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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 11:04
Heureux de vous retrouver, chers bloglecteurs, connus ou anonymes ! Pour cette deuxième année, j’essayerai de poursuivre mon modeste travail d’écriture aussi régulièrement que possible. Faire part d’informations diverses, coups de cœur et coups de gueule… (Grande probabilité que les coups de gueules l’emportent largement, vu la situation qui nous est offerte depuis quelques semaines…) Est-ce trop vous demander de ne pas hésiter à réagir, en apportant quelques commentaires aux différents articles. Je me sentirai moins seul.  Il suffit de cliquer sous le texte… Allons-y !

Quelques brèves pour commencer la saison :

1/ Pour être français… il faut le prouver !
Il fut question, tout au long de l’été, dans plusieurs journaux, de l’obligation faite aux Français nés à l’étranger (de parents étrangers), de « prouver » leur nationalité à l’occasion du renouvellement de leur carte d’identité. Certains se sont même vus demander leurs origines religieuses "Parce que vous avez un nom à consonance israélite"… Je n’ai pas entendu que l’Elysée se soit précipité sur la question en recevant aussitôt Mme Abitbol, qui a refusé de se soumettre à cette demande à Montreuil "Vichy, c’est fini. Je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas montré le décret qui dit que je dois fournir un acte de religion… "
Moi-même, étant né en France, de mère Française, je suis français (enfin, il me semble !) Mon frère, né à l’étranger, risque de ne plus l’être ! Ce sujet ne devrait pas manquer de réapparaître dans le débat public. A suivre !

2/ L’éducation artistique au programme !
Pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier dans les détails, notez que :
- l’éducation artistique et culturelle fait partie des attributions respectives des ministres de la culture et de l’éducation nationale. Pour la première fois dans l’histoire de la République, ce thème est abordé comme élément prioritaire.
- la lettre de mission adressée à la ministre de la culture reprend le sujet avec force (lettre de 7 pages qui vaut son pesant de cacahuètes !)
- une mission a été confiée à Eric Gross, inspecteur général de l’éducation nationale, par les deux ministres. Il doit remettre ses propositions pour décembre prochain.
Précisons : tout cela doit se faire dans le cadre des restrictions budgétaires annoncées. Nous reviendrons sans doute sur les contradictions évidentes de la démarche engagée…
Les lettres sont ici

3/ J’ai lu cet été et vous conseille :

51yGBgj9kNL.-AA240-.jpg Une histoire du festival d’Avignon
d'Antoine de Baecque et Emmanuelle Loyer
Editeur : Gallimard
ISBN : 9782070783854 - 544 pages
Ce beau livre retrace dans le détail les 60 années du Festival, mais il va plus loin, apporte des éclairages inédits sur les débuts, les combats de Jean Vilar et de ses successeurs. Eclairant !



La culture
ouvrage coordonné par Philippe Fontaine. Editions Ellipse
Une synthèse philosophique de la notion de culture, tellement galvaudée que plus personne aujourd’hui n’ose suggérer la moindre définition acceptable. Ce livre propose un ensemble de réflexions utiles, notamment sur les relations culture et nature, culture et civilisation, culture et appartenance, sur le relativisme culturel (tout est égal à tout ?), sur la distinction essentielle entre « fait » et « valeurs »… Pour les amateurs de philo, mais pas seulement…

4/ Je n’ai pas encore lu, mais j’ai promis d’en parler :
de mon ami Cécil Guitart, adjoint au maire de Grenoble et militant culturel
Tutoyer le savoir
Une économie solidaire de la société de l’information et de la connaissance
C’est aux éditions de la Pensée sauvage.
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5/ J’ai lu et ne vous conseille pas :

L’aube le soir ou la nuit
de Yasmina Reza
Flammarion.
Chronique d’accompagnement du candidat Sarkozy pendant une année de campagne. LE livre de la rentrée nous dit-on. Il sera vite oublié ! Quelques traits de caractère  de notre nouvelle star nationale font cependant froid dans le dos !
Ce livre rapporte des situations et phrases glanées au fil de la campagne. Dans le même style, une anecdote personnelle : il se trouve que l’auteur fut élève de l’école de théâtre de Jacques Lecoq, avec qui j’ai longuement travaillé. Celui-ci avait l’habitude de recevoir chaque élève en fin de scolarité pour lui signifier ses commentaires pédagogiques. A Yasmina Reza, Jacques avait dit simplement : « Vous épouserez un énarque ! »

