Quelques brèves pour commencer la saison :
1/ Pour être français… il faut le prouver !
Il fut question, tout au long de l’été, dans plusieurs journaux, de l’obligation faite aux Français nés à l’étranger (de parents étrangers), de « prouver » leur nationalité à l’occasion du renouvellement de leur carte d’identité. Certains se sont même vus demander leurs origines religieuses "Parce que vous avez un nom à consonance israélite"… Je n’ai pas entendu que l’Elysée se soit précipité sur la question en recevant aussitôt Mme Abitbol, qui a refusé de se soumettre à cette demande à Montreuil "Vichy, c’est fini. Je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas montré le décret qui dit que je dois fournir un acte de religion… "
Moi-même, étant né en France, de mère Française, je suis français (enfin, il me semble !) Mon frère, né à l’étranger, risque de ne plus l’être ! Ce sujet ne devrait pas manquer de réapparaître dans le débat public. A suivre !
2/ L’éducation artistique au programme !
Pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier dans les détails, notez que :
- l’éducation artistique et culturelle fait partie des attributions respectives des ministres de la culture et de l’éducation nationale. Pour la première fois dans l’histoire de la République, ce thème est abordé comme élément prioritaire.
- la lettre de mission adressée à la ministre de la culture reprend le sujet avec force (lettre de 7 pages qui vaut son pesant de cacahuètes !)
- une mission a été confiée à Eric Gross, inspecteur général de l’éducation nationale, par les deux ministres. Il doit remettre ses propositions pour décembre prochain.
Précisons : tout cela doit se faire dans le cadre des restrictions budgétaires annoncées. Nous reviendrons sans doute sur les contradictions évidentes de la démarche engagée…
Les lettres sont ici
3/ J’ai lu cet été et vous conseille :
Une histoire du festival
d’Avignond'Antoine de Baecque et Emmanuelle Loyer
Editeur : Gallimard
ISBN : 9782070783854 - 544 pages
Ce beau livre retrace dans le détail les 60 années du Festival, mais il va plus loin, apporte des éclairages inédits sur les débuts, les combats de Jean Vilar et de ses successeurs. Eclairant !
La culture
ouvrage coordonné par Philippe Fontaine. Editions Ellipse
Une synthèse philosophique de la notion de culture, tellement galvaudée que plus personne aujourd’hui n’ose suggérer la moindre définition acceptable. Ce livre propose un ensemble de réflexions utiles, notamment sur les relations culture et nature, culture et civilisation, culture et appartenance, sur le relativisme culturel (tout est égal à tout ?), sur la distinction essentielle entre « fait » et « valeurs »… Pour les amateurs de philo, mais pas seulement…
4/ Je n’ai pas encore lu, mais j’ai promis d’en parler :
de mon ami Cécil Guitart, adjoint au maire de Grenoble et militant culturel
Tutoyer le savoir
Une économie solidaire de la société de l’information et de la connaissance
C’est aux éditions de la Pensée sauvage.
5/ J’ai lu et ne vous conseille pas :
L’aube le soir ou la nuit
de Yasmina Reza
Flammarion.
Chronique d’accompagnement du candidat Sarkozy pendant une année de campagne. LE livre de la rentrée nous dit-on. Il sera vite oublié ! Quelques traits de caractère de notre nouvelle star nationale font cependant froid dans le dos !
Ce livre rapporte des situations et phrases glanées au fil de la campagne. Dans le même style, une anecdote personnelle : il se trouve que l’auteur fut élève de l’école de théâtre de Jacques Lecoq, avec qui j’ai longuement travaillé. Celui-ci avait l’habitude de recevoir chaque élève en fin de scolarité pour lui signifier ses commentaires pédagogiques. A Yasmina Reza, Jacques avait dit simplement : « Vous épouserez un énarque ! »
6/ Le dessin du jour
7/ PS: L'affaire de l'édito de Belfort
Le théâtre de Belfort a publié un éditorial de Benoit Lambert, metteur en scène, exprimant sa perplexité face à la situation politique que nous vivons. La ministre de la culture a écrit au directeur du théâtre, pour s'indigner de cette pubication. Cela fait quelques lignes dans la presse et sur les blogs.
Pour en savoir plus, je vous suggère d'aller voir sur le blog d'Ariane Mnouchkine, tout y est : l'édito, la lettre de la ministre, la réaction d'Ariane... que je partage ! C'est ici



Si les
agriculteurs se retrouvent chaque année au Salon de l’agriculture, les gens de théâtre, artistes, amateurs et professionnels, se regroupent en Avignon depuis maintenant 60 ans. Je n’échappe pas à
l’instinct grégaire et, depuis 1963, passe une partie de Juillet dans cette ville qui est un peu la mienne… Avignon, c’est un espace exceptionnel, mais c’est aussi un temps, une durée, une histoire
qui rassemble plusieurs milliers de spectateurs, plus ou moins actifs et d’acteurs (plus ou moins passifs ?). J’ai connu Vilar à la Civette, juillet 68 et le Living, l’émergence du théâtre pour
enfants, du théâtre musical, l’arrivée de la danse avec Béjart et sa « Messe pour le temps présent »… jusqu’au développement incontrôlé du « off » (on annonce cette année… un millier de spectacles
!)
Sous le
clavier de François Deschamps, président de Culture et départements,
A l’éducation
nationale, le sujet apparaît dans le premier article :
« En abandonnant
l'idée de réunir éducation et culture et en laissant passer l'occasion d'y adjoindre un véritable service public de l'information (ex communication), Nicolas Sarkozy sanctuarise un peu
plus le ministère de la culture et éloigne les Français d'un bien commun indispensable à la construction de l'homme libre et responsable.