir, en apportant quelques commentaires aux différents articles. Je me sentirai moins seul.  Il suffit de cliquer sous le texte… Allons-y !

Quelques brèves pour commencer la saison :

1/ Pour être français… il faut le prouver !
Il fut question, tout au long de l’été, dans plusieurs journaux, de l’obligation faite aux Français nés à l’étranger (de parents étrangers), de « prouver » leur nationalité à l’occasion du renouvellement de leur carte d’identité. Certains se sont même vus demander leurs origines religieuses "Parce que vous avez un nom à consonance israélite"… Je n’ai pas entendu que l’Elysée se soit précipité sur la question en recevant aussitôt Mme Abitbol, qui a refusé de se soumettre à cette demande à Montreuil "Vichy, c’est fini. Je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas montré le décret qui dit que je dois fournir un acte de religion… "
Moi-même, étant né en France, de mère Française, je suis français (enfin, il me semble !) Mon frère, né à l’étranger, risque de ne plus l’être ! Ce sujet ne devrait pas manquer de réapparaître dans le débat public. A suivre !

2/ L’éducation artistique au programme !
Pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier dans les détails, notez que :
- l’éducation artistique et culturelle fait partie des attributions respectives des ministres de la culture et de l’éducation nationale. Pour la première fois dans l’histoire de la République, ce thème est abordé comme élément prioritaire.
- la lettre de mission adressée à la ministre de la culture reprend le sujet avec force (lettre de 7 pages qui vaut son pesant de cacahuètes !)
- une mission a été confiée à Eric Gross, inspecteur général de l’éducation nationale, par les deux ministres. Il doit remettre ses propositions pour décembre prochain.
Précisons : tout cela doit se faire dans le cadre des restrictions budgétaires annoncées. Nous reviendrons sans doute sur les contradictions évidentes de la démarche engagée…
Les lettres sont ici

3/ J’ai lu cet été et vous conseille :

51yGBgj9kNL.-AA240-.jpg Une histoire du festival d’Avignon
d'Antoine de Baecque et Emmanuelle Loyer
Editeur : Gallimard
ISBN : 9782070783854 - 544 pages
Ce beau livre retrace dans le détail les 60 années du Festival, mais il va plus loin, apporte des éclairages inédits sur les débuts, les combats de Jean Vilar et de ses successeurs. Eclairant !



La culture
ouvrage coordonné par Philippe Fontaine. Editions Ellipse
Une synthèse philosophique de la notion de culture, tellement galvaudée que plus personne aujourd’hui n’ose suggérer la moindre définition acceptable. Ce livre propose un ensemble de réflexions utiles, notamment sur les relations culture et nature, culture et civilisation, culture et appartenance, sur le relativisme culturel (tout est égal à tout ?), sur la distinction essentielle entre « fait » et « valeurs »… Pour les amateurs de philo, mais pas seulement…

4/ Je n’ai pas encore lu, mais j’ai promis d’en parler :
de mon ami Cécil Guitart, adjoint au maire de Grenoble et militant culturel
Tutoyer le savoir
Une économie solidaire de la société de l’information et de la connaissance
C’est aux éditions de la Pensée sauvage.
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5/ J’ai lu et ne vous conseille pas :

L’aube le soir ou la nuit
de Yasmina Reza
Flammarion.
Chronique d’accompagnement du candidat Sarkozy pendant une année de campagne. LE livre de la rentrée nous dit-on. Il sera vite oublié ! Quelques traits de caractère  de notre nouvelle star nationale font cependant froid dans le dos !
Ce livre rapporte des situations et phrases glanées au fil de la campagne. Dans le même style, une anecdote personnelle : il se trouve que l’auteur fut élève de l’école de théâtre de Jacques Lecoq, avec qui j’ai longuement travaillé. Celui-ci avait l’habitude de recevoir chaque élève en fin de scolarité pour lui signifier ses commentaires pédagogiques. A Yasmina Reza, Jacques avait dit simplement : « Vous épouserez un énarque ! »

6/ Le dessin du jour
HumaSarkos.jpg

7/ PS: L'affaire de l'édito de Belfort
Le théâtre de Belfort a publié un éditorial de Benoit Lambert, metteur en scène, exprimant sa perplexité face à la situation politique que nous vivons. La ministre de la culture a écrit au directeur du théâtre, pour s'indigner de cette pubication. Cela fait quelques lignes dans la presse et sur les blogs.
Pour en savoir plus, je vous suggère d'aller voir sur le blog d'Ariane Mnouchkine, tout y est : l'édito, la lettre de la ministre, la réaction d'Ariane... que je partage !  C'est ici
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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /Juil /2007 22:39
fortifications-remparts-villes-avignon-bord-478955.jpg
Voilà, c’est fait.
Mon 44è festival d’Avignon dans les pattes !
Dix jours dans la Cité des Papes, plutôt bonne cuvée…
Rien de transcendant, mais un travail honnête et plutôt de bonne tenue. Une ville toujours aussi vivante. Des rencontres toujours sympathiques de quelques amis que je ne retrouve qu’une fois par an, au détour d’une ruelle, d’un colloque ou dans la cohue d’un spectacle… Et quelques temps forts, pour moi : les projections de notre film sur Philippe Avron et la rencontre avec lui à la Maison Jean Vilar, les expositions d’Agnès Varda (sur le TNP, sur les Justes), la galerie de portraits de la Comédie Française à la Fondation Lambert, « Le silence des communistes » (Jean-Pierre Vincent pourrait faire un feuilleton : « le silence des socialistes », « le mutisme des centristes », «  le bégayement des trotskistes »…), « Insideout » de Sasha Waltz, « Hansel et Gretel » dans le « off »… Je suis passé à côté de René Char et de quelques autres spectacles… Frustration inévitable.
J’ai retrouvé mes amis des CEMEA, toujours sur le pont ; j’ai admiré la verve de mon ami Robin Renucci défendant avec vigueur l’éducation populaire devant le secrétaire général de la CGT (pour la première fois en Avignon !). J’ai dîné amicalement avec une bande (gang) de québécois toujours aussi sympathiques… Notre débat sur « Quelle culture en Sarkozie ? », mené par les éditions de l’attribut, fut de bonne tenue. Bref, un Avignon passablement agréable. Hormis la rencontre débat du PS dont le niveau de réflexion me laissa bouche béé. Heureusement, il y eut Catherine Trautmann et Jean Viard pour relever un peu la qualité de la discussion. Le chemin sera long, très long, d’une rénovation annoncée. Je crois que j’ai compris, ce matin-là, pourquoi je suis resté sans cesse en dehors du jeu partisan. Avec raison…
Reste que cet événement avignonnais est unique au monde, extraordinaire, fragile, indispensable et salutaire… au croisement de la création, du plaisir et de la pensée. A l’année prochaine !

PS : Cette fois, c’est définitif.
L’oizeau s’éloigne de son blog jusqu’en septembre.
Bel été !

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