6/ Le dessin du jour
HumaSarkos.jpg

7/ PS: L'affaire de l'édito de Belfort
Le théâtre de Belfort a publié un éditorial de Benoit Lambert, metteur en scène, exprimant sa perplexité face à la situation politique que nous vivons. La ministre de la culture a écrit au directeur du théâtre, pour s'indigner de cette pubication. Cela fait quelques lignes dans la presse et sur les blogs.
Pour en savoir plus, je vous suggère d'aller voir sur le blog d'Ariane Mnouchkine, tout y est : l'édito, la lettre de la ministre, la réaction d'Ariane... que je partage !  C'est ici
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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /Juil /2007 22:39
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Voilà, c’est fait.
Mon 44è festival d’Avignon dans les pattes !
Dix jours dans la Cité des Papes, plutôt bonne cuvée…
Rien de transcendant, mais un travail honnête et plutôt de bonne tenue. Une ville toujours aussi vivante. Des rencontres toujours sympathiques de quelques amis que je ne retrouve qu’une fois par an, au détour d’une ruelle, d’un colloque ou dans la cohue d’un spectacle… Et quelques temps forts, pour moi : les projections de notre film sur Philippe Avron et la rencontre avec lui à la Maison Jean Vilar, les expositions d’Agnès Varda (sur le TNP, sur les Justes), la galerie de portraits de la Comédie Française à la Fondation Lambert, « Le silence des communistes » (Jean-Pierre Vincent pourrait faire un feuilleton : « le silence des socialistes », « le mutisme des centristes », «  le bégayement des trotskistes »…), « Insideout » de Sasha Waltz, « Hansel et Gretel » dans le « off »… Je suis passé à côté de René Char et de quelques autres spectacles… Frustration inévitable.
J’ai retrouvé mes amis des CEMEA, toujours sur le pont ; j’ai admiré la verve de mon ami Robin Renucci défendant avec vigueur l’éducation populaire devant le secrétaire général de la CGT (pour la première fois en Avignon !). J’ai dîné amicalement avec une bande (gang) de québécois toujours aussi sympathiques… Notre débat sur « Quelle culture en Sarkozie ? », mené par les éditions de l’attribut, fut de bonne tenue. Bref, un Avignon passablement agréable. Hormis la rencontre débat du PS dont le niveau de réflexion me laissa bouche béé. Heureusement, il y eut Catherine Trautmann et Jean Viard pour relever un peu la qualité de la discussion. Le chemin sera long, très long, d’une rénovation annoncée. Je crois que j’ai compris, ce matin-là, pourquoi je suis resté sans cesse en dehors du jeu partisan. Avec raison…
Reste que cet événement avignonnais est unique au monde, extraordinaire, fragile, indispensable et salutaire… au croisement de la création, du plaisir et de la pensée. A l’année prochaine !

PS : Cette fois, c’est définitif.
L’oizeau s’éloigne de son blog jusqu’en septembre.
Bel été !

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Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 14:17

A peine avais-je indiqué que je prenais quelques vacances, que l'actualité m'impose de faire connaitre l'information suivante. On décernera désormais les prix cinématographiques dans les cabinets ministriels !
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Prix de l'Education: le ministère refuse d'éditer le film primé à Cannes

Le ministère de l'Education a refusé d'éditer à destination des collégiens et lycéens des DVD du film "4 mois, 3 semaines, 2 jours", Palme d'Or à Cannes et lauréat du Prix de l'Education, le jugeant trop "dur", mais des réalisateurs dénonçent vendredi des "pressions d'associations anti-avortement".

PARIS (AFP) - 06 juillet 2007 | 23H13

Signé par Cristian Mungiu, "4 mois, 3 semaines, 2 jours", un drame puissant et cru sur les avortements clandestins dans la Roumanie de Ceausescu, a aussi reçu le prix de la critique au dernier Festival de Cannes.

Selon la Société des réalisateurs de films (SRF), le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos a décidé d'"interdire la fabrication et la diffusion du DVD-Rom" du film en milieu scolaire "à la suite de pressions d’associations anti-avortement".

Décerné le 27 mai par un jury présidé par la comédienne Bernadette Lafont et composé de six enseignants et deux étudiants, le Prix de l'Education nationale récompense, depuis 2003, à un film en sélection officielle à Cannes, choisi pour ses qualités artistiques et son intérêt pédagogique.

Celui-ci bénéficie alors de la création et de la diffusion en milieu scolaire d’un DVD-rom pédagogique édité à 1.500 exemplaires, ce qui ne sera pas le cas cette année pour "4 mois, 3 semaines, 2 jours".

Interrogé par l'AFP, Nicolas Boudot, conseiller technique au cabinet de M. Darcos, a confirmé une décision prise au ministère "après le visionnage du film, huit jours après la remise du prix, par une vingtaine de membres du cabinet", a-t-il dit, justifiant celle-ci par la "duret" de l'oeuvre.

"Nous avons jugé les images dures" a affirmé M. Boudot, "le film est potentiellement choquant et destabilisant pour des élèves ayant entre 11 et 18 ans". "Nous ne voulons pas que des élèves puissent être troublés par un film produit par l'Education nationale", a-t-il ajouté, réfutant toute pression extérieure.

Dans un courrier daté du 2 juillet dont l'AFP a obtenu copie, le directeur du cabinet du ministre, Philippe Court, invoque "le principe de précaution", ne jugeant "pas souhaitable" la diffusion du film "dans les classes, par le réseau des centres régionaux de documentation pédagogique".

La lettre, adressée à Christine Juppé-Leblond, inspectrice générale en charge du cinéma et de l'audiovisuel, invite celle-ci à veiller à ce que le jury récompense, à l'avenir, des films adaptés "à une diffusion auprès de l'ensemble des élèves de collèges et de lycées".

Un avis qui fait débat au ministère, où certains estiment au contraire que le film "ne présente aucun risque pour le public adolescent" qu'il invite à une "prise de conscience sur un sujet qui peut et doit être abordé sans détour".

Fin mai, l'association anti-avortement Choisir la vie avait dénoncé, dans un communiqué intitulé "La culture de mort récompensée à Cannes" une "véritable propagande pro-avortement et un danger pour les enfants scolarisés". L'association affirmait son "opposition ferme à voir diffuser un tel film dans les établissements scolaires français".

Le premier Prix de l'éducation était allé en 2003 à "Elephant" de Gus Van Sant, et l'avant-dernier, en 2006 à "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola.

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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /Juil /2007 11:40
affiche-jacno.jpg Si les agriculteurs se retrouvent chaque année au Salon de l’agriculture, les gens de théâtre, artistes, amateurs et professionnels, se regroupent en Avignon depuis maintenant 60 ans. Je n’échappe pas à l’instinct grégaire et, depuis 1963, passe une partie de Juillet dans cette ville qui est un peu la mienne… Avignon, c’est un espace exceptionnel, mais c’est aussi un temps, une durée, une histoire qui rassemble plusieurs milliers de spectateurs, plus ou moins actifs et d’acteurs (plus ou moins passifs ?). J’ai connu Vilar à la Civette, juillet 68 et le Living, l’émergence du théâtre pour enfants, du théâtre musical, l’arrivée de la danse avec Béjart et sa « Messe pour le temps présent »… jusqu’au développement incontrôlé du « off » (on annonce cette année… un millier de spectacles !)
Bref, j’y retourne dès demain !


Ce pourrait être une occasion de nous y rencontrer. Voici quelques rendez-vous possibles :

- Mardi 10 à 17h au Cinéma Utopia
Projection du film « Philippe Avron, passeur d’humanité » que nous avons réalisé avec Jac Chambrier. 85 minutes de voyage dans le monde poétique d’un artiste emblématique du Festival.
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- Jeudi12 à 17h, à la Maison Jean Vilar
Rencontre autour du DVD Album avec Philippe Avron et moi-même.

-Vendredi 13 à 11h30 au Théâtre des Doms

« Quelle culture en Sarkozie ? », rencontre débat organisée par les éditions de l’attribut, avec Jean-Claude Wallach, Marc Le Glatin et moi-même.

- Lundi 16 à 17h au Cinéma Utopia
Seconde projection du film « Philippe Avron, passeur d’humanité » que nous avons réalisé avec Jac Chambrier.

Pendant le Festival (et sans doute quelques semaines qui suivent), l’Oizeau se fera encore plus rare sur ce blog, sauf imprévu.

Bon été et bonnes vacances à tous.
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Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 13:03
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Etrange silence depuis peu. La blogosphère se fait moins vivante. Passées les élections c’est l’expectative qui domine. Wait and see ! Les dés sont jetés, le paysage politique français se dessine. Quoi dire ?

D’abord, ma stupeur et ma grande inquiétude sur ce qui se passe… à Gaza, dont on parle finalement assez peu. Prise du pouvoir par la force du mouvement fondamentaliste Hamas, guerre civile expédiée, misère supplémentaire sur des populations pétrifiées… La victoire dans les urnes ne leur suffisait pas, il fallait y ajouter la violence… On pense au « Dernier Caravanserail » du Théâtre du Soleil qui décrivait si bien ce terrorisme religieux. On pense aussi au combat algérien contre le FIS, qui fit interrompre le processus électoral par lequel les mêmes fondamentalistes étaient en train de prendre le pouvoir. Fragile démocratie !

Rien de commun, bien sûr, avec ce que nous vivons ici. Comment dire, cependant, le malaise profond devant les manipulations politiques en cours, visant à nous faire prendre des ralliements et retournements de vestes comme une « ouverture » politique ? Dans la corruption, il y a le corrupteur et le corrompu : lequel des deux porte la responsabilité principale ? Entre le compromis et la compromission, où se trouve la limite ? Morale et politique peuvent-ils être compatibles ? Reprenons.

1/ Premier au feu, le célèbre Besson que tout le monde connaît désormais. Passé d’expert socialiste à ministre berluscozien ! Un vrai personnage de théâtre. Qui se souviendra de M. Besson, dans quelques années ? A moins que ce mouvement de retournement n’entre définitivement dans la langue française : ce pourrait être une « bessonnerie » !

2/ Ensuite, le chœur des centristes bayrousiens qui soutenaient leur leader avant de se précipiter, en meute, du côté du manche. Le plus théâtral est peut-être le Morin, ami le pus proche du béarnais qui file chez l’ennemi dès la première tempête. En guise de remerciement , il se voit offrir le ministère des armées. On l’imagine en temps de guerre ! Combien de temps lui faudrait-il pour changer de camp ? Résisterait-il à la moindre menace de torture ?

3/ Vient ensuite le Kouchner, suivi de Jouyet (l’ami de trente ans de Hollande, méfions-nous de nos amis de trente ans !) Dernière opportunité, sans doute, pour ceux-là, de figurer dans la liste des ministres. Cela vaut bien quelques arrangements avec la fidélité.

4/ Enfin, plus récemment, Fadela Amara (Ni putes, ni soumises) bras dessus, bras dessous, avec la Boutin (antiavortement, conseillère du Vatican)… Duo surréaliste. Justification de cet étrange accouplement : la France ne peut pas attendre. Comprenez : elle a besoin de nous. De moi surtout ! Je reste de gauche mais je travaille à droite. Je fais don de ma personne à la cause que j’entends servir… Ego, quand tu nous tiens !

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Pour clore la séquence, voici qu’une émission de la 5 « Arrêts sur images », exemple exceptionnel de regard critique sur la télévision, est supprimée, sans préavis. Une pétition circule pour refuser cette décision qui n’a sans doute rien à voir avec le climat ambiant…
C’est ici

Et moi, et moi, et moi... Je tiens mon petit blog pour essayer de rester lucide !
A la prochaine.
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Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /Juin /2007 23:07
Dans mon quartier, la guerre fait rage entre la candidate socialiste à l'élection législative désignée par son parti et l’ancien député (ex-socialiste aujourd’hui exclu) qui se représente malgré tout, de manière isolée. Nous en sommes aux tribunaux : l’un a détourné le site internet de l’autre. Condamné ! Il contre-attaque en prétendant que son adversaire collerait des affiches hors des espaces réservés. Un huissier constate que c’est faux ! Le Maire de Paris proteste pour détournement illégal de son image, que l’ancien député utilise sans vergogne… Ségolène est passée sur un marché soutenir la candidate officielle. Emeute et les coups de poings… Le candidat maintenu fait appelle à… Michel Charrasse pour le soutenir (le même qui recevait Berluskozy en sa mairie auvergnate entre les deux tours des présidentielles). En attendant la droite se frotte les mains : cet arrondissement qui a voté à 64% pour la gauche récemment pourrait tomber à droite ! Nous vivons une époque formidable !

Réunion à Paris sur l’éducation artistique organisée par la mairie du 18è. Invité pour l’introduction, j’indique les grands enjeux du moment : l’enjeu de sens, l’enjeu de qualité, l’enjeu de la formation et… l’enjeu politique ! Aussitôt, l’adjointe au maire (socialiste) chargée de la culture, organisatrice de la rencontre, se croit obligée de préciser que la réunion n’a « rien de politique »…
Il faut attendre deux ou trois témoignages d’enseignants pour que ceux-ci rappellent combien leurs projets sont des projets éminemment « politiques ». Et de m’adresser quelques coups d’oeil complices. Même le mot fait peu à certains.
Une responsable de la Ville m’indique en aparté que des parents de jeunes filles musulmanes ont refusé que leurs enfants participent à un atelier musical. Rien de politique là-dedans, bien entendu ! Nous vivons une époque formidable !

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Reçu hier le texte de l’entretien accordé par Alain Finkielkraut au Soir de Bruxelles (9 mai 2007). Extraits : « La Gauche dans cette élection a connu une véritable débâcle… Elle n’a même pas été capable d’incarner l’alternance. Pourquoi ? Parce qu’elle n’avait pas de projet ; elle l’avait remplacé par « l’ennemi »…
Ce discours est atterrant, mais il révèle la persistance, en France, du robespierrisme. Qu’est-ce que le robespierrisme ? C’est la politique non pas comme amour du monde mais comme amour de la haine. Il ne s’agit pas, dans cette perspective, de faire du monde un séjour humain, il s’agit d’éradiquer le mal en démasquant les méchants. Fort heureusement, l’amour de la haine a perdu, mais fort tristement, il a quant même réuni 46% des voix

Amour du monde le Kärcher, amour du monde l’éradication de Mai 68, amour du monde le Fouquet’s et le Yacht, amour du monde les enfants arrêtés..? Et notre penseur parade dans nombre d'émissions de télévision. Faut-il le répéter, l’époque est formidable !

Vu a lé télé : notre nouveau Président représentant la France au G8, posant pour la photo de famille des grands de ce monde... un téléphone portable à la main ! Je n'ai pas vu la marque de l'appareil, mais peut-être a-t-il un contrat d'exclusivité pour la promo ?

Au chateau de Versailles : Jean-Jacques AIllagon remplace Christine Albanel devenue ministre de la culture. Qui avait nommé Christine Albanel à Versailles ? Le ministre de la culture de l'époque... Jean-Jacques Aillagon ! Pas de doute : nous entrons dans une ère de la République irréprochable et de la transparence des nominations importantes !

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Pour mémoire :
sortie mercredi prochain de SEMPRE VIVU, premier film de Robin Renucci dont je vous ai déjà parlé. A vos écrans !


Et bon dimanche ! On vote !
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Lundi 4 juin 2007 1 04 /06 /Juin /2007 20:59
dessin-enfant.jpg Sous le clavier de François Deschamps, président de Culture et départements,  un éditorial consacré aux quelques réflexions ambiantes autour de l'éducation artistique et culturelle. Reprenant quelques informations déjà évoquées ici, il suggère la tenue d'un "Grenelle de l'éducation artistique" :

"...poser le problème d'un seul mammouth ou bien de deux ministères (un gros et un plus petit), c'était envisager la question par le petit bout de la lorgnette... et oublier une fois de plus que dorénavant l'impulsion en la matière vient, le plus souvent, des volontés des collectivités territoriales. Non, c'est à un geste fort, à un « Grenelle de l'éducation artistique » qu'il nous faut appeler (et nous préparer) avec l'ensemble des acteurs concernés : les ministères, les associations représentant les collectivités territoriales (élus et DAC), les représentants des chefs d'établissement et des enseignants, les syndicats d'artistes, le « Forum permanent pour l'éducation artistique », les fédérations de jeunesse et d'éducation populaire, les représentants des parents d'élèves, etc.).
Il convient d'aller au-delà des douze propositions du Haut-Conseil de l'éducation artistique et culturelle (qu'il faut bien sûr prendre en compte, cf. p.77 à 83 du Rapport annuel 2006). Je n'hésiterai pas à reprendre à mon compte les propos de Nicolas Hulot en matière d'environnement : "On n'a plus l'éternité devant nous. L'heure n'est plus au constat, l'heure est à l'action." S'engager dans une réelle généralisation de l'éducation artistique et culturelle (incluant l'école du spectateur, des ateliers de pratique artistique, des résidences d'artistes dans les établissements, etc.) pourrait nécessiter une loi d'orientation, permettant d'éviter de trop gros écarts selon les territoires. Cela suppose des moyens financiers et humains pour que l'Etat retrouve un rôle d'impulsion, des facilités accordées aux enseignants mais aussi aux artistes, et une réelle volonté de partenariat territorial, dans la durée... Sur cette question, on a trop donné jusqu'alors du temps au temps : le temps est venu d'une réelle politique suivie, accompagnée de moyens à la hauteur des ambitions affichées dans les décrets d'attribution des deux ministères concernés...."
Lire l'ensemble de l'édito

Cette proposition vient à point. Il me semble en effet souhaitable et urgent qu'un véritable débat public se tienne sur ces questions qui demeurent marginales (marginalisées) depuis tant d'années et qui relève, je l'ai si souvent indiqué, de la responsabilité partagée (c'est à dire commune) de très nombreux acteurs.

Ajoutons une proposition complémentaire qui serait de créer au plus tôt un "Marly" de l'éducation artistique et culturelle, à savoir l'équivalent de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire qui se trouve à Marly-le-Roi, lieu de mémoire, de coordination, de transversalité entre les différents domaines artistiques, lieu de recherche et de formation des formateurs, seule garantie de la cohérence d'une politique qui ne saurait être totalement balakanisée.

Débattons, débattons... il en sortira bien quelques actes ?
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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 15:40
Après une campagne comportant de très nombreuses références à l’éducation artistique et culturelle, thème sur lequel nous nous battons depuis tant d’années, bonne surprise : les décrets d’attributions des ministères de l’éducation nationale et de la culture y font référence de manière historique.

XavierDarcos.jpg A l’éducation nationale, le sujet apparaît dans le premier article :

Le décret n° 2007-991 du 25 mai 2007, relatif aux attributions du ministre de l'éducation nationale et paru au JO n° 121 du 26 mai 2007, précise :

Article 1
Le ministre de l'éducation nationale prépare et met en oeuvre la politique du Gouvernement relative à l'accès de chacun aux savoirs et au développement de l'enseignement préélémentaire, élémentaire et secondaire.

Il veille, conjointement avec les autres ministres intéressés, au développement de l'éducation artistique et culturelle des enfants et des jeunes adultes tout au long de leurs cycles de formation.

(lire la suite)


Albanel.jpg Au ministère de la culture, il faut attendre… l’article 2 :

Décret n° 2007-994 du 25 mai 2007 relatif aux attributions du ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement

Art. 1er.
Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement, exerce, par délégation du Premier ministre, les fonctions de porte-parole du Gouvernement. Elle est à ce titre chargée de rendre compte des travaux du conseil des ministres et, plus généralement, d'exercer une mission d'information sur les activités du Gouvernement.

Pour l'exercice de ces attributions, elle dispose, en tant que de besoin, du service d'information du Gouvernement.

Art. 2.
Le ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement, a pour mission de rendre accessibles au plus grand nombre les oeuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France.

A ce titre, il conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes, il favorise la création des oeuvres de l'art et de l'esprit et le développement des pratiques et des enseignements artistiques.

Il contribue, conjointement avec les autres ministres intéressés, au développement de l'éducation artistique et culturelle des enfants et des jeunes adultes tout au long de leurs cycles de formation.

(lire la suite)

Maintenant aux actes citoyens !
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 22:10
imas4sW9D.jpg « En abandonnant l'idée de réunir éducation et culture et en laissant passer l'occasion d'y adjoindre un véritable service public de l'information (ex communication), Nicolas Sarkozy sanctuarise un peu plus le ministère de la culture et éloigne les Français d'un bien commun indispensable à la construction de l'homme libre et responsable.

Dans sa réflexion concernant la place, le rôle et l'enjeu de la culture en France et au sein du nouveau gouvernement, Nicolas Sarkozy aurait été bien inspiré de se réclamer également de Jean Zay, comme il l'a si souvent fait de Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum et Guy Môquet. Ministre de l'éducation nationale de juin 1936 à septembre 1939, Jean Zay a étroitement mêlé éducation et culture. A l'origine de la première carte professionnelle des réalisateurs, il prépara le premier Festival de Cannes en réponse à la Mostra de Venise, alors fasciste.

Il fut le premier ministre à développer la culture sur le registre de l'éducation et des loisirs, en binôme avec cet autre homme remarquable que fut Léo Lagrange. Rappeler la mémoire de Jean Zay aurait ainsi permis à Nicolas Sarkozy de légitimer le rapprochement nécessaire, parce que porteur de sens, du ministère de la culture et de la communication de celui de l'éducation nationale... »


Ce texte de Pierre-Marie Cuny, directeur des affaires culturelles de Seine et Marne, publié aujourd’hui dans Le Monde, nous rappelle qu’il fut un temps question du rapprochement des ministères de l’éducation et de la culture, rapidement oublié compte-tenu  du lobbying intense de certains milieux artistiques (cf. le blog d’EP2C). Il nous rappelle surtout, qu’au-delà de la répartition des portefeuilles, c’est la question du sens-même des politiques culturelles qui se trouve posée, de la place de l’art et de son autonomie supposée (ou réelle !), de l’appropriation ou non par une large part de la population.
Le choix, pour certains, ne semble toujours qu’entre deux écueils : l’isolement de l’art (« élitaire pour quelques uns ») ou son instrumentalisation (« populiste pour le peule »)… Or, il existe une large place pour une politique artistique (de soutien à la création et à la diffusion) et culturelle (de sensibilisation et de formation critique), intimement liée au projet éducatif d’une société. Ce texte nous  rappelle avec pertinence que ce chemin-là risque d'être encore long !
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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 09:35
medium-Ecole-gaston-chaissac.JPG Pour l'école, maison de la culture

Dans le domaine des politiques culturelles, la vraie priorité, ce sera toujours l’enseignement artistique. Car c’est avec les jeunes que tout se joue. Si on ne leur donne pas le goût de la lecture, si on ne les rend pas curieux de ce qui est beau, si on ne les met pas en contact avec les grandes œuvres de la sensibilité et de l’esprit humain, si on ne leur transmet pas une culture commune, on les privera d’un trésor inestimable. Il ne s’agit pas d’expliquer simplement les œuvres d’art et d’apprendre leur histoire. Il faut aussi savoir les aimer, réconcilier le culturel et le cultivé, faire entrer la culture et l’art à l’école et dans les quartiers. Les collèges et les lycées devraient être des lieux de rencontre avec les artistes et des lieux de pratique artistique. Au moment où les technologies de l’information entrent dans les établissements scolaires, ces ressources matérielles et intellectuelles restent sous-utilisées, inaccessibles hors des heures de classe.

Dans cette action culturelle, l’école a beaucoup à donner aux territoires. Qu’elle soit un lieu ouvert, un lieu de ressource à l’usage de toute la population, à l’image de ce qu’est aujourd’hui une bibliothèque, un centre culturel, ou un équipement associatif. Il est dans la mission de l’école républicaine d’être une maison du citoyen, pour que n’importe lequel des citoyens puisse utiliser le CDI, les équipements, et mieux encore partager avec la communauté éducative le goût pour le savoir, l’innovation et la culture. Ainsi nos établissements participeraient-ils, de fait, à des réseaux de vie. Un lycée technologique peut servir de pépinière d’entreprise ; les établissements peuvent participer à la formation continue des salariés ; le savoir faire des établissements, en matière d’enseignement artistique et culturel, sont une formidable chance pour susciter des vocations et gagner à l’art et au spectacle des nouveaux publics. Il faut travailler à cette nouvelle donne. Les projets d’établissements, les contrats éducatifs locaux, ne sont en rien contradictoires dans leur principe avec une plus large place faite aux exigences éducatives territoriales.

Ce que nous voulons donc, c’est la culture à l’école et une école plus proche, plus ouverte à la population. Nous voulons lui donner toute sa dimension de chose publique, de maison républicaine, de maison de la « culture » dans toute la pluralité du mot. Voilà un beau projet pour le quinquennat !

La réponse est ici
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